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22/09/2008

Photo roman

Les Giètes,    de Fabrice Vigne et Anne Rehbinder    T.Magnier, 2007

Samedi matin, à la librairie Murmure des Mots, Fabrice Vigne était là, pas forcément bavard de nature. Et moi, empruntée, je ne savais pas comment engager une " vraie " discussion. Je n’avais lu qu’un seul de ses livres (j’ai beaucoup aimé " Jean 1er le Posthume, roman historique "), mais déjà assisté à une de ses causeries, qui m’avait donné à réfléchir.

Alors nous avons échangé quelques phrases autour de son livre qui me "tentait " le moins, ce photo roman, dans une collection qui ne m’attirait pas… Quelques photos peu spectaculaires d’une vieille femme et de son intérieur, et un texte, dont les premières pages indiquent un narrateur plus tout jeune, masculin. Fabrice Vigne n’est pas expansif, il m'a juste dit avoir voulu rendre le regard porté sur cette vieille femme… et j’ai eu envie de lire son roman.

A partir d’une série de photographies d’Anne Rehbinder – dont il ignore tout, c’est la " règle du jeu " - Fabrice Vigne raconte. Et il raconte bien, par la bouche ou la plume du vieux Maximilien (à cause de Robespierre) Bertram, locataire du studio 409 en foyer-résidence.

Maximilien fait le tri dans ses papiers, aidé à l’occasion par Marlon, le petit-fils dont il se sent le plus proche. Et les souvenirs de sa jeunesse communiste remontent. C’est qu’il y a cru, lui, à un avenir meilleur pour le peuple, même lorsqu’il a cessé de croire au Parti. Ses références alternaient entre l’Huma et la correspondance de Flaubert, dont il a gardé de nombreuses citations en mémoire. Même si la mémoire flanche, à son âge. Tout flanche, d’ailleurs, à l’âge de Maximilien, sauf la tête. Et encore… il peine souvent à trouver ses mots et finir ses phrases.

Maximilien évoque son quotidien au foyer, qu’il appelle " la Maison ", ses relations avec les autres résidents… et surtout l’arrivée d’une nouvelle voisine, Mme Ostatki, à laquelle il s’intéresse beaucoup.

Beaucoup de thèmes sont abordés avec finesse dans ce court roman : la rencontre des autres, le regard porté sur eux, le regard du photographe au delà du cliché… et une incitation à profiter de la vie jusqu’au bout : " Il m’a fallu parvenir à cet âge-ci, l’âge des giètes, quatre-vingts ans aux cerises, pour comprendre cette équation tellement simple qu’elle en est presque stupide : tant que je suis en train de mourir, je ne suis pas mort. Je peux encore essayer de faire la connaissance des gens qui m’entourent, m’intéresser à eux, apprendre, m’émerveiller, je peux me désespérer aussi, comme font les vivants… ".

Plus personnel : j’aime aussi les relations entre Polia et sa grand-mère d’un côté, Marlon et son grand-père de l’autre. Elles font écho aux rapports très forts que j’ai entretenus avec mes grands-parents. et qui m'ont longtemps poussée à aller... à la rencontre des "vieux" en maison de retraite justement !

Aline

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