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Le bruit de tes pas

roman étranger, Italie, amitié, amour, drogue"La Forteresse" est  une banlieue italienne sordide, toute d'immeubles et de béton, peuplée majoritairement de famille pauvres, de squatteurs, de chômeurs, de dealers,... Fils d'une brute alcoolique, Alfredo se réfugie dans l'appartement du dessous chaque fois que son père le bat, et grandit quasiment dans la famille de Béatrice. Tous deux sont inséparables, au point qu'on les a surnommés  les Jumeaux.

 

Leur relation, maladroite et sauvage dans l'enfance, devient exclusive et agressive à l'adolescence, lorsque leurs aspirations commencent à diverger. C'est dramatique de les voir se déchirer, malgré leur attachement, alors que le milieu dans lequel ils vivent se charge déjà de les détruire :

 

"Quand on avait entre seize et trente ans et qu'on vivait à la Forteresse, les probabilités d'être tué étaient plus élevées que la moyenne nationale. On le savait tous : on courait un risque pour le simple fait d'être nés au mauvais endroit.

Mais Alfredo et moi pensions que rien ne nous arriverait. A l'âge de dix-huit ans, nous imaginions que nous allions vivre éternellement.

Puis la Forteresse qui s'était d'abord montrée clémente décida qu'il y aurait pour nous aussi un prix à payer."

 

Un récit âpre et touchant, où l'amitié et l'amour ne suffisent pas toujours à la rédemption. L'histoire n'est pas particulièrement originale, mais les personnages lui donnent une grande force.

 

Le bruit de tes pas

Valentina D'Urbano

Editions P. Rey, sept. 3013, 237 p., 19€

Premier roman, traduit de l'italien "Il rumore dei tuoi passi" par Nathalie Bauer

 

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06/10/2013 | Lien permanent

Du côté de Canaan

roman étranger, Irlande, Etat-UnisDu côté de Canaan

Sebastian BARRY

Ed. J. Losfeld (Littérature étrangère), 2012, 274 p., 19.50€

Traduit de l’anglais On Canaan’s Side par Florence Lévy-Paoloni

"Bill n’est plus. Quel bruit fait le cœur d’une femme de 89 ans quand il se brise ? Sans doute guère plus qu’un silence, certainement à peine plus qu’un petit bruit ténu."

Bill est mort. Descendant d’une famille d’hommes Irlandais abîmés par les conflits du XXe siècle.

Bill est mort, et sa grand-mère, Lilly Bere laisse affluer les souvenirs d’une vie qui l’a menée de Wicklow - en Irlande- aux Etats-Unis, terre promise (Canaan) pour les Européens en difficulté. Fille de James Patrick Dunne, chef de la police municipale de Dublin, elle a dû fuir l’Irlande avec son mari, frappé d’un contrat de mort par les indépendantistes.

J’ai beaucoup aimé le récit de Sebastian Barry, sinueux et sobre, qui dévoile peu à peu toutes les vicissitudes de cette femme, liées à l’actualité du siècle en Irlande et aux Etats-Unis. Comme elle l’écrit, Lilly a "eu assez d’histoires pour toute une vie, dans sa propre vie, sans parler de celle de sa patronne, Mme Wolohan." Pour autant, elle ne s’appesantit pas sur les drames, préférant s’appuyer sur les moments de joie.

Pour ne pas gâcher votre lecture, j'évite volontairement de dévoiler les nombreux développements inattendus… Mais j'espère bientôt me plonger dans les autres romans de l'auteur qui développent d’autres personnages de la famille Dunne.

Aline

p. 234 : "Je commence à penser que le fait d’écrire tout cela est un labeur aussi dur qu’un jour de lessive en Irlande… Les souvenirs provoquent parfois beaucoup de chagrin, mais une fois qu’ils ont été réveillés vient ensuite une sérénité très étrange… Et je remarque une nouvelle fois que l’expression « il y a longtemps » n’existe pas finalement. Quand on évoque les souvenirs, tout se passe dans le présent, purement et simplement. De sorte que, à mon grand étonnement, les gens que j’ai aimés retrouvent une nouvelle vie."

 
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08/08/2019 | Lien permanent

Tout bouge autour de moi

tout bouge autour de moi.jpg

Tout bouge autour de moi

Dany LAFERRIERE

Grasset, 2011, 208 p., 15.30€

 

Récit. Le 12 janvier 2010, Dany Laferrière se trouve à Haïti pour le festival « Etonnants voyageurs », au moment du  tremblement de terre. Au contraire de tant d'autres, il réchappe à la catastrophe.

« Tout cela a duré moins d'une minute. On a eu huit à dix secondes pour prendre une décision. Quitter l'endroit ou rester. Très rares sont ceux qui ont fait un bon départ […] On s'est retrouvés à plat ventre, au centre de la cour. Sous les arbres. La terre s'est mise à onduler comme une feuille de papier que le vent emporte. Bruits sourds des immeubles en train de s'agenouiller. Ils n'explosent pas. Ils implosent, emprisonnant les gens dans leur ventre. Soudain, on voit s'élever dans le ciel d'après-midi un nuage de poussière. Comme si un dynamiteur professionnel avait reçu la commande expresse de détruire une ville entière sans encombrer les rues afin que les grues puissent circuler. »

Un an après, il reprend ses notes, témoigne sobrement de ce qu’il a vu et livre ses pensées au moment du séisme et dans les mois qui ont suivi. Les nuits dans les parcs et jardins, telle grand-mère qui tente d’épargner son petit-fils en substituant aux images horribles des chansons et des mythologies qu’elle tire de sa mémoire vacillante, l’errance pour passer prendre des nouvelles de sa famille et de ses amis artistes, la maison de Lyonel Trouillot, d’où semble  s’organiser la solidarité de quartier, les fausses rumeurs…

Avec ses lecteurs, l'auteur partage ni plus, ni moins que des instants, pas de pathos, peu d'approfondissement.

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25/05/2020 | Lien permanent

Les coups de coeur de janvier, par les lecteurs du Bouillon

Un fauteuil sur la Seine.jpegUn fauteuil sur la Seine

Amin MAALOUF

L’auteur se penche sur les occupants qui l’ont précédé au fauteuil 29 de l’Académie des lettres. Il traverse 4 siècles d’histoire de France en 18 personnages. Chaque académicien étant révélateur d’un moment de l’histoire, depuis la création de l’Académie en 1634 par Richelieu. D’illustres noms sont évoqués dans des récits vivants et courts, très instructifs et pleins d’anecdotes.

 

Pardon, Clara.jpegPardon Clara

Didier CORNAILLE

Clara, petite fille juive, a été adoptée par des paysans du Morvan pendant la guerre. Des années plus tard, elle est toujours « la juive » pour les habitants du village. Ce roman met en avant un conservatisme en milieu rural, et plus largement comment nous sommes tous l’étranger de l’autre.

 

Joanne Lebster.gifJoanne Lebster, le début d’un nouveau monde

Marc Chinal, Mathieu Bertrand

Bande dessinée utopiste. En proposant une alternative à la société de consommation et au système économique mené par l’argent, des idéalistes parviennent à réinventer le monde. Un monde dans lequel on a envie d’exister.

 

L'affaire Arnolfini.jpegL’affaire Arnolfini

Jean-Philippe Postel

Etude autour du tableau de Van Eyck appelé « Les époux Arnolfini ». L’auteur –médecin- après l’avoir étudié à la loupe, s’est intéressé à chaque détail du tableau en le rapportant à la mentalité de l’époque. Il propose ici une nouvelle théorie, très bien documentée, sur ce tableau qui a fait couler beaucoup d’encre. Se lit très bien.

 

Les corps fragiles.jpgLes corps fragiles

Isabelle Kauffmann

Médecin, Isabelle Kauffmann a rencontré l’une des premières infirmières libérales (dans les années 1950), passionnée par son métier. A la première personne, elle fait ici un récit fluide et simple de la vie de cette infirmière : d’un milieu rural, puis orpheline, elle a quand même réussi à faire ses études d’infirmière. Récit non chronologique, traité par thèmes à partir des parties du corps humain.

 

Nymphéas noirs.jpgNymphéas noirs

Michel BUSSI

Grand gagnant du prix des lecteurs Messimy-Soucieu-Thurins en 2012, ce roman policier à la construction singulière séduit aussi pour la promenade qu’il offre à Giverny.

 

Le testament d'Olympe.gifLe testament d’Olympe

Chantal THOMAS

Roman historique qui, au travers de la vie de deux soeurs de la petite aristocratie bordelaise, s’attache à dépeindre la destinée des femmes sous Louis XVI. Roman très apprécié, mais plusieurs d’entre nous ont préféré L’Adieu à la reine et L’Echange des princesses.

 

Paloma et le vaste monde.gifVéronique OVALDE

Soyez imprudents les enfants

(cf critique).

Paloma et le vaste monde

Album jeunesse écrit par Véronique Ovaldé et magnifiquement illustré par Jeanne Detallante sur une thématique proche : Paloma rêve d’ailleurs en regardant les boules à neige du monde entier, mais n’ose quitter son cercle familial un peu étouffant, quoique affectueux. On la voit prendre son envol, encouragée par sa mère.

 

Ma part de Gaulois.gifMa part de Gaulois

Magyd CHERFI (du groupe Zebda)

L’auteur, français aux racines algériennes, a grandi dans la banlieue toulousaine. Mal vu parce qu’il voulait apprendre et étudier, il a peiné à trouver son identité. Il écrit :

« Au lieu de la grande révolution des quartiers ou du grand chambardement prolétarien, à défaut d’être le porte-parole des jeunes issus de l’immigration ou l’héritier métis d’un peuple des « Lumières », je suis devenu « moi ». »

 

Aux petits mots.jpegAux petits mots les grands remèdes

Michaël URAS

Alex, bibliothérapeute, prescrit des livres en fonction de ce dont souffrent ses visiteurs. L’intrigue manque un peu de rythme, mais le livre est riche de références littéraires, et les situations pathétiques sont décrites avec humour. Soigner au moyen des livres, en les adaptant aux besoins et à  l’humeur du moment, c’est un peu ce que nous faisons en bibliothèque, ou aimerions faire…

 

La différence invisible.jpegLa différence invisible

Julie DACHEZ, ill. Mademoiselle Caroline

Bande dessinée témoignage sur le syndrome d’Asperger. Marguerite traverse la vie en se heurtant à de multiples difficultés : le bruit la dérange, elle a besoin de respecter une routine rassurante, peine à supporter la compagnie et les sorties… Aucun professionnel consulté ne l’écoute vraiment, jusqu’au jour où un diagnostic est enfin posé, lui permettant de mieux comprendre et s’adapter.

Récit touchant, en mots simples et images efficaces. Une BD qui a du sens.

Sur le syndrome d’Asperger, lire aussi « De l’amour en Autistan » par Josef SCHOVANEC,  et « Marcher droit, tourner en rond » par Emmanuel VENET.

 

Songe à la douceur.gifSonge à la douceur

Clémentine BEAUVAIS

Clémentine Beauvais a beaucoup de cordes à son arc. En anglais ou en français, elle s’essaie à la littérature pour tous âges. Son dernier album jeunesse « Va jouer avec le petit garçon » est un régal de lecture (et une petite leçon pour les parents !). Songe à la douceur est une « reprise » inspirée d’Eugène Onéguine de Pouchkine, une histoire d’amour à contretemps, transposée –en vers- à notre époque !

 

L'odeur de la forêt.gifL’odeur de la forêt

Hélène GESTERN

(cf critique). Le plus récent…  et peut-être le meilleur roman de l’auteur de Eux sur la photo, La part du feu et Portrait d’après blessure. Il fait l’unanimité parmi nous !

 

Petit pays.jpegPetit pays

Gaël FAYE

Le narrateur, Gabriel, est le fils d'un Français et d'une Rwandaise exilée. Il nous fait partager les jours heureux de son enfance idyllique au Burundi... jusqu'au moment où il lui faut tirer un trait sur son enfance et perdre son innocence. Le désamour de ses parents fait écho à la sournoise montée de la violence dans le pays, qui dresse ses amis les uns contre les autres, voit monter la peur, et culmine avec les massacres au Rwanda voisin.

 

Coquelicots d'Irak.gifCoquelicots d’Irak

Brigitte FINDAKLY, Lewis TRONDHEIM

Dans cette bande dessinée biographique, Lewis TRONDHEIM illustre le récit de sa femme, qui est aussi coloriste.  Pour son père, qui perd actuellement la mémoire, elle raconte son enfance, l’histoire de sa famille et celle de l’Irak, de 1959 à nos jours.

« Tous les vendredis, on partait en pique-nique autour de Mossoul… »

Les aller-retours entre les époques sont parfois difficiles à suivre, mais la bande dessinée est très intéressante.

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24/01/2017 | Lien permanent

Bouillon de biographies

biographieJournal d’Irlande

Carnets de pêche et d’amour, 1977-2003

Benoîte GROULT (1920-2016)

Grasset, 2018

Benoîte Groult et Paul Guimard (son 3e mari) avaient une maison au bord de l’océan, où ils allaient l’été pour pêcher.  Blandine de Caunes a repris et entremêlé les écrits irlandais de sa mère : carnets de pêche au jour le jour ; et journaux intimes, tenus pendant 23 étés, retraçant sa relation avec son mari qui vieillit mal, et avec son amant américain Kurt, avec lequel elle vit une intense passion charnelle depuis les années 1960. La journaliste et romancière, féministe, forcenée de la vie, célèbre aussi l’Irlande, et relate d’une plume acérée les visites d’amis célèbres –de François Mitterrand aux Badinter. C’est un plaisir de retrouver cet auteur.

 

biographieJe ne serais pas arrivée là si…

Annick COJEAN

Grasset, 2018

Journaliste au Monde, l’auteur a lancé ce début de phrase à des femmes connues, qui ont accepté de l’approfondir. Ce livre regroupe donc 27 micro-biographies, tranches de vie de personnes fascinantes aussi variées que Patti Smith, Asli Erdogan ou Christiane Taubira. Les rapports à la mère et à l’instruction sont des thématiques récurrentes.

 

biographieGlaneurs de rêves

Patti SMITH (1946- )

Gallimard, 2014

Un soir de blues, Patti Smith a couché sur le papier ses beaux souvenirs d’enfance. Dans ce court récit autobiographique, elle évoque la petite fille qu’elle était, très jeune déjà passionnée d’écriture. Lecture lumineuse.

 

biographieCette année les pommes sont rouges

Georges et Laurent GERRA

Flammarion, 2015

"C'était la drôle de guerre de mon grand-père". Laurent Gerra adorait son grand-père, mort quand il avait une dizaine d’années. Il a repris le carnet que celui-ci a rédigé pendant la guerre, témoignage de la « drôle de guerre » de 1939, la débâcle, la résistance. Les chapitres courts et factuels rendent très vivants ces moments de l’histoire de notre pays.

 

biographieDu Sahara aux Cévennes

Itinéraire d'un homme au service de la Terre-Mère

Pierre RABHI (né en 1936 en Algérie)

Albin Michel, 2002

Originaire du même village Algérien que Yasmina Khadra, Pierre Rabhi a grandi auprès de son père forgeron, « le protecteur », ou « le pilier », qui se retirait parfois pour jouer du luth. Il évoque  son enfance dans une famille très musulmane, et ce qui l’a marqué : l’école coranique, le désert « J’écoute le désert ne rien dire », les étoiles, le soleil les jours de canicule, la cérémonie du thé, le bruit de balancier du puits... et l’arrivée des premiers Européens à la recherche des « cailloux noirs » (charbon). Eduqué ensuite à l’occidentale, et séjournant chez des roumis, il lui devient de plus en plus difficile de retrouver sa place au douar. « Les deux civilisations me tiennent par la main et dialoguent par-dessus ma tête ». Immigré en France, il parvint en compagnie de sa femme à exploiter une petite ferme cévenole, réalisant ainsi son rêve de retour à la terre. Fort de cette réussite, il travaille depuis  à transmettre son savoir-faire agronomique et à inaugurer une autre éthique dans les échanges internationaux. pionnier d'une révolution écologique tranquille s'adresse aussi bien aux hommes en lutte contre la désertification de leurs terres qu'à ceux qui découvrent la désertification de leur âme

 

biographieLe courage de dire non

Conversations et entretiens, 1963-2007

Mario RIGONI-STERN

Les Belles Lettres, 2018

Série d'entretiens avec l'auteur, vers la fin de sa vie. On réalise grâce à ce livre que tous ses récits sont authentiques, inspirés de sa vie. Né à Asiago, dans une famille aisée, Rigoni Stern était un amoureux de la nature, un chasseur, doté d'une grande sensibilité, et toujours partisan de la paix.

 

biographieMariage en douge

Ariane CHEMIN

Ed. des Equateurs, 2016

A l'automne 1963, Romain Gary et Jean Seberg se sont mariée en douce, en Corse, après la naissance de leur enfant. Ariane Chemin, grand reporter, a retrouvé le dernier témoin de ce mariage, organisé par le Renseignement militaire français. Une biographie très vivante de gens morts, bien intégrée à son époque d'après-guerre.y

 

biographieLes rêveurs

Isabelle CARRE

Grasset, 2018

Récit d'une enfance dans les années 1970, au coeur d'une famille bohème, avec des parents fragiles. « Au pied de l’arc en ciel se dissimule toujours un trésor », nous répétait mon père. Notre univers avait la texture d’un rêve, oui, une enfance rêvée, plutôt qu’une enfance de rêve. »

Ce récit évoque peu la carrière de l'actrice, mais offre une réflexion sur ce qui la sous-tend.

"Notre vie ressemblait à un rêve étrange et flou, parfois joyeux, ludique, toujours bordélique, qui ne tarderait pas à s’assombrir, mais bien un rêve, tant la vérité et la réalité en étaient absentes. Là encore, et malgré la sensation apparente de liberté, il fallait jouer au mieux l’histoire, accepter les rôles qu’on nous attribuait, fermer les yeux et croire aux contes." 

"Pour rien au monde je ne renoncerais au plaisir d’être si bien cachée derrière mon maquillage et les costumes d’un personnage. Puisque tout est vrai, et que les acteurs « font semblant de faire semblant », comme l’écrit Marivaux... Et si c’était la solution, s’inscrire dans un cours de théâtre, accepter que ça déborde ? Il y aura la sécurité du cadre, du cadre de scène, ou celui défini par la caméra, pour contenir, autoriser, et même encourager ce qui, dans la vie courante, est toujours en trop."

"L’émotion est pénible au quotidien, embarrassante. Les mains qui tremblent, les maladresses, tout prête à rire, ou dérange. Je pense à ma mère qui traverse sa journée sur un fil, dans un équilibre précaire, essuyant avec lassitude les reproches qui pleuvent, alors que sur un grand écran, les spectateurs considéreraient peut-être sa fragilité comme un supplément d’âme, une sensibilité un peu naïve qui leur rappellerait celle d’une Mia Farrow… Tout se transorme quand on va au cinéma : la folie de Romy Schneider devient grandiose, le mal-être de Patrick Dewaere bouleversant, le filet de voix de Charlotte Gainsbourg touchant, la fébrilité de Nastassja Kinski sensuelle…"

 

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31/07/2018 | Lien permanent

Les pépites du Bouillon de lecture

comité de lectureLes porteurs d’eau

Atiq RAHIMI

P.O.L., 2019, 283 p., 19€

Dans une narration alternée entre la France et Kaboul, l’auteur suit le destin de deux Afghans : Tom, réfugié à Paris, qui a changé de prénom et de langue, s’habille et vit comme un Français ; et Youssef, porteur d’eau à Kaboul, tôt levé pour aller chercher de l’eau à la source pour les ablutions rituelles à la mosquée. Ces deux vies parallèles ne se rencontrent pas, mais toutes deux basculent le 11 mars 2001, jour où les Talibans détruisent les Bouddhas de Bâmiyân.

L’auteur, qui a lui-même quitté l’Afghanistan en 1984, a reçu le Goncourt en 2008 pour Syngué Sabour, pierre de patience. Dans ce roman-ci très bien écrit et bien construit, il aborde les thèmes de l’exil, de la clandestinité, de la trahison et du mensonge, du poids de la religion, et des non-dits.

 

comité de lectureLa nuit du cœur

Christian BOBIN

Gallimard (blanche), 2018, 208 p., 18€

Christian Bobin vit près du Creusot, et voyage peu. Rare exception, son voyage à Conques, occasion de s’émerveiller devant l’abbatiale du XIe siècle. L’auteur excelle à décrire les beautés simples du monde. Il livre ses réflexions en chapitres courts, très apaisants et poétiques. La douleur et la mort sont conjurées par l’attention aux choses et aux gens.

 

comité de lectureMon grain de sable

Luciano BOLIS

La Fosse aux ours

Traduit de l’italien  Il mio granello di sabbia (1946)

Récit personnel de Luciano Bolis, résistant, arrêté en 1945 à Gênes par les fascistes. Torturé, il craint de craquer et tente de mettre fin à ses jours pour éviter la trahison. Il en réchappe, et deviendra par la suite un militant de la cause européenne.

 

comité de lectureLe bruit des trousseaux

Philippe CLAUDEL

Stock, 2002, 92 p., 10.70€

L’auteur raconte son expérience de visiteur dans les prisons pour donner des cours de français, tout en admettant que son point de vue est partiel, puisque lui ressort toujours.

 

comité de lectureLe lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux

Martha HALL KELLY

Charleston, 2018, 573 p., 22.50€

Traduit de l'américain Lilac Girls par Géraldine d'Amico

Situé pendant et après la guerre de 39-45, le roman alterne entre trois femmes : Kasia, jeune résistante polonaise internée à Ravensbruck ;  Herta, ambitieuse  « soignante » allemande pratiquant des expériences dans le camp de déportation ; et Caroline, Américaine engagée, qui –après la libération du camp- a accueilli chez elle et procuré des soins aux « rabbits » ces femmes ayant servi de cobayes aux allemands. Premier roman de l’auteur, inspiré de faits réels et s’appuyant sur les archives laissées par Caroline Ferriday.

 

comité de lectureLes joyeux compères

Robert Louis Stevenson

Ed. Vagabonde, 2017, 136 p., 11.70€

Sombre nouvelle située en Ecosse, vers 1850, qu’on peut considérer comme précédant l’île au trésor. Terribles brisants aux abords de l’île d’Aros, les Joyeux Compères sont un piège redoutable pour les navires en perdition. Sur un îlot venté et battu par les flots, un jeune Écossais en vacances chez son oncle à moitié fou, décide de retrouver l’épave de l’Espirito Santo et son trésor englouti... Cette nouvelle traduction par Patrick Reumaux rend justice à la puissance littéraire de l’œuvre de R.L. Stevenson, avec de très belles descriptions.

 

comité de lectureOlga

Bernhard SCHLINK

Gallimard (Du monde entier), 2019, 267 p., 19€

Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary

Allemagne, fin du XIXe, Olga, d’humble origine, et Herbert, fils de la haute bourgeoisie, sont amis d’enfance et deviennent amants malgré l’opposition de la famille. Tandis qu’Olga, de nature contemplative, devient institutrice, Herbert ne rêve que de voyages et d’exploits. Tournant autour du personnage positif d’Olga, cette romance douce-amère offre des tableaux de la vie quotidienne allemande et de ses classes sociales, et montre la montée du désir de puissance de l’Allemagne et du colonialisme.

 

comité de lectureLa chambre des merveilles

Julien SANDREL

Calmann-Lévy, 2018, 272 p., 17.90€

Après un accident qui a plongé son fils adolescent dans le coma, une mère tente de le « réveiller » en réalisant « la liste de ses merveilles ». Elle a trouvé dans sa chambre un carnet listant tout ce qu’il aimerait faire, et réalise un à un ses souhaits d’adolescent pour pouvoir les lui raconter. Hymne à la vie, entre tragique et comique (décalage entre les rêves d’ado et la femme qui accomplit ces expériences). Ce n’est pas de la grande littérature, mais un feelgood book plutôt réussi.

 

comité de lectureL’infinie patience des oiseaux

David MALOUF

Albin Michel (Les Grandes traductions), 2018, 234 p., 20€

Traduit de Fly away Peter par Nadine Gassie

Australie, deux jeunes hommes sont réunis par leur passion de la faune sauvage, et  rêvent de créer une réserve naturelle pour les oiseaux migrateurs. Engagés dans la guerre de 14-18, ils se retrouvent dans les tranchées. Elle-même passionnée d'ornithologie, leur amie journaliste raconte leur rencontre dans le Queensland. David Malouf, l’un des plus grands auteurs australiens, célèbre la vie et la beauté du monde dans ce roman de 1982, traduit pour la première fois en français.

 

comité de lectureLèvres de pierre

Nancy HUSTON

Actes Sud (Domaine français), 2018, 233 p., 19.80€

Deux parties, traitées séparément. La première décrit l’enfance rurale de Saloth Sâr -arraché à un monastère bouddhiste- puis sa jeunesse avant de devenir Pol Pot, que l’histoire retiendra comme le responsable du génocide au Cambodge. La seconde évoque l’itinéraire difficile de l’auteur. Elle crée des liens ténus entre les deux (passage par les milieux littéraires parisiens) et interroge sur les abîmes que dissimule un sourire de façade. Impressionnant !

 

comité de lectureOmbres sur la Tamise

Michael ONDAATJE

L’Olivier, 2019, 279 p., 22.50€

Londres, après la guerre de 1939-45. Nathaniel et sa sœur Rachel, adolescents, sont confiés par leurs parents à un « tuteur », papillon de nuit aux activités mystérieuses, dans un milieu glauque. Nathaniel enquête pour savoir où et pourquoi sa mère a disparu. Ce livre dégage une réelle atmosphère, et présente des personnages pittoresques. Cependant l’écriture est peu fluide.

 

comité de lectureJ’ai couru vers le Nil

Alaa EL ASWANI

Actes Sud, 2019, 432 p., 23€

Traduit de l'arabe par Gilles Gauthier

Le Caire, pendant la révolte des jeunes de 2011. Destinées d'une vingtaine de personnages autour de la place Tahrir, pas forcément liées : couple d’amoureux, étudiants en médecine, fille d’un responsable de la sécurité d’Etat, Coptes en situation précaire, présentatrice télé aux dents longues, enseignante engagée qui refuse le voile et la logique financière… Ce roman, dont la publication a été interdite en Egypte, fait beaucoup référence à la religion, et à la manière de l’interpréter ou de l’exploiter, ainsi qu’à la manipulation de l’opinion publique.

Du même auteur, nous avions beaucoup aimé L'immeuble Yacoubian et Chicago.

 

comité de lectureSalina, les trois exils

Laurent GAUDE

Actes Sud (Domaine français), 2018, 168 p., 16.80€

Un bébé est déposé par un cavalier à l’entrée du village. Dans une langue qui rappelle la tradition du conte oral, la vie de Salina est déroulée.  Son enfance d’étrangère au village, la rupture d’un mariage décevant,…  On retrouve le style mythique de La mort du roi Tsongor.

 

comité de lectureLe prix

Cyril GELY

Albin Michel, 2019, 223 p., 17€

10 décembre 1946. Le jour où Otto Hahn se rend à Stockholm pour recevoir son prix Nobel de chimie, son ancienne collaboratrice Lise Meitner le rejoint dans sa chambre d’hôtel. Dans un huis-clos intense, ils évoquent leurs 30 ans de recherches scientifiques communes, dans leur laboratoire de Berlin, avant que Lise, juive, ne doive fuir l’Allemagne. Complémentaires, liés comme les deux faces d’une même pièce, elle brillante physicienne/lui avec son approche de chimiste, ils ont découvert le processus de fission de l’uranium. Autour du noyau passionné de scientifiques, Edith, la femme d’Otto, attend la résolution de cette confrontation...

Chacun des personnages défend "sa" vérité, mais il est certain que cet épisode de l'histoire des sciences est symptomatique du peu de considération accordée à la contribution intellectuelle des femmes.

 

comité de lectureL’île

Sigridur Hagalin BJORNSDOTTIR

Gaïa, 2018, 272 p., 21€

Traduit de l'islandais Eyland par Eric Boury

Un homme isolé au fond d’un fjord islandais réapprend les gestes de survie des paysans d’autrefois. Le soir, il rédige son journal intime « annales de ce qui est advenu », afin de « rappeler comment le lien s’est rompu, comment la lumière a décliné et comment la nuit s’est abattue ». Dans ce récit post-apocalyptique, l’Islande se retrouve brutalement coupée du monde. L’auteur décortique les différentes étapes, de la compréhension aux réactions de la population, du gouvernement et des médias. Liens entre journalistes et politiques, manipulation de l’opinion, montée d’une forme de fascisme… ou comment utiliser le « Récit » d’un pays pour manipuler les foules en activant les peurs ancestrales. Un récit dépaysant, avec beaucoup de références à l’histoire de l’Islande, à sa culture et à ses paysages ; mais aussi universel pour le fonctionnement des politiques et les manipulations ! L'autrice est elle-même journaliste à la tête du service information de la télévision publique islandaise, et présentatrice du journal télévisé.

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20/05/2019 | Lien permanent

Critique Le monde après nous de Rumaan Alam

78_9782021475623_1_75.jpgLe monde après nous                                                              

Rumaan Alam

Pas de super héros dans ce récit, pas de foule paniquée ni d’émeutes, pas d’effets spectaculaires, juste l’attente, l’ennui, le vide et pourtant ... l’Apocalypse arrive.

Tout commence bien pour ce couple de New-yorkais et ses deux enfants. Ils ont loué à Long Island une maison avec piscine et jacuzzi pour une semaine. La villa est luxueuse, isolée au milieu des bois où on peut apercevoir de temps en temps de magnifiques cerfs. C’est le paradis ! 

Clay est professeur et chroniqueur au New York Times. Amanda travaille dans la publicité. Chacun est un reflet banal de la société américaine moderne.

Leurs enfants Archie 16 ans et Rose 13 ans ont les mêmes préoccupations que tous les adolescents et sont accros à leur écran.
Les vacances commencent merveilleusement bien. Mais le deuxième soir, on sonne à la porte. Ils n’attendent personne bien sûr et tout de suite ont peur. Quand ils se décident à ouvrir, presque la batte à la main, ils découvrent un couple afro-américain âgé. Ce sont G. H. et Ruth Washington, qui se présentent comme les propriétaires. Mais peut-on leur faire confiance ? Comment être surs de leur identité et pourquoi sont-ils là ? Ils apprennent très vite la raison :  New York est paralysé par une gigantesque coupure de courant. Tout s’est arrêté. La situation semble très grave. Pris de panique, ils ont préféré partir loin de la ville et la seule solution qui leur est apparue a été de se réfugier dans leur maison à Long Island. Clay et Amanda n’ont d’autres choix que de les accueillir.

 Une autre mauvaise surprise les attend : la télévision ne diffuse plus rien, et les téléphones ne captent plus Internet. Le Wi-Fi est en panne. Le drame pour Archie et Rose et l’isolement pour tous.

 Ils s’organisent pour vivre ensemble dans la meilleure entente sans parvenir à occulter la terrible question. Que se passe-t-il ? Un ouragan, une attaque terroriste, une guerre nucléaire ?

 Dépendant de l’information et, donc, de la communication en général, ils se retrouvent devant du vide et ne peuvent que se perdre en conjectures. À un certain degré, tout devient irréel, comme si le monde avait été brutalement mis en pause.

Un sentiment d’étrangeté grandit peu à peu.
 L’inquiétude rôde. Soudain, se produit comme une explosion, mais il ne s’agit pas d’une explosion. Ils appellent ça le Bruit. Après cela, le silence n’est plus pareil. La baie vitrée a une fêlure.

Des évènements étranges se produisent, les cerfs migrent en masse, les flamands roses se posent dans la piscine et ont un comportement étrange ...
Les personnages ne savent pas ce qui se passe et seul le lecteur, par l’intermédiaire d’un narrateur omniscient qui vient s’immiscer dans le récit, connaît l’avenir.

Rumaan Alam analyse avec minutie l’état psychologique des deux couples en se promenant dans leurs pensées.

 Il ne se passe rien ou presque mais il fait ressentir la montée de la peur en face de l’inconnu, par petites touches, par la survenue de situations bizarres, inhabituelles et angoissantes.

 Un bon livre qui reflète les préoccupations actuelles de toute une société.

Annie Pin

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18/10/2022 | Lien permanent

Prix des lecteurs

prix des lecteurs

PRIX MES SOU THU  x

Tous en piste pour lire et noter notre sélection d'ici mai 2014. Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir !

6 ROMANS

Un verger au Pakistan, Peter Hobbs

Faillir être flingué, Cécile Minard

Le bruit de tes pas, Valentina d’Urbano

L’invention de nos vies , Karine Tuil

Trois grands fauves, Hugo Boris

Le plus petit baiser jamais recensé, Mathias Malzieu

 

6 BANDES DESSINEES

Stevenson, pirate intérieur, René Follet / Rodolphe

Tyler Cross, Fabien Nury / Brüno

Ma révérence, Wilfrid Lupano / Rodguen

Les aventures de Poussin 1er, EricEmmanuel Schmitt / Janry

Mauvais genre, Chloé Cruchaudet

Mamada, époustouflante migrante, David Ratte

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02/12/2013 | Lien permanent

concours d'écriture

A l'occasion de la nuit de la lecture,

la bibliothèque organise un concours de lecture ouvert à tous.

Un soir, quelques minutes avant la fermeture de la bibliothèque, trois lecteurs et la bibliothécaire entendent du bruit entre les étagères. Un phénomène étrange se produit sous leurs yeux: un à un les livres disparaissent...

  • inventer une nouvelle, une histoire illustrée, un poème ou une bande dessinée... tout est permis!
  • 2 pages maximum, hors illustrations
  • remise des textes typographiés avant le 13 janvier 2020 à la bibliothèque
  • les résultats seront proclamés lors de la nuit de la lecture le 18 janvier à 18h30
  • les textes primés seront lus au public présent à la manifestation

Amusez-Nous bien!

concours, écriture, nuit de la lecture

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30/12/2019 | Lien permanent

atelier cinéma

Faites du bruit !!!

Dans le cadre du festival Toiles des Mômes, Alice, animatrice de l’association Archipel a animé pour les jeunes un atelier bruitage de cinéma.

atelier; cinéma; vacances

Les ados ont fait un petit détour du côté du film muet pour comprendre l’histoire du son dans le cinéma avant de plonger dans le vif du sujet : créer une bande-son avec des objets du quotidien.

atelier; cinéma; vacancesEssoreuse à salade, brosse à dents électrique, papier bulles, claves, flute à piston... Charlie Chaplin lui-même en avait le tournis !

D'autres ateliers bruitage au cinéma ont lieu dans les bibliothèque de la COPAMO durant les vacances de Toussaint. Renseignements : bibliotheques.copamo.fr

 

 

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21/10/2020 | Lien permanent

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