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26/02/2014

Doris Lessing

Doris Lessing (1919-2013)

 

Nous étions 13 autour de la table, autour des crêpes et gâteaux préparés par Annie et Georgette... j'ai perdu le fil et ne sais plus très bien qui-a-lu-quoi !

 

Le cinquième enfant   (the fifth child, 1988)

Un roman qui commence comme une belle histoire d’amour, de famille anglaise unie, avec quatre enfants dans une immense maison, beaucoup de parents et d’amis… sous l’œil bienveillant des grands-parents qui apportent l’aide matérielle.

Dès le début de la cinquième grossesse, anormale, douloureuse, la mère sait que quelque chose cloche. La naissance la laisse déchirée, épuisée, et les mois suivants voient l’histoire tourner au cauchemar.

Ben n’est pas normal, trop fort, il se développe trop vite, hurle à la moindre frustration, et ressemble plus à un troll qu’à un enfant. Dès qu’il peut se déplacer, il devient dangereux pour les animaux et les autres enfants. Rapidement, barreaux et verrous ne suffisent plus, et sa mère est contrainte de se consacrer totalement à lui afin de protéger le reste de la famille.  Tous semblent la pousser à culpabiliser d’avoir voulu cet enfant, et de l’avoir gardé malgré tout.

Dans cette histoire glaçante, l’auteur analyse des fonctionnements et dysfonctionnements de la famille, la confrontation à un être différent, l’angoisse devant ce personnage au mieux inadaptable, au pire malfaisant.

Marie-Claire, Aline, Ginette

 

Le monde de Ben (Ben, in the world, 2000)

On retrouve Ben dans un second tome, plutôt émouvant. Parti / chassé de chez lui à l’adolescence, il a suivi des bandes de voyous où sa force peu commune le faisait respecter, exercé de petits boulots physiques, s’est fait arnaquer plus souvent qu’à son tour. Autant dans Le cinquième enfant il paraît inquiétant, autant dans ce tome ci, le lecteur a plutôt pitié du « pauvre Ben » : il a appris à maîtriser ses rages, sait qu’elles le conduisent à des actes inacceptables par la société. En conséquence, il se laisse gruger, voler son maigre salaire. Quelques rencontres avec des personnes qui lui font confiance  l’aident à tenir : l’amitié de la vieille dame, les relations avec une prostituée au grand cœur… Mais il ne s’adapte pas vraiment, et les gens se méfient de lui d’instinct, ou bien utilisent sa naïveté. Seul de sa race, il n’a pas de place… sauf comme passeur de drogue ou rat de laboratoire ?

Aline

 

Le rêve le plus doux (The sweetest dream, 2001)

Saga de la famille Lennox, cette grande fresque se déroule des années 1960 aux années 2000, d’abord à Londres, puis en Afrique.

Julia, allemande, et  Philip, anglais d’un milieu bourgeois, ont un fils, Johnny. Marxiste, révolutionnaire et bon à rien, il épouse Frances, journaliste. Tandis que Johnny fait des conférences à droite, à gauche sur les théories communistes,  Frances assume seule leurs 2 fils, Alexander et Colin… mais aussi toute une ribambelle de jeunes paumés, parasites dans l’immense maison que la grand-mère a mise à leur disposition.

Le contexte historique évoque les luttes marxistes, la décolonisation, l’Afrique noire mal partie, les organisations internationales « bidons », les médecins dévoués et submergés, l’incompétence et la corruption des dirigeants africains, les morts du Sida, les Blancs accusés de tous les maux alors que certains sont remarquables, les journalistes qui détourne l’information à leur façon,… Ou comment des idéologies porteuses d’espoir sont détournées au profit du pouvoir et de l’argent.

L’opposition d’êtres psychologiquement fragiles, ingrats, et de deux femmes fortes : Julia et Frances, donne des portraits extraordinaires.

Une somme, un livre dense, intéressant, parfois cocasse.

Maryvonne l’a trouvé -par moments- trop bavard ! Les thèmes sont très proches de ceux de l’autobiographie de l’auteur « Dans ma peau » (le personnage de Frances évoque Doris Lessing), également long et bavard !

Marie-Claire, Annie, Maryvonne

 

Un enfant de l'amour (A Love Child, 2007)

Pendant la seconde guerre mondiale, James Reid, étudiant anglais, est mobilisé et embarqué vers l’Inde via le Cap. La traversée en bateau est terriblement éprouvante. Les soldats font une escale de quelques jours au Cap, paradisiaque, où James tombe amoureux de Daphné, jeune femme mariée. De retour à la fin de la guerre, il se marie, ne revoit jamais son amour, ni le fils que Daphné a eu de lui... en fait il passe complètement à côté de sa vie.

            Savoir qu’on vit une vie mensongère, qu’on ne vit pas sa vie, c’est une chose horrible.

De très belles pages, émaillées de citations de Shakespeare, de Kipling. Des détails sur la vie dans les colonies anglaises : le Cap, l’Inde. La révolte de l’Inde est sous-jacente.

Marie-Claire, Aline

 

Un homme et deux femmes (A man and two women, 1963)

Nouvelles, sur les couples et les sentiments amoureux.

Dans la nouvelle éponyme, deux couples solides et soudés sont un jour soumis à la tentation…

Annie

 

Le temps mord (Time bites, 2004)

Réflexions de l’auteur, souvent en rapport avec l’Afrique noire, le Zimbabwe.

Claude

 

Le carnet d’or (The golden notebook, 1962)

Dans un milieu communiste et féministe, la narratrice remet en cause ses engagements, et tout ce à quoi elle a toujours cru. Le sujet était engagé à l’époque où Doris Lessing a écrit son roman, qui a été brandi (contre son gré) comme un manifeste féministe, mais il est moins percutant de nos jours. Pourtant, ce roman est généralement considéré comme le chef d'œuvre de Doris Lessing.

La construction, qui colle bout à bout les différents "carnets" de la narratrice, permet à l'auteur de regrouper des textes assez différents  dans un même "roman". Les pages de retour sur la jeunesse africaine de la narratrice (carnet noir) sont longuettes…

Martine, Aline

 

Alfred et Emily (Alfred and Emily, 2008)

Doris Lessing explore la vie de ses parents abîmés par la guerre de 14-18.

Dans la première partie, elle imagine la vie qu’ils auraient eu s’il n’y avait pas eu la guerre : ils auraient vécu séparément, autrement.

Dans la deuxième partie, elle règle ses comptes avec ses parents, exprime ses rancœurs et avoue son regret de n’avoir pas su s’entendre avec eux.

Jacqueline

 

L’histoire du Général Dann

Extrait  du Cycle de l’eau (The Story of General Dann and Mara's Daughter, Griot and the Snow Dog, 2005)

Récit post-apocalyptique : certains continents ont disparu, les survivants ont perdu toutes les connaissances scientifiques et sont revenus à des systèmes primitifs. Ils migrent, en quête de contrées plus accueillantes, se regroupent dans d’anciens centres militaires, veulent conquérir plus de territoires,… Le Général Dann, lui, part en quête du pays des Glaces, et se fait le conteur de son histoire.

Geneviève

 

Carnets de Jane Sommers 

Journal d’une voisine (The Diary of a Good Neighbour, 1983),  et Si vieillesse pouvait (If the Old Could..., 1984)

Nous les avions lus avec plaisir, mais il y a longtemps…

 

Au total, Doris Lessing nous a semblé un auteur intéressant, prolifique, à l’œuvre très variée. Des thèmes sont récurrents : femmes fortes, hommes falots ou peu présents, souvenirs d’Afrique, communisme, anticolonialisme, féminisme… Ses romans sont souvent directement inspirés de sa vie, et reprennent des éléments de ses récits autobiographiques.

Certains livres, bavards et répétitifs, auraient gagnés à être plus concis...

 

Le prochain bouillon de lecture aura lieu le 13 mars à la bibliothèque d’Orliénas, autour des auteurs d’Afrique du Sud : Doris Lessing encore, Nelson Mandela, Mark Behr, André Brink, Troy Blacklaw… au gré de nos trouvailles. Le 10 avril, Louise Erdrich (à Soucieu), le 15 mai, coups de cœur (à St Laurent), et nous finirons en beauté le 12 juin à Chassagny !

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