Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/04/2012

Sorcières

Bande dessinée : Héritages

Scénario de Bénédicte Gourdon, ill.ustrations de Stéphanie Hans, Dupuis (collection Sorcières), janvier 2011, 14.50 €, 56 p.

Nina mène une vie presque normale à Bordeaux (avec les mains gantées en permanence, quand même), jusqu’au jour où son fiancé meurt dans un accident de voiture sans qu’elle parvienne à le sauver. En pleine période de deuil et de remise en question, elle fait la connaissance d’une société secrète de magiciens dirigée par sa grand-mère.  Nina, appelée à lui succéder, doit accepter ses mains magiques de guérisseuse, héritage de ses deux grands-mères, et apprendre à  gérer son don. Cependant d’autres forces sont en jeu : sa mère folle, ayant refusé l’héritage, une autre candidate à la succession…

La grande force de cette bande-dessinée est son dessin, au trait appuyé et à la coloration puissante. Les personnages féminins sont superbes, la ville de Bordeaux bien représentée, par contre, les hommes  ne sont parfois guère plus que des ombres. Le scénario est moins abouti, le lecteur reste un peu sur sa faim car de nombreuses questions restent en suspens.

Bd très esthétique, plaisir de lecture, mais au scénario incomplet si c’est un one shot comme le reste de la collection sorcières.

Aline

 

24/04/2012

Nos amis

Blogs ou sites amis :

Photos des manifestations à Soucieu en Jarrest sur le site de la Mairie.

Auteurs-illustrateurs sympas

Anaïs Bernabé a animé un atelier "masques" avec les élèves de CE1, à partir de l'album Tu vois la lune

Jérôme Peyrat a expliqué la création d'un album (Camille Bouchon et son cochon), et fait expérimenter sa technique de dessin aux enfants de CP.

Quentin Lacoste a partagé avec nous ses carnets de voyage http://www.dejant-kreation.com/blog.php

Véronique Massenot est venue à Soucieu en 2006 http://massenot.chez-alice.fr/index.html

Antonia Neyrins, créatrice d'envies et spécialiste des carnets de voyages http://pagesperso-orange.fr/antonia.neyrins/

Béatrice Mollichon, animatrice d'ateliers d'éveil artistique, http://beatricemollichon.fr/atelier.php qui a animé pour nous un passionnant atelier "carnet de voyage à la bibliothèque".

Site de critiques de livres :

Par Ismène, bénévole à la bibliothèque : http://leventdanslessteppes.blogspot.fr/

Tenu par une copine bibliothécaire qui lit comme elle respire : http://lagouluelitteraire.6mablog.com/

Site de critiques de livres Jeunesse : http://marmitalire.free.fr/

Librairie Murmure des Mots : notre fournisseur préféré et principal

Chanson française : "La bibliothèque", notre chanson fétiche, paroles et musiques de Philippe et Frédéric Bobin, chantée par Frédéric Bobin http://fredericbobin.free.fr/ et Noah Lagoutte http://www.noahlagoutte.com/

14:55 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0)

16/04/2012

Les derniers flamants de Bombay

Les derniers flamants de Bombay
Siddarth Dhanvant SHANGHVI
Editions des 2 terres, 2010, 468 p.

Karan Seth, jeune photographe doué, se passionne pour Bombay, et en fait des clichés d'une réelle profondeur. Sa profession l'amène à rencontrer des personnes hors du commun : Zaïra, star de Bollywood, sensible, sensuelle et intelligente, qui aime  Samar, prodigieux pianiste et dandy homosexuel... qui est lui-même amoureux de Léo l'écrivain américain. Fascinée par le talent de Karan et sa foi en l'humanité et en son art, ainsi que par sa ressemblance avec son cher mari, Rhéa l'artiste potière entame une relation amoureuse avec lui.

La mort brutale de Zaïra, assassinée à bout portant dans un nightclub devant 200 témoins par un détraqué, mine complètement la vie de ceux qui l'aimaient. Le forcené, fils de ministre, est protégé par son père qui recourt à toutes les ficelles (pots-de-vin, menaces, meurtres...) pour faire bénéficier son fils d'un non-lieu. Karan et Samar en sont anéantis

Art, amour, amitié... et corruption à Bombay, avec, en toile de fond, les années sida, de 1990 à 2005. L'auteur s'inspire d'un fait divers réel (procès outrageusement corrompu) pour en faire le coeur d'un roman dont on comprend que la première partie n'était finalement qu'une manière d'introduction.. Ses personnages sont attachants, et le lecteur, bien que n'ayant pas grand'chose en commun avec la jeunesse dorée-pourrie de Bombay, se laisse prendre au récit !

Aline

Mother India

Mother India
Manil Suri, Albin Michel, 2009, 508 p.

Manil Suri, né et élevé en Inde, est professeur de mathématiques dans une université américaine.

1955, la jeune république indienne a 5 ans. Mira, 17 ans, attache peu d'importance aux projets de son père pour elle : profondément laïc et progressiste, il tient à ce que ses filles étudient et aient une profession. Roopa, la soeur aînée de Mira, la première et la favorite en tout, sort avec le charmant Dev, dont le rêve est de devenir chanteur à Bollywood. Mira manigance si bien pour le lui ravir qu'elle se retrouve contrainte de l'épouser. Son destin sera la conséquence de ce coup de tête.

Tiraillée entre un père dirigiste et sa belle famille aux idées politiques opposées, entre son désir d'enfant et l'injonction paternelle d'avorter pour donner la priorité à ses études, elle finit par céder, et passe une dizaine d'années à s'aigrir dans sa vie de couple. A la naissance de son fils Ashran, elle lui voue un amour exclusif et totalement démesuré.

L'intrigue, un peu longue, se développe sur fond de chocs culturels et religieux, d'intolérance (surtout chez les hommes), depuis l'Indépendance jusqu'à la modernisation de l'Inde contemporaine. L'auteur n'aborde pas le sujet des castes, par contre il évoque la partition de l'Inde, la cohabitation difficile de religions et de rites différents, le ressentiment entre hindous et musulmans, la dévotion des femmes envers leur mari,...

C'est Mira la narratrice -bien que l'auteur soit un homme- et je n'ai pas été persuadée par son évocation du monde féminin. Ou bien tout simplement ai-je été gênée parce que ce personnage central, n'est au fond pas très sympathique. Sa relation physique avec son fils, longuement évoquée, et sa jalousie maladive, sont troublantes. Néanmoins le roman se lit avec plaisir, et il est intéressant pour son ambiance générale et son message de tolérance.

Aline

15/04/2012

Un année chez les français

Une année chez les français
Fouad Laraoui, Julliard, 2010

Maroc, 1969. Le week-end de la rentrée des classes, le petit Mehdi est déposé avec sa petite valise (au trousseau incomplet) et deux paons à la conciergerie du lycée français de Casablanca. Son instituteur lui a obtenu une bourse au mérite, et un oncle-colporteur l'a déposé là, sans explication.

Très intelligent et féru de littérature française, il est en complet décalage avec ce qui l'entoure, et se laisse volontiers embarquer par son imagination. Auprès des marocains, il ne comprend rien aux dialectes, avec les français, il comprend bien les mots, mais pas toujours ce qu'ils recouvrent. Le vocabulaire fleuri des pions, leurs envolées lyriques ou ironiques lui sont complètement hermétiques ! Cette arrivée en pension, pour lui, c'est comme débarquer sur la lune... d'ailleurs, n'ayant pas la télé, en provenance directe de son bled de l'Atlas, il n'est même pas au courant que les hommes ont marché sur la lune il y a peu !

Le roman relate avec humour la première année d'internat du jeune boursier et son adaptation. J'ai apprécié ce décalage entre deux monde, évoqué avec légèreté. Par contre, le récit ne donne pas toujours de réponse aux questions qu'il soulève, et les relations familiales restent peu claires : le père est-il parti ?

Aline

14/04/2012

Bouillon de théâtre, mars 2012

Théâtre à Soucieu

En mars, nous étions en phase avec le Festival de Théâtre organisé à Soucieu-en-Jarrest par la compagnie des Pêchers Mignons, puisque notre "Bouillon" portait sur le théâtre.

Certaines oeuvres, dont des pièces classiques abordées à l'école, sont difficiles d'accès : un bon moyen de dégoûter les jeunes de lire ! Aussi plusieurs d'entre nous avaient-ils de mauvais souvenirs du théâtre... Pour ce Bouillon de théâtre, nous étions certes moins nombreux que pour des thématiques autour des romans, mais nous avons fait de belles découvertes (par ordre de parution) :

Anton Tchekhov (1860-1904)
Une demande en mariage (1888)
Pièce en un acte, à l'intrigue assez simple : Lomov vient demander Natalia en mariage. Le père est enthousiaste et va chercher sa fille. Mais la discussion dégénère en dispute rangée, car tous trois sont de terribles querelleurs.

Tennessee Williams (1911-1983)
Un tramway nommé désir (1947, prix Pulitzer en 1948)
A La Nouvelle Orléans, Stella est heureuse en ménage avec Stanley, ouvrier d'origine polonaise, bien qu'elle soit d'origine un peu plus fortunée. Sa soeur Blanche Dubois, leur rend visite pour quelques jours, s'étonne de la vie frustre du couple... mais s'incruste. Elle ment, fabule, cache sa vie de prostituée, tandis que Stan essaie de comprendre, faisant à l'occasion preuve de violence. Cette pièce a été jouée, entre autres interprètes prestigieux, par Marlon Brando et Viviane Leigh.

Arthur Miller (1915-2005)
Arthur Miller a travaillé plusieurs années pour pouvoir payer ses études de journalisme et de théâtre à l'université. Il est également l'auteur des Sorcières de Salem.
Mort d'un commis voyageur (1949) Cette tragédie d'un héros ordinaire met en scène Willy Loman (Low-man). Lui et sa femme Linda ont deux fils, adultes, qui n'ont pas réussi grand chose pour l'instant. Lassé de son travail, épuisé par sa situation, Willy a besoin de gagner encore un peu d'argent avant sa retraite. Faute de résultat, il est licencié. Il finit par se suicider en espérant que l'argent de l'assurance-vie aidera sa famille à prendre un nouveau départ.

Fernando Arrabal (1932-   )
Né au Maroc espagnol, Fernando Arrabal  connait peu son père, arrêté au début du soulèvement de la guerre d'Afrique en 1936. Il grandit à Madrid puis émigre en France. Pleines  de violence, ses pièces sont considérées comme une catharsis pour les acteurs, et assez répétitives.
Pique-nique en campagne (1952) est sa première oeuvre : un couple rejoint son fils pour pique-niquer, alors que celui-ci est sur un champ de bataille.

Vaclav Havel (1936-2011)
Dissident actif après l'occupation de la Tchécoslovaquie par les soviétiques, emprisonné plusieurs fois pour ses écrits politiques, il est une des figures de proue de la "révolution de velours" qui met un terme au régime communiste, et devient président de 1989 à 2003.
La fête en plein air (1963) Dans la mouvance du théâtre de l'absurde, La fête en plein air semble au premier abord illisible et sans queue ni tête. Inspiré par Beckett, Jarry (Ubu roi) et Kafka, Havel ironise dans un pseudo jargon bureaucratique sur une période où il faut obéir à tout prix même si on n'a rien compris...

René de Obaldia (1918-   )
Souvent plus connu pour ses poésies, René de Obaldia a aussi écrit de nombreuses pièces de théâtre, pleines d'humour et de cynisme.
La babysitter (1971)
Un couple attend la babysitter pour sortir dîner chez des amis. Comme elle tarde, la tension monte, et les griefs ressortent. Lorsqu'on sonne, c'est une illuminée qui vient leur apporter la Bonne Nouvelle...

Jean Anouilh (1910-1987)
Thomas More ou l'homme libre (1987)
Jean Anouilh a publié plusieurs drames mettant en avant des personnages qui vont jusqu'au bout de leurs convictions : Jeanne d'Arc (dans L'Alouette), Thomas Becket, Thomas More,... Thomas More ou l'homme libre est sa dernière pièce publiée. Thomas More a réellement existé. Chancelier et ami du roi Henri VIII, il s'est opposé au divorce de celui ci. Seul parmi l'entourage du roi à refuser de prêter serment après la constitution de l'église d'Angleterre, il a perdu la tête pour avoir refusé de la courber.
    LE ROI
Un seul homme, il suffit d'un seul homme. Et même si je lui fais son procès et qu'on lui coupe la tête, il m'aura éternellement dit non ! (Il crie :) Mais qu'est-ce que c'est, à la fin, que cette puissance sans armes, qui se dresse seule, contre tout ?
    ANNE, doucement
L'orgueil des justes.
    LE ROI
Il n'y a pas de place pour deux orgueils en Angleterre. Et Dieu voulu que ce soit moi le Roi.

Yasmina Reza (1959-   )
Art (1994)
Interprétée pour la première fois par Fabrice Luchini, Pierre Arditi et Pierre Vaneck, cette pièce a reçu de nombreux prix.
Serge vient d'acheter un tableau, blanc "un peu sombre". Trois bons amis discutent et se déchirent autour de ce tableau, de l'art contemporain, et bien au-delà. Les relations entre les trois personnages sont évoquées tout en nuances.
Le Dieu du carnage (2007).
Deux couples se retrouvent pour régler à l'amiable les conséquences d'une bagarre entre fistons. Peu à peu, on glisse de propos très policés et convenus vers un affrontement plus ou moins feutré, et les failles des 4 personnages se révèlent. Courte pièce à l'humour grinçant... dont le contenu est hélas complètement dévoilé par la bande annonce du film Carnage (adaptation cinéma par Polanski en 2011), ce qui nuit à l'effet de surprise !

Eric-Emmanuel Schmitt (1960-   )
Golden Joe (1995)
Golden Joe est à la tête d'un empire financier de la City londonnienne, posséder est son unique préoccupation. Après la mort de son père, le fantôme de celui-ci lui apparaît dans la salle des transactions, ce qui l'oblige à réfléchir à ses choix, le pousse à plus d'humanité. Tant qu'il se trouve dans son monde de l'argent, inodore, il ne sent rien. Lorsqu'il s'humanise, qu'il apprend à utiliser l'argent autrement, il découvre les odeurs et les sentiments. Hélas, Joe est encore plus nuisible dans la charité que dans la cupidité... le capitalisme, même malade, survit à tous les coups.
Considérée par l'auteur comme sa seule pièce pessimiste, Golden Joe fourmille de références à Hamlet.
La nuit de Valognes (1991)
Plusieurs anciennes conquêtes de Dom Juan sont réunies pour lui intenter un procès privé : faute d'épouser la nièce de la Duchesse, sa dernière conquête, il sera banni. Toutes ces dames, tout en l'accusant, sont toujours sous le charme du conquérant, qui semble pourtant avoir perdu sa superbe et accepte volontiers ce mariage, tombant ainsi de son piédestal. C'est qu'une flèche bien imprévue l'a touché au coeur !

Wadji Mouawad (1968-   )
Willy Protagoras enfermé dans les toilettes (2004)
Courte et très crue, cette pièce est une tragédie rocambolesque autour des impératifs absolus de la liberté : « Un type s’enferme dans les chiottes et fait chier tout le monde. » Voila brutalement résumé par Mouawad lui-même le propos de cette pièce. Pour échapper à sa famille pesante, à ses voisins envahissants qui ont pris possession de l’appartement familial, Willy Protagoras s’enferme dans les toilettes...

05/04/2012

Une simple affaire de famille

Une simple affaire de famille
Rohinton Mistry
Albin Michel (les grandes traductions), 2004

Portrait pittoresque et doux amer d'une famille parsie de Bombay, dans sa lutte pour la survie quotidienne.
Atteint de la maladie de Parkinson, Naruman devient un poids pour ses enfants. Il vit avec Jal et Coomy, ses beaux-enfants célibataires, dans le grand appartement qu'il a fait mettre à leur nom. L'animosité de Coomy envers ce beau-père, qui a épousé sa mère par obligation et ne l'a jamais rendue heureuse, se réveille lorsque la condition de Naruman se détériore. Elle manœuvre pour s'en débarrasser en le confiant à Roxana la plus jeune sœur.

Naruman se retrouve donc à l'étroit dans le petit appartement de Roxana et Yezad. Leur famille est joyeuse et affectueuse, Roxana soigne son père avec dévouement et les jeunes garçons, sensibles, font tout pour aider leurs parents. Tout irait bien sans le manque de place et d'argent, que Yezad ne supporte pas. Hélas, lorsque ces difficultés matérielles sont enfin résolues, Yezad s'est aigri et, de joyeux athée, s'est peu à peu transformé en bigot traditionaliste parsi.

Les personnages, un peu naïfs et injustement malmenés par la vie, sont traités avec tendresse par l'auteur, et les thèmes développés sont multiples : relations entre les générations, entraide ou repli sur soi-même, vieillesse et décrépitude, religion et fanatisme, Bombay la surpeuplée...
Aline