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27/09/2012

Ce qu'ils n'ont pas su nous prendre

Ce qu'ils n'ont pas su nous prendre

Ruta Sepetys

Gallimard (Scripto), octobre 2011,14€

Récit émouvant sur des déportations d'opposants au régime et d'intellectuels de Lituanie après l'annexion des pays Baltes par Staline en 1940.

Lina est une  jeune Lituanienne douée pour le dessin, fascinée en particulier par les peintures de Munch, qui s'apprête à rentrer dans une école d'art. Son père est recteur à l'université. Une nuit de juin 1941, sa famille est raflée par le NKVD et déportée, dans des conditions épouvantables qui rappellent les récits de déportation de la shoah. Après la séparation d'avec leur père et un terrible voyage en wagon à bestiaux, ils doivent lutter pour leur survie dans un camp de travail de l'Altaï. Un certaine solidarité se manifeste entre déportés.

Le roman, inspiré de témoignages de déportés, a des accents de vérité, dans les récits de petites débrouilles pour récupérer une betterave, une patate ou un morceau de bois, pour faire passer des messages dans l'espoir qu'ils parviendront à leur famille. Les dessins de Lina jouent le rôle de lien -des petits cailloux semés dans l'espoir que son père les trouvera- de témoignage, et de gagne-pain aussi à l'occasion.

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Le titre français, beaucoup plus porteur d'espoir que le titre anglais, laisse entrevoir ce que les déportés réussissent pour certains à conserver : l'amour, l'humour, la soif de liberté et de beauté.

26/09/2012

Dégringolade dans l'enfer des cartons

Cartons, de Pascal Garnierattente

Zulma, roman posthume publié en 2012

Brice quitte son appartement lyonnais pour emménager dans une grande bâtisse, dont nous saurons seulement qu'elle est située dans un bourg en bordure de nationale, et possède un garage en rez-de chaussée. Après l'efficacité redoutable des Déménageurs Bretons Brice se retrouve seul, confronté à la masse des cartons et accablé par l'ampleur du déballage et des installations qu'il lui reste à faire…

Dans l'attente de nouvelles, de plus en plus improbables, de sa femme Emma, il se laisse aller à une vie cotonneuse entre les piles de cartons du garage, ajoutant encore au désordre chaque fois qu'il recherche un objet. Seule Blanche, une voisine à qui il rappelle son père, lui rend visite et s'impose à lui… ne faisant qu'ajouter à son désarroi !

Un grand coup de cœur de Sylvie (Thurins), pour  l'écriture ciselée de ce roman ! Lire aussi, du même auteur, Lune captive dans un oeil mort (coup de coeur de Dominique en septembre 2011).

Le corail de Darwin

Le Corail de Darwin 

Brigitte ALLEGRE

Actes Sud (Un endroit où aller), 2012, 23.50 €

Par besoin de prendre du recul, besoin de nouveauté,… Livia la Romaine et Vigdis l'Islandaise décident de faire un échange de maison pour les vacances. Mais cet échange ne tourne pas du tout comme espéré. Entre les inondations à Rome et le réveil du volcan voisin de Hurdaskellir, leur vies subiront des changements plus radicaux que prévu. Leur récit est entrecoupé de fragments de vie rédigés par Tancredi, le père de Livia, qui n'a plus toute sa tête et pourtant lui livre des informations troublantes sur son passé.

Beaucoup de finesse dans l'écriture. Le roman contient de nombreuses références aux carnets d'Hubert Nyssen (auteur, fondateur des éditions Actes Sud, et décédé en novembre 2011). Les carnets de Darwin sont également cités à plusieurs reprises, dans sa découverte d'îlots "vierges", et constituent un lien entre les personnages qui les lisent : Livia, Gabriele, Vigdis. Le titre du roman en est directement inspiré :

"The tree of life 
should perhaps be called the coral of life"

 Aline

23/09/2012

Cuisine tatare et descendance

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Alina Bronsky, traduit de l'allemand par Isabelle Liber, Actes Sud, 2012, 23.40 €

Rosalinda nous fait partager sa façon d'affronter la misère omniprésente en URSS dans les années 1980 : pénuries, corruption, appartements collectifs,... Lorsque sa fille tombe enceinte, elle donne à sa petite-fille le nom de son ancêtre tatare Aminat, et prend à bras-le-corps  son rôle de grand-mère. Orgueilleuse et manipulatrice, elle régente toute la famille, et fait subir à tous d'insolites épreuves "pour leur bien"

C'est drôle et triste à la fois, mordant et douloureux. C'est aussi l'histoire d'un peuple déboussolé par des années de privations : les Tatars, ancien peuple turc nomade, l'une des minorités opprimées d'URSS.

Jacqueline

21:23 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : famille, russie

21/09/2012

Bouillon de rentrée

Bouillon de lecture « Coups de cœur »

Rentrée 2012 – Saint Laurent d’Agny

 

Plusieurs participants sont absents et excusés, mais nous accueillons 3 « observateurs » d’Aveize, évoquons le déroulement de nos soirées, les thèmes déjà choisis et quelques auteurs vus les années précédentes. C’est l’occasion de déguster fruits et tartes de saison concoctés par Annie, Georgette et Johanne.

 

Titres présentés par Soucieu

Le poids du papillon

Eri De LUCA, Gallimard 2011

Deux personnages s’affrontent : le vieux chamois chef de harde et le chasseur vieillissant qui a autrefois tué la mère du héros. C’est un duel à mort entre 2 solitaires. De très belles pages sur la montagne : les Alpes italiennes. Ecriture concise, poétique.

Une discussion s’établit : à Orliénas, Giselle a beaucoup aimé et une autre lectrice, pas du tout, le trouvant trop noir.

 

Peste et choléra

Patrick DEVILLE, Seuil 2012.

Maryvonne a rencontré l’auteur à Morges récemment. Il a après de longues recherches, écrit ce roman biographique d’Alexandre Yersin né en 1863 à Morges, médecin bactériologique naturalisé français, pilier de l’Institut Pasteur, ayant travaillé sur la peste et le choléra et découvert le bacille de la peste. Surnommé l’aventurier de Morges, Yersin a voyagé, et est mort au Vietnam

Beaucoup d’humour et d’ironie, des retours en arrière, un livre passionnant.


Lundi mélancolie

Nicci French, Fleuve Noir, 2012.

A Londres, la photo de Matthew, 5 ans, fait la une des journeaux et chaînes de télévision... L'enfant a disparu à la sortie de l'école quelques jours auparavant sans laisser de traces. Dans son cabinet, la psychologue Frieda Klein est témoin d'autres drames. Alain, un homme très perturbé, lui confie son rêve : il ne cesse de songer à un enfant qui serait son fils et qui ressemble au petit garçon disparu. Bon roman qui mélange enquête policière, tranches de vie des différents personnages, consultations psychiatriques... et sonde les mystères de l'esprit humain.


Etrange affaire

Peter ROBINSON, Albin Michel, 2006

Sur le répondeur de l'inspecteur Banks, un message de son frère lui demande de le rappeler d'urgence... mais Roy est injoignable ! Banks part pour Londres à sa recherche. Dans le Yorkshire, sa collègue découvre dans la poche d'une jeune femme assassinée un papier portant le nom et l'adresse de Banks.

Le décor est bien planté, riche en descriptions. La disparition de son frère replace Banks face à lui même. C'est la relation entre les deux frères (ou plutôt l'absence de relation) qui fait l'intérêt de ce très bon polar.

 

A Orliénas, 3 titres sont évoqués

La formule préférée du professeur

Yoko OGAWA, Actes Sud, 2005

Une aide ménagère embauchée par un mathématicien qui  donne des leçons de mathématiques au fils de celle-ci, bien qu’il souffre lui-même de graves troubles de la mémoire. Tous 2 aiment le base-ball.

Poétique et délicat, intergénérationnel.

 

L’œil du léopard

Henning MANKELL, 1990, traduit au Seuil, en 2012.

Hans Olofson adolescent au début, va en Afrique, est choqué par la misère, essaie d’aider en Zambie dans une exploitation où noirs et blancs s’affrontent.

Difficulté des relations, terreur. Très intéressant.

 

La comtesse de Ricotta

Milena AGUS,  L.Levi, 2012

Geneviève évoque ce livre plus léger, au ton décalé, aux personnages fantaisistes, pour donner une note plus gaie.

 

Choix de Saint-Laurent-d’Agny 

Peur noire  

Harlan COBEN, Fleuve Noir, 2009

Roman policier apprécié par Annie qui n’est pas habituée du genre.

 

Les disparus

David MENDELSOHN, Flammarion 2007

Récit de la quête par l’auteur de 6 « disparus » de sa famille juive en Pologne orientale, tués lors de 2 « actions » par les Ukrainiens en 1941-1942. Ce livre permet une approche de la bible, notamment la Genèse, montre que la vie est un éternel recommencement. Se lit facilement, passionnant. Ce gros « pavé » a été très enrichissant pour Annie qui a « partagé » avec ses proches.

 

Mille femmes blanches

Jim FERGUS, Le Cherche-Midi, 2000

Sous le président Grant, un pacte avec les Cheyennes  prévoyait la « fourniture » de 1000 femmes blanches en vue de l’intégration. 75 environ sorties de prison ou d’hôpital psychiatrique ont rejoint les Cheyennes. Lutte blancs-Indiens, extermination en 1875 constituent le récit, de beaux portraits de femmes.

 

Le Ruban rouge

Carmen De POSADAS, Seuil 2010

Ce sont les « fausses mémoires » de Teresa Carabus espagnole,  mariée à 14 ans à un français, puis figure du Directoire comme épouse de Tallien et de Barras. Le récit est à la première personne, c’est un personnage moderne ; la vie quotidienne à la fin du XVIIIème siècle, la guillotine sont rendus très vivants.

 

Lectures d’Aveize

La mort s’invite à Pemberley

P.D. JAMES, Fayard, 2012

Reprend les personnages d’Orgueil et préjugés de J Austen, et mène un récit policier dans un manoir anglais. Original et intéressant.

 

Du domaine des murmures, Carole MARTINEZ

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine De VIGAN

Room, Emma DONOGHUE

Il est tard, nous passons vite sur les titres déjà vus précédemment.

20/09/2012

un cadeau

Un cadeau, Eliane Girard, Buchet-Chastel, 2012, 14 €

Félicien se définit lui-même comme un inconstant… ou pour utiliser un mot plus "tendance", un  procrastinateur. Pour les 30 ans de sa copine Laure, dont il se dit très amoureux, il  recherche un cadeau dans l'urgence du dernier moment. Hélas, la taille 38 n'est plus disponible pour la veste repérée, le créateur qu'elle aime ne propose cette année que des couleurs vives qu'elle déteste… Après une quête désespérée, Félicien finit par se laisser tenter par une paire de bottes de marque absolument sublimes et incroyablement chères.

Le lecteur suit le monologue intérieur de Félicien, ses hésitations, ses questionnements anxieux : les bottes plairont-elles ? Malgré leur origine ? Que représente vraiment la somme d'argent dépensée, et qu'aurait-il pu faire d'autre avec ? Comment se promener dans le métro avec le sac d'une marque de luxe ?

En un mot, il n'assume pas ! Un texte léger, plein de rebondissements que je n'évoque pas pour ne pas vous gâcher le plaisir de lecture, et qui pourtant pose de réelles questions sur la valeur des choses, le rapport à  l'argent, la sincérité… Aline

22:22 Publié dans critiques de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : argent

18/09/2012

la liseuse

La liseuse

Paul Fournel, P.O.L., 2012, 15.99 €

Robert Dubois, éditeur parisien, emporte tous les week-ends une pile de manuscrits à lire. Pour chaque type de document, il a son lieu, son heure : le polar au troquet, la poésie au jardin public,… Jusqu’au jour où, modernité oblige, on lui met entre les mains une liseuse à la place du papier ! Non seulement il s’adapte plutôt bien à la liseuse, à son fonctionnement et  à ses usages différents, mais il imagine même de développer de nouveaux types de lecture liés  à ce support, avec l’aide des jeunes stagiaires de la maison d’édition.

En contrejour, le lecteur perçoit la maladie d’Adèle, sa femme, à peine évoquée avec discrétion.

Facile à lire, la liseuse est également un texte instructif sur le monde de l’édition, et très intéressant sur le rapport aux écrivains et à la lecture : nouvelle conception du texte versus texte linéaire, récits contemporains contre classiques, lecture-devoir contre lecture choisie…

Aline

14/09/2012

la nuit tombée

La nuit tombée

Antoine Choplin

La fosse aux ours, 2012, 16 €rentrée littéraire,nucléaire,amitié

 

Gouri traverse la campagne ukrainienne à moto, en route pour une mission personnelle à Pripiat, en zone interdite. Juste avant la Zone, il s’arrête à Chevtchenko chez ses amis Vera et Iakov, le temps d’un repas, d’une discussion autour des événements de 1985. Iakov et leurs amis Stepan, Pavel (et tant d’autres!), ont « accompli leur devoir de citoyens », participant à nettoyer la zone de la centrale de Tchernobyl, et ils en portent les stigmates.

 

Gouri, le poète, témoigne à sa façon pour ceux qui ont été évacués et ceux qui sont restés, les villages, la campagne et les forêts contaminés :

                La bête n’a pas d’odeur

                Et ses griffes muettes zèbrent l’inconnu de nos ventres

                D’entre ses mâchoires de guivre

                Jaillissent des hurlements

                Des venins de silence

                Qui s’élancent vers les étoiles

                Et ouvrent des plaies dans le noir des nuits

                Nous voilà pareils à la ramure des arbres

                Dignes et ne bruissant qu’à peine

                Transpercés pourtant de mille épées

                A la secrète incandescence

 

Nouveau récit, tout en finesse, de l’auteur du Héron de Guernica, à la fois sobre et bouleversant, ode à la dignité, à l’humanité et à l’amitié. Aline

12/09/2012

Les garçons ne pleurent pas

Boys don’t cry

Malorie Blackman

Milan (Macadam), 2011

 

Travailleur et réservé, le jeune Dante vient de finir ses examens de fin de lycée, et espère avoir gagné une bourse à l’université. Mais ses projets de vie sont bouleversés quand une ancienne petite amie, Mélanie, dépose chez lui… sa fille ! Avec le soutien de son père et de son frère Adam, il doit faire face à ses responsabilités et s’occuper d’Emma.

 

Les sujets pullulent dans ce roman attachant : relations familiales, deuil après la maladie et le décès d’un parent, homosexualité…

l'armoire des robes oubliées

L’armoire des robes oubliées

Riikka Pulkinen

Traduit du Finnois Totam par Claire St Germain

Albin Michel, janvier 2012

 

Elsa, la grand-mère, est en phase terminale. Elle et son mari, Marrti, essaient de vivre au mieux des journées qui restent, de profiter de la vie et de leur famille, même si les relations avec leur fille Eleanoora ne sont pas toujours faciles.

Mais la fin de vie est aussi l’heure des bilans. Lorsque leur petite fille ressort d’une armoire une robe oubliée, le passé remonte : leur carrière prestigieuse à tous deux, et les années où ils ont embauché une jeune fille, Eeva, pour s’occuper de leur petite Eleanoora…

 

Le récit alterne les époques, et expose les relations entre des personnages passionnés. Une sorte de destin circulaire relie Eeva et Anna, la fille d’Eleanoora, qui se retrouvent dans une situation similaire.

Ce roman a recueilli de très bonnes critiques,  cependant, je l'ai apprécié sans y adhérer totalement...

Aline