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27/11/2014

Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

"Les mauvaises semaines étaient qualifiées de mauvaises par maman, mais pour moi elles valaient bien l’absence de confiture dans les sandwichs et de crème Angel Delight. Elles valaient même les silences de maman qui me faisaient mal au ventre : parce que, les semaines de pluie, j’allais à la bibliothèque.

Je courrais m’assoir sur une petite chaise en plastique et je sentais l’atmosphère chaude et immobile entrer en moi, ralentir mon cœur qui cognait dans ma poitrine. L’odeur des boutiques de livres d’occasion se glissait alors dans mes narines, pour s’enrouler douillettement à l’intérieur de mon ventre. Quand j’ouvrais les livres, et je pouvais en ouvrir autant que je le voulais parce que ça ne nous coûtait rien, les images s’étalaient devant mes yeux comme de l’huile sur de l’eau, et les lettres dansantes s’installaient sur ma langue avec le goût et l’odeur de bonbons à la réglisse. Pendant que maman se mordait les lèvres, arrachait les petites peaux de ses ongles et lisait de vieux magazines, je découvrais à quel point les histoires me donnaient un sentiment de sécurité."

bibliothèqueExtrait de "Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman", de Kerry Hudson (éd P. Rey, 2014). p. 130

Où la petite Janie Ryan remonte à ses premiers jours pour raconter dans une langue originale et crue sa jeunesse écossaise dans le dénuement, de foyer minable en HLM de la zone, avec une mère dépassée mais pleine de mordant.

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