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25/10/2010

Bouillon de lecture du 21octobre 2010

Tour de table, chaque participante (et oui, aucun homme ce soir-là !) présente un livre qu'elle a apprécié.

Déluge, d'Henri BAUCHAU (Actes Sud, 2010), présenté par Ginette

Un roman très bien écrit, très agréable à lire, parfois déstabilisant. C'est l'histoire de Florian qui a un besoin viscéral de peindre, seul ou avec ses amis, et que la folie pousse à faire brûler ses oeuvres (elles sont encore plus belles). Entre autres : sa jeunesse tumultueuse (ses qualités picturales sont déjà reconnues) ; ses amitiés, notamment avec un capitaine de bateau qui l'engage au départ comme marin ; sa psychiatre, le Dr Hellé, qui donne l'impression de tirer de loin sur les fils des "marionnettes" que sont devenus les amis de Florian.

Aline avait aussi aimé le déluge, et plus encore L'enfant bleu, du même auteur.

 

Parfum de glace, de Yôko OGAWA (Actes Sud, 2002), coup de coeur de Dominique

Après le suicide de son compagnon dans son atelier de parfumerie, la narratrice enquête pour essayer de le comprendre. Elle rencontre sa famille pour la première fois, suit ses traces sur les lieux où il a passé sa jeunesse, découvre ses talents cachés.

Le livre est très riche, en voici les thèmes principaux : douleur du deuil, correspondance entre odeurs et mémoire, mémoire préservée même après la mort.

Actes Sud a publié de nombreux livres de cet auteur, à découvrir ! Voir la critique de La marche de Mina.

 

Place de Sienne côté ombre, de Franco LUCENTINI et Carlo FRUTTERO (première édition au Seuil en 1985), présenté par Chantal

Dans la campagne Toscane, un couple égaré est accueilli dans une maison, remplie d'une galerie de personnages étranges.

Toute l'ambiance du palio de Sienne, avec ses courses de chevaux entre quartiers et confréries : chevalerie, intrigues,... même les confréries mortes sont représentées ! Descriptions flamboyantes et intrigues sous-jacentes.

 

La princesse de Clève, de Madame de Lafayette (1678), présenté par Marylou

L'héroïne a été élevée à l'écart de la Cour par une mère stricte. A 16 ans, cette belle jeune fille fait sa première apparition à la Cour d'Henri II et Diane de Poitiers. Très courtisée, elle accepte naïvement d'épouser le Prince de Clève, gentil mais plus âgé qu'elle. Quelques temps plus tard, lorsqu'elle rencontre le beau Duc de Nemours, elle est prise de passion pour lui, mais à son âme défendante ! Elle fuit la Cour dans sa maison de campagne de Coulommiers, se consume d'amour et de remors, et meurt de langueur.

L'un des premiers romans s'attachant à l'analyse des sentiments (il a fallu attendre un siècle avant que son auteur -une femme ! ne soit mentionné). Un grand classique, très bien écrit,  à nouveau à la mode en ce moment.

 

Aurora, Kentucky, de Carolyn D. WALL (Le Seuil, 2010), coup de coeur de Marie-Claude

En 1938, dans le Kentucky marqué par la pauvreté, conséquence de la dépression, et le racisme profond, Olivia Harker, s'échine à tenir -avec son petit-fils William- l'épicerie héritée de son père, et héberge sa mère à moitié folle. Une particularité : elle élève des loups, ramenés d'Alaska par son grand-père.  Femme admirable et courageuse, Olivia vit dans le respect des convictions transmises par son père, mais elle devra réaliser peu à peu la gravité du racisme et les exactions commises par le Ku Klux Klan.

Un personnage remarquable, dans le milieu des "petits blancs" de l'Amérique profonde.

 

Le secret de Champollion, Jean-Michel RIOU (Flammarion, 2005), présenté par Nathalie

Roman historique situé pendant les campagnes d'Egypte de Napoléon, parti au Caire avec 300 navbires et 150 savants. Parmi ses objectifs : comprendre les hiéroglyphes pour percer les secrets du pouvoir des pharaons. Plein d'aventures et de rebondissements, le livre évoque la mise à jour des plus beaux tombeaux égyptiens, et de la pierre de Rosette.

Le récit est fait successivement par 3 savants, qui ont juré de déchiffrer la pierre de Rosette, et travaillent avec Champollion. Mais Napoléon est rappelé en Europe à cause des guerres, et espions et adversaires anglais guettent...

 

Ru, de Kim THUY (L.Levy, 2010), présenté par Geneviève

Plus autobiographie que roman, ce livre est composé d'une alternance entre les souvenirs des différentes époques de la vie de l'auteur. Vietnamienne de famille aisée, la narratrice s'est échappée de son pays avec les "boat people", a transité par les camps de réfugiés, puis s'est installée au Québec. Lorsqu'elle aura l'occasion, beaucoup plus tard, de retourner "au pays", elle n'y retrouvera pas ses marques.

Récit court et très bien écrit, entre atmosphères et sensations. Le titre évoque à la fois un "ru" ruisseau (en français) et un "ru" berceuse (en vietnamien).

 

Le journal de Hyde Park Gate, de Virginia Woolf, Vanessa Bell et Thoby Stephen (Mercure de France, 2006), coup de coeur de Claude

Virginia Woolf a passé son enfance dans une grande famille bourgeoise anglaise à la fin du 19ème siècle. Son père tenait un poste extrêmement honorifique à la British Library, et la famille était fréquentée par une élite intellectuelle.

Enfoui pendant des années à la British Library à Londres, le journal de Vanessa, Thoby et Virginia Stephen a été miraculeusement retrouvé pour ce qui touche aux années 1891, 1892 et 1895. Joyeux mélange de comptes-rendus d'événements familiaux, de lettres, de rubriques de conseils, d'embryons de romans, de devinettes ou de poèmes, c'est l'œuvre de trois enfants exceptionnellement doués et cultivés, âgés de dix à treize ans.

Superbement écrit, ce journal est une plongée agréable dans la sociologie d'une époque.

 

Les gueules cassées - les médecins de l'impossible, de Martin MONESTIER (Le Cherche Midi, 2009), présenté par Annie

La chirurgie réparatrice du visage est née pendant et après la guerre de 1914-1918. Le visage est lié à l'identité, et les gueules cassées présentaient des blessures dont il était difficile de se remettre physiquement et psychologiquement. 

Un hommage aux chirurgiens militaires et un livre de courage, écrit à partir des archives du Val de Grâce, qui présente de nombreuses photographies (avant et après la chirurgie réparatrice). "Encyclopédiste du bizarre, archéologue du pire", l'auteur a une bibliographie très fournie.

 

Mémoires de vie, mémoires d'éternité, d'Elisabeth KUBLER-ROSS (J.C. Lattès, 1998), présenté par Georgette

 

Autobiographie d'Elisabeth Kübler-Ross (1926-2004), médecin psychiatre, thérapeute célèbre dans le monde entier, de son enfance en Suisse à son engagement humanitaire dans la Pologne ravagée par la guerre, de ses études de médecine à son travail novateur auprès des mourants.

Elle a beaucoup contribué au développement des soins palliatifs, et est l'auteur de livres traduits dans le monde entier : "La mort, dernière étape de la croissance", "Avant de se dire au-revoir",...

 

Miral, de Rula JEBREAL (Oh ! Edition, 2010), présenté par Stéphanie

Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, témoignage de Rula, recueillie dans un orphelinat pour enfants palestiniens à Jérusalem, ville divisée. En allant donner des cours aux enfants d'un camp de réfugiés, elle prend conscience de leur quotidien. Boursière à l'étranger, elle est devenue une journaliste politique réputée et primée pour son courage et son indépendance.

Très beau témoignage, adapté au cinéma en septembre 2010.

 

Le cuisinier, de Martin SUTER (C. Bourgeois, 2010), présenté par Aline

Voir critique.

J'aime la façon de Martin Suter de nous emmener avec finesse sur des chemins que nous n'imaginons pas. Voir aussi Un ami parfait (2002), Small world (1998), et la critique Le dernier des Weynfeld (2008).

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