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09/05/2013

Bouillon Irlandais

Maryvonne nous rappelle que la littérature irlandaise est l'une des plus prolifiques, avec des auteurs "classiques" aussi connus que :

Jonathan Swift (1667-1745), les voyages de Gulliver

Bram Stoker (1847-1912), Dracula

Oscar Wilde (1854-1900), le portrait de Dorian Gray

George Bernard Shaw (1856-1950), prix Nobel en 1925

William Butler Yeats (1865-1939), prix Nobel en 1923

James Joyce (1882-1941), Ulysse, les gens de Dublin

Samuel Beckett (1906-1989), prix Nobel en 1969

Seamus Heaney (1939-   ), prix Nobel en 1995

L'université Trinity College de Dublin, fondée en 1592, est l'une des plus anciennes et des plus renommées de Grande-Bretagne. L'Abbey Theatre (théâtre national d'Irlande) fondé en 1904, a joué les pièces de Yeats et de Shaw, et est réputé internationalement.

 

Nous avons surtout lu des auteurs plus récents, et trouvé qu'ils dégagent globalement une ambiance mélancolique ou franchement sombre. Histoire et misères de l'Irlande… avec l'alcool et la littérature comme moyens d'évasion ?

 

Liam O'FLAHERTY (1896-1984)

Le mouchard (the Informer, 1925 –Terre de brume, 2003)

Portrait d'un traître et histoire de l'Irlande de 1845 à 1922, ce roman fut adapté au cinéma par John Ford en 1935.

 

Edna O'BRIEN (1930-   )

Saints et pêcheurs (S.Wespieser, 2012)

Nouvelles synthétiques et très bien écrites, avec beaucoup de sensations et peu de paroles, évoquant des relations difficiles entre les personnages.

 

Frank McCOURT (1930-2009)

Les cendres d'Angela (Belfond, 1997)

Récit autobiographique d'une jeunesse irlandaise, entre 1929 et la fin de la première guerre mondiale. La famille vit dans une maison sordide, inondée à chaque fois qu'il pleut. La faim et la misère sont aggravées par l'alcoolisme du père. (Quand il rentre, à n'importe quelle heure de la nuit, il fait lever les enfants pour des chants militaires au garde-à-vous !). La soupe populaire de l'église remplit parfois les estomacs mais embrigade les esprits… Un récit très noir, allégé par le ton ironique de l'auteur. La suite de son autobiographie est narrée dans C'est comment, l'Amérique ? (2000) et Teacher man, un jeune prof à New-York (2006).

 

John McGAHERN (1934-2006)

Créatures de la terre et autres nouvelles (Albin Michel, 1996)

Trois nouvelles pessimistes, à l'ambiance irlandaise.

 

Nuala O'FAOLAIN (1940-2008)

Best love, Rosie (S.Wespieser, 2008)

Après avoir vécu et travaillé dans le monde entier, Rosie décide de rentrer à Dublin pour s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée. Très beau livre sur l'âge, la solitude, l'exil, le sentiment maternel.

 

Seamus DEANE (1940-   )

A lire la nuit (Actes Sud, 1997)

Le récit, proche du journal, court de 1947 à 1970. Le jeune narrateur veut connaître l'histoire de sa famille et comprendre les non-dits (liés au  "problème irlandais" et à l'IRA) qui pèsent sur elle.

 

Sebastian BARRY (1955-   )

Le testament caché (J. Losfeld, 2009)

Roseanne est une femme âgée qui a passé plus de la moitié de sa vie dans un hôpital psychiatrique. Son thérapeute  doit déterminer si elle est apte à réintégrer la société. Il remonte l'histoire et son journal intime pour comprendre pourquoi elle ne parle plus.

Lire aussi Du côté de Canaan que Marie-Claire a beaucoup aimé.

 

Roddy DOYLE (1958-   )

Paula Spencer (R. Laffont, 2012)

Suite de La femme qui se cognait dans les portes (1997) où Paula Spencer se bat pour retrouver sa dignité après un mariage violent. On retrouve l'héroïne à Dublin, après le boom économique des années 2000. Paula a cessé de boire, et s'accroche pour ne pas recommencer. Femme de ménage, elle travaille dur pour sortir de la misère et reconquérir ses quatre enfants.

 

Joseph O'CONNOR (1963-   )

L'étoile des mers (Phébus, 2003)

1948. La Grande Famine s'achève dans l'horreur, et la seule issue pour beaucoup est de fuir la misère en embarquant pour le Nouveau Monde. Quelques privilégiés se partagent les cabines de l'Etoile des mers, tandis que la multitude des pauvres est entassée dans l'entrepont, où la faim et le typhus ne tardent pas à sévir. Parallèlement au récit du voyage, l'auteur déroule les souvenirs des voyageurs, chaque personnage s'étoffant au fil du roman.

 

Inishowen (Phébus, 2001)

Un article de journal ancien fait état de la découverte d'un bébé en pleine campagne. Hélène a été adoptée par une famille américaine. On la retrouve, adulte, mariée à un chirurgien plasticien, avec deux enfants. Elle retourne régulièrement en Irlande, mais cette année, à 45 ans, atteinte d'un cancer grave, elle recherche activement ses racines. Histoire d'un amour impossible, située tout au nord de l'Irlande, à la frontière avec l'Ulster, entre Noël et le jour de l'An.

 

Colum McCANN (1965-   )

Le chant du coyote (Belfond, 1998)

Après des années à parcourir le monde, Conor rentre en Irlande où il retrouve son père, alcoolique violent et acariâtre, passionné de pêche à la mouche. A partir de photographies, Conor  retrace le passé très riche de grand reporter de son père.

 

Ailleurs en ce pays (Belfond, 2001)

Trois nouvelles très fortes, surtout "Une grève de la faim" qui fait référence à Bobby Sands et aux prisonniers de l'IRA qui ont fait la grève de la faim en 1981 pour être traités en prisonniers politiques et non en droit-commun. Thatcher n'a pas cédé, et 10 jeunes hommes sont morts, les uns après les autres.

 

Claire KEEGAN (1968-   )

Les trois lumières (S.Wespieser, 2011)

La narratrice, une enfant de 8 ans, est placée à la campagne dans la famille de sa mère pour un été. Bien traitée, elle est un peu l'enfant de remplacement d'un garçon décédé. A la fin de ce séjour, le retour dans sa famille trop nombreuse est difficile pour elle.

 

Lire aussi les romans de Sorj CHALANDON, français, mais ancien reporter en Irlande du Nord, qui a notamment écrit deux romans très prenants en lien avec l'Irlande et l'IRA : Mon traître (Grasset 2008) et Retour à Killybegs (Grasset, 2011, prix de l'Académie Française).

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