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11/11/2009

Une trop bruyante solitude

Une trop bruyante solitude,

Bohumil HRABAL           R. Laffont, 1983

Voilà 35 ans que Hanta "travaille dans le vieux papier" à Prague, et qu'il boit de la bière pour tenir le coup. Sous une vieille presse hydraulique - bouton vert - bouton rouge - il compresse jour après jour des tonnes de papiers et de livres.

Le lecteur ne peut rester indifférent devant ce portrait d'une noirceur kafkaïenne. Hanta vit dans un appartement tapissé du sol au plafond de livres récupérés, met de côté quelques livres rares pour de pittoresques collectionneurs, et s'est donné pour mission - à défaut de pouvoir sauver tous les livres - de les enterrer dignement : au coeur de chaque ballot de vieux papiers, confectionné avec amour, il dépose un livre précieux à ses yeux, ouvert à une page significative : Goethe, Schiller, Hegel, Nietsche ou Hölderlin...

Totalement immergé dans la lecture et dans son travail, il ne semble pas avoir de vie propre, si ce n'est pendant un temps une étreinte réconfortante avec une tzigane, dont il ne connaîtra jamais le nom. Sa seule ambition, contrariée par l'arrivée de brigades de jeunes ouvriers modèles, est de racheter le pilon à sa retraite, pour confectionner des balles de papier à la mesure de son art.

Paradoxe entre cet homme fruste et crasseux, outil de destruction des livres, et sa passion presque mystique pour leur contenu. Contraste  aussi entre une lecture un peu ennuyeuse (et oui, je l'avoue, j'ai lu ce livre à la fois fascinée et ennuyée) et un contenu extrêmement fort !

Aline

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