10/05/2013
Skippy dans les étoiles
Skippy dans les étoiles
Paul Murray, Belfond, 2013, 23 €
Traduit de l'anglais (irlandais) par Robert Davreux
Contrairement à Rupert, son camarade de chambre, Daniel « Skippy » Juster n’a pas spécialement la tête dans les étoiles. Comme c’est un gentil garçon, il se force un peu pour s’intéresser aux projets scientifiques faramineux de son ami, la communication avec les extra-terrestres et l’étude du ciel… jusqu’au jour où le télescope déréglé lui fait découvrir l’astre qui va désormais illuminer ses jours et ses nuits : Lorelei, une jolie étudiante de l’établissement pour filles voisin.
Mais Skippy n’est qu’un garçon très ordinaire, un peu fragile, au milieu d’une bande de copains en pleine puberté, un peu losers : Dennis le cynique, Niall, Geoff et Mario l’obsédé du sexe. Excellent nageur « naturel », il a même perdu son seul atout, puisque l’eau lui donne désormais des crises d’angoisse : "Un millier de mains bleues se tendent vers lui, le saisissent, le tirent vers le fond… l’eau se bat contre lui… le fond de la piscine est magnétique et l’attire de nouveau vers le bas"
Durant les mois d’hiver, les jeunes étudiants du Seabrooks College de Dublin tentent de survivre à l’ennui, aux bousculades, aux extorsions, aux drogues qui circulent et aux déceptions sentimentales.
L’auteur s’attache à ces garçons plus fragiles qu’il n’y parait, et les présente avec beaucoup d’humour et de compassion. L'omniprésence des médicaments et/ou de la drogue, en revanche, m'interpelle. Est-ce réaliste ? L'obsession des garçons pour le sexe aussi ? Est-ce qu'ils en parlent vraiment tout le temps ?
De son côté, le corps enseignant n’est pas épargné : quelques administratifs ambitieux ne font qu’empirer les prestations de professeurs incompétents, pour la plupart démotivés, qu’ils soient prêtres sur le retour ou anciens du College revenus s’échouer à Seabrooks. L’esprit de corps et le souci de la réputation du College pousse les enseignants à nier tout problème et les empêche de se remettre en question. Seul Howard, Howard-la-Couarde, encore jeune, pourrait peut-être réagir à temps et comprendre les jeunes qui lui sont confiés, s’il avait lui-même fini de fuir ses problèmes.
Malgré ses 676 p. et sa petite typo, ce roman d’apprentissage, à la fois douloureux et plein d’humour, se lit facilement : encore un petit chapitre, et puis un autre, un autre encore… et me voilà toute mélancolique à la fin du livre.
Voilà un auteur qui complète avantageusement notre cycle irlandais !
Aline
15:34 Publié dans critiques de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman d'apprentissage, irlande
09/05/2013
Bouillon Irlandais
Maryvonne nous rappelle que la littérature irlandaise est l'une des plus prolifiques, avec des auteurs "classiques" aussi connus que :
Jonathan Swift (1667-1745), les voyages de Gulliver
Bram Stoker (1847-1912), Dracula
Oscar Wilde (1854-1900), le portrait de Dorian Gray
George Bernard Shaw (1856-1950), prix Nobel en 1925
William Butler Yeats (1865-1939), prix Nobel en 1923
James Joyce (1882-1941), Ulysse, les gens de Dublin
Samuel Beckett (1906-1989), prix Nobel en 1969
Seamus Heaney (1939- ), prix Nobel en 1995
L'université Trinity College de Dublin, fondée en 1592, est l'une des plus anciennes et des plus renommées de Grande-Bretagne. L'Abbey Theatre (théâtre national d'Irlande) fondé en 1904, a joué les pièces de Yeats et de Shaw, et est réputé internationalement.
Nous avons surtout lu des auteurs plus récents, et trouvé qu'ils dégagent globalement une ambiance mélancolique ou franchement sombre. Histoire et misères de l'Irlande… avec l'alcool et la littérature comme moyens d'évasion ?
Liam O'FLAHERTY (1896-1984)
Le mouchard (the Informer, 1925 –Terre de brume, 2003)
Portrait d'un traître et histoire de l'Irlande de 1845 à 1922, ce roman fut adapté au cinéma par John Ford en 1935.
Edna O'BRIEN (1930- )
Saints et pêcheurs (S.Wespieser, 2012)
Nouvelles synthétiques et très bien écrites, avec beaucoup de sensations et peu de paroles, évoquant des relations difficiles entre les personnages.
Frank McCOURT (1930-2009)
Les cendres d'Angela (Belfond, 1997)
Récit autobiographique d'une jeunesse irlandaise, entre 1929 et la fin de la première guerre mondiale. La famille vit dans une maison sordide, inondée à chaque fois qu'il pleut. La faim et la misère sont aggravées par l'alcoolisme du père. (Quand il rentre, à n'importe quelle heure de la nuit, il fait lever les enfants pour des chants militaires au garde-à-vous !). La soupe populaire de l'église remplit parfois les estomacs mais embrigade les esprits… Un récit très noir, allégé par le ton ironique de l'auteur. La suite de son autobiographie est narrée dans C'est comment, l'Amérique ? (2000) et Teacher man, un jeune prof à New-York (2006).
John McGAHERN (1934-2006)
Créatures de la terre et autres nouvelles (Albin Michel, 1996)
Trois nouvelles pessimistes, à l'ambiance irlandaise.
Nuala O'FAOLAIN (1940-2008)
Best love, Rosie (S.Wespieser, 2008)
Après avoir vécu et travaillé dans le monde entier, Rosie décide de rentrer à Dublin pour s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée. Très beau livre sur l'âge, la solitude, l'exil, le sentiment maternel.
Seamus DEANE (1940- )
A lire la nuit (Actes Sud, 1997)
Le récit, proche du journal, court de 1947 à 1970. Le jeune narrateur veut connaître l'histoire de sa famille et comprendre les non-dits (liés au "problème irlandais" et à l'IRA) qui pèsent sur elle.
Sebastian BARRY (1955- )
Le testament caché (J. Losfeld, 2009)
Roseanne est une femme âgée qui a passé plus de la moitié de sa vie dans un hôpital psychiatrique. Son thérapeute doit déterminer si elle est apte à réintégrer la société. Il remonte l'histoire et son journal intime pour comprendre pourquoi elle ne parle plus.
Lire aussi Du côté de Canaan que Marie-Claire a beaucoup aimé.
Roddy DOYLE (1958- )
Paula Spencer (R. Laffont, 2012)
Suite de La femme qui se cognait dans les portes (1997) où Paula Spencer se bat pour retrouver sa dignité après un mariage violent. On retrouve l'héroïne à Dublin, après le boom économique des années 2000. Paula a cessé de boire, et s'accroche pour ne pas recommencer. Femme de ménage, elle travaille dur pour sortir de la misère et reconquérir ses quatre enfants.
Joseph O'CONNOR (1963- )
L'étoile des mers (Phébus, 2003)
1948. La Grande Famine s'achève dans l'horreur, et la seule issue pour beaucoup est de fuir la misère en embarquant pour le Nouveau Monde. Quelques privilégiés se partagent les cabines de l'Etoile des mers, tandis que la multitude des pauvres est entassée dans l'entrepont, où la faim et le typhus ne tardent pas à sévir. Parallèlement au récit du voyage, l'auteur déroule les souvenirs des voyageurs, chaque personnage s'étoffant au fil du roman.
Inishowen (Phébus, 2001)
Un article de journal ancien fait état de la découverte d'un bébé en pleine campagne. Hélène a été adoptée par une famille américaine. On la retrouve, adulte, mariée à un chirurgien plasticien, avec deux enfants. Elle retourne régulièrement en Irlande, mais cette année, à 45 ans, atteinte d'un cancer grave, elle recherche activement ses racines. Histoire d'un amour impossible, située tout au nord de l'Irlande, à la frontière avec l'Ulster, entre Noël et le jour de l'An.
Colum McCANN (1965- )
Le chant du coyote (Belfond, 1998)
Après des années à parcourir le monde, Conor rentre en Irlande où il retrouve son père, alcoolique violent et acariâtre, passionné de pêche à la mouche. A partir de photographies, Conor retrace le passé très riche de grand reporter de son père.
Ailleurs en ce pays (Belfond, 2001)
Trois nouvelles très fortes, surtout "Une grève de la faim" qui fait référence à Bobby Sands et aux prisonniers de l'IRA qui ont fait la grève de la faim en 1981 pour être traités en prisonniers politiques et non en droit-commun. Thatcher n'a pas cédé, et 10 jeunes hommes sont morts, les uns après les autres.
Claire KEEGAN (1968- )
Les trois lumières (S.Wespieser, 2011)
La narratrice, une enfant de 8 ans, est placée à la campagne dans la famille de sa mère pour un été. Bien traitée, elle est un peu l'enfant de remplacement d'un garçon décédé. A la fin de ce séjour, le retour dans sa famille trop nombreuse est difficile pour elle.
Lire aussi les romans de Sorj CHALANDON, français, mais ancien reporter en Irlande du Nord, qui a notamment écrit deux romans très prenants en lien avec l'Irlande et l'IRA : Mon traître (Grasset 2008) et Retour à Killybegs (Grasset, 2011, prix de l'Académie Française).
13:09 Publié dans Bouillon de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irlande
24/04/2013
Noé Nectar et son voyage étrange
Noé Nectar, 8 ans, part avant l’aurore. Il fugue pour fuir ses problèmes à la maison. Après avoir traversé la forêt, il se retrouve dans un monde étrange, où arbres, animaux et objets parlent. Attiré par un étrange magasin de jouets en bois, muni d’une seule porte qui se déplace au gré des besoins, il fait la connaissance d’un vieux sculpteur. L’homme ouvre pour lui son coffre aux souvenirs, et à partir des pantins qui s’y trouvent, lui livre peu à peu son histoire, où il est question d’amour pour son père et d’une promesse non tenue. Il force ainsi Noé à faire face à la réalité et à rentrer à temps chez lui.
Conte fantaisiste et poétique, inspiré de Pinocchio, qui aborde avec grâce le sujet de la mort d’un parent. La fantaisie pure n’est pas mon style et j’ai mis un moment à admettre le monde sans queue ni tête des premiers chapitres, mais le récit devient beaucoup plus prenant dès que l’on rentre dans le magasin de jouets et que les deux personnages principaux se rencontrent.
Beau récit initiatique, par l’auteur du roman Le garçon en pyjama rayé.
Noé Nectar et son voyage étrange : un conte de fées
John Boyne
ill. Oliver Jeffers, Gallimard jeunesse, 2012, 13€
Trad. de l’Irlandais Noah Barleywater runs away
08:38 Publié dans Livres jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman jeunesse, conte initiatique
Le mystérieux cercle Benedict
Tu es un enfant ?
Tu possèdes des aptitudes exceptionnelles ?
Tu souhaites vivre une expérience unique ?
Quand cette annonce est publiée dans les journaux, des dizaines d’enfants se précipitent pour participer au concours. Cependant quatre candidats seulement sont sélectionnés, sur des critères assez fantaisistes : la logique et la gentillesse de Reynie, l’ingéniosité, la force et l’agilité de Kate, la mémoire de Sticky, et le non conformisme de Constance. Les enfants doivent avant tout être foncièrement honnêtes et de préférence orphelins !
Leur étrange recruteur, monsieur Bénédict, les charge d’une mission dangereuse : infiltrer un étrange pensionnat dirigé par un savant mégalomane dont les manigances menacent le monde.
Leur consigne principale : rester unis !
Dans ce premier tome d’une trilogie d’aventures, dont les personnages s’apparentent à ceux de Roald Dahl, le goût du mystère des enfants est flatté, ainsi que celui des codes secrets (les héros utilisent beaucoup le morse pour communiquer). Trois pages de jeux ont été ajoutées à la fin du livre, dans l’esprit des tests passés par les enfants pour être admis dans le cercle Bénédict.
Le récit est chronologique, fluide, et contient de bonnes doses d’humour et d’action. Pour combattre le mal, les enfants doivent utiliser toutes leurs ressources : logique, mémoire, imagination, et même esprit de contradiction ! La solidarité et l’amitié jouent un grand rôle.
Très bon roman pour les enfants amateurs de gros livres : je me suis régalée, et les lecteurs de CM2 se le disputent !
Le mystérieux cercle Benedict
Trenton Lee Stewart
Bayard jeunesse, février 2013, 541 p., 14.90 €
traduit de l’américain « the Mysterious Benedict Society » par J.Baptiste Dupin
08:31 Publié dans Livres jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman jeunesse, aventure
09/04/2013
Rencontre avec une illustratrice
Les CP et ”la Chose”
C’est l’histoire des Incorruptibles : tous les ans, les écoles participent au prix des Incos. Chaque classe vient à la bibliothèque pour la présentation de 5 ou 6 nouveaux livres, sélectionnés par niveau. C’est toujours une belle découverte de livres inattendus, d’auteurs ou d’illustrateurs différents… Ensuite, c’est un vrai marathon dans les classes pour que chaque élève puisse rapporter chez lui, et lire, tous les livres. Gare à celui qui oublie son livre à la maison, il est attendu par tous les copains !
Enfin, en mai, un vote à la bibliothèque permet de choisir le préféré pour chaque niveau, et de comparer son vote au résultat national : leçon de démocratie, qui rapporte le vote de chacun à celui de sa classe, du village et de la France entière.
Parfois, invité par l’association de la bibliothèque, un auteur vient rencontrer les enfants de Soucieu. Après Jérôme Peyrat et Anaïs Bernabé en 2012, c’est Alexandra Huard qui nous a rendu visite le 4 avril. Elle nous a parlé de son parcours de dessinatrice : depuis la maternelle, elle passait son temps à dessiner. Ce qu’elle préférait à l’école, c’était illustrer les poésies. A 18 ans, après le bac, elle est entrée à l’école Emile Cohl, une école très connue, où l’on passe 4 ans en cours de dessin : pendant 2 ans on dessine avec des modèles pour apprendre à faire des dessins ressemblants ; ensuite, on dessine de tête et d’après son imagination.
Elle nous a raconté la création d’un livre et le rôle de chacun : l’éditeur décide de faire un livre, c’est lui le patron. Il choisit un texte qui lui plait (ici, le texte de Béatrice Fontanel), puis cherche un illustrateur qui va bien avec, et lui commande les dessins. A chaque étape : découpage du texte, storyboard (petits brouillons), crayonnés, peinture, etc., l’éditeur donne son avis et peut demander des modifications. La Chose, est le premier livre d’Alexandra, alors elle a mis longtemps (6 mois) et fait quelques erreurs, que Sarbacane, son éditeur, lui a fait corriger. Par exemple elle avait oublié de laisser assez de place pour le texte !
Les enfants ont aussi beaucoup appris sur les techniques de dessin : pour qu’on voie mieux les personnages principaux, Alexandra a des « trucs » : laisser de l’espace autour d’eux, bien choisir l’endroit où on les positionne sur la page, utiliser la perspective (les dessiner devant en plus gros, et les figurants derrière plus petits), ou les dessiner dans des couleurs lumineuses en laissant les personnages moins importants dans l’ombre,…
La Chose est un grand album en couleurs, plein d’humour, sur le thème de la jalousie. Les héros sont deux drôles de chiens et leur maîtresse. Mais chut ! Il ne faut pas dévoiler l’histoire, sous peine d’en gâcher la chute, pour ceux qui ne l’ont pas encore lue ! Car on ne sait qu’à la fin du livre ce qu’est La Chose…enfin, sauf pour les petits malins, qui ont deviné grâce aux indices parsemés dans le texte!
Comme l’auteur a donné des indices dans le texte, Alexandra s’est appliquée à donner quelques indications –mais pas trop ! dans ses dessins : des petits regards, des boutiques, des paquets,… Elle nous a aussi expliqué comment elle a illustré le temps qui passe avec le défilé des saisons, utilisant des détails et des couleurs différentes pour les caractériser.
Chaque classe de CP a créé un village des saisons, à la façon d’Alexandra. Les élèves ont choisi les couleurs de leur maison en fonction de la saison qu’ils voulaient représenter.
Les conseils d’Alexandra
Prendre son temps, aller doucement (pour ne pas dépasser)
Comme les sportifs, s’entraîner beaucoup !!!
Aller voir des « vraies » peintures dans les musées et les expositions, car les couleurs des originaux sont toujours plus éclatantes que celles des copies dans les livres !
14:43 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25/03/2013
Gabriel Garcia Marquez
Colombien, né le 6 mars 1927 à Aracataca, Gabriel Garcia Marquez a été activiste politique, journaliste, novelliste, et romancier. Ce sont surtout ses romans qui lui ont apporté la reconnaissance de la critique littéraire et un grand succès auprès des lecteurs. Le prix Nobel de littérature lui a été attribué en 1982.
Œuvres de fiction lues pour le "bouillon"
Des feuilles dans la bourrasque : La Hojarasca (1955)
(paru en France en 1983 chez Grasset, 157 p.)
Histoire de famille, qui commence en 1900, dans le village de Macondo. Après la mort du Docteur, son histoire est déroulée par différents narrateurs.
Facile et agréable à lire.
Pas de lettre pour le Colonel : El coronel no tiene quien le escriba (1961)
(publié en France en 1980 chez Grasset, 125 p.)
Dans son village, très pauvre, le Colonel attend sa retraite depuis 15 ans, et se rend à la poste chaque semaine pour voir si sa pension est arrivée. Il possède un coq, qu'il nourrit et affectionne, et espère se sortir de la misère lorsque le coq gagnera…
Très beau roman autour des thèmes de l'attente, la pauvreté et la dignité.
Cent ans de solitude : Cien años de soledad (1967)
(paru en France en 1968 au Seuil, 391 p.)
Histoire du village imaginaire de Macondo, fondé au fin fond de la Colombie par un groupe de familles en exode. En suivant les péripéties vécues par la famille Buendia sur six générations, le lecteur assiste au développement social, économique et politique du village, puis à sa décadence.
Ce roman est l'un des plus lus et des plus traduits de Garcia Marquez. "Il est souvent cité comme le texte le plus représentatif du réalisme magique, faisant cohabiter un cadre historique avéré et des références culturelles vraisemblables à des éléments surnaturels ou irrationnels" (Wikipedia).
Ce récit picaresque semble aujourd'hui très long, et sa lecture est compliquée par la reprise des mêmes prénoms dans la famille Buendia au fil des générations.
L'automne du patriarche : El otoño del patriarca (1975)
(publié chez Grasset en 1977, 317 p.)
Dans la lignée de Cent ans de solitude, ce roman évoque surtout la dictature, à l'automne de la vie du tyran.
Chronique d'une mort annoncée : Crónica de una muerte anunciada (1981)
(publié chez Grasset en 1981, 200 p.)
Lendemain de mariage dans une petite ville au bord du fleuve. Tous se préparent pour rien à la visite de l'évêque, qui ne daigne pas débarquer, tandis que les frères de la mariée recherchent pour le tuer celui qui aurait défloré leur sœur avant le mariage.
Ce roman, très bien mené et aux descriptions très détaillées, a été lu avec grand plaisir !
L'amour aux temps du choléra : El amor en los tiempos del cólera (1985)
(paru en France en 1987 chez Grasset, 379 p.)
Dans une petite ville des Caraïbes, à la fin du XIXe siècle, un jeune télégraphiste, Florentino, s'éprend de la belle Fermina. Poète pauvre et maladroit, il lui fait une cour acharnée et timide qui flatte le romantisme de la jeune fille, qui choisit pourtant d'épouser Urbino Juvenal, riche médecin. Le récit relate la réussite sociale et la vie conjugale satisfaisante du couple, tandis que Florentino entreprend une carrière de séducteur impénitent. Florentino et Fermina se retrouvent 50 ans plus tard, après la mort de Juvenal.
Le récit, haut en couleurs, est très bien écrit, et certaines pages (les retrouvailles des amants âgés) sont très belles. Néanmoins l'ensemble est trop long, l'évocation en particulier des conquêtes de Florentino semble interminable.
De l'amour et autres démons : Del amor y otros demonios (1994)
(publié en France en 1995 chez Grasset, 248 p.)
En 1949, des fouilles auprès d'un ancien couvent à Carthagène en Colombie mettent à jour les restes d'une jeune fille dont les cheveux atteignent 22 mètres de long… Garcia Marquez imagine l'histoire, à la fin du XIIIe siècle, d'une fillette mordue par un chien et accusée de possession démoniaque (elle parlait en fait les langues des esclaves noirs qui l'avaient élevée). Exorcisée, elle fut emmurée vivante dans un couvent des Clarisses.
Un récit coloré, touchant et plein d'humour, qui a plu à ses lectrices.
Autres œuvres lues pour le "bouillon"
Récit d'un naufragé : Relato de un Naufrago (1970)
(paru en France en 1996, chez Grasset, 166 p.)
Pour rédiger ce livre, qui relate une dramatique aventure qui a eu lieu en 1955, Gabriel Garcia Marquez a passé une centaine d'heures d'entretien avec le seul rescapé d'une catastrophe maritime. Il raconte sa lutte pour la survie, pendant huit jours, sur un radeau.
Plusieurs lectrices ont aimé ce livre, réaliste et instructif.
Vivre pour la raconter : Vivir para contarla (2002)
(2003, Grasset, 602 p.)
Cette autobiographie de l'auteur fourmille d'histoires entremêlées… à tel point qu'il est très difficile de s'y retrouver.
Conclusion
Nous avons eu de la peine à nous replonger dans les romans de Garcia Marquez, qui avaient pourtant (pour certaines) enchanté notre jeunesse. Ont-ils mal vieilli, ou sont-ce nos cerveaux ??? Dans tous les cas, ce sont ses romans les plus courts qui ont séduit ! Malgré les descriptions très imagées, les romans plus longs nous sont "tombés des mains".
18:40 Publié dans Bouillon de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/03/2013
Quelques minutes après minuit
Depuis que sa mère est malade, Connor fait de terribles cauchemars. Au collège, il ne supporte pas les regards de tous ceux qui "savent". Il s'est coupé de ses amis et se fait harceler par Harry et ses sbires.
Une nuit le grand if du cimetière, monstre très ancien et très sauvage, se penche à sa fenêtre. Il vient lui raconter trois histoires, car "les histoires sont les choses les plus sauvages de toutes ; les histoires chassent et griffent et mordent". Quand Connor se réveille, il trouve des aiguilles et des baies d'if dans sa chambre… L'arbre menaçant, en quête de vérité, exige que Connor lui raconte ensuite la quatrième histoire, sa propre vérité.
Le récit est très émouvant, et les magnifiques illustrations à l'encre noire de Jim Kay rendent bien l'ambiance sombre et effrayante dans laquelle se débat Connor.
Quelques minutes après minuit
Patrick Ness, ill. Jim Kay.- Gallimard jeunesse, 2012, 18 €
Vérité – maladie - deuil
Ados et adultes
09:07 Publié dans coups de coeur, Livres pour ados | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17/03/2013
Le Seigneur vous le rendra
P'Tit-pain nous raconte son enfance dans les bas quartiers de Marrakech, agités, hauts en couleurs et en odeurs, où la Mère envoie tous ses fils gagner leur vie dès le plus jeune âge. Tout bébé, il était déjà loué à des mendiantes pour attendrir le chaland.
"Moi, j'étais né génie dans l'art de la mendicité… ainsi, je me mis à étudier de près les êtres et les choses qui m'entouraient. Je mesurai assez vite l'importance du regard et les vertus du sourire dans les rapports humains, sésame qui allait se montrer déterminant dans mon parcours."
P'tit-pain fait de la mendicité un véritable métier, dans lequel il s'accomplit longtemps pour satisfaire la rapacité de sa mère, laquelle prolonge au-delà du raisonnable son aspect de bébé chétif en utilisant de multiples subterfuges pour retarder sa croissance :
"Difficile de garder l'aspect d'un nourrisson quand on a trois ans. La concurrence devenait rude, car on trouvait des bébés à louer pour une bouchée de pain. Afin de m'aider à rester compétitif, Mère se mit à contrôler de près mon alimentation, réduite à du lait écrémé, des infusions de verveine et de légères soupes de légumes que je prenais au biberon. Elle avait pris l'habitude d'entourer mes jambes de bandelettes qu'elle serrait si fort que mon corps se résigna à remettre sa croissance à plus tard. Ainsi ficelé, je continuais à paraître bébé."
Son frère Tachfine est chargé de l'emmener jusqu'aux lieux les plus propices à la mendicité, et "de veiller sur lui comme sur un trésor". A l'abri dans son landau, P'tit-pain observe le monde qui l'entoure, la médina, s'intéresse aux adultes qui l'entourent et trouve de la beauté dans les êtres les plus déchus.
Jusqu'à ce qu'une ouverture lui laisse entrevoir qu'une autre vie est possible et qu'il saisisse sa chance…
Conte haut en couleur, ce récit picaresque fait oublier la noirceur de son sujet en utilisant un ton qui alterne entre légèreté, humour et philosophie. C'est Hector Malo ou Dickens… dans la médina !
Né en 1959, l'auteur est peintre et écrivain. Depuis une vingtaine d'années, il vit entre la France, le Maroc et les Etats-Unis. Son roman "Les étoiles de Sidi Moumen", paru en 2010, a été porté à l'écran par Nabil Ayouch sous le titre "Les chevaux de Dieu".
Il est invité à une séance de dédicace à la librairie Murmure des Mots de Brignais le vendredi 19 avril 2013.
Le Seigneur vous le rendra
Mahi Binebine
Fayard (Roman), 2013, 199 p., 18 €
18:27 Publié dans coups de coeur, critiques de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc, mendicité, histoire de vie
11/03/2013
Mois de la francophonie
Dans le cadre des dix mots de la francophonie
Dis-moi dix mots semés au loin
Atelier d’écriture
animé par l’association Cadavres exquis
Samedi 16 mars de 9h30 à midi
(jeux d’écriture)
Samedi 23 mars de 9h30 à midi
(écriture et arts plastiques)
Entrée libre sur inscription à la bibliothèque,
pour adolescents et adultes
18:28 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : atelier d'écriture
Le lion et la souris
On a souvent besoin d’un plus petit que soi… et on a grand plaisir à revisiter ses classiques !
Cet album reprend la célèbre fable d’Esope, et la situe dans le parc africain du Serengeti, en Tanzanie. Seuls quelques cris d’animaux soulignent les superbes illustrations, elles-mêmes très expressives, réalisées à l’aquarelle et rehaussées de quelques traits de crayon. Les enfants, qu’ils connaissent ou pas cette fable, la reconstituent aisément à partir des images, qui les fascinent !

Une note de l’auteur donne son interprétation du texte et explique ses choix d’illustrateur. La dernière page et la jaquette permettent au lecteur de retrouver les trois versions, celle d’Esope, celle de Phèdre et celle de La Fontaine…
Le lion et la souris
Jerry Pinkney
Le Genevrier, août 2012, 17€
18:24 Publié dans Livres jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : album, fable

