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23/07/2009

Les naufragés de l'île Tromelin

Les naufragés de l'île Tromelin

Irène FRAIN

Michel Lafon, 2009

 

Roman de la mer et des marins du XVIIIème siècle faisant commerce des esclaves dans l'Océan Indien.

 

Leur navire s'échoue sur un îlot corallien hostile, le commandant en devient fou, le second admirable prend les choses en main, fait forer un puits, construire un bateau de fortune en moins de 2 mois. Mais celui-ci ne pourra embarquer que les Blancs, les esclaves sont donc abandonnés sur ce morceau de terre inhospitalière.

 

C'est ce drame -basé sur des faits réels- que la romancière retrace avec un grand talent de conteuse ; les vagues nous assaillent, nous sommes aspergés par les embruns, c'est le dépaysement assuré dans le temps et dans l'espace !!!

 

A lire aussi pour la belle leçon d'humanité.

A ne pas rater !!!

 

(nombreux compléments sur le Net : pourquoi ce nom donné à l'îlot ?)

 

Marie-Claire

17/07/2009

Cercle littéraire

Le cercle littéraire des amateurs                         

d’épluchures de patates                                 

Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

NIL, 2009

 

Si vous aimez retrouver une de ces familles d’adoption baroque et tendre, qui ne vous lâche plus, alors ce livre est pour vous. 

 

Moyennant quelques efforts  pour entrer dans cet échange épistolaire, l’histoire vous capte rapidement sur fond d’Occupation nazie pendant la seconde guerre mondiale.

L’île de Guernesey constitue un microcosme où l’on retrouve au quotidien  des  héros anonymes, d’autres  beaucoup  moins estimables, sous une plume vive et moqueuse.

 

Comme indiqué dans le titre,  la littérature est un prétexte, initialement  ces rencontres « littéraires » et secrètes  rassemblaient  quelques habitants affamés   (autour d’un bon vrai cochon clandestin). Nourricière, cette lecture  ne se prend jamais au sérieux mais  assure une fonction "vitale": un fermier s’est épris des œuvres d’un essayiste anglais du 19ème, son voisin a jeté son seul dévolu sur les écrits de Sénèque… Le tout est revisité avec humour et simplicité, en filigrane, la  petite communauté n’en vit pas moins son lot d’aventures  tragiques ou ...romantiques. 

 

Je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le petit monde « des Déferlantes », l’insularité, dans ce livre aussi, est un privilège, celui d'une grande famille, avec du rire, des larmes et une petite brise de mer qui vous rend nostalgique en fermant ce petit récit fort bien ficelé, à la hauteur de son titre.

Savoureux.

 

Sylvie

16/07/2009

Beau gosse

Beau gosse, Hubert Ben Kemoun

Pocket Jeunesse, 2007

 

C'est vrai que Gustave est beau.

"Beau gosse", une expression bien à la mode.

On se le représente tout à fait : grand, traits fins, peau lisse, regard turquoise... et fringues de marque.

Plus que tout, ce collégien fait attention à son allure, à ses vêtements, à l’effet qu’il produit sur les autres.

Ce qui ne l’empêche pas d’être prétentieux, et d’affirmer sa supériorité en brutalisant les plus jeunes.

 

Toutes les filles craquent… sauf Una, la seule qui compte vraiment pour lui, même s’il est horriblement maladroit lorsqu’il essaie de le lui dire.

 

Imaginez un peu : au premier rendez-vous, il conseille à Una d’utiliser du fond de teint pour cacher ses taches de rousseur et lui réclame de s’habiller avec plus de goût, afin qu’ils soient « en harmonie » tous les deux ! Et ça ne s’arrange pas aux rencontres suivantes…

 

Court roman, jeunesse ou ado, bien écrit, sur ce « beau gosse » peu sympathique, qui fait plus pitié qu’envie, enfermé dans son rôle de caïd du coin. Qui sait ? L’amour lui ouvrira peut-être les yeux…

 

Aline

07/07/2009

La reine des lectrices

La Reine des lectrices,   

Alan BENNETT     Denoël, 2009

(& d’Ailleurs)

 

Par hasard, par politesse pourrait-on dire, la Reine d’Angleterre découvre la lecture, grâce à un bibliobus garé dans les communs de Buckingham Palace. Peu à peu, elle délaisse les devoirs liés à sa charge, ou les accomplit sans y croire, entre deux livres.

 

« Cet attrait pour la lecture, songeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s’ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle.

La littérature est une communauté, les lettres sont une république. Elle avait déjà entendu cette formule, lors de remises de médailles et de cérémonies diverses, sans savoir au juste ce qu’elle signifiait. A cette époque, elle considérait que la moindre allusion à quelque république que ce soit avait en sa présence quelque chose de déplacé et de vaguement insultant, pour ne pas dire plus. Aujourd’hui seulement elle en comprenait le sens. Les livres ne varient pas. Tous les lecteurs sont égaux…. »

p. 47

Tout le comique réside dans les réactions de l'entourage de la Reine. Ainsi, le roman alterne entre la farce, bousculant le monde empesé de Buckingham Palace, et la réflexion plus avancée sur le pouvoir de la lecture, qui modifie la perception du monde de la Reine.

C’est une lecture plaisante, amusante, légère –dans tous les sens du terme : 173 pages seulement- à laquelle il manque juste un peu de rythme.

 

Un dernier extrait, pour le plaisir :

 

« Au début, il est vrai, elle lisait avec émotion mais non sans un certain malaise. La perspective infinie des livres la déconcertait et elle ne savait pas comment la surmonter. Il n’y avait aucun système dans sa manière de lire, un ouvrage en amenait un autre et elle en lisait souvent deux ou trois en même temps. Elle avait franchi l’étape suivante en se mettant à prendre des notes… pour recopier certains passages qui l’avaient particulièrement frappée. Ce fut seulement au bout d’un an de cette pratique qu’elle se risqua, non sans hésitation, à noter de temps à autre une réflexion de son cru. "Je perçois la littérature comme une immense contrée, inscrivit-elle un jour : je me suis mise en route vers ses confins les plus extrêmes, en sachant que je ne les atteindrai jamais" …»

p. 70-71

Aline