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05/08/2013

Un verger au Pakistan

roman étranger,pakistan,prisonUn homme, jeune encore, mais malade et usé comme un vieillard, parcourt tous les matins des kilomètres en montagne pour assister au lever du soleil dans le verger de son enfance, lieu du souvenir et de l'innocence.

 

"Les oiseaux sont réveillés et, dans le verger, quelques hirondelles tracent des chemins sinueux entre les arbres, sous lesquels une mince couche de brume s'accroche encore au sol. Les grenadiers sont une espère robuste, ils n'ont subi presque aucun dégât après les gelées de l'hiver, bien qu'ils poussent à l'état sauvage et n'aient pas été élagués depuis un moment, ou alors par une main maladroite… Si j'avais les outils nécessaires, je serais tenté de m'en occuper, mais ce ne sont plus mes arbres, et ce n'est pas à moi de le faire…"

 

Recueilli par Abbas, un homme qui pratique encore la "melmastia", l'hospitalité traditionnelle, il se  rétablit peu à peu, réapprend à écrire pour se raconter à Saba, son amour de jeunesse... cause de son malheur et lumière de sa vie. 

 

L'écriture de Peter Hobbs parvient à une grande poésie dans la sobriété. Les pages sur sa jeunesse et sur la nature, contemplatives, célèbrent la vie, le parfum des roses, la beauté des grenades… tandis que celles sur ses années de prison laissent un goût amer de cruauté injustifiée.

 

"La colère s'est éteinte. Je n'ai aucun désir de vengeance. Je ne pense pas y être pour grand-chose. Je pense simplement que j'ai la chance de ne pas être submergé par la rage… A l'heure où je t'écris ces lignes, mes derniers ressentiments sont apaisés. Je ne cherche que la paix. Je cherche à devenir une meilleure personne que celle que je suis."

 

Un verger au Pakistan

Peter Hobbs

C. Bourgeois éd., 2013, 137 p., 14€

Traduit de l'anglais In the Orchard, the Swallows par Julie Sibony

Commentaires

L'avis de Ginette
Ce texte émouvant se présente comme un long message adressé par le narrateur à la femme qu’il aime, une sorte de journal initime dans lequel il revient sur les évènements qui l’ont conduit à sa situation actuelle – celle d’un étranger dans ce qui fut quinze ans plus tôt sa propre communauté.

L’histoire est ancrée dans la violence des tabous sociaux qui régissent une communauté rurale du nord du Pakistan, où deux adolescents amoureux enfreignent l’ordre établi en s’échappant d’une fête et attendent l’apparition de l’aube dans un verger édenique. Ce moment de bonheur innocent déclenche un ouragan de violence qui détruira la vie du narrateur, jusqu’à ce qu’il soit recueilli par un poète altruiste qui lui réapprend à vivre.

L’écriture sobre, souvent poétique évoque avec délicatesse la complexité des sentiments qui traversent le narrateur, la pureté de cet amour impossible reflétée par la beauté de la nature.

Écrit par : Ginette | 10/10/2013

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