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31/08/2014

Les Suprêmes

Suprêmes.gifLes suprêmes

Edward Kelsey Moore

Actes Sud, 2014, 22.80 €

Traduit de l'américain "The Supremes at Earl's All-You-Can-Eat" par Cloé Tralci.

Odette, Clarice et Barbara Jean,  trois femmes noires d’âge mûr, ont fait du restaurant "Earl's All-you-can-eat",  leur lieu de rendez-vous immuable du dimanche après le service religieux. Depuis leur jeunesse, elles se retrouvent à la table près de la fenêtre pour bavarder, échanger confidences et commérages, et manger à volonté de bons plats caloriques, avec leurs maris, sous l’œil bienveillant de Big Earl.

L’auteur présente des individus  hauts en couleurs, et des couples improbables, mais les personnages semblent  être passés à côté de leurs vie et nourrir regrets et douleurs : Clarice a sacrifié une belle carrière de pianiste pour rester avec l’homme de sa vie, Richmond, qui passe son temps à courir après les filles. Barbara Jean a eu une jeunesse difficile, et ne s’est jamais remise de la mort de son fils. Finalement, Odette est la seule à être heureuse en ménage, avec 3 enfants adultes épanouis. "Née dans un sycomore" elle affronte la vie à bras le corps, comme un taureau, toujours prête à foncer tête baissée pour défendre ses amies.

Néanmoins, l’auteur sait amener les récits, même tragiques, avec humour et un certain décalage. Ce qui se dégage du roman est surtout une impression d’humanité. La force d’une amitié qui sait rire, encourager, parfois fermer les yeux ou secouer, mais toujours soutenir.

"Clarisse ne ferait jamais la moindre réflexion à Barbara Jean sur ses habitudes vestimentaires, et nous le savions toutes deux. De la même manière, Clarice et Barbara Jean ne me diraient jamais en face que j’étais grosse, et nous ne rappellerions jamais à Clarice que son mari se tapait tout ce qui bougeait. Entre Suprêmes, nous nous traitions avec beaucoup de délicatesse. Nous fermions les yeux sur les défauts des autres…"

Avec le temps qui passe, le lecteur voit évoluer la petite ville d’Indiana, et la ségrégation se dissoudre peu à peu. Les interventions des fantômes qui rendent régulièrement visite à Odette, sont particulièrement  réjouissantes, et font avancer le récit.

Un roman distrayant et bien écrit, que j’ai lu avec beaucoup de plaisir.

Aline

24/08/2014

Une vie entre deux océans

roman étranger,amour maternel,australieune vie entre deux océans m. l. stedman stock,2013,traduit de l’australien « the light between oceans » par anne wi,les combattants australiens rentrent au pays,où manquent désormais les hommes valides et en bonne santé. tom,hanté par ses années au combat,ne demande désormais qu’une vie calme et ordonnée,et entretient avec rigueur et minutie le phare qui lui est confi,situé entre pacifique et atlantique,à l’extrême pointe de l’australie.  contre toute attente,isabella tombe amoureuse de lui,l’épouse et le rejoint sur l’île au phare,caillou battu par les vents et les vagues,ravitaillé deux fois l’an par un chalutier. leur amour très fort,un homme mort,un châle de femme et un nourrisson…   des choix de tom et d’isab,très émouvante,qui interroge sur la force des sentiments et sur l’amour materne,et pourtant,il n’y a pas de solution miracle : ce qui semble juste pour l’unUne vie entre deux océans

M. L. Stedman

Stock, 2013, 21.50 €

Traduit de l’australien "The light between oceans" par Anne Wicke

Après la guerre de 14-18, les combattants australiens rentrent au pays, où manquent désormais les hommes valides et en bonne santé. Tom, hanté par ses années au combat, ne souhaite qu’une vie calme et ordonnée, et entretient avec rigueur et minutie le phare qui lui est confié, situé entre Pacifique et Atlantique, à l’extrême pointe de l’Australie.

Contre toute attente, Isabella tombe amoureuse de lui, l’épouse et le rejoint sur l’île au phare, caillou battu par les vents et les vagues, ravitaillé deux fois l’an par un chalutier. Leur amour très fort n’empêche pas Isabella de souffrir cruellement de plusieurs fausses couches qui l’éprouvent psychologiquement. C’est alors qu’un canot s’échoue sur l’île : à son bord, un homme mort, un châle de femme et un nourrisson…

Des choix de Tom et d’Isabella découle toute l’histoire, très émouvante, qui interroge sur la force des sentiments et sur l’amour maternel. Chacun des personnages cherche à faire au mieux, et pourtant, il n’y a pas de solution miracle : ce qui semble juste pour l’un est une perte tragique pour l’autre.

Aline

19/08/2014

La maladie du roi

la maladie du roi.jpgLa maladie du roi

Christian Carisey

Le Cherche midi, 2013, 206 p.

Comme on pouvait s’en douter en lisant le titre, voici un roman historique que nous présente Christian Carisey. Le roi c’est Louis XIV. Voilà  43 ans déjà qu’il est sur le trône.  Batailles, réformes, grandes découvertes, révocations, persécutions rien ne semble arrêter ce siècle traversé par de nombreux et importants évènements. Rien ? Peut-être que si. Le pouvoir semble fragilisé par les maladies qui attaquent le vieux roi. Il lutte contre une fistule qui s’ajoute à la goutte qui le fait déjà beaucoup souffrir. Un roi affaibli par les maladies est une aubaine pour les royaumes voisins qui guettent la santé de Louis XIV.

Christian Carisey, par le biais de la fistule du roi, décrit avec précision les évènements de cette année 1686. On y croise de grands noms comme Louvois, Madame de Maintenont, le Père La Chaise ou encore le masque de fer (énigme résolue dans le livre). C’est aussi une médecine en progrès, des découvertes géographiques et le début du commerce internationnal.

Carisey nous raconte le quotidien, les mœurs et les intrigues de la cour. Plongez avec Louis XIV au cœur du château de Versailles ….

Céline

13/08/2014

Duel à Elk Spring

duel à Elk Spring.jpgLes aventures de Rabbi Harvey : Duel à Elk Spring

Steve Sheinkin

Traduit de l’américain « Rabbi Harvey vs. the Wisdom Kid »

Yoda éditions, 2011, 122p.

 

«  - C’est bien connu que si vous laissez tomber une tranche de pain beurrée du côté beurré, elle tombe toujours du côté beurré. Mais l’autre jour, j’ai fait tomber ma tranche et elle est tombée du côté non beurré. Qu’est-il arrivé ?

-          C’est simple. Vous l’avez beurré du mauvais côté

-          Félicitation, Wolfie. Vous avez le poste »

Le ton de ce roman graphique est ici donné. A première vue rien ne laisse présager une histoire aussi fantasque : dessins simples en noir et blanc, bulles très présentes et denses. Pourtant une fois les premières cases lues on ne peut plus s’en détacher. L’humour, assez hilarant, est présent dès les premières lignes et on s’attache d’emblée au personnage principal qui n’attire que sympathie : le rabbin Harvey.

Installé dans la petite ville d’Elk Spring, au coeur du Colorado, le Rabbin Harvey (seul rabbin de ce village) vend ses conseils à un stand tous les jours pour 5 cents (conseils plein de philosophie !). Mais voilà qu’un autre rabbin, Rabbi Ruben, essaie de lui voler sa place.

En introduction Steve Sheinkin résume lui-même : « … récits sur la sagesse juive qui ont pour décor les rues poussiéreuses du Far West (…) j’ai rassemblé des éléments de sources diverses : folklore juif, légendes hassidiques (...), contes de Rabbi Nahman et enseignements talmudiques. Le héros du livre, Rabbi Harvey, protège sa ville et rend la justice en utilisant pour toute arme la sagesse, la bonté et l’humour. Il est un mélange de rabbin (…) et de shérif de western. »

Joli coup de coeur pour passer un très bon moment de détente.

Céline

04/08/2014

La liste de Freud

sigmund freud,folieLa liste de Freud

Goce SMILEVSKI

Belfond, 2013

J’ai été déçue par ce livre. Autant « le cas Edouard » faisait le portrait en creux d’un grand homme certes égoïste, mais humain et torturé (Albert Einstein). Autant la liste de Freud me semble rater la rencontre avec Sigmund Freud.

Le récit est mené à la première personne par sa jeune sœur, Adolphine, qui se réclame d’une relation privilégiée avec Sigmund, tout en reconnaissant qu’il l’a laissée tomber à maintes reprises, dans les circonstances les plus dures de son existence : face à une mère souvent cruelle, après un avortement, et surtout, abandon ultime, lorsqu’il a quitté Vienne devant les persécutions nazies. En établissant cette fameuse liste, évoquée en titre, qui permettait de faire sortir d’Autriche les personnes proches de Freud, où il a inscrit toute sa maisonnée, y compris son médecin, la famille de celui-ci et son chien… et refusé de noter ses sœurs.

Le lecteur ne ressent absolument pas le grand attachement évoqué par Adolphine, ni même à vrai dire d’effroi  pendant ses années d’internement en clinique psychiatrique ou d’émotion lorsqu’elle est déportée à Theresienstadt.

Pour moi, l’auteur a voulu intégrer trop de réflexions sur la folie et l’histoire de l’aliénation, de même que de nombreuses critiques sur la personnalité et l’œuvre de Sigmund Freud, ainsi aussi que le recours à la psychiatrie contre toutes les femmes qui dérangent, comme les féministes (Clara Klimt). Du coup, le roman vire à l’essai sur la psychiatrie, ce qui pourrait se révéler intéressant… si cet essai était structuré, ce qui n’est pas le cas.

Aline