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Scintillation

Scintillation
John Burnside, Métailié 2011
(traduit de "Glister" par Catherine Richard)

Sur une péninsule, empoisonnée par une ancienne usine chimique, continuent à vivre -et souvent à mourir de maladies inconnues- les familles des anciens ouvriers. Tous semblent atteints d'une certaine apathie, les parents sont démissionnaires, les jeunes traînent plus souvent du côté de l'usine qu'ils ne vont à l'école...

Depuis quelques années des garçons disparaissent bizarrement, et la version officielle est qu'ils ont fugué. Pourtant, le policier local sait bien qu'il n'en est rien, puisqu'il a lui-même découvert l'un des cadavres d'enfants et contribué à le dissimuler. Hélas, il n'est pas de taille à mener l'enquête, ni à se révolter contre la loi du silence.

Le seul personnage vivant et positif, dans cette ambiance délétère, est le narrateur principal, Léonard, passionné de livres, de vieux films, et depuis peu de sexe. Contrairement aux autres habitants de l'Intraville, il voit la beauté qui l'entoure, s'attache aux gens, est curieux et veut savoir ce qui est arrivé aux "enfants perdus". Sa lucidité ne l'empêche pas de se laisser entraîner par un groupe violent, puis par un étrange personnage qui le mène à l'ultime lumière.

Scintillation est un livre difficile à classer ou à résumer, à l'écriture dense et poétique, dont la fin pose plus de questions qu'elle n'en résout. Un récit fascinant, d'une "terrible beauté", qui ne laisse pas indifférent.
Aline

Prix du livre Lire / Virgin

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09/10/2011 | Lien permanent

Ayerdhal

roman d'anticipationDemain une oasis

AYERDHAL (alias Marc SOULIER)

Au diable Vauvert, 2006, 17.50 €

 

Il était moitié médecin, moitié technocrate à Genève. Il avait un nom. Il n’en a plus : on le lui a retiré un soir, avec le reste de son existence. Une limousine devant, une derrière, un coup de freins, des portières qui claquent, un pistolet mitrailleur, deux baffes bien assénées, une cagoule, des jours dans une cave sous perfusion et somnifère...

Normal pour un kidnapping! C’est au réveil que ça commence à clocher, quelque part dans un désert africain, à côté d’un vieillard gravement gangrené, quand un commando humanitaire lui confie la responsabilité médicale du village dans lequel il est abandonné…

 

L’Interne comme il est appelé est contraint d’aider à la survie de peuples africains, vivants en plein désert, nomades chassées de chez eux par la foi, la guerre, la misère. Il se prend au jeu du groupe qui vient changer le monde, avec des actions dures et violentes pour avoir des financements.

 

Un peu dur à lire parfois, pour moi, à cause des termes de science-fiction par rapport à l’au-delà. Malgré cela, un bon style avec beaucoup de vocabulaire.

Annie

roman d'anticipation

La logique des essaims

AYERDHAL

Imaginaires sans frontières, 2001, 325 p., 15 €

 

Spécialiste de la science-fiction, Ayerdhal a surtout écrit des romans, voire des sagas. La logique des essaims est pourtant un recueil de nouvelles, regroupées à partir de textes courts parus au fil des années. Ayerdhal nous emmène dans les galaxies, à la rencontre d’autres formes de vie.

 

Dans Scintillements, le professeur Edgin est invité à visiter une cité construite par les Batik, les ennemis des humains dans l’espace. Après des siècles de guerre sur plusieurs planètes, et un ultimatum proposant aux extraterrestres de quitter cette planète-ci, tous les Batiks se sont suicidés. Pourquoi ce suicide collectif, qui ressemble à un message destiné aux humains ?

 

Comme de nombreux textes d'Ayerdhal, cette nouvelle traite du choc des civilisations. On peut souvent en tirer une réflexion sociale ou philosophique. C’est ce qui donne leur force à ses récits, pleins d’imagination, bien écrits, et souvent parsemés de touches d’humour.

Aline

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25/03/2015 | Lien permanent

Bouillon de prix

Pour le bouillon de janvier, pas de soldes, mais des prix : réunion autour des prix littéraires, appréciés de façon très inégale.

Les plus abordables

Retour à Killybegs, de Sorj Chalandon
(Prix du roman de l'Académie Française)
Coup de coeur parmi les prix littéraires, à la fois très accessible à la lecture, profondément humain et ancré dans l'histoire de l'Irlande. (voir critique)

Du domaine des murmures, de Carole Martinez
(Prix Goncourt des lycéens)
12ème siècle. Esclarmonde, 15 ans, au moment d'être mariée à un voisin peu  recommandable, refuse de dire oui. Elle préfère se consacrer à Dieu et devenir recluse. Emmurée dans une petite chapelle, elle jeûne, prie, conseille ses visiteurs, et demande à son père de partir en Terre Sainte. Considérée comme une sainte, elle suit les croisades par ses visions, et lorsqu'elle met au monde un enfant, le monde crie au Saint Esprit ! Le bébé reste avec elle aussi longtemps qu'il peut encore passer par le fenestron.
Un roman très bien écrit, mystique, dans la lignée des écrits du Moyen-Âge, à la fois bien documenté et très agréable à lire, avec une évolution des personnages intéressante.

Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan
(Prix Renaudot des lycéens, prix du roman Fnac, prix France Télévision)
Belle écriture autobiographique. pour raconter une famille bien compliquée. Enquêtant auprès de ses frères et soeurs, compulsant des documents, l'auteur s'est appliquée à retracer et à comprendre la vie de sa mère, la jolie Lucile, maniaco-dépressive, qui s'est suicidée à l'âge de 61 ans.


Le fils, de Michel Rostain
(Prix Goncourt du premier roman)
Le fils est décédé d'une méningite foudroyante. Ce court roman est le premier récit publié de Michel Rostain, écrit sans doute pour faire son deuil. Il a choisi de prendre son fils pour narrateur de son propre décès, de l'enterrement et de la douleur de ses proches. Très émouvant, avec des respirations d'humour.


Un peu ardus, mais très intéressants


Limonov, d'Emmanuel Carrère
(Prix Renaudot)
Bien écrite, précise, dans un style très dense, cette biographie d'Edouard Savenko retrace aussi l'histoire de la Russie sur un demi siècle et se lit comme un roman d'aventure. Héros ou salaud ? le personnage est aussi effrayant que fascinant. Né en 1943 sous les bombardements, couché dans une caisse à obus, tour à tour mercenaire, poète, clochard, loubard... il a aussi été la coqueluche du monde littéraire parisien. Actuellement, il est le chef du parti néo-bolchevik. Sa maxime : toujours frapper le premier !

L'art français de la guerre, d'Alexis Jenni
(Prix Goncourt)
Victorien Salagnon, issu des classes moyennes éduquées, fils unique et peintre amateur, ancien militaire à la retraite, raconte ses 60 ans de guerres françaises, depuis son engagement dans le maquis en 1939, jusqu'à la guerre du Golfe, en passant par l'Indochine et l'Algérie.
Le début du livre est laborieux, mais l'ensemble est bien documenté et très instructif.

D'acier, de Silvia Avallone
(Prix Lire du meilleur roman étranger, Prix des lecteurs de l'Express)
Piombini, petite ville de Toscane dominée par l'énorme aciérie où travaillent tous les hommes. Deux adolescentes de 14 ans, pleines de vie et d'envie, jouent de leur séduction sans en réaliser les conséquences. Aller nager dans la mer est leur plus grand plaisir, et l'île d'Elbe, à quelques kilomètres de la côte, les fait rêver. Mais cette Toscane industrielle est avant tout un monde d'ouvriers, de chômage, de machisme... et pour ces filles, de rapports difficiles avec le père !

Les couleurs de nos souvenirs, de Michel Pastoureau
(Prix Medicis essai 2010)
L'auteur, médiéviste, se penche sur de nombreux champs d'observation, dont deux qui ont touché Maryvonne et Jacqueline : quels souvenirs gardons-nous des couleurs de notre enfance ? Quelle perception des couleurs dans des cultures différentes (Certaines cultures percevaient peu de nuances, hors le blanc, le noir et le rouge, néanmoins nos codes occidentaux ont été largement diffusés). Passionnant pour les amateurs de mode, de peinture, etc.

Une femme fuyant l'annonce, de David Grosman
(meilleur livre de l'année selon Lire et Prix Medicis étranger)
Ofer, son fils de 20 ans, a fini son service militaire, mais s'est porté volontaire pour une dernière mission au Liban. Ora a le terrible pressentiment qu'il va mourir et quitte Jérusalem pour éviter l'annonce de sa mort. Elle part dans les montagnes de Galilée faire la randonnée qu'elle avait prévue avec son fils, et se fait accompagner d'Avram, l'un des deux hommes qu'elle a aimés. Comme pour conjurer le sort, tous deux évoquent sans cesse le passé, dans un fil décousu, un peu déroutant. Le lecteur ressent la tension perpétuelle qui règne dans l'état d'Israël, toujours encerclé, toujours menacé de destruction, à la merci de la violence.
L'auteur, David Grosman, est un pacifiste engagé. Son fils, Uri, est mort pendant les derniers jours de la guerre du Liban.

Scintillation, de John Burnside
(Prix Lire & Virgin 2011)
Livre atypique, dont le récit assez glauque mais l'écriture splendide. (voir critique)


Zéro pointé pour


Jayne Mansfield, 1967 de Simon Liberati
(Prix Femina 2011)
interminable zoom froid, morbide et détaillé sur l'accident qui a coûté la vie à Jayne Mansfield, et sur ses derniers mois de déchéance, plus monstre de foire que star. (voir critique).


Ce qu'aimer veut dire, de Mathieu Lindon
(Prix Medicis)
ni roman ni intéressant, autour de la drogue, de l'homosexualité, des rapports de l'auteur avec Michel Foucault.

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18/02/2012 | Lien permanent

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