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24/05/2017

Bouillon russe (4/4)

roman étranger, RussieLe maître et Marguerite

Mikhaïl Boulgakov

R. Laffont, 1968

L’auteur, de famille bourgeoise russe de Kiev, médecin et écrivain, est mort en 1940, après avoir travaillé à son roman pendant 12 ans, mais son roman n’est publié qu’en 1965 en version censurée – et dans son intégralité en 1973. Considéré comme l’une des œuvres littéraires russes majeures, ce roman contient beaucoup de références à la littérature russe.

Deux fils narratifs se croisent : la vie du Maître, écrivain de la Russie stalinienne, et la Judée de Ponce Pilate, dont il a fait son sujet d’écriture. S’ajoutent un personnage de diable, dont les apparitions fantastiques permettent à l’auteur de glisser des critiques contre le régime stalinien. Et n’oublions pas Marguerite, l’amante, qui recouvre toutes sortes de personnages ! Grand admirateur du Faust de Goethe, Boulgakov revisite avec ce roman le mythe de Faust, et le transpose dans le Moscou des années 1930 : pour retrouver l’homme qu’elle aime, Le Maître, auteur d’une biographie inachevée de Ponce Pilate, Marguerite accepte de livrer son âme au diable…

 

roman étranger, RussieLes combattantes. Les aviatrices soviétiques contre les as de la Luftwaffe

Liouba Vinogradova

H. d’Ormesson, 2016, 25€

Le titre résume bien ce documentaire sur les aviatrices soviétiques qui ont combattu la Luftwaffe. L’auteur est allé à la rencontre des survivantes. Elle raconte la formation des femmes à l’aviation dans un petit aéroclub, la vie de la population soviétique, et les batailles dans de tout petits avions dans lesquels se trouvaient juste la pilote et la navigatrice, avec les bombes sur les genoux ! Contre des Messerschmitt, inutile de dire qu’il y a eu peu de rescapées !

 

roman étranger, RussieLe Journal de Lena - Leningrad, 1941-1942

Léna MOUKHINA

R. Laffont, 2017, 21€

Une lycéenne de 16 ans, solitaire, commence à écrire : son quotidien, le lycée où règne l’égalité entre  garçons et filles, la vie dans les appartements communautaires…

Son journal intime est surtout un témoignage précieux sur le siège de Léningrad par les troupes allemandes (juin  1941 à juin 1942). La ville assiégée, la population entière réquisitionnée, le rationnement, les bombardements….

Une longue préface remet dans le contexte historique, le livre comporte aussi beaucoup d’annotations à chercher à la fin du volume, mais l’ensemble reste fluide à lire.

 

roman étranger, RussieLa guerre n’a pas un visage de femme

Svetlana ALEXIEVITCH

Presses de la renaissance, 2004, 22€

La journaliste biélorusse, prix Nobel de littérature en 2015, recherche le vécu des gens. Elle a écrit également La fin de l’homme rouge, et La supplication (sur Tchernobyl), tout le contraire d’un hymne à la patrie.

Ici, elle est allée chercher des récits de femmes qui ont combattu dans l’armée soviétique. Beaucoup étaient volontaires pour partir sur le front « sauver la patrie ». Infirmières, tireurs d’élite sur les canons, à la fabrique de bombes… livrent de courts récits, certes très instructifs, mais parfois un peu répétitifs, ce qui rend la lecture un peu fastidieuse.

Une question revient : « Pourquoi les allemands ont-ils fait la guerre, ils avaient tout ?! »

 

roman étranger, RussieNostalgia, la mélancolie du futur

Éditions Daphnis et Chloé en partenariat avec les éditions Louison, 2015, 24€

Dix-huit écrivains russes contemporains, pour autant de nouvelles, jusqu’ici parues dans la revue littéraire SNOB.  Vladimir Sorokine, Edouard Limonov, Elena Pasternak, Soljenitsyne, Zakhar Prilepine, Maxime Kantor, Mikhaïl Chichkine... tous sont réunis ici autour d’un thème commun : la nostalgie, la douleur du retour.

Un bel objet livre, élégant et soigné « à l’ancienne ».

 

Rappelons ici les excellentes bandes dessinées de Fabien NURY et Thierry ROBIN, inspirées de l'histoire russe : Mort au tsar (2 tomes) et La mort de Staline (2 tomes).

23/05/2017

Bouillon russe (3/4)

Russie, Ukraine, roman étranger

 

Le caméléon

Andréï KOURKOV

Liana Lévi, 2001, 18.30€

 

Kiev, 1997. Dans le studio qu’il vient d’acheter, Nikolaï Sotnikov découvre « Kobzar », un livre de Taras Chevtchenko, considéré comme le chef-d’œuvre du grand poète et patriote ukrainien.

Dans les marges figurent au crayon les multiples annotations d’un homme mort dans des conditions suspectes. Dans un document que ses amis ont glissé dans son cercueil, il écrivait avoir découvert une chose précieuse pour le peuple ukrainien. Nikolaï se rend la nuit au cimetière, et après avoir procédé à une exhumation clandestine, il récupère cette lettre. Rédigée en 1851, elle accusait Chevtchenko, alors soldat à Mangychlak, Kazakhstan, d’avoir caché quelque chose dans le sable.

Veilleur de nuit dans un entrepôt d’aliments pour bébés, Nikolaï se rend compte que cette activité masque un trafic de drogue, et il est obligé de quitter Kiev. Il en profite pour rallier Mangychlak afin de percer l’énigme Chevtchenko. En chemin, il rencontre une jeune Kazakh, la belle Goulia, qui va l’accompagner dans un périple jalonné de rencontres, dont la plus surprenante sera sans doute celle d’un gentil caméléon.

Foisonnant roman d’aventures, ce voyage initiatique du narrateur à la recherche d’un trésor qui reste ici symbolique, trouvera sa récompense. Maniant la parabole et l’humour, Andreï Kourkov, d’une écriture limpide et attrayante, proclame la vanité des nationalismes et dresse un portrait des anciennes républiques soviétiques gangrenées par les trafics et la corruption. Original !

Françoise

22/05/2017

Bouilllon russe (2/4)

Russie, témoignage

 

Sur mon père

Tatiana TOLSTOÏ

Ed. Allia, 2003

 

C’est un récit intimiste, construit par la fille aînée de Léon Tolstoï à partir de ses souvenirs d’enfance et des journaux intimes de ses parents.

Le mariage de Sophie et Léon fut heureux pendant environ 20 ans. 13 enfants sont nés, dont 5 sont morts en bas âge. Sophie a abandonné une vie brillante à Moscou pour soutenir son mari dans la conduite du domaine d’Iasmaia Poliana, en Ukraine, et dans ses travaux littéraires : pour Guerre et Paix, elle met au propre la nuit les pages écrites dans la journée par Léon.

Leurs caractères sont opposés, elle pessimiste et jalouse, lui optimiste forcené, désireux d’être bon et tiraillé par la quête spirituelle. Le portrait fait par Tatiana est loin de celui de quasi-mégère dont on a affublé sa mère.

Tatiana a beaucoup d’amour pour ses parents. Pour elle, prendre la plume est un douloureux « devoir », car elle révèle bien des choses qui d’ordinaire ne sortent pas du cercle familial intime.  J’ai beaucoup aimé.

Ginette.

21/05/2017

Bouilon russe (1/4)

roman étranger, Russie

 

Le chapiteau vert

Ludmilla OULITSKAIA

Gallimard, 2014 (2010 en Russe), 24.90€

Pourquoi ce titre ? Sur la couverture, des rails qui s’entrecroisent : existences croisées ou divergentes de trois personnages principaux. Ilya, Micha, Sania : de la mort de Staline (1953) à la mort de Joseph Brodsky (poète russe, prix Nobel 1987, mort à New York en 1996).

Les trois garçons, rejetés à l’école par les autres, pour des raisons différentes : pauvreté d'Ilya, judéité de Micha et joliesse de Saia l'aristocrate, suivent le prof de littérature russe : Vassili… lui-même amputé, victime de la seconde guerre mondiale.

A travers les trois personnages, c’est l’histoire de l’URSS avec les arrestations, les compromissions, les dénonciations, etc…  Très intéressant. Parfois difficile à suivre à cause des magouilles politiques, de la complexité des sentiments humains, des personnages « à la russe », mais… à lire !

Marie-Claire

roman étranger,russie

 

Sincèrement vôtre, Chourik

Ludmilla OULITSKAIA

Gallimard, 2005, 24.90€

Portrait d'un homme élevé dans un monde de femmes, à commencer par sa mère et sa grand-mère, dans le Moscou des années 1980. Chourik est un homme faible, assez  pathétique, autour duquel l'auteur développe une kyrielle de personnages secondaires, finement croqués, et une multitude de détails et anecdotes... au point que le lecteur perd en route le fil narratif. Bien écrit.

Aline

13/05/2017

Deuxième escale du prix M.O.T.S.

prix des lecteurs

10/05/2017

La jungle de Tangapico

Nous avons accueilli Alexandra Huard, jeune illustratrice talentueuse, avec les élèves de CE2 participant au prix des Incorruptibles.

rencontre d'auteur,illustration

Le dessin, la passion d’Alexandra :

Dès le CP, son moment préféré était l’illustration des poésies, et elle savait qu’elle voudrait, un jour, dessiner les couvertures des livres ! A partir du CE2 et jusqu’aux 4 années intensives de l’école Emile Cohl (après le bac), elle a suivi des cours de dessin. Depuis, et en seulement  6 ans, elle a déjà illustrée 23 livres !!! Nous avons réfléchi à tous les métiers possibles quand on aime dessiner : styliste, dessin textile, designer, artiste peintre, dessinateur de BD ou de dessin animé, architecte, architecte d’intérieur, paysagiste,…

Son inspiration :

Pour Tangapico, Alexandra s’est inspirée de son voyage en Amérique du Sud. Elle a crayonné le fleuve, la jungle, les animaux et les personnes, en remontant le fleuve dans un grand bateau blanc… ça vous rappelle quelque chose ? Elle rêvait d’illustrer une histoire dans la jungle, et a demandé à un auteur de texte, Didier Levy, de la lui écrire. Pour Peter Pan, elle a aussi dû inventer toute une kyrielle de personnages : pirates, sirènes, enfants perdus… c’est le livre qui lui a pris le plus de temps à illustrer : 9 mois ! Heureusement, tous les livres ne prennent pas autant de temps…

rencontre d'auteur,illustration

Au travail !

Tous les enfants sont ensuite passés à l’action, suivant les conseils d’Alexandra : à la peinture noire, ils ont dessiné des palmiers, bananiers,  fougères et autres pour constituer ensemble une jungle luxuriante. Alexandra a eu elle aussi pas mal de travail pour dédicacer –en dessin- tous les albums que les enfants sont venus chercher avec leurs parents ! Une belle rencontre.

rencontre d'auteur,illustration

03/05/2017

Petite recette d'art pariétal

A l’occasion de la très belle exposition dédiée à la grotte Chauvet qui s’est tenue à la bibliothèque en mars dernier, les petits homo-habilis jarréziens se sont essayés à la peinture rupestre. Voici la recette d’un atelier à succès :

  • Une animatrice plasticienne astucieuse
  • Des enfants curieux
  • Du carton
  • Des pigments colorés
  • Quelques jaunes d’œufs
  • Des épices jaune orangé
  • Du sable
  • Des craies grasses
  • Un peu d’imagination

préhistoire,art

préhistoire,artUne quinzaine d’enfants s’est réunie autour de Catherine Chulliat pour observer le travail des artistes de la préhistoire à partir des panneaux d’exposition et des livres mis à leur disposition. Ensemble, ils se sont interrogés : quelle peinture utilisaient-ils ? Pourquoi dessinaient-ils des animaux ? Après avoir convenu de manière quasi unanime que le tube de gouache n’avait pas encore été inventé, les enfants se sont lancés dans la confection d’une peinture maison : quelques jaunes d’œufs, une cuillère de pigments -ou d’épices colorées chipées sur l’étagère de la cuisine- un peu d’eau pour la consistance, et le tour est joué !

préhistoire,artPuis chacun a dessiné à la craie sur son morceau de carton la silhouette d’un animal sortie de la nuit des temps. Mammouths, tigres à dents de sabre, mégacéros, rhinocéros, lions des cavernes se sont animés sous les pinceaux  des enfants avant d’être exposés dans la salle d’animation. Matis est intraitable : « C’était hyper bien ! J’ai adoré tremper mon doigt dans la peinture et l’étaler sur le carton. »

Après le succès rencontré par cet atelier, la plasticienne nous fera le plaisir de revenir  le 28 juin pour animer la rencontre "Mes doigts pour peindre" autour de l'exposition "Du bout des doigts" de l’illustratrice Lucie Albon. Vivement l’été !

08:19 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : préhistoire, art

28/04/2017

Dans la jungle avec Alexandra

Rencontre-dédicace avec l'illustratrice

Alexandra Huard

vendredi 5 mai  16h30-18h30

à la bibliothèque de Soucieu

rencontre d'auteur,prix des incos,album jeunesse

Dans le cadre du prix des Incos, Alexandra accueillera les classes de CE2  pour une discussion sur son métier d'illustratrice, la création de son album Tangapico, et un atelier créatif JUNGLE Jeudi 4 mai à Orliénas / Thurins et vendredi 5 mai à Soucieu

Alexandra Huard, est l’illustratrice de La chose, Tangapico, Rikimini, Je suis la méduse, Peter Pan, La chanson de Richard Strauss, et bien d’autres albums…

Nous retrouvons avec un immense plaisir cette jeune illustratrice enthousiaste et pleine de talent, qui avait déjà rencontré les CP en 2013 !

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27/04/2017

Y a pas de héros dans ma famille

roman jeunesse, familleY a pas de héros dans ma famille !

Jo Witek

Actes Sud junior, janvier 2017, 13.50 €

 

Maurice Dambek, « Mo » pour les intimes, vivait heureux entre sa vie d’élève modèle de CM2, et sa place de petit dernier d’une famille populaire.

« Avant, je pensais que les enfants du monde entier étaient comme moi. Des mini-humains qui deux fois par jour et cinq jours par semaine passent la frontière d’un pays à l’autre, le cartable sur le dos et le sourire en bandoulière. Avant, ma vie gambadait légèrement entre le monde de l’école et celui de la maison. J’étais heureux dans mes deux pays bien distincts avec des gens différents, des styles différents, une cuisine et une langue particulières.  A l’école : on se tient bien, on parle comme dans les livres, on entend une mouche voler et il ne faut jamais oublier les « Mercis » et les « S’il vous plaît ». A la maison : ça parle fort, ça hurle du dedans et du dehors, ça dit des gros mots. La télé aussi parle fort comme les jeux vidéo. Avant, « Merci, au revoir et bon appétit » côtoyait « Vas-y enfoiré, casse-toi bouffon à lunettes et viens bouffer ». Pas de prise de tête, et tout était clair entre ma classe bien rangée et ma maison loufoque… »

Mais ça, c’était avant. Avant de voir sa famille par les yeux de son camarade de classe Hippolyte Castant. Hippolyte et son beau jardin, sa maison calme, propre, bien rangée, silencieuse, son salon blanc et surtout le mur couvert de photos des personnes célèbres de sa famille ! Soudain, Mo a honte de sa famille haute en couleurs… et se sent « nul dans une famille de nuls ». Sa maîtresse lui suggère de chercher dans l’album photo familial une personne formidable. Peut-être se sentirait-il mieux s’il trouvait parmi ses ancêtres un personnage hors du commun ?...

Ce roman d’apprentissage rend bien le moment où l’enfant prend du recul par rapport à sa famille et tend à juger son milieu. Maurice est un héros attachant, frais et naïf, et la bonne volonté de toute sa famille est touchante. On rit des  niveaux de langage qui l’entourent, et on s’interroge avec lui sur ce qui fait les vrais héros ! Roman plein d’humour à lire dès 9-10 ans.

Par l'auteur de la série des Mentine, qui plaît beaucoup aux filles.

Aline

21/04/2017

Les filles au lion

Les filles au lion.gifLes filles au lion

Jessie  BURTON

Gallimard (Du monde entier), 2017, 496 p., 22.50€

Traduit de The Muse par Jean Esch

1936, Olive, passionnée de peinture, sait que ses espoirs d’être reconnue en tant qu’artiste sont illusoires. Dans le monde des marchands d’art dont fait partie son père Harold, le talent ne peut être que masculin ! Sa rencontre avec Isaac, peintre et militant communiste en Andalousie tandis que la guerre d’Espagne s’annonce, bouleverse sa vie.

1967, Odelle, originaire des Caraïbes, ambitionne de faire sa place à Londres comme écrivain. En attendant, elle est vendeuse de chaussures, puis travaille comme dactylo dans une galerie de peinture. Là,  elle fait connaissance avec le sympathique Laurie, venu faire expertiser une toile d’origine mystérieuse.

Au centre de l’histoire, un tableau fascinant, longtemps disparu, l’énigme de sa création et de sa transmission…

Après l’imagination et les qualités d’écriture dont elle avait fait preuve dans Miniaturiste, la jeune auteure anglaise nous revient avec un deuxième roman situé dans un double contexte historique, ambitieux récit d’imposture et étude de personnages féminins.

Autant que le rapport à l’art et à la création, c’est la place laissée aux femmes –qui plus est aux femmes d’origines minoritaires- dans la société et dans le monde de l’art qui est explorée dans ce roman. Faut-il suivre le modèle dominant ? L’amour doit-il primer sur toute autre considération ? Comment se réaliser et faire coexister des aspirations artistiques et sentimentales ?... Dans un récit agréable, Jessie Burton offre au lecteur les choix de femmes remarquables, marquées par leur époque.

Aline