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26/01/2011

un roman américain...français

Le retour de Jim Lamar,   Lionel Salaün             Liana Levi, août 2010

Dès la première page, le décor est posé : Stanford, au fin fond de l'Amérique rurale.

 "Un coin "où on n'aimait pas bien les étrangers... et encore, par étrangers, j'entends des types de l'autre rive du Mississippi, sans même aller jusqu'à l'Iowa ou l'Illinois, des gars d'un autre comté, des gens pas comme nous, des gens d'ailleurs, des étrangers, quoi !"

Jim Lamar, parti en 1968 quelque part au nord de Saïgon, a trop tardé à revenir après sa démobilisation : ses parents sont morts, sa ferme a été pillée par "de bonnes âmes charitables venues arracher à leur sort tragique" tous les habitants de la basse-cour, puis récupérer tout ce qui pouvait l'être...

Autant dire que lorsqu'il réapparaît, en 1981, les paysans du coin ne sont pas ravis de son retour ! Seul Billy, garçon de 13 ans pas très à l'aise dans son personnage, s'intéresse à lui. Peut-être parce que tous deux partagent le même amour pour le fleuve. Une amitié se tisse entre eux.

Billy ose enfin la question que tous se posent : "Dites, pourquoi vous avez mis si longtemps à revenir ?"  et nous découvrons avec lui des pans de la vie de Jimmy : la relation au père, la guerre du Vietnam, mais surtout les souvenirs des compagnons perdus, auxquels Jim a tellement de mal à survivre.

Le récit est sinueux, interrompu par les aller-retours que fait le garçon entre ses occupations quotidiennes et ses escapades auprès de son ami, et par les caprices de la mémoire de Jim :

"Embarqué une fois encore dans les méandres de sa mémoire, je me laissais porter au gré de son courant aussi tortueux que celui du Mississippi. Un instant, je crus que nous étions engagés dans un bras mort au fond duquel, pris dans la vase, nous allions devoir patienter jusqu'aux prochaines grandes eaux pour faire marche arrière et reprendre le fil du fleuve. Mais c'était compter sans le talent de pilote de Jimmy ; ce que j'avais pris pour un échouage n'était qu'une habile manoeuvre destinée à contourner un   redoutable écueil."

J'ai beaucoup aimé certains passages, Lionel Salaün a une écriture très évocatrice. J'ai du mal à définir ce qui m'a manqué pour un véritable coup de coeur... (Le personnage de Billy sert surtout de faire-valoir, de révélateur pour les fêlures de Jim Lamar. Il aurait pu être doté d'un peu plus d'épaisseur pour que l'ensemble soit crédible ?)

En tout cas, c'est un premier roman très prometteur ! 

Aline

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