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Jeanne Benameur

Gâteau à la farine de châtaignes et compote de pommes au sirop d'érable et calvados !! C'est le menu d'accueil préparé pour le "bouillon" de mai 2016 à Saint-Laurent d'Agny, avant de se pencher sur les nombreux romans de Jeanne Benameur, pour ados et adultes,  lus au minimum par 3 personnes chacun.

Jeanne Benameur née en Algérie en 1952, est venue à 5 ans à la Rochelle, a été professeur avant de vivre de sa plume. Nous la sentons proche de ses lecteurs par sa grande humanité, compassion envers les solitaires, les déracinés, une personnalité attachante.

 

romanVivre , c'est risquer 

regroupe 4 romans ados, bien écrits, sans fioritures : le quotidien de gens ordinaires transcendés par l’amour, l’amitié, l’entraide. Il se passe peu d’événements, la réflexion domine.

Quitte ta mère : Bastien grandit pendant les vacances au bord de la mer chez son grand père, veuf, se laissant aller. Il décide de rester vivre avec lui.

Si même les arbres meurent (2000) : drame de l'accident et de la mort du père vécus par les deux enfants complices et « retirés » du monde.

La boutique jaune : entraide, soutien aux immigrés, retour sur le passé d'une petite ville.

Une heure, une vie (2004) : Séparation des parents, leur fille s'invente des vies, belle histoire d'amour.

 

romanOtages intimes (2015)

Un photographe de guerre Etienne a été libéré, c'est sa difficulté à « revivre », se réadapter.

Beau portrait de la mère qui a fait connaître la musique aux 3 enfants, retour sur le passé de chacun.

 

romanLes Demeurées  (2000)

Son premier roman pour adultes, court et poignant. Fusion totale entre une petite fille et sa mère, rejetée par le village parce que « abrutie». Arrivée d’une institutrice qui essaie d'éveiller la fillette… Vocabulaire choisi, une tragédie à l'antique d'une magnifique intensité.

 

romanPas assez pour faire une femme (2007)

Réflexion sur la condition de la femme dans les années 70, une jeune étudiante réfléchit sur la non-liberté de sa maman inféodée à son mari.

 

Le Ramadan de la parole (2007)

Dialogue entre une mère et sa fille à l'adolescence, sous forme de 3 histoires de jeune fille : une en rébellion / une qui ne parle pas / une qui s'oppose à la marchandisation du corps de sa mère par la publicité.

 

romanLes insurrections singulières (2011)

Un garçon de 40 ans travaillant dans l'usine de son père s'insurge contre la délocalisation au Brésil.

 

romanÇa t'apprendra à vivre (2003)

A  5 ans, en 1958, elle vit dans la prison dont le père est directeur en Algérie, puis elle déménage à la Rochelle. Comment s'habituer au déracinement ?

 

romanProfanes (2012)

Un chirurgien à la retraite organise ses vieux jours en employant 4 personnes qui ne doivent pas entrer en contact. Il a perdu sa fille très jeune, sa femme est partie. Globalement, ce roman a beaucoup plu, mais son interprétation varie selon les lectrices : est-il est égoïste et dominateur, ou bien, est-ce un homme qui se cherche, qui a besoin de s'entourer pour survivre.

 

romanLes mains libres (2004)

Une femme âgée maintient chaque chose absolument à sa place dans l’appartement de son mari disparu. Son espace de liberté est contenu dans les brochures de voyages qui la font rêver. Jusqu’à sa rencontre, esquissée mais intense, avec un jeune homme aux mains voleuses. Un roman intense autour du vide, de la lecture et de la liberté.

 

Nous avons aussi évoqué Laver les ombres (2008), et les Reliques (2005).

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07/07/2016 | Lien permanent

Prochains Bouillons

Prochains bouillons de lecture,

le deuxième jeudi du mois à 20h15

Bouillon de lecture à Chassagny.JPG

- jeudi 11 février 2016 à Orliénas : coup de coeur

- jeudi 10 mars à Soucieu-en-Jarrest : premier roman (récent !)

- jeudi 14 avril à Chassagny : Valérie Zenati

- jeudi 12 mai à Saint Laurent d'Agny : Jeanne Benameur

- jeudi 9 juin à Orliénas : polars

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02/02/2016 | Lien permanent

Laver les ombres

Laver les ombres, Jeanne BENAMEUR      (Actes Sud, 2008)

 

Léa est chorégraphe. Elle danse par passion et par nécessité, pour maîtriser sa vie et son corps. Le mouvement parfait, l’alliance avec l’air, lui permettent de faire refluer ses angoisses. Elle aime Bruno, artiste peintre, mais ne parvient pas à vraiment se laisser aller.

 

Son récit alterne avec celui de Romilda, séduite à Naple en 1940 par un beau français, qui l’a forcée à se prostituer en maison close pendant 3 ans. C’est le passé, le « passif » de sa mère, qu’elle avait tu jusqu’ici, mais révèle à Léa une nuit de tempête.

Moment de révélation crucial pour la mère, qui se demande si sa fille va comprendre et pardonner…

 

Comme toujours, un roman porté par l’écriture ciselée de Jeanne Benameur, dont j’ai aussi beaucoup apprécié les romans « Les demeurées », « les mains libres » et « présent ».

 

Aline

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06/06/2009 | Lien permanent

Révolution intérieure

Les insurrections singulières,   Jeanne BENAMEUR     Actes Sud, 2011

Suite à sa rupture avec Karima, Antoine retourne vivre chez ses parents dans un pavillon de banlieue. Comme son père avant lui, il travaille à l'usine, mais les temps sont durs : les aciéries sont en cours de délocalisation au Brésil. Antoine se bat avec ses camarades pour éviter la fermeture...

Toujours en décalage, observateur silencieux, ils a depuis son enfance des angoisses et des envies de fuite. Il se sent comme un imposteur dans le rôle qu'il a endossé :

Je n'ai pas les mains qui vont avec les choses. J'ai eu beau toute ma vie essayer. Rien à faire. Il y a quelque chose qui "ne colle pas" entre moi et le monde, moi et ce que je vis. Et je ne sais pas ce que c'est. Je suis à côté. Toujours à côté. J'ai cherché à poser mes mains là où mon père avait posé les siennes, à l'usine. Parce que l'usine j'y avais droit. Pas de problème. C'était dans l'ordre des choses. Mais ça ne marche pas comme ça. Il n'y a pas écrit Père et Fils dans la paume de nos mains.

Jusqu'au jour où le vieux Marcel lui fait "rencontrer" un livre : la vie de Jean de Monlevade, noble du centre de la France, un jeune polytechnicien qui part créer le premier des hauts-fourneaux au Brésil en plein XIXème siècle...

Marcel l'encourage à partir, lui aussi, à oser ! C'est au Brésil qu'il accomplira sa révolution intérieure et se sentira enfin en accord avec le monde, avec la fraternité des humain. C'est là aussi qu'il finira par trouver le chemin des mots et de l'amour.

Aline

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21/02/2011 | Lien permanent

Surtout ne te retourne pas

algérie,femmeLe récit, à la première personne, tourne autour de la personnalité d’une jeune femme retrouvée inanimée dans les décombres du tremblement de terre de 2003 en Algérie.

Nommée  Wahida «première et unique, mais aussi seule » par Dadda Aïcha, la vieille femme qui l’a recueillie après le séïsme, elle fait sien ce prénom. Il réponde à son besoin de solitude, ou d’indépendance, comme s’il fallait, en Algérie et pour une femme, être seule pour être libre ?

 

Maïssa Bey promène son lecteur dans les méandres d’un récit très construit, proposant plusieurs identités pour cette jeune fille dont on se demande, en fait, si elle est réellement amnésique ou si elle veut simplement abandonner son passé derrière elle.

 

Le roman laisse un moment croire qu’elle est Amina, fille d’une femme « citée plusieurs fois à l’Ordre des ménagères scrupuleuses », maniaque de l’ordre et de la propreté et d’un entrepreneur préoccupé de sa future élection comme député, qui a fugué pour échapper à cette famille étouffante. Plus loin, une autre mère, Dounya, la reconnait formellement comme sa fille disparue pendant le tremblement de terre.

 

Dans une écriture peu démonstrative, mais sensible et engagée, l’auteur interpelle le lecteur. Elle s’interroge sur la place de la femme en Algérie, ménagère accomplie recluse dans sa maison, soumise aux hommes de sa vie,… Elle se révolte contre la pression intégriste, les barbus qui soulignent leurs yeux de khôl et voudraient que tout soit la faute des femmes, à commencer par cette catastrophe. Comme si une sortie entre copines ou un voile mal ajusté pouvait provoquer un tremblement de terre ! Elle s’insurge aussi contre les pouvoirs publics, dont l’incurie ou la malhonnêteté a permis la construction d’immeubles dangereux pour la population, qui se sont écroulés en poussière aux premières secousses.

 

Maïssa Bey est le nom de plume de Samia Benameur, née en 1950 à Ksar el Boukhari (Algérie).

 

Surtout ne te retourne pas

Maïssa Bey

Editions de l’Aube (regards croisés), 2005, 206 p., 15.80 €

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14/11/2013 | Lien permanent

Comité de lecture

Bouillon de lecture

pour tous les amateurs de livres !

 

Rendez-vous à 20h15 le 2e jeudi du mois, dans les bibliothèques du secteur,

autour des petites gourmandises du moment : 

 

Jeudi 10 septembre, St Laurent    Lectures d’été

Jeudi 8 octobre, Orliénas              Biographies

Jeudi 12 novembre, Soucieu       J-Christophe Rufin

Jeudi 10 décembre, Chassagny   Auteurs chinois

Jeudi 14 janvier, St Laurent          Bande dessinée,

                                                      roman graphique 

Jeudi 11 février, Orliénas              Coups de coeur

Jeudi 10 mars, Soucieu                Premiers romans

Jeudi 9 avril, Chassagny               Valérie Zenatti 

Jeudi 21 mai, Saint Laurent          Jeanne Benameur                        

Jeudi 9 juin, Orliénas                     Polars         

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10/11/2015 | Lien permanent

Nouvelles

La nouvelle est un récit court, en prose. Cependant, plus que sa longueur, c'est davantage la concision et l'efficacité de son écriture qui la caractérisent. Souvent l'intrigue est assez simple mais construite de façon à ménager un effet de surprise au dénouement : la chute.

 

Nous avons tous en mémoire de savoureuses nouvelles de Maupassant, comme Boule de Suif ou Aux champs.

Néanmoins, pour la plupart, nous ne sommes pas des lecteurs de nouvelles. C'est donc une découverte, ou une redécouverte. Voici les titres présentés :

 

Les oliviers du Négus, Laurent Gaudé

Récit de la mort d'un Sicilien, ancien de la guerre d'Ethiopie, tellement pénible qu'il avait été surnommé le Négus, et mis au ban du village.

 

Un thé sur la montagne, Paul Bowles

Le thé revient dans chaque nouvelle, quel que soit le pays où elle se situe. On est tout de suite dans une ambiance.

 

Escales, Mouloud Mammeri

Nouvelles parues de" 1953 à 1989 dans les journaux, écrites dans une langue recherchée, presque démodée.

Ameur des Arcades : un gamin des rues algérien débrouillard est plus ou moins adopté par des Européens, mais il y a incommunicabilité entre leurs deux cultures. Entre le besoin de liberté d'Ameur et la rigueur et la discipline attendues de lui.

Ténéré atavique : emprise du désert.

La meute (1976) : métaphore sur la guerre d'Algérie.

 

Le livre de la vie, Stuart Nadler

Des conflits familiaux, des personnages aux prises avec leur culpabilité. Très américain.

 

Le ramadan de la parole, Jeanne Benameur

Chaque nouvelle, dans un contexte différent, présente une jeune fille, en révolte ou en résistance, qui s'adresse à sa mère.

 

Tous mes amis, Marie Ndaye

Nouvelles prenantes, avec des renversements, dus aux confrontations entre les personnages : les relations entre eux déplacent le point de vue, qu'il s'agisse d'un professeur qui emploie une ancienne élève comme bonne, d'anciennes Claudettes qui se retrouvent après 30 ans, ou de jeunes hommes vendus à des femmes plus âgées…

 

Le tapis du salon, Annie Saumont

Nouvelles de 4 pages, reflets de la société américaine. L'écriture est très particulière, sans ponctuation.

 

Il ne fait jamais noir en ville, Marie-Sabine Roger

10 nouvelles aux personnages attachants, souvent des femmes, étudiées au travers des relations qu'elles ont avec leur entourage.

 

Saules aveugles, femme endormie, Haruki Murakami

Des histoires où surgit l'étrange qui transfigure la banalité de l'existence… ou sa tristesse.

 

Silhouettes, Jean-Claude Mourlevat

10 nouvelles fortes et cruelles, à l'écriture fluide (collection Gallimard pour ados, Scripto). Malgré leurs bonnes intentions, les personnages se font tromper ou exploiter, comme cette femme tellement heureuse d'être  engagée comme "silhouette" pour un film...

 

Ça me file le bourdon, Hervé Giraud

Nouvelles mettant en scène des ados, pour les ados.

 

En dehors des nouvelles, nous évoquons quelques romans récents qui nous ont plu :

La confrérie des moines volants, Metin Arditi

Chaque jour, chaque heure, Natasa Dragnic

Partage, Gwenhaëlle Aubry

Bent road, Lory Roy

Le peigne de Cléopâtre, Maria Ernestam

Palladium, Boris Razon

Kinderzimmer, Valentine Goby

Le jardin de l'aveugle, Nadeem Aslam

La garçonnière, Hélène Crémillon

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21/10/2013 | Lien permanent

coups de coeur du bouillon de mai 2012

Bouillon "coup de coeur" du 24 mai 2012

Quand blanchit le monde
Kamilla Shamsi, Buchet Chastel, 2010
Le roman débute par une histoire d'amour à Nagasaki, entre Konrad, officier allemand et Hiroko, japonaise. Ils ont prévu de se marier, mais la bombe atomique réduit à néant leurs promesses : il meurt, elle est brûlée mais survit. Elle décide de rendre visite à la famille de son fiancé, qui vit en Inde. Les rencontres, les amours, et parfois les alliances surprenantes entraînent le lecteur de New Delhi à New York, en passant par le Pakistan et l'Afghanistan, au gré des pages de l'histoire.
Voir la très bonne critique d'Amanda Meyre sur ce roman dense et passionnant.

La liste de mes envies
Grégoire Delacourt, J.C. Lattes, 2012
Jocelyne, mercière de son état, est une femme entièrement dévouée aux autres. Sa vie est bouleversée par un gain de 18 millions d'euros, totalement inattendu et inespéré. A la tête de cette fortune, la voilà qui peut réaliser ses souhaits et ceux de ses proches, et rédige la liste de ses envies...

Poussière d'homme
David Lelait, éd. A. Carrère, 2006
Ce court roman est une leçon d'amour, qui commence par la fin : le voyage pour apporter l'urne contenant les centres du défunt à sa mère. En trois ans, le narrateur a rencontré l'amour vrai, vécu de beaux moments avec son amour, puis la lutte contre son lymphome et la mort. Le récit est fort, mais la tristesse de la séparation est atténuée par la douceur des souvenirs, et la poésie de l'écriture.

Les mains libres
Jeanne Benameur, éd. Denoël, 2004
Yvonne Lure vieillit seule, en gardant chaque chose "à sa juste place" dans son appartement. Elle s'était mariée comme on rend service, mais a toujours gardé ses distances avec son époux. Veuve, elle est restée la gardienne de ses affaires, ses livres surtout, qu'elle n'ouvre jamais. Sa seule évasion : rêver à partir des brochures de voyage. C'est sa rencontre avec Vargas, romanichel en partie sédentarisé, qui les ouvre à la lecture et les remet en marche tous les deux.

Chaos sur la toile
Kristin Marja Baldursdottir, Gaïa éditions, 2011
Ce deuxième tome, de l'après-guerre à une période récente, continue le récit de la vie de l'artiste islandaise, qui nous avait passionnés dans "Karitas, sans titre", mais peut aussi se lire seul. Peintre, Karitas veut vivre de son art malgré les contraintes liées à sa condition de femme et de mère. Toute sa vie, elle revendique la liberté de créer, et passe pour égoïste bien qu'elle tente de son mieux de s'occuper de ses enfants et petits-enfants. Son oeuvre évolue, au gré de ses séjours à Paris, New-York, en Italie ou de ses retours en Islande, mais son art, conceptuel et souvent torturé, n'est jamais compris par sa famille.

Blanche étincelle
Lucien Suel, La Table Ronde, 2012
Une belle rencontre entre deux femmes : dans une librairie, Mauricette, retraitée et solitaire, fait la connaissance de Blanche, mère de deux garçons. Toutes deux s'épaulent et échangent autour des livres et de la musique. Ce roman bien écrit et sympathique est plein d'humanité, de simplicité et de sentiments profonds.
(Il fait suite à La patience de Mauricette).

Le passeur de lumière
Bernard Tirtiaux, Gallimard, 1992.
12ème siècle. Nivard de Chassepierre, en apprentissage chez un maître orfèvre, et poursuivi pour avoir tué en duel l'homme qui avait violenté sa mère. Il part en croisade avec des érudits. En Orient, il apprend le travail du verre, accomplit des merveilles en Syrie, puis est rappelé en Europe pour réaliser des vitraux. Ce roman, plein de péripéties, évoque bien la vie du Moyen-Age et le travail des vitraux.

Eux sur la photo
Hélène Gestern, Arléa, 2011
Premier roman, à 95 % épistolaire.
Hélène connaît peu de choses sur sa mère biologique, décédée alors qu'elle avait trois ans. Après le décès de son père, elle trouve une photographie où sa mère figure en compagnie de deux hommes, et décide d'enquêter à partir de cette image. Ses recherches l'entraînent à une correspondance avec Stéphane, dont l'histoire est liée à la sienne.

Des vies d'oiseaux
Véronique Ovaldé, éd. de l'Olivier, 2011
Gisèle a été sensible à l'écriture de Véronique Ovaldé et a beaucoup apprécié ce livre. Mais oups ! j'ai été distraite et n'ai pas pris de notes... Lisez-le !

Enfant de la jungle
Michael Morpurgo, Gallimard jeunesse, 2010
A défaut d'avoir été séduite par un roman pour adultes, Marie-Claire nous a apporté un coup de coeur jeunesse :
Will a perdu son père, soldat pendant la guerre en Irak. Lui et sa mère ne parviennent pas à surmonter leur douleur. Les grands parents leur offrent un voyage en Indonésie pour les vacances. En balade sur le dos d’une éléphante, Will échappe au tsunami. Commence une longue errance dans la jungle, un apprentissage de la survie avec l'éléphante. Will se lie avec des orangs-outangs, est capturé par des braconniers, est recueilli dans un refuge pour animaux... Il y a du LIvre de la jungle dans ce beau roman aux multiples péripéties !

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Bouillon d'auteurs algériens

Un grand merci à Maryvonne d'avoir partagé avec nous ses connaissances sur les auteurs algériens. Ce compte rendu ne rend pas justice aux commentaires des lectrices, mais il permettra aux uns et aux autres de se procurer les livres cités.

Nous avons tout d'abord évoqué des ouvrages récents, dont plusieurs écrits par des femmes, avant de nous pencher sur des auteurs algériens plus "classiques" de la seconde partie du 20ème siècle.

 

BOUALEM SANSAL

 

Le village de l'Allemand : ou le journal des frères Schiller

Gallimard, (Blanche), 2008, 263 p., 21.30 €

Prix RTL Lire 2008

Le récit est mené à rebours, à partir du journal intime de deux frères, Rachel (Rachid Helmut) et Malrich (Malek Ulrich). Nés en Algérie de père allemand et de mère algérienne, venus en France faire des études, logés chez un oncle dans une cité peu reluisante, ils ont "tourné" de façon bien différente : l'aîné affiche une belle réussite, tandis que le second traficote et traîne dans la banlieue.

En 1994, dans leur village près de Sétif, leurs parents sont assassinés par un groupe d'islamistes. Le père, qui avait énormément œuvré pour la population (construction, irrigation,…), était pourtant considéré comme un saint homme. Rachid, rentré au village d'Aïn Deb après leur décès, retrouve des documents sur la première vie de son père, dans l'Allemagne nazie, et ne supporte pas ces révélations.

Le roman propose une réflexion profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi :

"Il faut condamner ferme l'idéologie, mais ne pas accabler les hommes."

Boualem Sansal établit un parallèle entre les camps nazis d'extermination et l'inféodation par les intégristes, que ce soit pendant la sale guerre des années 1990 en Algérie, ou (ce qui peut paraître abusif) dans les banlieues françaises. Ce lien est expliqué dans un entretien du Nouvel Observateur avec l'auteur.

Boualem Sansal vient de publier Gouverner au nom d'Allah. Bien que menacé par les islamistes, il vit toujours en Algérie.

 

MAÏSSA BEY

Nom de plume de Samia Benameur, née en 1950, auteur de pièces de théâtre, poèmes, romans et essais, elle a reçu en 2005 le grand prix des libraires algériens pour l'ensemble de son œuvre.

 

Entendez-vous dans les montagnes…

Editions de l'Aube, 2002.

Huis clos dans un compartiment de train, quelque part au centre de la France. Un vieil homme, Français ; une femme, Algérienne fuyant son pays à nouveau en guerre ; et Marie, petite-fille de pied-noir, jeune fille "blonde et lisse", scotchée à son baladeur. Dans un désir de mieux comprendre l'Histoire, la jeune fille fait parler ses deux voisins, et leurs souvenirs se mettent en place, étrangement imbriqués : le vieil homme, appelé en Algérie pendant la guerre d'Indépendance, a obéi aux ordres, même s'il l'a fait à contrecœur ; la femme algérienne, elle, a perdu son père à 7 ans, sous la torture des bidasses français.

Sobrement, sans haine, dans un court récit vibrant, Maïssa Bey évoque la disparition de son père, instituteur algérien tombé sous la torture en 1957.

 

Cette fille-là

Editions de l'Aube, 2001.

Recueil de plusieurs histoires courtes de femmes, qui représentent un peu toutes les femmes algériennes, et s'insurgent contre la tradition, le machisme, l'ignorance et l'anonymat dont elles sont entourées. "Cette fille-là" est une enfant née de père et de mère inconnus, qui dit sa colère :

" J'ai tout simplement envie de dire ma rage d'être au monde, ce dégoût de moi-même qui me saisit à l'idée de ne pas savoir d'où je viens et qui je suis vraiment. De lever le voile sur les silences des femmes et de la société dans laquelle le hasard m'a jetée, sur des tabous, des principes si arriérés, si rigides parfois qu'ils n'engendrent que mensonges, fourberie, violence et malheur. "

 

Pierre, sang, papier ou cendres

Editions de l'Aube, 2008.

Rédigé comme un pamphlet à l'humour grinçant contre "Madame la France", qui s'installe en Algérie, ce roman historique retraçant la colonisation de l'Algérie -du 14 juin 1830 au mois de juillet 1962- dénonce les exactions, spoliations, entreprises délibérées de déculturation, et jusqu'à la comédie de la fraternisation.

 

Surtout ne te retourne pas

Editions de l'Aube, 2005.

Lire la critique.

 

MALIKA MOKEDDEM

Malika Mokeddem est née en 1949 en Algérie. Fille d'une famille de nomades sédentarisée en bordure de désert, de tradition orale, elle a grandi bercée par les histoires contées par sa grand-mère et a été la seule fille de sa famille et de la ville à finir ses études secondaires. Elle a suivi des études de médecine à Oran et Paris.

 

 

La nuit de la lézarde

Grasset, 1998.

Nour et Sassi sont les derniers habitants d'un ksar du désert algérien, un ancien village fortifié qui donne d'un côté sur le désert, de l'autre sur la plaine. Tous les autres l'ont déserté parce qu'il tombe en ruine, que la source ne suffisait plus à tous… et surtout que la peur rôde. Des nouvelles de mort et de violences parviennent par la radio.

Nour et Sassi vivent chacun dans sa maison, cultivent amoureusement un potager à l'abri des murs du ksar, descendent au village matin et soir pour vendre une poignée de légumes ou de bouquets d'herbes aromatiques et bavarder un moment avec leurs amis d'antan. Tous les soirs, ils se retrouvent face au désert pour admirer le coucher du soleil… ou plutôt, Nour (dont le prénom signifie lumière) décrit à Sassi, aveugle, les beautés des lumières rasantes sur les dunes.

Leur dialogue est fait d'amitié profonde, de provocation et de chamailleries parfois, et de nostalgie du temps où le ksar vivait des bruits de tous ses habitants. Si Nour est restée au ksar, c'est surtout parce qu'elle y a gagné sa liberté, car il n'est pas facile d'être une femme indépendante en Algérie. Jour après jour, elle scrute avec impatience et anxiété l'immensité du désert, d'où reviendra peut-être, si les violences du monde l'ont épargné, l'homme aimé.

 

Les hommes qui marchent

Grasset, 1997.

Les hommes qui marchent, ce sont les Touaregs.  Malika Mokeddem est issue d'une de ces familles en errance éternelle, et conte -au travers de la vieille Zohra- les temps anciens des caravanes, les traditions nomades, et la lente sédentarisation. Sa petite-fille Leïla, l'une des premières jeunes filles de la tribu à maîtriser l'écriture, est aussi la plus rebelle à la condition de recluse qu'on veut lui réserver. Elle puise dans ses racines nomades la force de s'opposer à son destin, au poids des coutumes d'un autre âge.

A travers ce roman, largement autobiographique, se dessinent la place des femmes algériennes, et l'histoire récente d'une jeune nation, entre guerre d'indépendance et intégrisme d'aujourd'hui. Entremêlant contes anciens et récits plus récents, il est cependant un peu difficile à suivre.

 

ASSIA DJEBAR

Née Fatima-Zohra Imalayène à l'ouest d'Alger en 1936, Assia Djebar a étudié en Algérie et en France. C'est une écrivaine algérienne d'expression française, auteur d'une œuvre importante (romans, nouvelles, poésies, théâtre, films et essais), qui a pour thèmes récurrents l'émancipation des femmes, et l'histoire de l'Algérie. Elle siège à l'Académie française depuis 2006.

 

Le blanc de l'Algérie

Albin Michel, 1995.

Assia Djebar convoque une procession de morts, hommes de culture et écrivains algériens disparus, souvent assassinés. Elle raconte ainsi l'Algérie par ses intellectuels, de sa "première procession" : Albert Camus, Frantz Fanon, Mouloud Feraoun… à Jean Amrouche, Jean Sénac, Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Tahar Djaout… sans oublier une procession de femmes.

  

MOULOUD FERAOUN

Kabyle, né en 1913, a œuvré  pour les centres sociaux chers à Germaine Tillion, exécuté par l'OAS en 1962 avec six autres personnes.

 

Le fils du pauvre

Seuil, 1995

Enfance au bled, dans un village perdu au fin fond de la Kabylie, dans une famille très pauvre. Feraoun décrit le physique et le caractère des personnages de sa famille : la grand-mère qui tient l'intendance et les cordons de la bourse, le premier garçon né après plusieurs filles, pourri-gâté,…

 

RACHID MIMOUNI

Né en 1945 à 30 km d'Alger dans une famille de petits paysans, enseignant et écrivain engagé, il a occupé diverses fonctions dans les domaines de la culture et des droits de l'homme. En 1992 il est condamné à mort par les intégristes musulmans, mais c'est la maladie qui l'emportera en 1995.

Son œuvre évoque le quotidien des Algériens, la guerre d'Algérie, la dictature et la révolution.

 

L'honneur de la tribu

Stock, 1989

Un vieil homme raconte l'histoire de son village depuis le début de la colonisation jusqu'à ces jours de honte de la révolution intégriste. La lecture est assez ardue, car l'auteur mélange histoire et contes.

 

La malédiction

Stock, 1993

C'est la malédiction qui s'abat sur Alger soumise à l'intolérance et à l'intégrisme en 1991. Celle des frères ennemis, d

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18/11/2013 | Lien permanent

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