Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/01/2012

Bouillon passerelle

Littérature passerelle

Une petite définition pour commencer. Qu'appelle-t-on littérature passerelle ?
Les romans, plutôt édités dans des collections "ados", qui peuvent plaire aussi bien aux adolescents qu'aux adultes.

Nos lectures se sont inspirées de la sélection réalisée par les bibliothécaires en comité de lecture "Crilj Ados"...

Les adultes du Bouillon prisant peu la fantasy , nous nous sommes cantonnés aux livres "réalistes"... sauf Geneviève qui n'a d'ailleurs pas été passionnée par "Bal de givre à New-York" : une distraction pure, sans sujet sérieux. Les lecteurs adultes et sérieux que nous sommes ont du reste trouvé que certains romans jeunesse manquent d'épaisseur, (ou de profondeur ?).

Les livres suivants nous ont plu :

Treize raisons, de Jay Asher (Albin Michel, Wiz, 2010)
Hannah s'est suicidée. Elle a laissé derrière elle une série d'enregistrements destinés aux 13 personnes qu'elle considère comme responsables de son geste, et explique ses raisons. Clay, qui l'aimait en secret et n'a pas su lui venir en aide, est bouleversé, et revit leurs moment ensemble. Ce roman fait débat, certains lecteurs étant agacés par le personnage un peu égoïste d'Hannah, qui veut faire culpabiliser les "responsables" pour des fautes somme toute pas si graves. D'autres trouvent plausible le passage à l'acte de la jeune fille, à un âge où des incidents peuvent prendre des proportions dramatiques...

La couleur de la rage, de Jean-Noël Blanc (Gallimard, Scripto, 2010)
6 nouvelles présentant des adolescents en révolte, avec des personnages, des ambiances et des lieux très différents. J.-N. Blanc est aussi l'auteur du roman "Le nez à la fenêtre", qui faisait partie de la sélection du prix Mes-Sou-Thu 2011.

Comme des trains dans la nuit, d'Anne Percin (Le Rouergue, 2011)
4 nouvelles troublantes, qui nous plonge dans l'adolescence, l'âge des découvertes, des audaces et des erreurs parfois. Marc a honte d'être fils d'éleveur, et fait les 400 coups avec un autre vaurien de son lycée professionnel...En visite à Londres, deux jeunes découvrent que l'art peut être le vrai remède au poison de la mort... etc.

La théorie de la relativité, de Barbara Haworth-Attard (T.Magnier, 2007)
Le jour de ses 16 ans, la mère de Dylan le met à la porte, car il l'encombre pour recommencer sa vie. Comment faire quand on est à la rue avec son sac à dos ? Dylan  fait la manche, cherche des foyers, rejoint des squats, se débrouille comme il peut, essayant d'éviter les risques de la rue... trouve parfois refuge dans une bibliothèque. Il s'invente des théories personnelles (1/4 des passants donne quand il fait la manche).

Lune indienne, par Antje Babendererde (Bayard J., Millezime, 2007)
La mère d'Olivier lui annonce à la fois sa décision de se marier avec un indien Lakota et leur départ pour aller vivre sur une réserve de l'ouest américain. Le "futur" leur a construit une maison écologique (isolation en chanvre). Ils sont bien accueillis, mais certaines relations sont difficiles dans cette famille recomposée : Olivier rejette le nouveau mari de sa mère, et le fils de celui-ci, jaloux, le maltraite. Le patriarche aide les garçons à mieux comprendre la beauté de la nature, la richesse des racines indiennes...
L'auteur, psychothérapeute, s'intéresse beaucoup à la culture indienne. Elle a aussi écrit "le chant des orques" situé chez les indiens de la côte ouest.

Le premier qui pleure a perdu, de Sherman Alexie (Albin Michel, Wiz, 2008)
Junior, jeune indien Spokane de 14 ans, vit dans une réserve assez sordide, où l'alcool provoque de nombreux drames. Différent des autres par sa grosse tête et sa myopie, il est assez lucide pour savoir qu'il n'a aucun avenir sur la réserve. Résolument optimiste, il exprime tout son humour par des dessins (qui illustrent le roman). Plutôt intello, il est accepté dans une école de blancs. L'intégration se fait plutôt bien, mais du coup, il est rejeté par ses copains indiens... Beaucoup d'espoir et d'optimiste dans ce court roman, malgré un environnement bien noir !

Vango, de Timothée de Fombelle (Gallimard, 2010)
Situation de départ : sur le parvis de Notre Dame, Vango se prépare à prononcer ses vœux, lorsqu'il doit brutalement s'enfuir pour sauver sa vie. Vango ignore qui il est, mais son passé cache de lourds secrets. Des îles siciliennes aux brouillards de l'Ecosse, entouré par une galerie de personnages forts, il cherche sa vérité.
Ce roman d'aventures n'est pas sans rappeler "Les aventures de Boro reporter" de Franck et Vautrin. La trame de fond est constituée par les événements historiques entre 1918 et 1936 : montée vers la guerre, trafic d'armes...  Le tome 2 vient de paraître.

Peine maximale, d'Anne Vantal (Actes Sud, romans ados, 2010)
Ce roman captivant et très instructif sur le système judiciaire français présente le déroulement d'un procès en assises, sur trois jours. Le jeune Kolia est accusé de cambriolage et du kidnapping d'un bébé, sa sœur de séquestration. Le roman débute au moment de l'arrivée et de la sélection des  jurés, et se termine sur le verdict.
Chaque court chapitre présente le point de vue d'un des acteurs du procès, heure par heure.  Le lecteur a ainsi accès aux témoignages et aux procédures, mais aussi aux pensées intimes des victimes, des accusés, des avocats, du juge, du greffier, de la famille... peu à peu le lecteur est tenté, lui aussi, de forger son intime conviction, qui évolue avec chaque témoignage.

Les commentaires sont fermés.