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Rechercher : le guide et la danseuse

Bouillon indien

Bouillon d'Inde

Encore une fois, nous partons à la découverte d'un pays à travers ses écrivains. Ce jeudi 19 avril, c'est l'Inde que nous explorons.

Rasipuram Krishnaswami NARAYAN (1907-2001)
Né à Madras, R. K. Narayan est considéré comme l'une des voix majeures de la littérature indienne. Il a débuté dans le journalisme et a publié son premier roman en 1935 à l'age de 29 ans. En France, tous ses livres étaient devenus indisponibles. et sont réédités par les éditions Zulma.

Le guide et la danseuse
(première traduction en France, 1958, réed. Zulma)
Fresque de l'Inde quotidienne, dans une ville imaginaire, fluide et très bien écrite.
Raju a repris le commerce de son père, qui était épicier près d'une gare. Au gré des rencontres et du rôle que les autres lui attribuent, Raju devient guide, puis amant de la femme d'un archéologue, puis impresario de cette belle éprise de danse... Il profite de toutes les occasions pour changer de vie, vend les bijoux de la danseuse, est envoyé en prison, où il se trouve bien. A sa sortie, dans le dénuement, il est pris pour un guide spirituel...


Amitav GHOSH
Né en 1956 à Calcutta, il a grandi au Bengladesh, au Sri Lanka et en Inde. Il a étudié à Delhi et Oxford, puis enseigné la littérature dans plusieurs universités américaines et indiennes. Ses romans font l'unanimité dans notre groupe : grandes fresques passionnantes et instructives, ils mettent en scène de nombreux personnages et permettent de voyager dans l'histoire de l'Inde et des pays bordant le golfe du Bengale et l'Océan Indien.

Le palais des miroirs (2002)
Prodigieuse saga où le sort des individus est lié à celui des nations en périodes troublées, Birmanie, Malaisie et Inde, sur trois générations (de 1885 à 2000).
A la fin du 19ème siècle, la Birmanie est envahie par les anglais. Le palais de Mandalay est vidé de ses souverains, envoyés en exil en Inde en 1885 dans une résidence sous surveillance anglaise. Rajkumar, jeune orphelin indien, s'attache à Dolly, une des suivantes de la princesse. C'est lui le personnage qui fait le lien dans ce livre, lien familial et lien géographique par ses multiples allées et venues entre Inde et Birmanie. Plein de ressources et d'ambition, il sait profiter des opportunités qui croisent son chemin. Il travaille dans le commerce du tek, monte sa propre entreprise en Birmanie, où il fait venir des travailleurs pauvres d'Inde, s'enrichit, fonde une famille... Mais il essuie aussi de graves revers au moment où les japonais envahissent à leur tour la Birmanie en 1942.
En toile de fond, l'auteur évoque l'histoire de ces régions : la colonisation, les rapports avec les anglais, envahisseurs sans scrupules, mais qui apportent aussi des éléments positifs, le combat pour l'indépendance de l'Inde et la seconde guerre mondiale.

Le pays des marées (2006)
Les faits : au cœur du delta du Gange, peu de gens s’aventurent dans les "îles du silence". Terrifiés par les tigres mangeurs d’homme, les crocodiles et les serpents, les oubliés de l’archipel des Sundarbans y survivent pourtant, malgré la montée des eaux, une mousson violente, et des conditions alimentaires et sanitaires très précaires (cf description de l'Unesco et site du film "Sundarbans, les îles du silence").
Très belle fresque de cette région du Bengale, le roman fait se croiser les destinn d'un homme d'affaires sophistiqué de Calcutta, d'une scientifique d'origine indienne qui étudie les dauphins, et d'un pêcheur illettré dans l'archipel des Sundarbans, le "pays des marées", des mangroves et de la boue. L'auteur introduit les histoires et mythes de cette région d'Inde, avec son bon génie Bon Bibi et son démon-tigre.

Un océan de pavot (2010)
Ce premier volet de la trilogie de l'Ibis se situe principalement dans le nord de l'Inde, de Bénares à Calcutta, en1838. Les Anglais règnent en maîtres. Ils ont imposé dans les campagnes indiennes la culture du pavot -dont ils fixent eux-même le cours- au détriment des cultures vivrières, ce qui réduit les paysans à une extrême misère. Brutes et profiteurs sont présents à tous les niveaux, et l'extrême mépris des anglais pour les peuples colonisés, qu'il s'agisse des indiens ou des chinois, est frappant !!!
Amitav Ghosh se penche avec humanité sur le destin de nombreux personnages réunis par le destin à bord de l'Ibis, ancienne goélette de transport d'esclaves réaménagée (si peu !) pour convoyer des déportés et des travailleurs indiens "volontaires" à destination de l'Ile Maurice, autre colonie anglaise en mal de main d'oeuvre. (voir  critique complète du 02/11/2010).


Anita cherche mari
Anita JAIN
Anita, jeune femme d'origine indienne, est journaliste et vit à New-York. Elle a tout réussi... ou presque, puisqu'il n'y a aucun homme stable dans sa vie. Ses parents la poussent à essayer un mariage arrangé en Inde.
Mais lorsqu'elle s'installe à New Delhi, ville cosmopolite qui évolue à toute allure, l'attitude des hommes n'est pas si différente de celle des américains...
Roman très tonique et contemporain, plein d'humour.



Meurtre dans un jardin anglais
Vikas SWARUP
Roman policier, façon Cluedo indien.
Un milliardaire indien est assassiné le jour où il donne une garden party. La victime est un "pourri", qui venait d'être acquitté dans un procès corrompu.
La propriété est fermée pour les besoins de l'enquête, et six personnes sont arrêtées, car elles se trouvent en possession d'une arme. Le livre se décompose en plusieurs parties, une par suspect : l'américain crédule, la star de Bollywood, le jeune garçon des rues, le père du milliardaire (encore plus véreux que lui !).

Du même auteur, nous avons aussi aimé (enfin, sauf Jacky, pas très amateur de littérature indienne) "Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire" (à l'origine du film Slumdog millionnaire).


Dans les rues de Bombay (2007)
Meher PESTONJI
Après avoir fui sa famille, Rahul devient enfant des rues à Bombay. Il vit dans la gare, de petit commerce (réserver des places de train). Lorsqu'il trouve un bébé abandonné, il se sent investi d'une grande responsabilité. Il le confie aux services de l'enfance et continue à aller le voir. Mais Rahul est confronté aux misères de la rue : drogue, tourisme sexuel... dans une sordide descente aux enfers. Il reçoit l'aide des services de l'enfance, qui sont néanmoins toujours respectueux de ses choix, même lorsque ceux-ci sont mauvais.
Ce roman, facile à lire mais assez noir, est tiré de l'expérience de l'auteur, qui milite pour améliorer le sort des enfants des rues et des prostitués.


Voir aussi les billets récents sur les romans fleuves de Manil Suri (Mother India), Rohinton Mistry (une simple affaire de famille), Siddareth Dhavant Shanghvi (les derniers flamants de Bombay).

Avec ces quelques romans indiens, nous avons à peine effleuré le sujet. En raison de la longueur de ses ouvrages, nous n'avons pas eu le temps de lire Vikram Seth, auteur majeur. D'autres romans à découvrir sont présentés dans le blog  "Couleur indienne".

Les auteurs de la diaspora indienne sont aussi très intéressant, par leur aspect multiculturel, leurs récits d'adaptation au pays d'accueil tout en gardant des relations avec leur culture ou leur pays d'origine : voir Chitra Banerjee DIVAKARUNI (Inde - Etats-Unis), Monika ALI (Bangladesh - Angleterre)...

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01/05/2012 | Lien permanent

Bouillon du 16 décembre 2010

Séance Coups de coeur

 
La neige, le froid et l'approche des festivités en avaient dissuadé plus d'un, mais nous avions tout de même la qualité, avec plusieurs livres coup de coeur à partager !
  
Les métiers insolites, de Gérard BOUTET (1999), présenté par Annie B.
Né en 1945, l'auteur a publié quelques romans, BD, et de nombreux documentaires. Ses thèmes sont centrés sur le folklore et la tradition populaire, la vie quotidienne dans le monde rural, les savoir-faire artisanaux qui disparaissent.
Dans cet ouvrage, il dresse un catalogue détaillé de métiers insolites d'autrefois, avec de belles trouvailles ! Connaissiez-vous le métier de prieur d'enterrement ? d'essayeur de pneumatiques pour cyclopèdes ? de coupeur de cochons ? Saviez-vous que le caillouteur taillait les silex pour (pierres à feu des briquets et des armes) ? Que le fourmilleur récupérait les oeufs de fourmis pour nourrir les faisans ? Que, bien avant les bougies telles que nous les connaissons, l'oribusier fabriquait... les oribus, sortes de chandelles de résine, avec une mèche de chanvre ?
 
C'est une chose étrange à la fin que le monde, de Jean d'Ormesson (2010), choisi par Johane
Ce n'est pas un roman, non, plutôt un livre testament de l'auteur, à la fois philosophique, bien écrit, et extrêmement accessible.
Le début du livre présente en alternance le rêve du Vieux (Dieu), et le fil du labyrinthe (ou le déroulement de l'histoire). En voyant approcher le terme de ses jours, l'auteur disserte sur les questions fondamentales : le sens de la vie, la formation de l’univers, que peut-on espérer après la mort ?... Les pourquoi et les comment que tous les hommes de science et les philosophes ont creusés : la vie, la mort, l’amour, Dieu.
 
Laurent GOUNELLE, deux livres qui ont passionné Ginette
L'auteur est maître de conférence à l'université de Clermont Ferrant, spécialiste du développement personnel : apprendre à mieux se connaître pour vivre mieux, prendre des décisions, entrer en relation avec les autres...
L'homme qui voulait être heureux (2008) est son premier livre. Un enseignant en vacances à Bali se lie d'amitié avec un vieux sage qui devient son guide sur la voie du bonheur en lui donnant des tâches, parfois surprenantes, à accomplir. Bien écrit, simple, agréable, ce livre se lit d'une seule traite.
Dieu voyage toujours incognito (2010). Alan, un grand employé de banque peu satisfait par son travail, déraciné, quitté par sa femme, décide d'en finir en se jetant du haut de la tour Eiffel. Au dernier moment, il est arrêté par un homme qui lui promet le bonheur s'il lui obéit. N'ayant rien à perdre, Alan accepte d'accomplir une série d’épreuves et d’expériences plus ou moins loufoques, tout en menant discrètement l'enquête sur son mystérieux gourou. L'auteur réussit le tour de force d'écrire un roman plein de suspense tout en posant les théories de l'épanouissement personnel ! Un livre optimiste, qui vous enchante et vous fait réfléchir...
 
L'enquête, de Philippe CLAUDEL (2010) par Chantal A.
Les lecteurs traditionnels de Philippe Claudel seront surpris par ce dernier livre, à l'écriture déroutante, où les personnages sont définis par leur fonction, et les noms génériques.
L'Enquêteur débarque d'un train dans la Ville, où il a pour mission d'enquêter sur une vague de suicides dans l'Entreprise. Il est balloté, froissé, déplacé, affamé... dans une accumulation d'absurdités. Un récit kafkaïen où rien ne se déroule comme on s'y attend, fable sur l'aliénation de la société.
 
Dans un autre registre, Chantal nous signale une biographie locale : Un siècle de souvenirs (1910-2010) par Claude BOUILHOL. La vie d'un personnage très intéressant, actif et inventif, qui s'était engagé comme pompier à Lyon après la catastrophe de l'éboulement de la colline de Fourvière. Mais il n'est pas certain que ce livre soit diffusé hors du cercle familial.
 
Seule Venise, de Claudie GALLAY (2006) présenté par Dominique
La narratrice vient d'avoir 40 ans. Quittée par son compagnon, elle déprime et se réfugie dans une Venise hivernale. Elle s'installe dans une pension de famille tenu par un érudit, passionné d'histoire et amoureux des chats. Peu à peu, elle se lie avec les autres pensionnaires, dont une danseuse anorexique et un prince russe en fauteuil roulant, obsédé par la ponctualité. Plusieurs histoires d'amours impossibles se croisent, dont celle du prince, qui se livre et raconte son amour perdu avec Tatiana, son amie d'enfance.  La narratrice s'ouvre aux autres, et retrouve progressivement une capacité à s'attacher...
Du même auteur, lire aussi L'or du temps et Les déferlantes, ainsi que L'amour est une île, paru cette année.
 
La solitude du docteur March, de Géraldine BROOKS (2010), choisi par Maryvonne
Géraldine Brooks est Australienne, née en 1955, ancienne journaliste correspondante de guerre. Ses romans témoignent tous d'un bon niveau de recherche historique et sociologique.
1666 se penche sur l'année de la grand peste en Europe : un village perdu du centre de l'Angleterre se met lui-même en quarantaine pour éviter de contaminer la région. Le livre d’Hanna (2008) est le récit passionnant du périple d’un livre de prière hébraïque au fil des siècles.
La solitude du Docteur March, paru en 2005 aux Etats-Unis, a reçu le prix Pulitzer.
"March" comme le bon docteur, évoqué dans le roman de Louisa May Alcott Les quatre filles du docteur March (1868), où il était -somme toute- le grand absent. Géraldine Brooks reprend ce personnage et réinvente son destin, depuis son amour de jeunesse pour une jeune esclave, sa rencontre avec sa femme et la naissance de ses filles, jusqu'aux combats de la guerre civile. Abolitionniste convaincu, il s'engage comme aumônier auprès des nordistes, plonge dans les horreurs de la guerre de Sécession et atterrit dans la plantation où, vingt ans plus tôt, il avait rencontré la belle Grace... 
 
Purge, de Sofi OKSANEN (2010), par Jacqueline
Prix Femina étranger 2010
Née en 1977, la Finlandaise Sofi Oksanen se penche sur l'histoire méconnue de l'Estonie, avec un roman très documenté. La carte et la chronologie de l'histoire du pays, présentes dans le livre,  ne sont pas inutiles...
En 1992, suite à la chute de l'URSS, l'Estonie fête le départ des Russes. La vieille Alide découvre dans son jardin Zara, une jeune fille terrorisée, dans un état épouvantable, qui s'est échappée de chez son souteneur. Entourées de silences, les deux femmes s'apprivoisent peu à peu.
Très dense et noir, ce roman comprend de nombreux retours au passé, et fait référence à l'histoire de ce pays qui a été occupé par les Allemands, puis par les Russes, quand ses habitants n'étaient pas déportés... Jacqueline nous donne une idée des thèmes abordés : jalousie entre soeurs, secret de famille, coopération pendant la guerre, et violences envers les femmes.
     "Ce qui m'attire avant tout, ce sont les destins bâillonnés, les personnages muets, les histoires tues. S'approcher du non-dit et tenter de l'articuler, n'est-ce pas l'essence même de l'écriture ?"
 
L'énigme du retour, de Dany LAFERRIERE (2009), dégusté par Aline et Marie-Claire
Dany Laferrière, écrivain canadien d'origine haïtienne, a reçu le prix Médicis du roman pour L'Enigme du retour.
Là où Banal Oublide Gary VICTOR, autre auteur Haïtien, était un roman sauvage et dérangeant habité par des personnages étranges et très noirs, hantés par le vaudou, Dany Laferrière écrit son Enigme du retour dans un style extrêmement poétique, procédant par touches délicates.
Le narrateur vit depuis 30 ans à Montréal, mais se sent toujours haïtien dans l'âme. Suite à l'annonce du décès de son père, exilé politique lui aussi (mais aux Etats-Unis), il rentre au pays natal, où il alterne entre souvenirs de jeunesse, et douleur de ne plus se sentir haïtien. Comme n'importe quel blanc, il est victime d'une tourista cuisante, et les gens cherchent à l'exploiter comme un quelconque touriste, sous prétexte qu'il est devenu "riche" et qu'Haïti a faim.
L'auteur nous offre une réflexion mélancolique et fine sur l'identité et l'exil, et interroge le passé en même temps qu'il explore le présent. Son écriture alterne entre vers libres, qui rendent ses sensations et ses impressions du moment, et une prose plus factuelle,  utilisée pour ses souvenirs et impressions du pays, marqué par les années de dictature.
(Depuis la sortie de ce roman, les catastrophes se sont abattues sur Haïti : tremblement de terre, cyclone, choléra et luttes politiques violentes...)
 
L'affaire de l'esclave FURCY, de Mohammed AÏSSAOUI, Prix Renaudot essai 2010, coup de coeur de Marie-Claire
Mohammed Aïssaoui, journaliste du Figaro Littéraire, a remarqué en 2005 la mise en vente à Drouot d'archives concernant le dossier de l'affaire Furcy. Il a mené une enquête pour comprendre cette affaire, relatée dans cet essai romancé.
En 1817, à la Réunion, Furcy engage un procès pour que son propriétaire reconnaisse qu'il est un homme libre. En effet, il a découvert, à la mort de sa mère, des documents prouvant que celle-ci avait été affranchie des années auparavant par sa propriétaire qui l'avait amenée en France. Cédée ensuite à la Réunion au neveu de cette dame, elle avait continué à vivre comme une esclave. Et son fils après elle. Furcy a été soutenu dans ses démarches par deux magistrats blancs qui ont eu les pires ennuis. Lui-même a été emprisonné comme esclave marron, puis banni à l'île Maurice. Au mépris du droit, les grandes familles et les puissants ont fait durer cette affaire  jusqu'en 1843, où Furcy a enfin été déclaré libre en cour de Cassation de Paris.
Furcy (qui occupait au départ une place d'esclave "privilégié") a mené son combat judiciaire non seulement pour lui, mais pour les autres.
 
Conclusion de notre Bouillon de lecture : "C'est le souci de l'autre qui fait avancer le monde."

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19/12/2010 | Lien permanent

Rentrée du Bouillon

Pour cette séance de septembre, nous avons partagé nos coups de coeur et nos lectures de l'été.

 

forêt d'arbres creux.gifUne forêt d’arbres creux

Antoine CHOPLIN

La Fosse aux ours, 2015, 115 p, 16€

République Tchèque 1941, une famille arrive dans la ville-ghetto de Terezin (Theresienstadt). Architecte, Bedrich, le père, est alors affecté au bureau des plans pour agrandir les camps. La nuit par contre il dessine clandestinement tout ce qui se passe dans le camp : portrait, caricature, moments de vie… le tout caché dans une latte du bureau à dessin.

Toujours l’écriture ramassée et évocatrice d’Antoine Choplin, un  de nos auteurs favoris, dont nous avons aimé La nuit tombée (sélection du Prix Mes Sou Thu 2013) et Le héron de Guernica !

L’auteur  sera l’hôte de la librairie Murmure des Mots pour le café parlotte du 6 novembre !!!

 

part des flammes.gifLa part des flammes

Gaëlle NOHANT

Héloïse d’Ormesson, 2015, 492 p, 22€

Mai 1897, le Bazar de la Charité prend feu : 128 personnes trouvent la mort. Gaëlle Nohant brode ici une histoire autour de cet évènement de la fin du XIXe siècle. Elle y dépeint le Paris de l'époque, la vie des gens et surtout des femmes, pour qui l’importance du nom et du mariage est déterminante. Réflexion sur la lutte des pouvoirs et l’impact de la vie religieuse sur les mœurs. Les descriptions sont tellement minutieuses et détaillées qu’on a l’impression d’y être, être parmi la foule et les étals, au moment où est projeté le premier film cinématographique.

 

immeuble des femmes.gifL’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes

Karine LAMBERT

M. Lafon, 2014, 250 p, 14,95€

Le titre parle de lui-même : un immeuble et sa propriétaire, ancienne danseuse étoile, déçue par les hommes. Dans son immeuble elle souhaite que les locataires aient toutes renoncé aux hommes. Karine Lambert nous raconte donc l’histoire de cinq femmes d’âges et d’univers différents, qui ne veulent plus entendre parler d’amour. Seul mâle toléré : Jean-Claude le chat. Jusqu’au jour où Juliette, la nouvelle locataire de 30 ans, débarque au sein de ce petit groupe, sans pour autant faire une croix sur les hommes… Roman à la fois drôle et grave qui nous parle des difficultés d’aimer et des blessures que l’on porte en soi.

 

Restaurant de l'amour.gifLe restaurant de l’amour retrouvé

Ito OGAWA

Philippe Picquier, 2013, 242 p, 19€

Traduit du japonais par Myriam d’Artois-Ako

Une jeune femme de 25 ans perd la voix après une rupture sentimentale très douloureuse. Elle décide donc de retourner dans la campagne japonaise, chez sa mère qui vit avec un cochon apprivoisé. Elle se découvre des talents de cuisinière et ouvre son restaurant, « l’escargot ». Mais attention, pas un restaurant quelconque : là, les clients seront triés sur le volet, et elle leur cuisinera des plats uniques pour réveiller en eux des émotions enfouies. Un premier roman très bien écrit, même si la fin est un peu rapide.

 

Je veux devenir moine zen.gifJe veux devenir moine zen

Kiyohiro MIURA

Philippe Picquier, 2005, 142p, 6,10€

Traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu

Un cadre, rentré au Japon après 10 ans aux Etats-Unis, se rend régulièrement au temple proche avec son jeune fils. L’éducation de l’enfant se fait en partie au temple, dirigé par  une femme pleine de sagesse et de bon sens. Le fils finit par désirer devenir moine zen. Ce récit, très zen, raconte comment le voeu du jeune garçon bouscule ses parents et transforme  les relations familiales.

 

Ma vie de pingouin.gifMa vie de pingouin

Katarina MAZETTI

Gaïa, 2015, 269 p, 21€

Traduit du suédois par Lena Grumbach

Le roman alterne les récits de trois personnages principaux, lors d’une croisière en Antarctique : la jeune Wilma ; Thomas, divorcé ayant perdu la garde de ses enfants ; et Alba, 72 ans, qui observe et retranscrit les comportements animaux et humains. Si l’on trouve des situations graves dans ce microcosme, le ton reste assez léger, et le roman est agréable à lire, même si ce n’est pas un chef d’œuvre.

 

heure indigo.gifL’heure indigo

Kristin HARMEL

Denoël, 2014, 426 p, 21,50€

Traduit de l’américain The Sweetness of Forgetting par Christine Barbaste

Hope tient une pâtisserie à Cape Cod. Divorcée, elle a des rapports tendus avec sa fille, qui l’aide néanmoins beaucoup pour tenir la boutique familiale.  Sa grand-mère, Rose, atteinte d’Alzheimer, sait qu’elle a peu de temps pour lui transmettre un secret familial, qu’elle a caché toute sa vie. Dans un jour de lucidité, elle lui confie une liste de noms et lui demande de partir à la recherche de ces personnes à Paris. Les recettes transmises par la grand-mère (contenues dans le livre) sont aussi des indices, qui guideront  Hope dans sa découverte. Cette enquête familiale se révèlera aussi historique, et mènera Hope jusqu’à une synagogue et une mosquée à Paris. Elle lui permettra, en connaissant ses origines, de mieux se comprendre elle-même. Le roman offre de belles pages sur les Justes, et le précepte albanais de Besa, promesse de protéger ses hôtes et devoir de venir en aide à qui le demande. En même temps, c’est une histoire d’amour facile à lire.

 

secret de la manufacture.gifLe secret de la manufacture de chaussettes inusables

Annie BARROWS

Ed. du NIL, 2015, 621 p, 21€

Traduit de l’américain The Truth According to Us par Aline Azoulay et Dominique Haas

Eté 1938, aux Etats-Unis. Layla, jeune fille de bonne famille,  refuse le riche parti choisi par son père sénateur, qui la met au pied du mur : désormais elle doit travailler pour assurer son indépendance. Envoyée à Macedonia, elle doit rédiger la chronique de cette petite ville. Elle est logée dans l’excentrique famille des Romeyn, désargentés, anciens propriétaires d'une grande fabrique de chaussettes– Les Inusables Américaines – qui a été ravagée par un incendie plusieurs années auparavant. Ce même été, Wilma, 12 ans, décide de démêler des histoires des adultes, et met à jour des secrets bien dissimulés.

Ce roman, en partie épistolaire, est le premier rédigé entièrement par l’auteur, après "Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates", qu’elle avait fini de mettre en forme pour sa tante Mary Ann Schaffer. Il est un peu plus poussif à démarrer, mais plein de charme, et les personnages en sont attachants.

 

roi des ombres.gif

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01/10/2015 | Lien permanent

Comité de lecture Albanais

La bibliothèque de Soucieu se réjouit d'accueillir ce comité de lecture consacré aux auteurs Albanais, en espérant que ce sera une occasion d’ouverture sur la culture de ce pays que nous connaissons trop mal. Nous avons la chance de profiter de la présence d'Alma, professeure d'histoire et société en Albanie. En prélude à nos lectures, elle fait une courte introduction sur son pays. Elle nous apporte ensuite quelques éclaircissements sur le contexte des livres présentés.

 

Les Albanais sont très attachés à l’Europe. Ceux qui ont souffert le plus de la dictature sont ceux qui avaient des aspirations européennes.

Les liens à la France sont assez forts aussi. Le dictateur Enver Hoxha avait étudié au lycée français de Korça, comme une bonne partie des élites avant et pendant la dictature, et continué ses études à Paris.

Les difficultés actuelles en Albanie sont en grande partie imputables au vide laissé après la dictature : beaucoup d’intellectuels sont morts ou partis à l’étranger, la loi est mal appliquée, et la corruption a pris beaucoup d’ampleur.

Géographiquement, l’Albanie est un très beau pays. Lord Byron l’a décrit comme « un des plus beaux pays des Balkans ». Montagnes, grands lacs, mer… le tourisme y est florissant.

L’hospitalité Albanaise est réputée ! Nous essayons de nous montrer à la hauteur, grâce à l'aide d'Alma et de toutes les cuisinières qui ont préparé de bons desserts.

 

Livres lus par les participants, par ordre de présentation. (Les livres d'Ismaïl Kadaré sont regroupés dans un article à part.)

 

Gasmend KAPLLANI (1967-....)

Gazmend Kapllaniest né à Lushnjë, en Albanie. Sa famille a été déplacée par le régime communiste d’Enver Hohxa. En 1991, après s’être engagé contre la dictature, il a dû fuir en Grèce pour échapper à la police secrète. Il a enseigné à l’université à Athènes. En 2015, harcelé par les néo fascistes, il capitule devant le refus des autorités grecques de répondre à sa demande de nationalisation et émigre aux Etats-Unis. Ecrivain et journaliste, il enseigne à l’université de Chicago.

 

albanie,comité de lectureJe m’appelle Europe (2010)

Intervalles, 2013, 160 p., 19€

Traduit du grec par Françoise Bienfait et Jérôme Giovendo

Le narrateur revient à Tirana pour le mariage d’un cousin. Il se plonge dans ses souvenirs d’Albanie, et se souvient du moment où il s’était exilé en Grèce, de l’accueil des Grecs -mitigé- et de l’aide qu’il a rencontrée dans le milieu des artistes. Ce récit, inspiré du parcours de l’auteur, témoigne de l’immersion dans une nouvelle culture, de la découverte d’une nouvelle langue. Il raconte son amour pour l’Europe, en même temps qu’une histoire d’amour pour une jeune fille dont c’est le prénom.

Intercalées, des pages en italique reprennent le parcours de migrants de différentes origines, et les difficultés qu’ils traversent. Facile à lire et bien écrit, c’est un roman universel qui permet un travail sur l’exil et l’accueil.

 

albanie,comité de lecture

La dernière page (2012)

Intervalles, 2015, 160 p., 17€

Traduit du grec par Françoise Bienfait et Jérôme Giovendo

Prix du salon du livre des Balkans (Paris, 2015)

Melsi, alter ego de l’auteur, journaliste gréco-albanais, vit à Athènes, où il se sent de moins en moins à sa place, du fait de la xénophobie croissante. Il rentre à Tirana pour y attendre la dépouille de son père, décédé à Shanghaï. Pendant les 22 jours suspendus qu’il passe à Tirana, dans l’appartement de son père, il s’attache à observer la ville autour de lui, à surmonter les tracasseries administratives, et à passer au peigne fin l’appartement de son père, où chaque objet lui parle. La découverte d’un manuscrit de son père « La singulière histoire d’un crypto-juif », le plonge dans l’incertitude quant à son histoire familiale et le pousse à interroger les secrets de son père.

Le récit de Melsi, plutôt intimiste, est entrecoupé de passages historiques retraçant les turpitudes d’une famille juive de Thessalonique, entre la fuite en Albanie en 1943 pour échapper aux allemands, et la fin de la dictature albanaise. L’auteur témoigne de ses liens à l’Albanie et à la Grèce, non sans une certaine amertume par rapport à la Grèce et à l’Albanie.

Ouverture du roman : « à l’instar de certains amours, certains pays sont une aberration : ils n’auraient jamais dû exister. Etre né et avoir vécu dans un tel pays procure un désenchantement assez proche de ce que l’on éprouve quand on a gâché sa vie avec une personne qui n’est pas la bonne. »

L’écriture est fluide, observatrice, dans un style simple et précis qui n’empêche pas un certain art de la formule et de l’image.

 

Fatos KONGOLI (1944-....)

Né en 1944 à Elbasan, au centre de l’Albanie, Fatos Kongoli a étudié les mathématiques en Chine, durant l'alliance sino-albanaise. Il a été ensuite professeur, puis a travaillé dans la presse et l'édition. Il a préféré n'écrire qu'après la chute du régime communiste.

 

albanie,comité de lecture

L’ombre de l’autre

Rivages, 1998, 20€

Traduit de l'albanais par Edmond Tupja

Festim Gurabardhi travaille dans une maison d'édition de Tirana. Ce sont les dernières années du régime communiste albanais. Il règne une ambiance cauchemardesque de corruption, d’hypocrisie, et de délation. Depuis son enfance, Festim craint une dénonciation de la part d’un de ses camarades, devenu juge.  Se dédoublant pour cacher un passé familial jugé sombre par le parti, Fatim vit un cauchemar perpétuel à force vivre « dans l’ombre d’un autre ».

Un roman très noir, métaphore de la schizophrénie du régime dictatorial albanais. Le narrateur se dédouble pour se raconter, utilisant le « Je » ou le « Il » selon les chapitres.

Le procédé de dédoublement, est l’un de ceux utilisés par les écrivains albanais sous la dictature, il a été aussi utilisé par Ismaïl Kadaré. Autres procédés : raconter des rêves, faire passer un message par un « il » dont on se distancie, par un enfant…

 

Carmine ABATE (1954-....)

Carmine Abate est un écrivain italien de culture arberèche, qui a vécu en Allemagne et en Italie. Les Arberèches (en albanais Arbëresh) sont des Albanais vivant dans le sud de l’Italie. Ils s’y sont établis au 15e et 16e s, fuyant l’occupation ottomane à la suite de la mort du héros albanais Skanderbeg, puis  le massacre par Ali Pasha de 6000 Albanais qui avaient refusé de se convertir à l’islam. Les Arberèches ont conservé depuis cette époque une forte identité albanaise. Ils parlent un dialecte albanais du sud de l'Albanie, resté assez proche de l’albanais ancien.

 

albanie,comité de lecture

La mosaïque de la grande époque

Seuil (Cadre Vert), 2008, 293 p., 21,80€

Traduit de l’italien Il mosaico del tempo grande (2006) par Nathalie Baue

Au XVe siècle, un groupe d’Albanais du village de Hora part du Durrës (port de Tirana) pour s’installer en Calabre, où ils créent un petit village. Le pope collecte toutes les richesses de la communauté pour édifier une belle église, mais à sa mort, l’or a disparu.

Sous la dictature d’Enver Hoxha, les héritiers des familles d’origine sont toujours au village. Antonio (descendant du pope) profite d’un voyage organisé en Albanie pour tenter de découvrir le vieux village d’origine de sa famille, et s’éprend d’une danseuse, Drita, avec laquelle il s’installe en Hollande pour échapper à la police albanaise.

Gojàri, artiste mosaïste, est le point de charnière entre les différentes époques. Il raconte avec les abacules (tesselles) de ses mosaïques toute l’histoire des habitants de Hora depuis les origines, y compris les parties cachées.

Beaucoup d’amour, quelques morts, et le mystère de la recherche de l’or du 15e s disparu. Carmine Abate rédige son récit comme une mosaïque, sans se préoccuper de l’ordre chronologique, croisant les récits et les époques, entre le XVe siècle et nos jours, en passant par la chute du régime du leader communiste albanais Enver Hoxha et le drame des immigrés albanais échoués sur les rives italiennes au début des années 1990. L’utilisation de dialectes italien, calabrais et arbarèche gêne un peu la lecture.

 

albanie,comité de lecture

La Moto de Skanderbeg

Le Seuil (Cadre Vert), 2003, 256 p., 20.30€

Traduit de l’italien La moto di Scanderbeg (1999)

Prix littéraire Racalmare Leonardo Sciascia

Le personnage principal, Giovanni Alessi est écartelé entre son passé dans le village arbarèche de Nouvel Hora, et sa vie actuelle en Allemagne. Un jour, Stefano Santori, un garçon de Hora devenu historien réapparait dans sa vie. Grâce à lui, Giovanni renoue avec ses origines ; il revit son histoire et celle de son père, Skanderbeg, qui au lendemain de la guerre, arpentait les routes et les chemins sur sa splendide moto Guzzi Dondolino. Et, remontant plus loin encore, il évoque la geste du Grand Skanderbeg, le héros de la résistance albanaise contre les Turcs qui, au soir de sa défaite, conseilla à son peuple l'exil en terre italienne.

Annie a trouvé le roman trop difficile à suivre, entre les lieux très variés, et la chronologie non respectée.

 

Originaire de Krujë (Albanie), Skanderberg était un grand général du 15e s., d’abord pour l’armée turque. En 1443, Skanderbeg déclare l’indépendance de l’Albanie, hissant son drapeau rouge à l'aigle noir. Il est le seul à avoir réuni les Princes du nord et du sud (Chacun pris séparément, nous sommes une brindille, mais en fagot, on ne nous brise pas), créant la petite Albanie, qui résistera 25 ans aux Ottomans (1443-1468). Héros national albanais, il a été nommé Chevalier de la Chrétienté, pour avoir  empêché les Ottomans de passer par Durrës, la voie la plus courte pour envahir l’Europe. Son histoire est reprise dans Les tambours de la pluis, d’Ismaïl Kadare.

 

Dritëro AGOLLI  (1931-2017)

Né en 1931 dans le village de Menkulas, dans le Sud de l’Albanie, Dritëro Agolli a fait des études de philologie et de journalisme à l’université de Léningrad. Longtemps, il a été journaliste au service du régime. De 1973 à 1992, il a été président de l’Union des artistes et écrivains albanais. Membre

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20/02/2020 | Lien permanent

Un auteur très humain

Né en 1940, Russell Banks a grandi dans le New Hampshire dans un milieu défavorisé. Son père est parti lorsqu'il avait 10 ans et sa mère était peu présente. Il dit lui-même qu'il aurait pu "mal tourner", et que l'écriture l'a sauvé. Après des études à l’université il voyage, passe même quelque temps en Jamaïque. Il a écrit des romans, des nouvelles et de la poésie. Membre de l’Académie américaine des Arts et Lettres, il enseigne à Princeton. Russell Banks est très actif politiquement, n’hésitant pas à critiquer ouvertement son gouvernement (il a pris position contre la guerre en Irak et contre le Patriot Act).

Ses écrits sont parcourus par deux grand thèmes : la recherche de la figure paternelle et la description du monde des petites gens dont la vie est difficile. Ses oeuvres traduites en français ont été publiées chez Actes Sud : Survivants (Searching for survivors, 1975), Hamilton Stark (1978), Le livre de la Jamaï que (The Book of Jamaica,  1980), Trailerpark (1981), Continents à la dérive (Continental Drift, 1985), Histoire de réussir (Success stories, 1986), Affliction (1989), De beaux lendemains (The Sweet Hereafter, 1991), Sous le règne de Bone (Rule of the Bone, 1995), Pourfendeur de nuages (Cloudsplitter, 1998), L'ange sur le toit (The Angel on the Roof, 2000), American darling (The darling, 2005), La réserve (The Reserve, 2007).

Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma : De beaux lendemains (réalisé par le Canadien Atom Egoyan – Grand prix au festival de Cannes 1997)  et Affliction (réalisé en 1997 par Paul Schrader).  Son roman American Darling va également être porté à l'écran.

 

La réserve

Situé en 1936 dans les Adirondacks, au nord de l'état de New-York, le roman offre de superbes descriptions de cette région de lacs, montagnes et forêts. "La réserve" est un "ghetto de riches", où seule une élite de riches New-Yorkais est admise. Les gens du pays ne sont présents que comme domestiques, l'été, ou -pour les mieux considérés, comme guides.

Au-delà de l'intrigue (il y a un mort), Russel Banks présente de beaux personnages : un artiste peintre, pilotant son hydravion, qui ne fait qu'à moitié partie de ce monde là, mais l'utilise ; une jeune fille adoptée, nymphomane et peut-être fabulatrice, qui s'interroge sur ses origines.

 

Trailerpark

Chroniques de la vie ordinaire. Ces nouvelles se lisent comme un roman.

Dans un parc à caravane, 12 mobile homes : neufs, branlants, rouillés ou fleuris. Des habitants : un guichetier de banque, un ancien militaire, un jeune hippie, une divorcée, une veuve...

Les vies se croisent, les gens se parlent. Chacun apporte son lot quotidien de faits et gestes, qui abreuvent les commentaires et les histoires qui se raconteront, de caravane en caravane.

C'est l'Amérique du New Hampshire, celle des laissés pour compte, ceux qui survivent d'aides, d'une maigre retraite ou de petits boulots, une communauté faite de solitudes réunies. Résignation, pauvreté, échec, violence, solitude. Petites histoires au quotidien qui nous disent les malheurs de l'Amérique profonde.  De belles tranches de vie réalistes.

 

American Darling

Russel Banks signe ici un roman engagé, qui se penche sur la géopolitique américaine et l'histoire du Liberia. Ce pays a été créé en 1825, sous l'impulsion des Etats-Unis, sur un territoire vierge d'Afrique de l'Ouest attribué aux descendants des anciens esclaves noirs. Dès la fin du 19ème siècle, 1% des noirs, descendants d'esclaves, possédaient 90 % du pays, devenant à leur tour des oppresseurs...

Le lecteur suit sur plus de 30 ans la vie d'Hannah Musgrove, héroïne assez peu sympathique. Issue d'une famille américaine aisée et éduquée, elle s'engage vers 1970 dans la lutte armée d'extrême gauche. Recherchée par le FBI, elle se cache au Liberia, où elle épouse le ministre de la santé. Passionnée par la cause des chimpanzées, elle est sans doute plus attentive à eux qu'à ses propres fils. Lorsque des guerres civiles atroces éclatent au Liberia, son mari est tué, elle doit fuir en abandonnant ses fils qui deviendront des enfants soldats.

Ce livre est assez à part dans l'univers de Russel Banks car il ne décrit pas la vie de "paumés" des U.S.A. mais son propos est principalemnet axé sur l'histoire du Libéria.En effet, la destinée de ce pays l'a fait beaucoup réfléchir avec la question qui a motivé son écriture : pourquoi des anciens esclaves ont-ils reproduit les modèles de leurs oppresseurs, ce qui a abouti à la guerre civile ? question lancinantepour lui à laquelle il essaye de répondre dans ce roman.

 

Continents à la dérive

La vie d'un pauvre gars, Bob Dubois, réparateur de chaudières dans le Connecticut. (Vent, froid, on s'y croit...) Il rêve d'avoir la vie de rêve vantée par son frère, qui vit en Floride, et finit par le rejoindre. Mais là, quelle déception ! Parallèlement à cette dégringolade, on suit l'histoire d'une jeune Haïtienne attirée par le rêve américain.

 

Sous le règne de Bone

Itinéraire d'un adolescent désoeuvré, paumé, en conflit permanent avec sa mère et son beau-père, qui n'hésite pas à les dépouiller pour s'acheter de l'herbe. Chassé de la maison à 14 ans, il squatte chez un copain qu'il fournit en herbe, et erre dans le centre commercial de la ville.  Il fait ensuite l'apprentissage de la rue auprès de marginaux, dont un personnage trouble pédophile, auquel il essaie d'arracher une petite fille, et finit par trouver un modèle en I-Man, un rasta qu'il accompagne en Jamaïque.

 

Affliction

Nous sommes à Lawford, un trou perdu au fin fond du New Hampshire, Etats Unis. Notre anti-héros est Wade Whitehouse, ouvrier dans une société de forage et agent de police municipale à temps partiel. Wade n'a jamais quitté son bled, et pense qu’il a raté sa vie. Russell Banks nous livre le portrait d’un homme au bout du rouleau, c’est noir !

 

Les lecteurs du "Bouillon" ont beaucoup aimé cet auteur, à l'exception de Françoise (qui a lu Affliction). Son monde de pauvres gens et de paumés n'est pas gai, mais Banks décrit les laissés pour compte avec justesse, presque avec tendresse. Ces personnages, très humains,  pris dans l'envers du rêve américain,  semblent parfois sortis tout droit de la jeunesse difficile de l'auteur. 

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Bouillon de rentrée littéraire... mais pas que !

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Paul AUSTER

Actes Sud, 2018

Selon la légende familiale, le grand-père Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec 100 roubles cousus dans la doublure de sa veste, eut moultes aventures avant d’arriver enfin aux Etats Unis, où il fut rebaptisé Ferguson à Ellis Island. A partir de là, l’auteur invente 4 trajectoires pour le même personnage… dont le destin change en fonction de son environnement et de l’influence des évènements. Au travers de ces 4 variations biographiques, l’auteur retrace l’histoire des Etats-Unis.  Ambitieux et intéressant.

 

roman,roman étranger,roman adoKhalil

Yasmina KHADRA

Julliard, 2018

Récit d’un jeune de Molenbeek radicalisé, venu à Paris en 2015 pour semer la terreur. Yasmina Khadra propose une approche psychologique du sujet en se mettant dans la tête d’un kamikaze. Ses rapports aux autres, à la mère de cet ami… Dérangeant et captivant, du grand Khadra !

 

roman,roman étranger,roman adoUn monde à portée de main

Maylis de KERANGAL

Verticales, 2018

Une jeune fille, indécise sur son avenir après le bac, s’inscrit dans une école de copiste. S’ensuivent ses années d’école, puis ses travaux à Rome à Cinecita, dans la grotte de Lascaux,… Maylis de Kerangal nous offre une plongée détaillée dans la peinture et le métier de peintre en décors. A son habitude, son roman est extrêmement documenté et précis. Vous ne regarderez plus les fresques de la même façon !

 

roman,roman étranger,roman adoMille petits riens

Jody PICOULT

Traduit de l’américain « Small Great Things » par Marie Chabin

Actes Sud, 2018

Plaçant son récit dans les Etats Unis d’aujourd’hui, l’auteur raconte la communauté blanche bien-pensante, et les pensées de ceux qui ne se croient pas racistes – pas si claires vis-à-vis des noirs. Alternant entre trois personnages, le roman en suit l’évolution : une sage-femme noire professionnelle et appréciée ; un suprématiste blanc qui refuse qu’une soignante noire s’occupe de son bébé ; une avocate blanche. Facile à lire.

 

roman,roman étranger,roman adoChanger l’eau des fleurs

Valérie PERRIN

Albin Michel, 2018

Violette Toussaint vient de l’assistance publique. Elle a été garde-barrière, puis gardienne de cimetière, chargée de l’entretien des tombes et de l’accueil des familles. Une leçon de courage et de résilience, avec des personnages tout simples mais très bien racontés. (Par l’auteur de Les oubliés du dimanche, qui se passait en maison de retraite).

 

roman,roman étranger,roman adoLes meilleurs amis du monde

Gilly MacMILLAN

Les Escales, 2018

Noah et Abdi sont amis depuis l’enfance, bien qu’issus de milieux différents : Noah vient d’une bonne famille BCBG anglaise, tandis qu’Abdi est réfugié Somalien. Lorsque le corps de Noah est repêché dans un canal de Bristol, Abdi est soupçonné, mais il ne peut (ou ne veut) rien dire. On voit progresser deux familles qui n’ont rien en commun dans leur recherche de vérité. Très bien écrit.

 

roman,roman étranger,roman adoLe magasin jaune

Marc TREVIDIC

J.C. Lattes, 2018

En 1929, un jeune couple ouvre une boutique de jouets dans le quartier de Pigalle. Repeint d’un jaune éclatant, le magasin est rayonnant, et propose de beaux jouets du Jura. La petite fille du couple devient la mascotte du quartier. Vie du quartier avec ses hauts et ses bas jusqu’après la guerre.

 

roman,roman étranger,roman adoLe peintre d'aquarelles

Michel TREMBLAY

Actes Sud, 2018

Marcel a passé plus de 50 ans dans un hôpital psychiatrique au fond des Laurentides. Depuis des années, il peint à l'aquarelle, sur les conseils de son médecin : les montagnes menaçantes qui l'entourent, mais aussi la mer, qu'il n'a jamais vue. Le roman est son passage à l'écriture, dans un essai de journal intime. Il y écrit de très belles pages sur la peinture, de la préparation du papier à la réalisation de ses aquarelles, et s'essaie à comprendre sa vie. Enfant épileptique, sujet à des crises de schizophrénie, il avait été enfermé après avoir mis le feu aux cheveux de sa mère... Avec la douceur des teintes d'aquarelle, le récit émouvant d'une vie confisquée par les médicaments, consacrée à la peinture. (Se lit seul, mais peut aussi être intégré à la saga des Desrosiers).

 

roman,roman étranger,roman adoLe pays des contes

Chris COLFER

M. Lafon, 2016 à 2018

Alexe et Connor sont des jumeaux très différents. Alexe aime les livres, tandis que Connor –peu scolaire- a beaucoup d’amis.  Depuis le décès de leur père, il y a un an, leur mère travaille dur. Leur grand-mère est conteuse dans les hôpitaux. Un jour, les jumeaux se retrouvent projetés dans le livre des contes, où les histoires sont en fait bien différentes des versions que nous connaissons. Enfermés de l’autre côté, il leur faut réunir 8 objets magiques éparpillés dans les villes des différents personnages.  Aventure, humour et émotion sont au rendez-vous dans cette série pour ados. (Série en cours, mais chaque tome est clos.)

 

roman,roman étranger,roman adoFrappe-toi le cœur

Amélie NOTHOMB

Albin Michel, 2017

Alfred de Musset : « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie ». Une jolie fille qui a tout pour elle épouse un pharmacien, puis vit mal la perte de sa jeunesse lorsqu’elle devient mère. La narratrice, sa fille, est détestée par sa mère narcissique et jalouse. Le récit s’attache à l’évolution des trois enfants, conditionnée par leur relation à la mère, que ce soit l’excès ou le manque d’amour. Relations humaines, rivalités, manipulations… et retournement en fin de roman. Un bon Nothomb.

 

roman,roman étranger,roman adoBakhita

Véronique OLMI

Albin Michel, 2017

Fin du 19e siècle. Une fillette soudanaise, raflée par des esclavagistes, va vivre un destin incroyable –avec des moments très durs. Ses pérégrinations l’emmèneront jusqu’en Italie. Après la perte de sa langue maternelle, et la perte de son identité, la religion l’aidera à se réaliser. Le style colle très bien à l’histoire et aux émotions, par son choix de mots et de phrasé. Très beau récit émouvant, inspiré de la vie de Joséphine Bakhita, canonisée par Jean-Paul II en 2000.

 

roman,roman étranger,roman adoCelui qui va vers elle ne revient pas

Shulem DEEN

Globe, 2017

Essai, ou roman autobiographique. L’auteur vient d’un Shetl, communauté juive hassidique traditionnelle près de Brooklyn. Tenté par la radio, internet et une émancipation vis-à-vis du groupe, le narrateur raconte aussi comment ceux qui sortent de ces communautés soudées en sont bannis et se retrouvent déconnectés, esseulés.

 

roman,roman étranger,roman adoUn jour, tu raconteras cette histoire

Joyce MAYNARD

P. Rey, 2017

Joyce Maynard retrace ses années de bonheur avec son mari Jim, rencontré à 55 ans, leur complicité, et leur douloureux chemin ensemble lorsque Jim est atteint d’un cancer du pancréas.

 

roman,roman étranger,roman adoL’homme de ma vie

Yann QUEFFELEC

Guérin, 2017

L’auteur parle de sa relation difficile à son père, l’écrivain Henri Quéffelec, dont il a toujours essayé de capter l’attention et l’amour. Sensible et sympathique.

 

roman,roman étranger,roman adoGuide des égarés

Jean d’ORMESSON

Gallimard, 2016

Le regard de l’écrivain sur l’humanité. Belle écriture et philosophie sans en avoir l’air.

 

 

 

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08/10/2018 | Lien permanent

Le ”nature writing” avec les éditions Gallmeister

Le Nature Writing, "écrits sur la nature" est un genre littéraire né aux États-Unis, qui remonte à Henry D. Thoreau. Les éditions Gallmeister sont spécialisées dans ce genre, qui mêle récit et observation de la nature. Les auteurs américains décrivent et interrogent les beautés et les contradictions de leur immense territoire et de ses habitants. Détectives privés de la côte Ouest ou guides de pêches de la côte Est, traders new-yorkais ou cow-boys mélancoliques sont autant de représentations d’une Amérique plurielle. Voici une sélection de titres que nous avons apprécié ces dernières années. Vous pouvez les emprunter à la bibliothèque de Soucieu. (Ou pour certains les télécharger sur le site de la Médiathèque du Rhône)

 

amérique,roman étranger,natureVis-à-vis

Peter SWANSON

Gallmeister (Americana), 2020, 392 p., 23.80€

Illustratrice de talent bipolaire, Hen emménage avec son mari Lloyd dans une petite ville proche de Boston. A l'occasion d'un dîner chez les nouveaux voisins, Hen remarque dans le bureau de Matthew un objet lié à un meurtre non résolu qui l'avait obsédée dans sa jeunesse. Persuadée que Matthew est le coupable, elle cherche à trouver des preuves, mais comprend très vite que le tueur sait qu'elle sait... À moins que tout cela ne soit le symptôme d'un nouvel épisode psychotique... ou une trouble coïncidence ? Ce thriller psychologique dévoile peu à peu  manipulations, obsessions, et relations dérangeantes entre les personnages.

 

amérique, roman étranger, natureLa vie en chantier

Pete FROMM

Gallmeister (Americana), 2019, 380 p., 23.60€

Marnie et Taz sont jeunes, joyeux et vibrants d'un amour passionné et fusionnel. Lorsque Marnie apprend qu’elle est enceinte, ils commencent à retaper avec ardeur leur petite maison de Missoula, dans le Montana. Hélas, Marnie meurt à la naissance du bébé, laissant Taz seul face à un deuil insupportable, avec sa fille sur les bras. Il plonge alors tête la première dans le monde de la paternité, un monde de responsabilités et d’insomnies, de doutes et de joies inattendues. Un roman touchant rempli d’espoir et de tendresse !

 

amérique, roman étranger, natureMy absolute Darling

Gabriel TALLENT

Gallmeister (Americana), 2018, 464 p., 24.40€

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis, ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour son salut marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.

 

amérique, roman étranger, natureDans la forêt

Jean HEGLAND

Gallmeister (Nature writing), 2017, 304 p., 23.50€

Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans un certain isolement, leur maison familiale étant nichée à l’écart des villes, au cœur de la forêt. Quand le monde moderne s’effondre, que leurs parents disparaissent, que ni les véhicules ni les informations ne circulent plus, elles demeurent vraiment seules. Il leur reste leur passion pour la danse et la lecture, mais il va leur falloir apprendre à devenir autonomes, à survivre, et à faire confiance à la forêt qui les entoure.

Roman sensuel et puissant, où les deux jeunes femmes entraînent avec elles le lecteur vers une vie nouvelle. Lire également la très belle adaptation en bande dessinée par Lomig, chez Sarbacane.

 

amérique,roman étranger,natureUne affaire d’hommes

Todd ROBINSON

Gallmeister (Néo noir), 2017, 368 p., 22 €

Bon polar à l’américaine, avec un détective privé qui boit, cogne et reçoit des beignes, un gros dur un peu sentimental, avec son code de l’honneur et ses vulnérabilités. Une fois passées les premières pages, qui désarçonnent par leur rapide entrée en matière dans le monde de la nuit, on apprécie l’ambiance de ce polar où les apparences sont parfois bien trompeuses…

 

amérique,roman étranger,natureAquarium

David VANN

Gallmeister (Nature writing), 2016, 270 p., 23€

Caitlin, douze ans, vit seule avec sa mère, trimardeuse sur le port de Seattle. La vie n’a pas été facile pour cette femme désabusée. Elles n’ont aucune famille, et sont tout l’une pour l’autre, même si un sympathique Steve commence à faire son apparition de temps en temps. Le soir après l’école, en attendant que sa mère rentre, Caitlin court à l’aquarium et se plonge dans la contemplation des animaux marins. Régulièrement, elle rencontre un vieil homme qui semble comprendre et partager sa passion pour les poissons. Elle se réjouit de ce début d’amitié, jusqu’à ce qu’elle en parle à sa mère, déclenchant une violence proportionnelle à la colère jusqu’ici contenue par sa mère.

La prose cristalline de David Vann nous apprend comment le désir d’amour et l’audace de la jeunesse peuvent guérir les blessures du passé. Aquarium est un pur moment de grâce offert par l’un des plus grands écrivains américains actuels.

 

amérique,roman étranger,natureRetour à Oakpine

Ron CARLSON

Gallmeister (Nature Writing), 2016, 23.10 €, 281 p.

Amis au lycée, à l’époque rapprochés par leur groupe de musique « Life on Earth », ils se sont peu vus pendant leur vie d’adultes. Certains ont passé toute leur vie à Oakpine, d’autres y reviennent, ramenés à la petite ville par les circonstances. Les souvenirs marquants renaissent, frais comme si la dernière année de lycée datait d’hier. C’est un temps de bilan pour les cinquantenaires mesurant le chemin parcouru ou le temps gâché. C’est aussi l’heure des derniers tournants, le moment de se sentir pleinement vivants, tandis que la génération suivante –la jeunesse dorée- est à son tour confrontée à ses premiers choix d’adultes.

L’auteur du Signal nous offre ici un roman empreint de tendresse et de nostalgie, que le lecteur aimerait faire durer pour profiter un peu plus longtemps de ces hommes forts au cœur tendre, de leur amitié, du bonheur du travail bien fait, des repas partagés, de l’ivresse de la course à pied, et du pouvoir de l’écriture.

 

amérique,roman étranger,natureLes arpenteurs

Kim ZUPAN

Gallmeister (Nature Writing), 2015, 271 p., 23.50€

Ce roman est avant tout le récit d’une relation complexe entre deux hommes aux antipodes l’un de l’autre, un assassin et son geôlier : John Gload, vieux criminel récidiviste, s’est enfin fait pincer et attend son procès dans la prison du Montana.
De l’autre côté des barreaux, un jeune adjoint au shérif est astreint à passer des nuits de surveillance dans la prison. Contrairement à certains collègues, Millimaki essaie d’exercer son métier avec humanité, mais il souffre de sentir sa vie et son mariage, lui échapper.  

D’une beauté puissante, les Arpenteurs explore la frontière floue entre le bien et le mal. Pour l'auteur, qui oppose le huis-clos de la prison aux immenses espaces nord-américains, le Montana sauvage est une présence constante dans le récit, émaillé de descriptions de la nature.

 

amérique,roman étranger,natureDes hommes en devenir

Bruce MACHART

Gallmeister (Nature Writing), 2014, 193 p., 22 €

Recueil de nouvelles, assez noires au premier abord. Chacune de ces histoires, nous fait partager les fêlures d'hommes ordinaires dans des paysages typiquement américains, le plus souvent texans. Des histoires de chiens écrasés, d’accidents, d’enfants morts ou de parents disparus, ou tout simplement de garçons ou d’hommes ordinaires faisant de leur mieux dans des circonstances difficiles. Une écriture très maîtrisée.

 

amérique,roman étranger,natureLes douze tribus d’Hattie

Ayana MATHIS

Gallmeister (Americane), 2013, 313 p., 23.40€

Philadelphie, 1923. Hattie arrive de Géorgie pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l'énergie de ses seize ans, elle épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants qui égrèneront, au fil de l'histoire américaine du XXe siècle, leur parcours marqué par le fort tempérament de leur mère, sa combativité et ses failles secrètes. Telles les pièces d'un puzzle, les douze tribus d'Hattie dessinent en creux le portrait d'une mère insaisissable et la condition noire aux Etats-Unis.

 

amérique,roman étranger,natureDésolations

David VANN

Gallmeister (Nature writing), 2011, 296 p., 23.40€

Les enfants ont grandi, le couple bat de l'aile, le mari décide de s'installer sur une île isolée avec sa femme, pas très enthousiaste. Plus la cabane se construit, plus la tension monte... Réflexion sur le couple et le temps qui passe, ce livre enchante aussi par de très belles pages sur l'Alaska. Il est tout aussi fort que Sukkwan Island, même si l'on ne retrouve pas l'aspect de huis-clos morbide du magistral premier roman de David Vann.

 

amérique,roman étranger,natureLittle Bird

Craig JOHNSON

Gallmeister (Noire), 2009, 408 p., 24.30€

Walt Longmire, shérif dans le Wyoming, gère la police du comté avec un mélange d'efficacité et de bonhommie. En fin

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28/05/2020 | Lien permanent

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