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26/06/2011

Egypte

Bouillon de lecture égyptien du 19 mai 2011

En introduction : infusion à la badiane fraîche, cake à l'orange et clafoutis aux cerises.

Peu au fait des auteurs égyptiens, nous nous sommes inspirés pour nos choix d'un article de la Croix daté du 10 février 2011 : "Ecrivains égyptiens, avant-garde de la révolution de la rue", présentant des écrivains chroniqueurs du peuple, engagés, voire militants.

Alaa el Aswani est plébiscité. L'immeuble Yacoubian avait emballé tous les lecteurs : chronique d'un immeuble du Caire et de ses habitants, il a été adapté au cinéma avec succès. Chicago présente la communauté égyptienne étudiante dans une Amérique traumatisée par les attentats du 11 septembre : les magouilles, pressions et manipulations exercées par le système policier de l'ambassade égyptienne.
J'aurais voulu être Egyptien est un recueil de nouvelles, très critique des Egyptiens et du gouvernement.

Taxi, de Khaled Khamissi (Actes Sud, 2005), offre un récit désenchanté, mais coloré, plein d'humour et de vie. Chaque chapitre présente une conversation avec un chauffeur de taxi, le temps d'une course (il y a plus de 80 000 taxis au Caire).
"Nous sommes devenus un peuple de mendiants" dit un personnage, regrettant le temps de Sadate.

Sonallah Ibrahim a commencé à écrire après ses années d'emprisonnement (1959-1964). Journaliste en Egypte et à Berlin, il dresse dans Les années de Zeth (Babel, 1992), le tableau d'une Egypte moderne où les fonctionnaires passent leur temps à le perdre... Zeth, l'héroïne, veut prendre des initiatives et se fait taper sur les doigts. Son mari, très pompeux et supérieur, annonce depuis toujours un diplôme qu'il ne passera pas. Beaucoup d'ironie et de dérision dans ce récit entrecoupé de coupures de presse montrant la désinformation.
Dans Le petit voyeur, un jeune garçon vit avec son père dans une maison délabrée, vers la fin des années 1940 (contexte de guerre avec Israël). Dans un monde d'adultes, cet enfant se construit en regardant par les trous de serrure. L'écriture est un peu déroutante, "objectiviste", très précise, et composée de phrases courtes, souvent nominales.

Naguib Mahfouz, lauréat du prix Nobel de littérature, est apprécié surtout pour son oeuvre La trilogie du Caire (1996). Karnak café, qui vient de paraître chez Actes Sud, offre le portrait d'une Egypte déboussolée, où la police pourchasse communistes et frères musulmans, vers la fin des années Nasser. Parmi les jeunes qui se rencontrent régulièrement au café, plusieurs disparaissent, et -s'ils reviennent- n'en sortent pas indemnes...

La nasse, de Sherif Hetata, est le récit d'une chute. Khalil, ancien activiste, refait sa vie avec Amina, après des années de captivité. Au travail, il supporte mal de devoir fermer les yeux sur des magouilles, et se fait mal voir en fréquentant des communistes. Suite à une machination, il est pris dans la nasse et accusé du meurtre d'une américaine. Malgré les témoignages de sa femme, des ses amis, il ne se défend pas vraiment. Par fatalisme, ou simplement parce qu'il reste brisé par ses années de prison ?...

C'est au travers d'une vie de femme que Samia Serageldin présente la condition féminine et l'évolution de la société égyptienne, dans La maison du Caire (2006). Une fillette du Caire vit la révolution de 1952, la réforme agraire de Nasser. Sa famille perd toute sa fortune. Elle se laisse marier à 18 ans, a un fils, puis émigre aux Etats-Unis en le confiant à sa mère. Sous Moubarak, elle revient au Caire, où elle est confrontée à la montée de l'islamisme.

Gilbert Sinoué se penche sur l'histoire de l'Egypte, mais aussi de toute la région du Moyen-Orient, dans son roman historique "Inch Allah" publié en 2010 (Le souffle du jasmin, et Le cri des pierres). Au travers de la vie de familles en Irak, en Syrie, en Egypte, en Israël et en Palestine, il permet au lecteur de mieux comprendre comment nous sommes arrivés aux situations inextricables actuelles... Un récit instructif et agréable à lire.

23/06/2011

Prix des lecteurs

PRIX  MES-SOU-THU

     3 villages, 1 prix des lecteurs !

  

Le 28 mai, les résultats du prix ont été annoncés à Messimy, en présence d'une cinquantaine d'élus et de lecteurs.

 

Les lecteurs de Messimy, Soucieu-en-Jarrest et Thurins ont voté pour les romans :

1er

Les chaussures italiennes

de Henning MANKELL

2ème

La chambre des vies oubliées 

de Stella DUFFY

 

…et les Bandes Dessinées,

1er ex-aequo

Quelques jours ensemble

de MONTGERMONT et ALCANTE

Lulu, femme nue (2 tomes)

d'Etienne DAVODEAU

 

Ce prix était l'occasion, pour plusieurs lecteurs, de renouer avec les bandes dessinées, et de constater leur richesse et leur diversité.

 

 17:29 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires

21/06/2011

Neige

Neige,   de Maxence FERMINE

Encres et dessins de Georges Lemoine

Réédité chez Arléa en 2010

 

Au Japon, à la fin du XIXème siècle, le jeune Yuko s’adonne à l’art difficile du haïku. Afin de perfectionner son art, il traverse la chaîne montagneuse pour rencontrer un maître. Les deux hommes vont alors nouer une relation étrange, où flotte l’image obsédante d’une femme disparue dans les neiges.

 

"C’était une nuit de pleine lune, on y voyait comme en plein jour. Une armée de nuages aussi cotonneux que des flocons vint masquer le ciel. Ils étaient des milliers de guerriers blancs à prendre possession du ciel. C’était l’armée de la neige."

 

Ce livre est un bijou, très agréable à feuilleter, grâce à la mise en page, aux encres et dessins. J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire et le relire. Les différents paragraphes sont des poèmes, avec comme fil conducteur la neige, l’amitié, l’amour et la couleur.

 

"La neige est un poème, un poème d’une blancheur éclatante… Là où vivait Yuko, la neige était la poésie de l’hiver."

"L’enseignement du maître ne ressemblait à nul autre. Le premier matin de cours, près de la rivière encore baignée de l’aube, il demanda à Yuko de fermer les yeux et d’imaginer la couleur.

-La couleur n’est pas au dehors. Elle est en soi. Seule la lumière est dehors, dit-il. Que vois-tu ?"

 

Pour rêver à l’ombre cet été.

Ginette

 

Maxence Fermine est né en 1968 à Albertville.

Il a écrit quasiment un roman par an depuis 1999, dont L’apiculteur (2000) et Amazone (2004) qui ont été primés.

 

Aline a beaucoup aimé Opium (2002) : quête d’un Anglais en Chine, en 1838, pour accéder aux secrets du thé blanc. Aidé par un ami irlandais, il arrive enfin aux jardins secrets, mais au bout du voyage, c’est l’amour et l’opium qu’il rencontre…

 

14/06/2011

Hommes et femmes...

Homo Erectus, Tonino Benacquista,   Gallimard, 2011

"Pour certains, il s'agissait d'un rendez-vous réservé aux hommes, où il était question de femmes. D'autres, en mal de solidarité, y voyaient le dernier refuge des grands blessés d'une guerre éternelle. Pour tous, d'où qu'ils viennent et quoi qu'ils aient vécu, c'était avant tout le lieu où raconter son histoire."

Ce cercle de parole, ouvert à tous les hommes, se réunit régulièrement. Chacun peut librement raconter son histoire, sans interruption. Chaque histoire est légitime, et écoutée sans commentaire.

Entre deux réunions du jeudi soir, deux esquisses de récits de vie, nous suivons les réflexions et l'évolution -amoureuse- de trois hommes : Denis, le garçon de brasserie, qui ne plaît plus aux femmes ; Philippe, le philosophe, jamais remis du départ de sa Juliette ; Yves, le poseur de fenêtres, dont le rêve familial a volé en éclats le jour où Pauline l'a trompé avec un gogo-danceur.

Tonino Benacquista nous entraîne une fois de plus sur un sujet surprenant, et son récit est agréable à lire, bien écrit, pas du tout graveleux malgré le sujet. Pour autant, je ne trouve pas qu'il ait exploité son idée de base avec l'originalité développée dans d'autres romans (Malavita, Quelqu'un d'autre, Saga...).

Aline

06/06/2011

Promise

Promise (1/3), par Ally Condie
traduit de l'anglais (américain) "Matched" par Vanessa Rubio-Barreau
Gallimard jeunesse, mars 2011, 423 p., 18 €

Résumé :

La Société est organisée dans ses moindres détails pour garantir à ses citoyens une bonne santé, une bonne nutrition, une bonne durée de vie, etc.
L'histoire débute au moment de la "cérémonie de couplage" des jeunes gens de l'âge de Cassia, la narratrice. Chacun se voit remettre la micro-carte présentant l'époux qui lui conviendra le mieux, sélectionné parmi tous les jeunes de leur âge. Fait inhabituel, Cassia est "couplée" avec quelqu'un qu'elle connaît : son meilleur ami Xander. Encore plus étonnant, sa micro-carte lui montre un 2ème visage, celui d'un autre ami, Ky, ce qui est normalement impossible puisqu'il est classé "Aberration" en raison des agissements de son père.
Cassia commence à s'intéresser de trop près à Ky, qui provient de la zone frontière et a connu une vie moins "normalisée" que la sienne. Peu à peu, elle remet en cause cette société si "parfaite" qu'aucune liberté n'est autorisée, aucun choix n'est possible.

Critique :

Une chose est certaine, ce roman a du succès. Sa couverture est romantique à souhait, et le contenu est à l'avenant. Ma fille adolescente l'a d'ailleurs classé "coup de coeur".

OK, c'est une dystopie bien ficelée. La tension monte graduellement par rapport à cette société tellement policée que les "officiels" ont décidé de faire le tri dans les oeuvres d'art, ne conservant que 100 chansons, 100 tableaux, 100 poèmes... et éradicant tout le reste (inutile et encombrant). Pourtant, dans le genre "société surorganisée liberticide", j'ai préféré Uglies ou Hunger games. Quand au côté sentimental, un peu trop étalé dans ce roman, dans le genre "entre les deux mon coeur balance", j'ai préféré Fascination, Hésitation...

Pour moi, c'est donc juste une lecture agréable. Je réviserai peut-être mon jugement  avec les tomes suivants...

Aline