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28/05/2012

La dernière conquête du major

La dernière conquête du Major Pettigrew
Helen SIMONSON, éd. NiL, 2012

Le Major Pettigrew, parfait gentleman retiré dans son cottage familial de la campagne anglaise, perpétue les traditions de golf, chasse, etc. qui correspondent à son rang. Il coule des jours paisibles mais trop solitaires depuis la mort de sa chère épouse Nancy.
Très éprouvé au moment du décès de son frère Bertie, il est soutenu avec tact et gentillesse par madame Ali, l'épicière du village -d'origine pakistanaise- pour laquelle il ne tarde pas à éprouver de tendres sentiments. La communauté villageoise, comme la famille traditionaliste de madame Ali, réprouve leur relation naissante.
Et ce n'est pas Roger, fils unique du Major, ambitieux et avide, qui risque de lui venir en aide !
Ce roman très agréable à lire, quoique un peu long, est une leçon de tolérance dans un univers "so british" plein de charme. Les caractères sont plus nuancés qu'on ne l'imagine au premier abord.

Aline

les séparées

Les séparées
Kéthévane DAVRICHEWY, éd. S.Wespieser, 2012

Quand s'ouvre le roman, le 10 mai 1981, une partie de la France exulte, l'autre partie panique en voyant se dessiner le visage de François Mitterrand sur les écrans de télévision...
Cécile et Alice ont 16 ans, et proviennent de familles que tout oppose. Pourtant elles ont derrière elles des années d'une amitié fusionnelle, et autant à venir. Etudes, voyages, époux et enfants ne les sépareront pas ! Et pourtant, 30 ans plus tard, elles sont "séparées". Pourquoi ? Malentendus, secrets, jalousie ?...

Dans ce roman à deux voix, écrit avec finesse, les deux femmes sont plongées dans leurs réflexions et leurs souvenirs. L'une sous le choc de la séparation d'avec son mari, l'autre immobile et silencieuse sur son lit d'hôpital.
Aline

08/05/2012

Peur express

Peur express
Jo Witek. - Actes sud Junior (romans ado, thriller), 2012

Ce thriller, un vrai page turner, se déroule en deux parties.
Un TGV est bloqué pendant plusieurs heures sur un viaduc, en plein tempête de neige. Dans l'une des rames, les ennuis techniques s'accumulent (plus de lumière, de chauffage, plus d'eau,...) et les phénomènes incompréhensibles se multiplient. Sept jeunes passagers, d'origines diverses et ne se connaissant pas, "déraillent" : Waafa, en pleine crise de spasmophilie, est visitée par le fantôme de son père qui lui demande de réagir et de ne pas se tromper d'ennemi, puis "voit" dans le train celui qui lui a fait du mal. Virgil, victime de TOC, agresse les passagers afin d'obtenir de l'eau pour se laver les mains. Indie est ébranlée à la vue d'un personnage à la beauté froide extraordinaire, venu séduire Nyoko, et qui la jette dehors dans le froid. Un petit garçon l'a vu lui aussi, et le dessine. Un ancien nazi s'en prend au jeune juif Zimri... Dylan agresse celui qu'il prend pour un serial killer... Bref les catastrophes menacent, on navigue entre le réel et le paranormal, mais le courage de certains ainsi que le bon sens et la gentillesse des agents de la SNCF vont limiter les dégâts.


Dans la 2e partie du livre, les protagonistes tentent de comprendre ce qui a pu se passer, les explications rationnelles choisies par la police ne suffisant pas à tout expliquer. Ils enquêtent ensemble, et sont aidés par un scientifique qui travaille sur les phénomènes inexpliqués...


Un récit fantastique haletant, de qualité, pour grands ados.

Aline

06/05/2012

Un homme meilleur

Un homme meilleur, d'Anita NAIR

Editions P.Picquier, 2003 (traduit de l'anglais, Inde)

Bhasi, peintre en bâtiment -surnommé Bhasi le timbré- est aussi guérisseur à ses heures. Passionné de plantes médicinales qu’il fait pousser dans son jardin ou va récolter dans la jungle, il a appris empiriquement à soigner les cas désespérés.

Pour autant, comme il n’est ni riche, ni né au village, son statut à Kaikurussi n’est pas  formidable. Il n’est pas non plus le héros du roman, mais celui qui, par ses soins et son amitié, va initier la transformation du personnage principal : Mukundan.

Mukundan, après une vie de fonctionnaire méticuleux et honnête à la ville, revient s’enterrer dans son village natal. Très marqué par l’ombre autoritaire et brutale de son père, Achutan Nair, il est resté célibataire et se retrouve très seul à la retraite. Littéralement hanté par le souvenir de sa mère martyrisée par son terrible époux, il se terre dans un coin de la grande maison familiale.

Récit de son évolution, influencée par Bhasi et par d’autres rencontres, le roman est aussi une chronique du bourg, une description des courants souterrains d’influence qui y circulent, et un portrait pittoresque de ses habitants : Kamban le postier, Krishnan le serviteur dévoué, Shankar le tenancier du débit de boissons, quelques fonctionnaires paresseux et véreux, Ramakrishnan de Fort Manoir le parvenu… et des femmes dont les choix semblent bien limités par le bon vouloir des hommes.

Au bout du compte, Mukundan parviendra-t-il à devenir « un homme meilleur » ?

Aline

05/05/2012

La maison des parents

Mon Vaisseau Te Mènera Jeudi Sur Un Nuage
Marcus Malte. - Syros, 2011. - (Tempo)

Récit court et poignant, en 8 chapitres courts, comme autant de planètes du système solaire, évoquées dans le titre (moyen mnémotechnique de retenir l'ordre des planètes).
Le narrateur est un jeune garçon dont la famille emménage dans la "Maison des Parents" pour être près de sa petite sœur Justine, hospitalisée en oncologie.

Chaque chapitre commence par un descriptif de planète en italique, puis on entre dans le quotidien d'une famille happée par la maladie, les visites à l'hôpital, la vie et les rencontres dans la maison des parents. Le narrateur semble se protéger de la réalité en s'évadant dans sa passion des planètes et en restant un peu bébé. Sa rencontre avec d'autres habitants de la Maison lui permet d'évoluer, et les discussions avec la jeune Alexia d'en apprendre beaucoup sur les hôpitaux, la maladie, la rémission... (ou pas !)

Aline

Arrête de mourir

Arrête de mourir
Irène Cohen-Janca. - Actes Sud Junior, 2011. - (d'une seule voix)

Samuel est amoureux, et ne souhaite qu'une seule chose, continuer à profiter de ses 17 ans et de sa copine. (J'ai particulièrement aimé la façon extrêmement poétique dont l'auteur raconte comment Samuel l'a séduite...)

Mais voilà, sa mère fiche tout par terre, avec son attitude bizarre, ses post-it de plus en plus nombreux et ses oublis qui se multiplient. Ce court roman est un choc, un cri de douleur de ce garçon qui perd sa mère au fur et à mesure qu'Alzheimer progresse, et à qui sa vie semble échapper. Ses sentiments de frustration et de perte devant la l'évolution de sa maman ont fait écho en moi.

Malgré le sujet poignant, ce roman est splendide !

Aline

02/05/2012

Coups de coeur 2011 de l'équipe

En désordre et pour le plaisir, les coups de coeur de l'équipe en 2011

Jacqueline
Le lièvre de Vatanen
d'Arto Paasilinna

Chantal
La double vie d'Anna Song
de Minh Tran Huy

Marie-Claire
Room
Emma Donoghue

Florence
Très chère Sadie
Sophie Kinsella

Annie
Le pari des guetteurs de plumes africaines
Nicholas Drayson

Anne-Sophie
Arithmétique appliquée et impertinente
Jean-Louis Fournier

Nicole
La fille de papier
Guillaume Musso

Dominique
Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants
Mathias Enard

Jean-François
Purge
Sofi Oksanen

Martine
La maison des Houches
Gilbert Bordes

Marie-France
Le cadeau d'Hannah
Maria Housden

Marie-Josée
Une bonne épouse indienne
Anne Cherian

Aline
Moi
Sabina Berman





Je reviendrai avec la pluie

je voulais écrire quelques lignes sur "Je reviendrai avec la pluie" de Takuji ICHIKAWA .... mais ce serait attrister le blog.

Si Mark Lévy est nippon, je l'ai rencontré... et ma foi.... c'est juste imprégné d'un peu de tradition japonaise ... où de l'idée que j'en ai maintenant.  On ne badine  pas avec la vie conjugale, ni avec l'éducation des rejetons, ni avec l'hygiène. On apprend au passage le nom des fleurs locales.  De la poésie... disait... l'éditeur?

Voilà, j'ai fait ma méchante !

Sylvie

Quelqu'un d'autre a eu un avis différent ?

12:14 Publié dans Zut ! | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2012

Bouillon indien

Bouillon d'Inde

Encore une fois, nous partons à la découverte d'un pays à travers ses écrivains. Ce jeudi 19 avril, c'est l'Inde que nous explorons.

Rasipuram Krishnaswami NARAYAN (1907-2001)
Né à Madras, R. K. Narayan est considéré comme l'une des voix majeures de la littérature indienne. Il a débuté dans le journalisme et a publié son premier roman en 1935 à l'age de 29 ans. En France, tous ses livres étaient devenus indisponibles. et sont réédités par les éditions Zulma.

Le guide et la danseuse
(première traduction en France, 1958, réed. Zulma)
Fresque de l'Inde quotidienne, dans une ville imaginaire, fluide et très bien écrite.
Raju a repris le commerce de son père, qui était épicier près d'une gare. Au gré des rencontres et du rôle que les autres lui attribuent, Raju devient guide, puis amant de la femme d'un archéologue, puis impresario de cette belle éprise de danse... Il profite de toutes les occasions pour changer de vie, vend les bijoux de la danseuse, est envoyé en prison, où il se trouve bien. A sa sortie, dans le dénuement, il est pris pour un guide spirituel...


Amitav GHOSH
Né en 1956 à Calcutta, il a grandi au Bengladesh, au Sri Lanka et en Inde. Il a étudié à Delhi et Oxford, puis enseigné la littérature dans plusieurs universités américaines et indiennes. Ses romans font l'unanimité dans notre groupe : grandes fresques passionnantes et instructives, ils mettent en scène de nombreux personnages et permettent de voyager dans l'histoire de l'Inde et des pays bordant le golfe du Bengale et l'Océan Indien.

Le palais des miroirs (2002)
Prodigieuse saga où le sort des individus est lié à celui des nations en périodes troublées, Birmanie, Malaisie et Inde, sur trois générations (de 1885 à 2000).
A la fin du 19ème siècle, la Birmanie est envahie par les anglais. Le palais de Mandalay est vidé de ses souverains, envoyés en exil en Inde en 1885 dans une résidence sous surveillance anglaise. Rajkumar, jeune orphelin indien, s'attache à Dolly, une des suivantes de la princesse. C'est lui le personnage qui fait le lien dans ce livre, lien familial et lien géographique par ses multiples allées et venues entre Inde et Birmanie. Plein de ressources et d'ambition, il sait profiter des opportunités qui croisent son chemin. Il travaille dans le commerce du tek, monte sa propre entreprise en Birmanie, où il fait venir des travailleurs pauvres d'Inde, s'enrichit, fonde une famille... Mais il essuie aussi de graves revers au moment où les japonais envahissent à leur tour la Birmanie en 1942.
En toile de fond, l'auteur évoque l'histoire de ces régions : la colonisation, les rapports avec les anglais, envahisseurs sans scrupules, mais qui apportent aussi des éléments positifs, le combat pour l'indépendance de l'Inde et la seconde guerre mondiale.

Le pays des marées (2006)
Les faits : au cœur du delta du Gange, peu de gens s’aventurent dans les "îles du silence". Terrifiés par les tigres mangeurs d’homme, les crocodiles et les serpents, les oubliés de l’archipel des Sundarbans y survivent pourtant, malgré la montée des eaux, une mousson violente, et des conditions alimentaires et sanitaires très précaires (cf description de l'Unesco et site du film "Sundarbans, les îles du silence").
Très belle fresque de cette région du Bengale, le roman fait se croiser les destinn d'un homme d'affaires sophistiqué de Calcutta, d'une scientifique d'origine indienne qui étudie les dauphins, et d'un pêcheur illettré dans l'archipel des Sundarbans, le "pays des marées", des mangroves et de la boue. L'auteur introduit les histoires et mythes de cette région d'Inde, avec son bon génie Bon Bibi et son démon-tigre.

Un océan de pavot (2010)
Ce premier volet de la trilogie de l'Ibis se situe principalement dans le nord de l'Inde, de Bénares à Calcutta, en1838. Les Anglais règnent en maîtres. Ils ont imposé dans les campagnes indiennes la culture du pavot -dont ils fixent eux-même le cours- au détriment des cultures vivrières, ce qui réduit les paysans à une extrême misère. Brutes et profiteurs sont présents à tous les niveaux, et l'extrême mépris des anglais pour les peuples colonisés, qu'il s'agisse des indiens ou des chinois, est frappant !!!
Amitav Ghosh se penche avec humanité sur le destin de nombreux personnages réunis par le destin à bord de l'Ibis, ancienne goélette de transport d'esclaves réaménagée (si peu !) pour convoyer des déportés et des travailleurs indiens "volontaires" à destination de l'Ile Maurice, autre colonie anglaise en mal de main d'oeuvre. (voir  critique complète du 02/11/2010).


Anita cherche mari
Anita JAIN
Anita, jeune femme d'origine indienne, est journaliste et vit à New-York. Elle a tout réussi... ou presque, puisqu'il n'y a aucun homme stable dans sa vie. Ses parents la poussent à essayer un mariage arrangé en Inde.
Mais lorsqu'elle s'installe à New Delhi, ville cosmopolite qui évolue à toute allure, l'attitude des hommes n'est pas si différente de celle des américains...
Roman très tonique et contemporain, plein d'humour.



Meurtre dans un jardin anglais
Vikas SWARUP
Roman policier, façon Cluedo indien.
Un milliardaire indien est assassiné le jour où il donne une garden party. La victime est un "pourri", qui venait d'être acquitté dans un procès corrompu.
La propriété est fermée pour les besoins de l'enquête, et six personnes sont arrêtées, car elles se trouvent en possession d'une arme. Le livre se décompose en plusieurs parties, une par suspect : l'américain crédule, la star de Bollywood, le jeune garçon des rues, le père du milliardaire (encore plus véreux que lui !).

Du même auteur, nous avons aussi aimé (enfin, sauf Jacky, pas très amateur de littérature indienne) "Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire" (à l'origine du film Slumdog millionnaire).


Dans les rues de Bombay (2007)
Meher PESTONJI
Après avoir fui sa famille, Rahul devient enfant des rues à Bombay. Il vit dans la gare, de petit commerce (réserver des places de train). Lorsqu'il trouve un bébé abandonné, il se sent investi d'une grande responsabilité. Il le confie aux services de l'enfance et continue à aller le voir. Mais Rahul est confronté aux misères de la rue : drogue, tourisme sexuel... dans une sordide descente aux enfers. Il reçoit l'aide des services de l'enfance, qui sont néanmoins toujours respectueux de ses choix, même lorsque ceux-ci sont mauvais.
Ce roman, facile à lire mais assez noir, est tiré de l'expérience de l'auteur, qui milite pour améliorer le sort des enfants des rues et des prostitués.


Voir aussi les billets récents sur les romans fleuves de Manil Suri (Mother India), Rohinton Mistry (une simple affaire de famille), Siddareth Dhavant Shanghvi (les derniers flamants de Bombay).

Avec ces quelques romans indiens, nous avons à peine effleuré le sujet. En raison de la longueur de ses ouvrages, nous n'avons pas eu le temps de lire Vikram Seth, auteur majeur. D'autres romans à découvrir sont présentés dans le blog  "Couleur indienne".

Les auteurs de la diaspora indienne sont aussi très intéressant, par leur aspect multiculturel, leurs récits d'adaptation au pays d'accueil tout en gardant des relations avec leur culture ou leur pays d'origine : voir Chitra Banerjee DIVAKARUNI (Inde - Etats-Unis), Monika ALI (Bangladesh - Angleterre)...