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23/02/2011

Bouillon Turc de février 2011

Turquie

Pour les délicieux palets de Dame Geneviève, mélangez 1 oeuf, 60 g de farine, sucre et beurre.... garnissez de raisins au rhum ou d'amandes concassées...

Hors sujet ? mais non, c'est ainsi que commençait le bouillon ce jeudi ! Petit détour avant de nous pencher sur les livres...et ne plaignez pas Jacky qui n'était pas le dernier à noter !

 

Les auteurs turcs se sont globalement révélés, à part Elif Shafak, assez difficiles à lire, mais particulièrement intéressants. Et l’enthousiasme de Maryvonne était convaincant !!!

 

Elif SHAFAK

Elle est née à Strasbourg en 1971 de parents turcs, et écrit en turc ou en anglais. Humaniste, engagée, féministe, elle est imprégnée de soufisme et de culture ottomane. Elif Shafak présente des héroïnes féminines fortes, dans le cadre de la Turquie moderne.

 

La bâtarde d'Istanbul se passe presque entièrement en intérieur, dans l'appartement des tantes. Le début du roman, sur fond d'avortement, est effectivement provocateur. La suite tourne autour de la famille, haute en couleur, et de ses secrets. Ce roman a valu à l'auteur d'être accusée de dénigration publique de la Turquie. 

Lait noir, partiellement autobiographique, aborde le sujet de la dépression post-natale, sous une forme originale : la narratrice se divise en plusieurs personnalités.

Soufi mon amour relate une histoire d'amour contemporaine peu ordinaire, entre une femme au foyer juive américaine et un soufi moderne vivant à Amsterdam.

 

Orhan PAMUK

Né en 1952 à Istanbul, il est considéré comme un auteur contestataire dans son pays. Premier écrivain du monde musulman à condamner la fatwa islamique lancée contre Salman Rushdie en 1989, il a également reconnu publiquement la culpabilité de la Turquie dans les génocides kurde et arménien, ce qui lui a valu des menaces de mort et une assignation à comparaître devant les tribunaux. Sous la pression internationale, les poursuites ont finalement été abandonnées en 2006, année où il se voit par ailleurs décerner le prix Nobel de littérature.

 

Les romans d'Orhan Pamuk se penchent sur l'évolution historique et sociale de son pays, dans une prose riche, parfois un peu difficile à suivre.

Neige évoque la confrontation entre religieux et militaires en Anatolie, à propos d'une enquête menée par un poète envoyé en Anatolie sur des suicides de jeunes femmes.

Dans La maison du silence, une vieille dame reçoit ses trois petits enfants sur la côte, avec l'aide d'un domestique difforme. Orhan Pamuk développe les rapports des jeunes entre eux et avec les gens du village.

 

Yachar KEMAL

Romancier et journaliste, il est né dans une famille kurde en 1923, soit juste au moment du passage à la république. Son style, très imagé,  est parfois mêlé de récits traditionnels populaires et de légendes.

 

Mehmet le mince, qui a fait connaître l'auteur en 1955, est une vision critique de la modernisation de la Turquie. 

Regarde donc l'Euphrate charrier le sang, suivi de La tempête des gazelles, évoque plusieurs époques douloureuses de la Turquie : la guerre des Dardanelles, qui a cruellement marqué des générations, et le grand déplacement de population qui a eu lieu après signature d'un traité entre la Grèce et la Turquie en 1923.  Pour assurer "l'homogénéité ethnique", la Grèce devait recevoir 1 250 000 grecs originaires d'Anatolie, tandis que 600 000 grecs musulmans étaient déplacés en Turquie ! Cet échange était un exode forcé pour tous.

Dans "Regarde donc l'Euphrate..." Poiraz Musa, un Turc, vient s'installer sur l"île de la Fourmi", que ses habitants ont tous été forcés de quitter en laissant derrière eux : vignes, ruches, vergers d'oliviers, jardins potagers, moulins, maisons, meubles... Paradisiaque mais isolée, cette île semble habitée par un fantôme, qui n'est autre que Vassili, grec qui a refusé l'exil et s'est caché au moment du départ, mais dont l'esprit a été fortement ébranlé par la guerre des Dardanelles et l'exode de sa communauté. La tempête des gazelle voit d'autres personnes venir à leur tour peupler la merveilleuse île des fourmis. Un très beau récit, un peu tarabiscoté, mais plein de de soleil et d'attachement à cette terre généreuse et à la vie simple et chaleureuse des pêcheurs.

 

Irfan ORGA

Une vie sur le Bosphore raconte la vie de l'auteur, en lien avec l'histoire de son pays : grandeur et décadence en Turquie. Né en 1908 dans une famille très aisée, avec domestiques, il passe une enfance dorée à Istanbul, qu'il raconte avec fraîcheur et humour (scène à 6 ans, quand sa grand-mère l'emmène au hammam !). Mais les hommes, supports de la famille, meurent les uns après les autres, un incendie détruit la maison, sa mère doit aller travailler à l'usine... Lui-même suivra l'école militaire pour pouvoir étudier.

 

Nazim HIKMET

Journaliste, poète, dramaturge et romancier, il est né en 1901 à Salonique. Ses idées marxistes lui ont valu la prison et l’exil. Il est mort en 1963 déchu de sa nationalité turque (qui lui sera rendue plus tard).

La vie est belle mon cœur : souvenirs entremêlés, de la même époque que les récits de Yachar Kemal.

 

A relire : Kenizé MOURAD, De la part de la princesse morte

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