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31/08/2013

comment trouver l'amour à cinquante ans

comment trouver l'amour.gifParisienne résolue, intellectuelle de gauche et professeur de français consciencieuse, Catherine Tournant lit Télérama, et ne confond pas culture et divertissement !

Elle porte un nom bien choisi, puisqu'à cinquante ans, elle se trouve à un tournant de sa vie.

Professeur de français consciencieuse, elle est affectée par une rumeur d'attouchement sur élève, qui ébranle ses convictions, et la pousse à remettre ses choix en question.

Comme elle, les autres personnages de ce roman s'interrogent sur leur vie, leur métier, leur identité. Leur fragilité ou leur disponibilité momentanée les pousse à tisser des liens nouveaux, qui peu à peu les rapprochent.

 

Dans sa construction, le récit ne présente pas d'intérêt particulier, les différentes scènes ou étapes manquent de lien, et les personnages sont un peu trop stylisés pour être vraiment crédibles. Par contre, le roman offre un regard décalé sur le métier de professeur de littérature dans un lycée de banlieue (le métier de l'auteur), et une amorce de réflexion -non dénuée d'humour- sur plusieurs sujets intéressants : les préjugés, l'influence de l'apparence, la perception de soi,… et le fait d'être ou non Parisien.

Noter que le titre est trompeur : il est plus question de trouver sa place et de s'accepter que de chercher l'amour, même si l'un n'empêche pas l'autre.

Au total, une lecture pas désagréable, mais pas mémorable non plus.

 

Comment trouver l'amour à cinquante ans quand on est parisienne (et autres questions capitales)

Pascal Morin

Le Rouergue (La Brune), 2013, 190 p., 18 €

12/08/2013

Un écrivain, un vrai

roman,écritureGary Montaigu, écrivain New-Yorkais d'origine française, est à l'apogée de sa gloire : il vient de gagner le prestigieux "International Book Prize". Pour satisfaire l'ambition de sa femme, Ruth, mais aussi par amour de la littérature qu'il pense ainsi servir et promouvoir, il s'est laissé persuader de participer à une émission de téléréalité :

 

"Un écrivain, un vrai" s'introduit dans sa vie quotidienne. Les caméras le suivent partout, y compris lorsqu'il écrit dans son bureau et en rendez-vous, et les médias lui dictent un scénario de vie. Sa femme, elle aussi, est de plus en plus intrusive, et va jusqu'à modifier ses textes pour qu'ils soient plus accessibles au grand public. Quant à ses textes, parlons-en ! Soumis à l'approbation du public, au fameux "J'aime, je partage", le roman qu'il écrit n'est plus qu'une médiocre caricature !

 

Quelques mois plus tard, il a déserté la vie publique, et vit en reclus dans son bureau, en chaise roulante…

 

Réflexion sur la téléréalité, sur le poids des médias dans la vie culturelle, sur la difficulté de la création et l'authenticité de l'écriture… le roman oppose les concessions de Gary aux choix de l'écrivain Alain Mabanckou : "auteur à succès avec une tête de mauvais garçon et un cœur grand comme le soleil, Alain empilait les livres et les prix prestigieux sans jamais se défaire de ses exigences littéraires".

Le sujet est intéressant, mais l'écriture un peu intellectuelle ne plait pas forcément. J'aurais aimé la fantaisie et l'inventivité d'un Tonino Benacquista (Saga) pour broder sur ce thème…

 

Un écrivain, un vrai

Pia Petersen

Actes Sud (Domaine français), 2013, 214 p., 20 €

05/08/2013

Un verger au Pakistan

roman étranger,pakistan,prisonUn homme, jeune encore, mais malade et usé comme un vieillard, parcourt tous les matins des kilomètres en montagne pour assister au lever du soleil dans le verger de son enfance, lieu du souvenir et de l'innocence.

 

"Les oiseaux sont réveillés et, dans le verger, quelques hirondelles tracent des chemins sinueux entre les arbres, sous lesquels une mince couche de brume s'accroche encore au sol. Les grenadiers sont une espère robuste, ils n'ont subi presque aucun dégât après les gelées de l'hiver, bien qu'ils poussent à l'état sauvage et n'aient pas été élagués depuis un moment, ou alors par une main maladroite… Si j'avais les outils nécessaires, je serais tenté de m'en occuper, mais ce ne sont plus mes arbres, et ce n'est pas à moi de le faire…"

 

Recueilli par Abbas, un homme qui pratique encore la "melmastia", l'hospitalité traditionnelle, il se  rétablit peu à peu, réapprend à écrire pour se raconter à Saba, son amour de jeunesse... cause de son malheur et lumière de sa vie. 

 

L'écriture de Peter Hobbs parvient à une grande poésie dans la sobriété. Les pages sur sa jeunesse et sur la nature, contemplatives, célèbrent la vie, le parfum des roses, la beauté des grenades… tandis que celles sur ses années de prison laissent un goût amer de cruauté injustifiée.

 

"La colère s'est éteinte. Je n'ai aucun désir de vengeance. Je ne pense pas y être pour grand-chose. Je pense simplement que j'ai la chance de ne pas être submergé par la rage… A l'heure où je t'écris ces lignes, mes derniers ressentiments sont apaisés. Je ne cherche que la paix. Je cherche à devenir une meilleure personne que celle que je suis."

 

Un verger au Pakistan

Peter Hobbs

C. Bourgeois éd., 2013, 137 p., 14€

Traduit de l'anglais In the Orchard, the Swallows par Julie Sibony

03/08/2013

l'étrangère

roman,coréeParcours d'une jeune Coréenne d'origine modeste qui réussit –à force de travail et grâce au soutien de toute sa famille- à faire des études.

Eun-Ja est le bébé de la famille. A la mort de son père, sa mère poursuit courageusement le travail dans les rizières pour permettre à la famille de subsister, et même aux filles d'aller en classe aussi longtemps que possible.

Longtemps dans l'ombre de ses sœurs brillantes, Mi-Sun et Sun-Hi, elle devient une élève excellente et se passionne pour le français. Elle étudie avec acharnement pour obtenir des bourses et réaliser son rêve : maîtriser la langue, et, un jour, écrire des romans en français !

 

Récit d'une vie laborieuse dans une famille nombreuse coréenne de la campagne. Très agréable à lire, il transporte dans un quotidien et une culture différents des nôtres. Pour autant, le style est simple et direct, la construction linéaire, donc je n'ai pas compris pourquoi les critiques sont aussi élogieuses (**** Lire). Peut-être en hommage à la passion et à la maîtrise du français d'Eun-Ja ?

 

L'étrangère : récit

Eun-Ja Kang

Seuil, 2013, 278p., 19€