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30/11/2010

Un auteur très humain

Né en 1940, Russell Banks a grandi dans le New Hampshire dans un milieu défavorisé. Son père est parti lorsqu'il avait 10 ans et sa mère était peu présente. Il dit lui-même qu'il aurait pu "mal tourner", et que l'écriture l'a sauvé. Après des études à l’université il voyage, passe même quelque temps en Jamaïque. Il a écrit des romans, des nouvelles et de la poésie. Membre de l’Académie américaine des Arts et Lettres, il enseigne à Princeton. Russell Banks est très actif politiquement, n’hésitant pas à critiquer ouvertement son gouvernement (il a pris position contre la guerre en Irak et contre le Patriot Act).

Ses écrits sont parcourus par deux grand thèmes : la recherche de la figure paternelle et la description du monde des petites gens dont la vie est difficile. Ses oeuvres traduites en français ont été publiées chez Actes Sud : Survivants (Searching for survivors, 1975), Hamilton Stark (1978), Le livre de la Jamaï que (The Book of Jamaica,  1980), Trailerpark (1981), Continents à la dérive (Continental Drift, 1985), Histoire de réussir (Success stories, 1986), Affliction (1989), De beaux lendemains (The Sweet Hereafter, 1991), Sous le règne de Bone (Rule of the Bone, 1995), Pourfendeur de nuages (Cloudsplitter, 1998), L'ange sur le toit (The Angel on the Roof, 2000), American darling (The darling, 2005), La réserve (The Reserve, 2007).

Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma : De beaux lendemains (réalisé par le Canadien Atom Egoyan – Grand prix au festival de Cannes 1997)  et Affliction (réalisé en 1997 par Paul Schrader).  Son roman American Darling va également être porté à l'écran.

 

La réserve

Situé en 1936 dans les Adirondacks, au nord de l'état de New-York, le roman offre de superbes descriptions de cette région de lacs, montagnes et forêts. "La réserve" est un "ghetto de riches", où seule une élite de riches New-Yorkais est admise. Les gens du pays ne sont présents que comme domestiques, l'été, ou -pour les mieux considérés, comme guides.

Au-delà de l'intrigue (il y a un mort), Russel Banks présente de beaux personnages : un artiste peintre, pilotant son hydravion, qui ne fait qu'à moitié partie de ce monde là, mais l'utilise ; une jeune fille adoptée, nymphomane et peut-être fabulatrice, qui s'interroge sur ses origines.

 

Trailerpark

Chroniques de la vie ordinaire. Ces nouvelles se lisent comme un roman.

Dans un parc à caravane, 12 mobile homes : neufs, branlants, rouillés ou fleuris. Des habitants : un guichetier de banque, un ancien militaire, un jeune hippie, une divorcée, une veuve...

Les vies se croisent, les gens se parlent. Chacun apporte son lot quotidien de faits et gestes, qui abreuvent les commentaires et les histoires qui se raconteront, de caravane en caravane.

C'est l'Amérique du New Hampshire, celle des laissés pour compte, ceux qui survivent d'aides, d'une maigre retraite ou de petits boulots, une communauté faite de solitudes réunies. Résignation, pauvreté, échec, violence, solitude. Petites histoires au quotidien qui nous disent les malheurs de l'Amérique profonde.  De belles tranches de vie réalistes.

 

American Darling

Russel Banks signe ici un roman engagé, qui se penche sur la géopolitique américaine et l'histoire du Liberia. Ce pays a été créé en 1825, sous l'impulsion des Etats-Unis, sur un territoire vierge d'Afrique de l'Ouest attribué aux descendants des anciens esclaves noirs. Dès la fin du 19ème siècle, 1% des noirs, descendants d'esclaves, possédaient 90 % du pays, devenant à leur tour des oppresseurs...

Le lecteur suit sur plus de 30 ans la vie d'Hannah Musgrove, héroïne assez peu sympathique. Issue d'une famille américaine aisée et éduquée, elle s'engage vers 1970 dans la lutte armée d'extrême gauche. Recherchée par le FBI, elle se cache au Liberia, où elle épouse le ministre de la santé. Passionnée par la cause des chimpanzées, elle est sans doute plus attentive à eux qu'à ses propres fils. Lorsque des guerres civiles atroces éclatent au Liberia, son mari est tué, elle doit fuir en abandonnant ses fils qui deviendront des enfants soldats.

Ce livre est assez à part dans l'univers de Russel Banks car il ne décrit pas la vie de "paumés" des U.S.A. mais son propos est principalemnet axé sur l'histoire du Libéria.En effet, la destinée de ce pays l'a fait beaucoup réfléchir avec la question qui a motivé son écriture : pourquoi des anciens esclaves ont-ils reproduit les modèles de leurs oppresseurs, ce qui a abouti à la guerre civile ? question lancinantepour lui à laquelle il essaye de répondre dans ce roman.

 

Continents à la dérive

La vie d'un pauvre gars, Bob Dubois, réparateur de chaudières dans le Connecticut. (Vent, froid, on s'y croit...) Il rêve d'avoir la vie de rêve vantée par son frère, qui vit en Floride, et finit par le rejoindre. Mais là, quelle déception ! Parallèlement à cette dégringolade, on suit l'histoire d'une jeune Haïtienne attirée par le rêve américain.

 

Sous le règne de Bone

Itinéraire d'un adolescent désoeuvré, paumé, en conflit permanent avec sa mère et son beau-père, qui n'hésite pas à les dépouiller pour s'acheter de l'herbe. Chassé de la maison à 14 ans, il squatte chez un copain qu'il fournit en herbe, et erre dans le centre commercial de la ville.  Il fait ensuite l'apprentissage de la rue auprès de marginaux, dont un personnage trouble pédophile, auquel il essaie d'arracher une petite fille, et finit par trouver un modèle en I-Man, un rasta qu'il accompagne en Jamaïque.

 

Affliction

Nous sommes à Lawford, un trou perdu au fin fond du New Hampshire, Etats Unis. Notre anti-héros est Wade Whitehouse, ouvrier dans une société de forage et agent de police municipale à temps partiel. Wade n'a jamais quitté son bled, et pense qu’il a raté sa vie. Russell Banks nous livre le portrait d’un homme au bout du rouleau, c’est noir !

 

Les lecteurs du "Bouillon" ont beaucoup aimé cet auteur, à l'exception de Françoise (qui a lu Affliction). Son monde de pauvres gens et de paumés n'est pas gai, mais Banks décrit les laissés pour compte avec justesse, presque avec tendresse. Ces personnages, très humains,  pris dans l'envers du rêve américain,  semblent parfois sortis tout droit de la jeunesse difficile de l'auteur. 

Commentaires

je le trouve super il y a le chifre 20 juin dans ce livre et je le trouve très amusant

Écrit par : Allemand | 26/02/2011

Les commentaires sont fermés.