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29/06/2014

Un homme ça ne pleure pas

familleUn homme, ça ne pleure pas

Faïza GUENE

Fayard, 2014, 314 p., 18 €

Faïza Guène dépeint la vie d’une famille d’origine algérienne, dans un pavillon de Nice.

Le père, dépositaire traditionnel de l’autorité, est relativement  en retrait malgré sa tendresse pour ses enfants. Analphabète, il respecte l’instruction et accorde une grande importance aux études de ses enfants.

Le padre me sollicitait chaque fois qu’il fallait lire quelque chose, les ordonnances du docteur Zerbibi, un tract de la CGT, les articles de Bien Vieillir, les courriers de la banque, et même les catalogues de promotion du supermarché. Et pour chacun de ces documents, si différents qu’ils soient, il tenait absolument à ce que je les lise "avec un accent de journaliste".

La mère, très expansive, tourne tout au drame, et tient la famille sous la menace de ses palpitations et de ses hausses de tension à la moindre contrariété.

Chacun des enfants réagit à sa façon à cet entourage familial encombrant.Tandis que Mina se coule avec naturel dans le moule de la bonne fille soumise et serviable, Dounia s’oppose violemment à l’autorité parentale, qu’elle trouve abusive et rétrograde, et voudrait être « une Christine », image de la française libérée. 

Il y a eu une période où [la porte] claquait si souvent que mon père, furieux, a dévissé la porte de la chambre des filles pour accrocher un rideau à la place. "Essaie de faire claquer le rideau, maintenant."

Mourad, le narrateur, gêné par les scènes embarrassantes de sa mère, s’isole peu à peu de tous ceux qui auraient pu être ses amis, et se réfugie dans les livres. C’ est le seul personnage qui comprenne à peu près tous les protagonistes. Il les aime malgré leurs défauts, et ne les juge pas… même s’il trouve que les plus caractériels (sa mère et Dounia) exagèrent. Son cauchemar : vieillir sans jamais quitter sa mère, et devenir un obèse, cheveux poivre et sel, qui sent la friture.

Ce roman, actuel, écrit dans un style dynamique et aéré, évoque avec justesse les petits détails significatifs de la vie familiale. La Dounia adulte, dure, brillante et libérée, m’a évoqué Rachida Dati, à tort ou à raison. Le titre du livre évoque le courage au quotidien, mais aussi la retenue excessive du père.

Aline

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