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29/02/2012

le palais de minuit

Le Palais de minuit, Carlos Ruiz Zafon
traduit de l'espagnol par François Maspero, publié en 1994 en Espagne
Pocket jeunesse, janvier 2012, 284 p., 19.30 €

Calcutta, 1932. Suite à l'horrible disparition de leurs parents, deux jumeaux, Ben et Sheere, sont confiés dans des circonstances dramatiques, l'un à un orphelinat, l'autre à sa grand-mère. On les retrouve 16 ans plus tard, ignorant tout de leur histoire familiale, traqués par Jahawal, mystérieux assassin démoniaque, qui utilise le feu et doit tuer l'un de ses enfants pour trouver le salut. Ils sont aidés par les amis   de Ben, prêts à se sacrifier pour leur frère d'orphelinat.

Le style rappelle les autres oeuvres de Zafon, bien écrit quoique tarabiscoté (disons baroque), mais la force du récit s'affadit beaucoup en passant dans un Calcutta qui ne sert que décor aussi factice qu'un décor de photographe.
Suspense, fantastique, horreur et amitié.
Se lit avec plaisir, sans plus. J'ai nettement préféré Marina ou l'ombre du vent.
A partir de 15/16 ans.

Hors-service

Hors-service, Solja Krapu,  éditions Gaïa, 2011

Eva-Luna est une enseignante travailleuse et perfectionniste, à la limite de l’obsession. Sa vie familiale est peu épanouissante, entre un mari distant, un fils rivé à son ordinateur, une fille rebelle, et une petite dernière exigeante. Elle-même se dévoue sans joie et régente tout ce petit monde : planning d'activités, repas, machines à laver...

Un vendredi soir, elle prend son vélo pour aller faire des photocopies au collège… et se retrouve enfermée dans le local de la photocopieuse ! Pour combien de temps ?

Traduit du suédois, ce roman, un peu grinçant, interroge sur l’emprise du quotidien et les relations familiales (et professionnelles).

Aline

26/02/2012

Coups de coeur du bouillon de février 2012

Echanges chaleureux autour de romans coup de coeur... et des chouquettes au sucre-glace de Geneviève !

Latham, de Christine Lapostolle (Flammarion 2012)
Maryvonne nous signale ce beau roman d'une Bretonne, dont les écrits étaient jusqu'ici intimistes. L'écrivain a été subjuguée par la photographie en noir et blanc d'un homme, debout sur son aéroplane, flottant dans les eaux de la Manche à quelques encablures de Douvres. Il s'agit d'Hubert Latham, pionnier de l'aviation française et le  premier à tenter la traversée en aéroplane de la Manche le 19 juillet 1909 (exploit réussi par Blériot le 25 juillet).
Christine Lapostolle s'attache au rêve d'envol de ce dandy de l'aviation, et relate sa vie et ses vols téméraires sur les élégants avions "Antoinette". Elle visite les lieux qu'il a fréquentés, se prend à imaginer des conversations avec lui. Elle évoque la distance entre le rêve d'envol et les applications militaires de l'aviation, et fait le rapprochement entre le Sangatte d'autrefois, lieu d'envol pour la périlleuse traversée de la Manche, et celui d'aujourd'hui, lieu de départ pour tous ces étrangers qui veulent gagner l'Angleterre...

Venir au monde, de Margaret Mazzantini (R. Laffont, 2010)
Jacky présente ce roman qui prend aux tripes, sur le thème du besoin de maternité (recherche médicale, mère porteuse...) sur fond de guerre à Sarajevo. Maryvonne a aimé. Du même auteur, Ecoute moi est tout aussi fort et noir.

Cet instant-là, de Douglas Kennedy  (Belfond, 2011)
A 50 ans, Thomas Nessbitt reçoit un paquet de lettres qui le renvoie à son amour de jeunesse à Berlin, en pleine guerre froide. Berlin, la Stasi... le lecteur est plongé dans un roman d'espionnage, mais aussi un drame psychologique et un roman d'amour. Pour Catherine, c'est un bon Douglas Kennedy.

Les nymphéas noirs, de Michel Bussi  (Presses de la Cité, 2011)
"Trois femmes vivaient dans un village. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste..." Cette histoire commence comme un conte, mais c'est bien un roman policier, au rythme un peu étrange et au dénouement surprenant. Joli village pittoresque, Giverny est tranquille, voire immobile, sauf lorsque débarquent les hordes de touristes américains, sur les traces de Monet. Jérôme Morval, éminent ophtalmologue, est retrouvé assassiné dans la rivière de l'Epte. Deux jeunes policiers enquêtent, l'un de la région, efficace et pragmatique, l'autre spécialiste en peinture et fantaisiste.
Au centre du récit, trois personnages féminins: une fillette surdouée pour la peinture, une belle institutrice, une vieille femme qui voit tout connaît toute la vérité.
Plusieurs lectrices ont aimé ce livre, sélectionné pour le prix Mes-Sou-Thu.

Désolations, de David Vann  (Gallmeister, 2011)
Les enfants ont grandi, le couple bat de l'aile, le mari décide de s'installer sur une île isolée avec sa femme, pas très enthousiaste. Plus la cabane se construit, plus la tension monte... Réflexion sur le couple et le temps qui passe, ce livre enchante aussi par de très belles pages sur l'Alaska. Il est tout aussi fort que Sukkwan Island, même si l'on ne retrouve pas l'aspect de huis-clos morbide du premier roman de David Vann.

Les heures silencieuses, de Gaëlle Josse  (éditions Autrement, 2011)
Delft, 17e siècle. Magdalena, déjà âgée pour l'époque (40 ans ?), écrit son journal et revient sur sa vie, atypique. Les femmes de riches bourgeois se font représenter par les peintres à la mode dans leurs plus beaux atours, mais elle a préféré se faire peindre de dos, à son épinette, et revient sur les sentiments intimes qui guident ce choix. Enfant, elle suivait partout son père armateur, mais le commerce étant réservé aux hommes, elle a dû se contenter d'épouser l'homme qui devient administrateur de la Compagnie et rester au foyer...
Premier roman d'un auteur de poésie, très court, à l'écriture fine et posée, ce livre est un bijou. Gaëlle Josse est invitée au café parlotte du vendredi 6 avril à la librairie Murmure des Mots, pour évoquer son second roman.

La tristesse de l'ange, de Jon Kalman Stefansson  (Gallimard 2011)
Sans s'être donné le mot, Jacqueline et Chantal ont toutes deux apporté les romans de cet auteur nordique, La tristesse de l'ange et Entre ciel et terre (voir critique), tous deux ma-gni-fi-ques, dont elles nous ont lu quelques extraits !
La tristesse de l'ange, ce sont les flocons de neige, l'hiver.
Le gamin, orphelin, élevé par deux dames, lit beaucoup, et fait la lecture à voix haute de poèmes au capitaine aveugle. Lorsque le postier arrive à cheval, il est complètement gelé, et il a besoin du l'aide du gamin pour continuer son chemin et traverser les fjords. S'ensuit un récit de voyage, initiatique, où le petit soutient souvent le grand, et où chaque maison abrite au moins un livre...
A lire et à relire !

Aline et Chantal présentent Le mécanicien des roses (voir critique).
Annie rappelle Le pari des guetteurs de plumes africaines, qu'elle a trouvé à la fois plein d'humour et instructif (voir critique) et d'Acier, évoqué lors du dernier bouillon.
Maryvonne, Sylvie et Catherine ont aussi beaucoup aimé Le Turquetto, de Metin Arditi (voir critique).

24/02/2012

rencontre d'illustrateurs

Avec le prix des Incorruptibles,  deux illustrateurs d’albums sont venus animer des ateliers à la bibliothèque.

 

Anaïs Bernabé,

illustratrice de l’album Tu vois la lune tu vois la lune bernabé.jpga rencontré les quatre classes de CE1.

Anaïs a toujours adoré dessiner, c’était déjà sa passion quand elle était toute petite. En grandissant, elle a fait des études de droit, et puis… elle a changé d’avis et est retournée 4 ans dans une école de dessin très connue, à Lyon (Ecole Emile Cohl). Depuis, elle a travaillé dans une entreprise de jeux vidéo, et fait des dessins de presse, des pages de Bd…

Tu vois la lune est le premier album qu’elle illustre. C’est l’histoire d’une famille africaine qui quitte son village parce qu’il n’y a plus rien à manger et à boire, et émigre dans un pays comme le nôtre. C’est d’abord le texte du livre qui est écrit, et ensuite l’éditeur (celui qui fabrique le livre) cherche quelqu’un pour l’illustrer. bernabé tu vois la lune.jpg

Anaïs n’a jamais discuté avec l’auteur du texte, Agnès de Lestrade, elle l’a illustré comme elle voulait. Elle a décidé toute seule comment elle peindrait l’histoire, et où elle mettrait de la place pour le texte. Elle a fait beaucoup de petits brouillons, puis elle a peint directement en grand (sans dessiner au crayon à papier !) avec de la peinture à l’acrylique. C’est une peinture qui permet de peindre par étapes, en laissant sécher : par exemple tout le fond en bleu nuit, puis par-dessus la lune et ses reflets en blanc, puis un personnage en noir, puis par-dessus sa bouche bien rouge et ses yeux… Nous avons observé ses originaux, qui ressemblent beaucoup à l'illustration de l'album (les copies sont bien faites !).

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Anaïs s’est inspirée de masques africains pour les visages. Elle nous a apporté des modèles, et nous avons à notre tour dessiné des masques de toutes les régions du monde.

Nous étions nombreux à choisir le masque européen, dans le style des masques de Venise. P1010675.JPG

Mais le masque asiatique était super impressionnant aussi, il faisait penser à un masque de catcheur !P1010616.JPG

 

Nous avons colorié aux pastels gras, et peint des détails à la gouache par-dessus. Ensuite, il fallait encore découper et agrafersur une feuille rigide pour faire du relief. C’était du travail, mais le résultat est super beau !!!P1010682.JPG

 

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Jérôme Peyrat,

illustrateur (et un petit peu auteur aussi) de l’album  Camille Bouchon et son cochon a rencontré les quatre classes de CP.

D’abord, il nous a raconté comment il a choisi de faire ce métier. Comme Anaïs, il a toujours beaucoup dessiné, même enfant. Après le baccalauréat, il est allé pendant 4 ans à l’école des Arts Décos de Strasbourg. Ensuite, il a commencé à travailler en faisant toutes sortes de dessins : parfois pour de la publicité, ou pour des journaux. Maintenant, il est assez connu, et a illustré beaucoup d’albums. Il aime bien travailler avec Myriam Picard, qui a écrit l’histoire de Camille Bouchon, et aussi celle de Bob, Bob le zèbre...bob le zèbre.jpg Ensemble, ils changent parfois un peu le texte (pour qu’il soit plus drôle !). Quand l'histoire est finie, il faut imaginer les dessins : Jérôme fait des petits brouillons de toutes les pages, et choisit les meilleurs. Il choisit aussi où il faut laisser de la place pour le texte.

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Puis il fait son dessin original en plusieurs étapes : au crayon à papier sur une feuille rouge, puis à la gouache ; ensuite  il découpe et colle sur une page blanche ; enfin, il rajoute des petits détails découpés dans des magazines, un peu de décors à la peinture si besoin,… P1010710.JPGP1010711.JPG

Pour faire toutes les illustrations d’un livre, il lui faut à peu près un mois en dessinant tous les jours toute la journée.

Il nous a expliqué comment faire des personnages et des animaux facilement  à partir de formes géométriques, et montré ses originaux.   

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A notre tour, nous avons dessiné « à la façon de Jérôme Peyrat », sur des feuilles peintes en rouge, avec les craies grasses. Nous avions apporté des phrases à illustrer. Et voilà le résultat !P1010685.JPG

 

 

Il faudra finir nos dessins à l’école en découpant les personnages et en les collant sur papier blanc, et ce sera encore plus beau !

Le travail sur feuille rouge, c'est le secret de Jérôme Peyrat pour que les couleurs ressortent mieux...P1010689.JPG

19/02/2012

La Mecque-Phuket

La Mecque-Phuket
Saphia Azzedine, éditions L. Scheer, sept 2010

Jeune maghrébine travailleuse et sérieuse, Fairouz aime ses parents "en vrac" et économise sou par sou pour réaliser leur rêve : leur offrir un voyage à La Mecque, afin qu'ils soient enfin Hadj, et mieux considérés dans leur quartier. Elle et sa soeur aînée cumulent les petits jobs pour déposer régulièrement un peu d'argent dans la boîte verte de l'agence de voyage du coin, spécialisée dans les pèlerinages. Non sans lorgner sur l'agence d'en face, qui propose des vacances à Phuket !

Dans une langue énergique et proche de l'oralité, Fairouz/Saphia exprime sa révolte face à une société normative et avilissante : société de consommation qui asservit les gens ; docilité des musulmans face aux diktats de la religion, et de ses parents en particulier face aux exigences des commères du quartier.
Elle s'en veut à elle-même de ne pas savoir s'affranchir de ses obligations de "bonne fille". En même temps, elle refuse les chemins tout tracés, se bat pour ses choix et bouscule son frère pour le sortir de ses petites combines minables. Elle croit aux valeurs de l'éducation et du travail pour lui comme pour sa petite soeur (qui rêve de devenir une star !).

Critique par rapport aux maghrébins, en particulier ceux qui baissent les bras et passent leur temps à cancaner au lieu d'éduquer leurs fils ... elle admire cependant leur capacité à prendre en charge et entourer leurs anciens.

Beaucoup d'humour et de légèreté dans ce roman, au fond pourtant sérieux.
Aline et Françoise ont aimé.

le héron de Guernica

Le héron de Guernica
Antoine Choplin, éd. La Brune, 2011

C'est au travers du regard de Basilio que l'auteur choisit d'aborder la tragédie de Guernica. Alors que les voisins s'occupent plutôt d'évacuation à Bilbao, Basilio exécute de petits travaux dans la ferme voisine, rend visite à son oncle à l'hospice, et rêve de danser avec Célestine au bal...

Jeune peintre passionné, il passe son temps dans les marais à observer et peindre les hérons cendrés. Son obsession ? Rendre sur la toile pas seulement la beauté, mais le frémissement de vie condensé dans l'immobilité de cet oiseau majestueux.
Son héron, il a prévu d'en faire cadeau à Célestina... mais l'arrivée des bombardiers allemands bouleverse tout !

Pourtant, ce n'est pas lui qui rendra compte de la tragédie de Guernica, mais un certain Picasso, qu'il tentera de rencontrer à l'exposition universelle de Paris.
Ce court roman à l'écriture ciselée rend compte de la vie quotidienne de la petite ville espagnole avant le drame, et nous interroge sur la nécessité de l'art.
Aline

Iran

Le mécanicien des roses
Hamid ZIARATI, traduit de l’italien par Marguerite POZZOLI
T. Magnier, 22€

L'auteur nous introduit dans  une famille traditionaliste iranienne, dont l'aîné, Aqbar, est travailleur et appliqué, mais capable de tout pour l'honneur de la famille... bien que lui-même non dénué de défauts ! A la génération suivante, nous suivons Reza et Khodadad, deux cousins, presque frères, qui s'enfuient du village pour échapper à l'emprise de la famille et découvrir la ville.

De son côté, Donya,  jeune fille vendue par ses parents qui ont perdu la fortune familiale, doit travailler durement comme servante. Après des années difficiles, elle est imposée comme femme à Reza, qui prend soin d'elle sans vraiment l'aimer. Car le véritable amour de Reza, c'est la belle Laleh, pauvre fille perdue par sa beauté et vendue comme prostituée.

Enfin, Mahtab, la fille adorée de Reza et Donya, leur « bouton de rose », fait des études de médecine et tombe amoureuse d'un étudiant en droit... mais l'époque des ayatollahs n'est guère favorable aux idylles !

Au fil des chapitres, le lecteur comprend que Reza est le lien entre ces différents personnages, victimes d'une société où les droits des hommes sont bafoués, et ceux des femmes tout simplement inexistants... le plus souvent sous prétexte de religion.

Ce roman, prenant et beau, est traversé par quelques moments de bonheur arrachés à l'adversité, mais globalement très sombre.  Ses personnages nous poursuivent, et en refermant ses pages, on se prend à se réjouir de vivre dans une société où les droits de l'homme et de la femme sont -relativement- respectés !

Lu et aimé par Chantal et Aline.

18/02/2012

Bouillon de prix

Pour le bouillon de janvier, pas de soldes, mais des prix : réunion autour des prix littéraires, appréciés de façon très inégale.

Les plus abordables

Retour à Killybegs, de Sorj Chalandon
(Prix du roman de l'Académie Française)
Coup de coeur parmi les prix littéraires, à la fois très accessible à la lecture, profondément humain et ancré dans l'histoire de l'Irlande. (voir critique)

Du domaine des murmures, de Carole Martinez
(Prix Goncourt des lycéens)
12ème siècle. Esclarmonde, 15 ans, au moment d'être mariée à un voisin peu  recommandable, refuse de dire oui. Elle préfère se consacrer à Dieu et devenir recluse. Emmurée dans une petite chapelle, elle jeûne, prie, conseille ses visiteurs, et demande à son père de partir en Terre Sainte. Considérée comme une sainte, elle suit les croisades par ses visions, et lorsqu'elle met au monde un enfant, le monde crie au Saint Esprit ! Le bébé reste avec elle aussi longtemps qu'il peut encore passer par le fenestron.
Un roman très bien écrit, mystique, dans la lignée des écrits du Moyen-Âge, à la fois bien documenté et très agréable à lire, avec une évolution des personnages intéressante.

Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan
(Prix Renaudot des lycéens, prix du roman Fnac, prix France Télévision)
Belle écriture autobiographique. pour raconter une famille bien compliquée. Enquêtant auprès de ses frères et soeurs, compulsant des documents, l'auteur s'est appliquée à retracer et à comprendre la vie de sa mère, la jolie Lucile, maniaco-dépressive, qui s'est suicidée à l'âge de 61 ans.


Le fils, de Michel Rostain
(Prix Goncourt du premier roman)
Le fils est décédé d'une méningite foudroyante. Ce court roman est le premier récit publié de Michel Rostain, écrit sans doute pour faire son deuil. Il a choisi de prendre son fils pour narrateur de son propre décès, de l'enterrement et de la douleur de ses proches. Très émouvant, avec des respirations d'humour.


Un peu ardus, mais très intéressants


Limonov, d'Emmanuel Carrère
(Prix Renaudot)
Bien écrite, précise, dans un style très dense, cette biographie d'Edouard Savenko retrace aussi l'histoire de la Russie sur un demi siècle et se lit comme un roman d'aventure. Héros ou salaud ? le personnage est aussi effrayant que fascinant. Né en 1943 sous les bombardements, couché dans une caisse à obus, tour à tour mercenaire, poète, clochard, loubard... il a aussi été la coqueluche du monde littéraire parisien. Actuellement, il est le chef du parti néo-bolchevik. Sa maxime : toujours frapper le premier !

L'art français de la guerre, d'Alexis Jenni
(Prix Goncourt)
Victorien Salagnon, issu des classes moyennes éduquées, fils unique et peintre amateur, ancien militaire à la retraite, raconte ses 60 ans de guerres françaises, depuis son engagement dans le maquis en 1939, jusqu'à la guerre du Golfe, en passant par l'Indochine et l'Algérie.
Le début du livre est laborieux, mais l'ensemble est bien documenté et très instructif.

D'acier, de Silvia Avallone
(Prix Lire du meilleur roman étranger, Prix des lecteurs de l'Express)
Piombini, petite ville de Toscane dominée par l'énorme aciérie où travaillent tous les hommes. Deux adolescentes de 14 ans, pleines de vie et d'envie, jouent de leur séduction sans en réaliser les conséquences. Aller nager dans la mer est leur plus grand plaisir, et l'île d'Elbe, à quelques kilomètres de la côte, les fait rêver. Mais cette Toscane industrielle est avant tout un monde d'ouvriers, de chômage, de machisme... et pour ces filles, de rapports difficiles avec le père !

Les couleurs de nos souvenirs, de Michel Pastoureau
(Prix Medicis essai 2010)
L'auteur, médiéviste, se penche sur de nombreux champs d'observation, dont deux qui ont touché Maryvonne et Jacqueline : quels souvenirs gardons-nous des couleurs de notre enfance ? Quelle perception des couleurs dans des cultures différentes (Certaines cultures percevaient peu de nuances, hors le blanc, le noir et le rouge, néanmoins nos codes occidentaux ont été largement diffusés). Passionnant pour les amateurs de mode, de peinture, etc.

Une femme fuyant l'annonce, de David Grosman
(meilleur livre de l'année selon Lire et Prix Medicis étranger)
Ofer, son fils de 20 ans, a fini son service militaire, mais s'est porté volontaire pour une dernière mission au Liban. Ora a le terrible pressentiment qu'il va mourir et quitte Jérusalem pour éviter l'annonce de sa mort. Elle part dans les montagnes de Galilée faire la randonnée qu'elle avait prévue avec son fils, et se fait accompagner d'Avram, l'un des deux hommes qu'elle a aimés. Comme pour conjurer le sort, tous deux évoquent sans cesse le passé, dans un fil décousu, un peu déroutant. Le lecteur ressent la tension perpétuelle qui règne dans l'état d'Israël, toujours encerclé, toujours menacé de destruction, à la merci de la violence.
L'auteur, David Grosman, est un pacifiste engagé. Son fils, Uri, est mort pendant les derniers jours de la guerre du Liban.

Scintillation, de John Burnside
(Prix Lire & Virgin 2011)
Livre atypique, dont le récit assez glauque mais l'écriture splendide. (voir critique)


Zéro pointé pour


Jayne Mansfield, 1967 de Simon Liberati
(Prix Femina 2011)
interminable zoom froid, morbide et détaillé sur l'accident qui a coûté la vie à Jayne Mansfield, et sur ses derniers mois de déchéance, plus monstre de foire que star. (voir critique).


Ce qu'aimer veut dire, de Mathieu Lindon
(Prix Medicis)
ni roman ni intéressant, autour de la drogue, de l'homosexualité, des rapports de l'auteur avec Michel Foucault.

07/02/2012

tout sur le théâtre !

La fabrique à théâtre
Ghislaine Beaudout (metteur en scène) et Claire Franek (illustratrice)
T. Magnier, juin 2011, 18.80 €
fabrique à théâtre.jpeg
Destiné à la jeunesse, mais passionnant aussi pour "les grands", voilà un livre complet sur le théâtre, une vraie mine de renseignements !

Les chapitres principaux présentent de nombreux thèmes :
- l'atelier théâtre, avec échauffements, jeux, improvisations...
- la création d'un spectacle : improvisation ou choix des textes, décors et costumes, mise en scène...
- l'atelier marionnettes, le théâtre d'ombres et le théâtre d'objets ;
- un cahier documentaire sur l'histoire du théâtre et les métiers du théâtre

De plus, ce documentaire offre un sommaire clair, un lexique, une bibliographie et des titres de pièces, des sites, des adresses,...

Chaque chapitre est introduit par des ombres chinoises, et les explications sont illustrées par des dessins colorés et amusants.

Une fois n'est pas coutume, j'ai un vrai coup de coeur pour un documentaire ! Aline

01/02/2012

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