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21/12/2010

Vacances de fin d'année

JOYEUSES   FÊTES !

 

Pendant les vacances,

la bibliothèque sera ouverte les

 

mardi 21 et mercredi 22 décembre

mardi 28 décembre 2010

19/12/2010

Bouillon du 16 décembre 2010

Séance Coups de coeur

 
La neige, le froid et l'approche des festivités en avaient dissuadé plus d'un, mais nous avions tout de même la qualité, avec plusieurs livres coup de coeur à partager !
  
Les métiers insolites, de Gérard BOUTET (1999), présenté par Annie B.
Né en 1945, l'auteur a publié quelques romans, BD, et de nombreux documentaires. Ses thèmes sont centrés sur le folklore et la tradition populaire, la vie quotidienne dans le monde rural, les savoir-faire artisanaux qui disparaissent.
Dans cet ouvrage, il dresse un catalogue détaillé de métiers insolites d'autrefois, avec de belles trouvailles ! Connaissiez-vous le métier de prieur d'enterrement ? d'essayeur de pneumatiques pour cyclopèdes ? de coupeur de cochons ? Saviez-vous que le caillouteur taillait les silex pour (pierres à feu des briquets et des armes) ? Que le fourmilleur récupérait les oeufs de fourmis pour nourrir les faisans ? Que, bien avant les bougies telles que nous les connaissons, l'oribusier fabriquait... les oribus, sortes de chandelles de résine, avec une mèche de chanvre ?
 
C'est une chose étrange à la fin que le monde, de Jean d'Ormesson (2010), choisi par Johane
Ce n'est pas un roman, non, plutôt un livre testament de l'auteur, à la fois philosophique, bien écrit, et extrêmement accessible.
Le début du livre présente en alternance le rêve du Vieux (Dieu), et le fil du labyrinthe (ou le déroulement de l'histoire). En voyant approcher le terme de ses jours, l'auteur disserte sur les questions fondamentales : le sens de la vie, la formation de l’univers, que peut-on espérer après la mort ?... Les pourquoi et les comment que tous les hommes de science et les philosophes ont creusés : la vie, la mort, l’amour, Dieu.
 
Laurent GOUNELLE, deux livres qui ont passionné Ginette
L'auteur est maître de conférence à l'université de Clermont Ferrant, spécialiste du développement personnel : apprendre à mieux se connaître pour vivre mieux, prendre des décisions, entrer en relation avec les autres...
L'homme qui voulait être heureux (2008) est son premier livre. Un enseignant en vacances à Bali se lie d'amitié avec un vieux sage qui devient son guide sur la voie du bonheur en lui donnant des tâches, parfois surprenantes, à accomplir. Bien écrit, simple, agréable, ce livre se lit d'une seule traite.
Dieu voyage toujours incognito (2010). Alan, un grand employé de banque peu satisfait par son travail, déraciné, quitté par sa femme, décide d'en finir en se jetant du haut de la tour Eiffel. Au dernier moment, il est arrêté par un homme qui lui promet le bonheur s'il lui obéit. N'ayant rien à perdre, Alan accepte d'accomplir une série d’épreuves et d’expériences plus ou moins loufoques, tout en menant discrètement l'enquête sur son mystérieux gourou. L'auteur réussit le tour de force d'écrire un roman plein de suspense tout en posant les théories de l'épanouissement personnel ! Un livre optimiste, qui vous enchante et vous fait réfléchir...
 
L'enquête, de Philippe CLAUDEL (2010) par Chantal A.
Les lecteurs traditionnels de Philippe Claudel seront surpris par ce dernier livre, à l'écriture déroutante, où les personnages sont définis par leur fonction, et les noms génériques.
L'Enquêteur débarque d'un train dans la Ville, où il a pour mission d'enquêter sur une vague de suicides dans l'Entreprise. Il est balloté, froissé, déplacé, affamé... dans une accumulation d'absurdités. Un récit kafkaïen où rien ne se déroule comme on s'y attend, fable sur l'aliénation de la société.
 
Dans un autre registre, Chantal nous signale une biographie locale : Un siècle de souvenirs (1910-2010) par Claude BOUILHOL. La vie d'un personnage très intéressant, actif et inventif, qui s'était engagé comme pompier à Lyon après la catastrophe de l'éboulement de la colline de Fourvière. Mais il n'est pas certain que ce livre soit diffusé hors du cercle familial.
 
Seule Venise, de Claudie GALLAY (2006) présenté par Dominique
La narratrice vient d'avoir 40 ans. Quittée par son compagnon, elle déprime et se réfugie dans une Venise hivernale. Elle s'installe dans une pension de famille tenu par un érudit, passionné d'histoire et amoureux des chats. Peu à peu, elle se lie avec les autres pensionnaires, dont une danseuse anorexique et un prince russe en fauteuil roulant, obsédé par la ponctualité. Plusieurs histoires d'amours impossibles se croisent, dont celle du prince, qui se livre et raconte son amour perdu avec Tatiana, son amie d'enfance.  La narratrice s'ouvre aux autres, et retrouve progressivement une capacité à s'attacher...
Du même auteur, lire aussi L'or du temps et Les déferlantes, ainsi que L'amour est une île, paru cette année.
 
La solitude du docteur March, de Géraldine BROOKS (2010), choisi par Maryvonne
Géraldine Brooks est Australienne, née en 1955, ancienne journaliste correspondante de guerre. Ses romans témoignent tous d'un bon niveau de recherche historique et sociologique.
1666 se penche sur l'année de la grand peste en Europe : un village perdu du centre de l'Angleterre se met lui-même en quarantaine pour éviter de contaminer la région. Le livre d’Hanna (2008) est le récit passionnant du périple d’un livre de prière hébraïque au fil des siècles.
La solitude du Docteur March, paru en 2005 aux Etats-Unis, a reçu le prix Pulitzer.
"March" comme le bon docteur, évoqué dans le roman de Louisa May Alcott Les quatre filles du docteur March (1868), où il était -somme toute- le grand absent. Géraldine Brooks reprend ce personnage et réinvente son destin, depuis son amour de jeunesse pour une jeune esclave, sa rencontre avec sa femme et la naissance de ses filles, jusqu'aux combats de la guerre civile. Abolitionniste convaincu, il s'engage comme aumônier auprès des nordistes, plonge dans les horreurs de la guerre de Sécession et atterrit dans la plantation où, vingt ans plus tôt, il avait rencontré la belle Grace... 
 
Purge, de Sofi OKSANEN (2010), par Jacqueline
Prix Femina étranger 2010
Née en 1977, la Finlandaise Sofi Oksanen se penche sur l'histoire méconnue de l'Estonie, avec un roman très documenté. La carte et la chronologie de l'histoire du pays, présentes dans le livre,  ne sont pas inutiles...
En 1992, suite à la chute de l'URSS, l'Estonie fête le départ des Russes. La vieille Alide découvre dans son jardin Zara, une jeune fille terrorisée, dans un état épouvantable, qui s'est échappée de chez son souteneur. Entourées de silences, les deux femmes s'apprivoisent peu à peu.
Très dense et noir, ce roman comprend de nombreux retours au passé, et fait référence à l'histoire de ce pays qui a été occupé par les Allemands, puis par les Russes, quand ses habitants n'étaient pas déportés... Jacqueline nous donne une idée des thèmes abordés : jalousie entre soeurs, secret de famille, coopération pendant la guerre, et violences envers les femmes.
     "Ce qui m'attire avant tout, ce sont les destins bâillonnés, les personnages muets, les histoires tues. S'approcher du non-dit et tenter de l'articuler, n'est-ce pas l'essence même de l'écriture ?"
 
L'énigme du retour, de Dany LAFERRIERE (2009), dégusté par Aline et Marie-Claire
Dany Laferrière, écrivain canadien d'origine haïtienne, a reçu le prix Médicis du roman pour L'Enigme du retour.
Là où Banal Oublide Gary VICTOR, autre auteur Haïtien, était un roman sauvage et dérangeant habité par des personnages étranges et très noirs, hantés par le vaudou, Dany Laferrière écrit son Enigme du retour dans un style extrêmement poétique, procédant par touches délicates.
Le narrateur vit depuis 30 ans à Montréal, mais se sent toujours haïtien dans l'âme. Suite à l'annonce du décès de son père, exilé politique lui aussi (mais aux Etats-Unis), il rentre au pays natal, où il alterne entre souvenirs de jeunesse, et douleur de ne plus se sentir haïtien. Comme n'importe quel blanc, il est victime d'une tourista cuisante, et les gens cherchent à l'exploiter comme un quelconque touriste, sous prétexte qu'il est devenu "riche" et qu'Haïti a faim.
L'auteur nous offre une réflexion mélancolique et fine sur l'identité et l'exil, et interroge le passé en même temps qu'il explore le présent. Son écriture alterne entre vers libres, qui rendent ses sensations et ses impressions du moment, et une prose plus factuelle,  utilisée pour ses souvenirs et impressions du pays, marqué par les années de dictature.
(Depuis la sortie de ce roman, les catastrophes se sont abattues sur Haïti : tremblement de terre, cyclone, choléra et luttes politiques violentes...)
 
L'affaire de l'esclave FURCY, de Mohammed AÏSSAOUI, Prix Renaudot essai 2010, coup de coeur de Marie-Claire
Mohammed Aïssaoui, journaliste du Figaro Littéraire, a remarqué en 2005 la mise en vente à Drouot d'archives concernant le dossier de l'affaire Furcy. Il a mené une enquête pour comprendre cette affaire, relatée dans cet essai romancé.
En 1817, à la Réunion, Furcy engage un procès pour que son propriétaire reconnaisse qu'il est un homme libre. En effet, il a découvert, à la mort de sa mère, des documents prouvant que celle-ci avait été affranchie des années auparavant par sa propriétaire qui l'avait amenée en France. Cédée ensuite à la Réunion au neveu de cette dame, elle avait continué à vivre comme une esclave. Et son fils après elle. Furcy a été soutenu dans ses démarches par deux magistrats blancs qui ont eu les pires ennuis. Lui-même a été emprisonné comme esclave marron, puis banni à l'île Maurice. Au mépris du droit, les grandes familles et les puissants ont fait durer cette affaire  jusqu'en 1843, où Furcy a enfin été déclaré libre en cour de Cassation de Paris.
Furcy (qui occupait au départ une place d'esclave "privilégié") a mené son combat judiciaire non seulement pour lui, mais pour les autres.
 
Conclusion de notre Bouillon de lecture : "C'est le souci de l'autre qui fait avancer le monde."