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30/11/2014

Le complexe d'Eden Bellwether

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Benjamin WOOD

Zulma, 499 p, 23.50€

Traduit de l’anglais The Bellwether Revivals par Renaud Morin

Oscar Lowe, à la fin de son service d’aide-soignant à la maison de retraite de Cedarbrook, obéit à une impulsion : attiré par la musique et les vitraux du King’s College, il entre écouter l’orgue et les chœurs de l’office religieux. Il y rencontre Iris Bellwether, puis son frère Eden, qui l’introduisent auprès de leur petite coterie d’étudiants appartenant à la jeunesse dorée de Cambridge.

Oscar alterne entre répulsion et attirance pour ce groupe fermé d’intellectuels, dont il ne sait pas toujours décrypter les attitudes, mais il ne peut résister à la belle et fraîche Iris. Il devient alors le jouet ou le témoin des efforts d’Eden – fou ou génial ? pour prouver ses théories sur l’hypnose et la thérapie musicale.

Calme, gentil, « normal », Oscar se situe à l’opposé d’Eden, et ne cherche qu’à  aider les autres. Plus que les amis de longue date des Bellwether, il parvient à prendre de la distance par rapport à la personnalité narcissique et envahissante d’Eden. Ses origines plus modestes et son travail auprès des personnes âgées l’aident sans doute à garder les pieds sur terre, soutenu aussi  par son amitié avec le vieux Dr Paulsen, un ancien professeur de lettres, qui l’encourage  et lui prête ses livres.

Un premier roman très réussi, placé sous le signe de la musique, où le lecteur hésite longtemps à prendre position par rapport à l’intrigue et aux motivations des personnages principaux. C’est avec beaucoup d’humanité que l’auteur de 33 ans développe ses thèmes : amour, jalousie, manipulation, vieillesse, maladie...

Aline

27/11/2014

Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

"Les mauvaises semaines étaient qualifiées de mauvaises par maman, mais pour moi elles valaient bien l’absence de confiture dans les sandwichs et de crème Angel Delight. Elles valaient même les silences de maman qui me faisaient mal au ventre : parce que, les semaines de pluie, j’allais à la bibliothèque.

Je courrais m’assoir sur une petite chaise en plastique et je sentais l’atmosphère chaude et immobile entrer en moi, ralentir mon cœur qui cognait dans ma poitrine. L’odeur des boutiques de livres d’occasion se glissait alors dans mes narines, pour s’enrouler douillettement à l’intérieur de mon ventre. Quand j’ouvrais les livres, et je pouvais en ouvrir autant que je le voulais parce que ça ne nous coûtait rien, les images s’étalaient devant mes yeux comme de l’huile sur de l’eau, et les lettres dansantes s’installaient sur ma langue avec le goût et l’odeur de bonbons à la réglisse. Pendant que maman se mordait les lèvres, arrachait les petites peaux de ses ongles et lisait de vieux magazines, je découvrais à quel point les histoires me donnaient un sentiment de sécurité."

bibliothèqueExtrait de "Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman", de Kerry Hudson (éd P. Rey, 2014). p. 130

Où la petite Janie Ryan remonte à ses premiers jours pour raconter dans une langue originale et crue sa jeunesse écossaise dans le dénuement, de foyer minable en HLM de la zone, avec une mère dépassée mais pleine de mordant.

25/11/2014

Nos disparus

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Tim GAUTREAUX

Seuil, août 2014, 539 p, 23€

Traduit de l’américain The Missing par Marc Amfreville

Sam Simoneaux, cajun de l’Arkansas, est un gars décent, élevé dans le respect de la vie par son "Nonc". Débarqué en France le jour de l’Armistice de la Grande Guerre, il ne connaît que le froid et le déminage désordonné des champs de l’Argonne. Il revient aux Etats-Unis avec le souvenir lancinant d’une fillette française blessée, qu’il a dû abandonner quasi sans aide, et qui l’a surnommé Lucky : le chanceux.

"Sam était rentré d’Europe avec l’idée qu’il ne fallait pas trop se fier aux apparences, et que le monde était un endroit beaucoup plus dangereux qu’il ne l’avait cru. Comme la plupart de ses camarades, il n’avait pas vraiment compris ce qu’il avait traversé." Page 15 : arrivée dans les champs de l’Argonne, où il faudrait une vie pour tout déminer.

De retour à la Nouvelle Orléans, marié, chef de rayon aux Grands Magasins Krine, il occupe une position plutôt enviable jusqu’au jour où il est tenu pour responsable de l’enlèvement d’une fillette. Culpabilisé par la douleur de sa famille, il entreprend de retrouver la petite Lily Weller en remontant avec eux le Mississipi sur l’Ambassador, le bateau dancing où ils travaillent comme musiciens. Au gré des escales, il enquête jusque dans les bayous, et glane des renseignements, non seulement sur la petite Lily, mais aussi sur son propre passé. Car lui aussi promène dans sa tête son lot de disparus, et va à la rencontre de ceux qui lui manquent (Le titre anglais « missing » évoque la disparition, mais aussi le manque).

Les heures de navigation sur le fleuve font revivre l’époque où une excursion  ou une soirée dancing à bord d’un bateau avec orchestre (noir ou blanc selon le public) était le rêve d’un soir ou d’une journée pour des populations isolées ; une rare distraction au milieu de la misère crasse, lourdement arrosée d’alcool de contrebande, quitte à finir en bagarres ; mais aussi la découverte du jazz, de la musique qui swingue, des danseurs déchaînés,…

p. 118 et suite

Je me suis régalée avec ce roman évocateur, empreint de nostalgie, à la fois enquête, peinture d'une société âpre, hymne à la musique, et réflexion sur la culpabilité, la responsabilité, la vengeance…

"[Son oncle Claude] lui avait appris qu’on avait peu de chances de revenir sur les actions de sa vie, qu’elles soient bonnes ou mauvaises."

Aline

 

23/11/2014

L'île du serment

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Peter MAY

Le Rouergue (Noir), sept 2014, 423 p, 23€

Traduit de l’anglais Entry Island par Jean-René Dastugue

Sur la petite île d’Entrée, dans l’Archipel de La Madeleine, à l’est du Canada, personne ne ferme jamais sa porte à clef, et aucun crime n’a jamais été commis… jusqu’à cette nuit de tempête où James Cowell est poignardé à mort. Selon sa femme, l’assaillant s’en serait d’abord pris à elle. Cependant, elle est la principale suspecte des enquêteurs dépêchés de Montréal. Ambitieux, le lieutenant Crozes est pressé de boucler l’affaire.

Un seul enquêteur doute de la culpabilité de l’épouse : Sime Mackenzie, adjoint à l’équipe policière parce qu’il est bilingue, et que la communauté d’origine écossaise vivant sur cette île est anglophone. Au premier regard, il a éprouvé une sensation de déjà connaître Kirsty Cowell, et l’enquête provoque chez lui des rêves en lien avec son histoire familiale, maintes fois racontés par sa grand-mère dans son enfance. Seulement voilà, Sime est mal intégré à l’équipe d’enquêteurs, d’autant plus que l’insomnie chronique qui s’est emparée de lui au départ de sa femme le laisse totalement épuisé et déconcentré.

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Île d'Entrée (source: tourisme Îles de la Madeleine)

La construction du livre est intéressante, faisant de nombreux aller-retours entre l’enquête actuelle et l’histoire de l’ancêtre homonyme de Sime, parti des îles Hébrides en 1847, aux temps de la famine de la pomme de terre. Malgré son intérêt historique certain, cette reconstitution de l’émigration forcée des îliens écossais  est aussi ce qui fait la faiblesse du roman, car elle dilue trop l’enquête, devenue presque annexe.  Comme Sime, qui se perd dans sa quête des origines et ses problèmes personnels, l’enquête est phagocytée par l’histoire des colons. Pour rééquilibrer le roman policier, il aurait sans doute fallu que Peter May donne plus de substance aux autres policiers, qui restent trop en marge.

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Grosse Île, station de quarantaine (source: Immigration Canada)

L’auteur s’est inspiré des Highland Clearances, expulsions forcées des villages des îles Hébrides par les propriétaires terriens qui voulaient rentabiliser leurs terres en y installant des moutons, et ont envoyé par la force de pleines cargaisons de paysans sur les bateaux en partance pour le Canada, dans des conditions épouvantables.

Vers 1830, uniquement à Québec, de loin la principale porte d'entrée au Canada, l’exode européen représente une moyenne annuelle de 30 000 arrivants dont les deux tiers, environ, sont des Irlandais. Or, cette immigration sans précédent sur le fleuve Saint-Laurent survient au moment où de grandes épidémies de choléra et de variole s'abattent sur l'Europe. Afin d'empêcher la propagation des maladies, la station de quarantaine de la Grosse Île, située dans le fleuve Saint-Laurent en aval de Québec, est établie en 1832 et fermée en 1937. Toutes proportions gardées, Grosse Île est comparée, pour le Canada, à Ellis Island. Près de 7000 personnes sont enterrées à Grosse-Ile, la plupart étant des victimes de l’épidémie de typhus de 1847.

Note de l’auteur, p. 421 :

La plus grande croix celtique du monde a été érigée sur Grosse-Île en mémoire des 5000 immigrants qui y moururent en 1847. Ce livre est dédié à la mémoire de tous les Ecossais qui, eux aussi, y laissèrent la vie, et aux autres, si nombreux, qui sont venus participer à la construction de l’extraordinaire pays qu’est aujourd’hui le Canada.

Aline

22/11/2014

Bouillon policier de novembre 2014

Bouillon à Saint-Laurent-d’Agny : romans policiers

12 lectrices présentes autour du succulent gâteau d’Annie, évoquent la richesse des romans policiers actuels qui permettent de voyager de la Laponie à la Thaïlande, de connaître mieux et de comprendre des cultures, religions et de voyager dans le temps.

Nous commençons par le roman historique qui  nous emmène parfois loin.

roman policierVAN GULIK Robert : Le Fantôme du temple

se passe en Chine au III eme siècle , le juge Ti que l’on retrouve dans plusieurs ouvrages est chargé de résoudre l’énigme de ce corps sans tête qui lui corresponde !!! C’est l’occasion d’évoquer coutumes et légendes, l’enquête progresse lentement , c’est bien écrit.

roman policierDAVIDSON Leif : Le Danois serbe

date des années 1990 au moment de la guerre en Yougoslavie et mêle religions différentes dont l’Islam, la corruption, la violence avec beaucoup de suspense.

roman policierBUSSI Michel : Gravé dans le sable

C’est un autre maître du suspense qui nous conduit de 1944 à 1964 des plages de Normandie aux États Unis dans une recherche de la vérité à propos d’Omaha Beach. C’est son premier livre intitulé alors Omaha Crimes (recommandé par Maryvonne)

roman policierSHANKAR ETTETH Ravi : La couleur du deuil

Ce sont des nouvelles qui se déroulent en Inde à propos des rivalités permanentes depuis 1947 au Cachemire voisin.

 

3 ouvrages concernent l’histoire lyonnaise :

roman policierLE BRETON Nicolas : Le prince des ours

L’auteur est guide à Lyon, il émaille ses livres de photos et plans pour conduire ses enquêtes dans le Lyon médiéval.

 

roman policierESTRADE Alain : ZZ47 ou le Manuscrit oublié

A la fois au XIV e siècle et aujourd’hui, nous vivons au rythme des vicissitudes de La Chapelle Saint Vincent à la  fin de la guerre de cent ans et des convoitises suscitées par un hypothétique trésor. L’intrigue est bien menée, la chute est astucieuse. Pour les passionnés de La Chapelle par un écrivain qui s’affirme.

roman policierBOUHIER Odile : Le Sang des bistanclaques

Dans le milieu de la soierie lyonnaise juste après la première guerre mondiale, avec l’institut médico légal et le début de la médecine scientifique.

 

Après avoir voyagé dans l’histoire, nous sommes allées en Laponie et en Afrique du Sud.

roman policierMEYER Déon : 7 jours

2013, dans l’Afrique du Sud multiraciale et multilingue, durant une semaine.

 

 

roman policierTRUC Olivier : Le Dernier lapon (Prix des lecteurs Mes-Sou-Thu 2013) ravit Martine qui découvre comme nous l’avions fait la police des rennes, la longue nuit polaire de l’hiver Arctique, les traditions des Samis fortement menacées et les convoitises minières de trafiquants peu scrupuleux.

roman policierSAINZ de la MAZA Aro : Le Bourreau de Gaudí

Un ouvrage épais, mais qui ne se lâche pas. Le décor, c’est Barcelone qui vit avec ses promenades, parcs, ports et tous les monuments de Gaudí, un déroulement foisonnant, des personnages attachants (coup de cœur d’Aline qui le détaille ici)

 

Enfin, des policiers plus "classiques" :

roman policierLACKBERG Camilla : L’oiseau de mauvais augure

Remarqué par Georgette, 4ème volet d’une série située en Suède, de bonne facture mais qui s’essouffle un peu (8 tomes parus, de La princesse des glaces à La faiseuse d'anges).

roman policierGARDNER Lisa : Arrêtez-moi

L’analyse psychologique est fouillée, l’héroïne attend son assassinat, suspense garanti !!!

 

 

roman policierFLEMMING Jensen: Le Blues du braqueur de banque

Très décalé, beaucoup d’humour à l’occasion du meurtre du premier ministre danois. (ovni découvert par Claude).

 

Nous souhaitons attirer vers le roman policier des lecteurs qui boudent le genre parce qu’ils ignorent que celui-ci s’est « dépoussiéré » et considérablement ouvert vers des horizons géographiques ou historiques.

Les autres ouvrages analysés  dans le blog sont énumérés en fin de séance.

Marie-Claire

17/11/2014

Clandestines

Roman étranger, roman policier, Arabie SaouditeClandestines

Zoé FERRARIS

Belfond, 2014, 350 p., 21 €

Traduit de l’américain "Kingdom of Strangers" par Françoise Rose.

Suite à un vent de sable dans le désert, des cadavres de femmes d’origine asiatique sont mis à jour. Comment toutes ces femmes ont-elles pu être assassinées sans que leur disparition soit même signalée ? Un meurtrier en série sévirait-il en Arabie Saoudite ? Hypothèse inconcevable pour les musulmans moralistes !

La police de Djeddah enquête sous pression. L’inspecteur Ibrahim Zahrani, progressiste aux impeccables états de service se fait aider par les personnes les  plus compétentes : pisteurs bédouins, ou -ce qui n’est pas du goût de ses collègues machistes ou musulmans ultra-pieux-, de Katya, médecin légiste talentueuse  et déterminée à rendre justice à ces femmes. Mais il est perturbé par ses problèmes personnels : une femme intégriste insupportable, le mariage raté de son fils et la disparition brutale de son amante…

Ce roman policier noir est une plongée dans tout ce que la situation quotidienne des femmes d’Arabie Saoudite a d’insupportable et d'humiliant pour notre regard occidental : impossibilité de conduire, de sortir seule ; vie derrière voile, rideaux et volets ; dépendance de leur époux, frère ou fils pour la moindre sortie ; menace permanente de se faire accuser d’attitude immorale (voire d’adultère puni de la peine de mort) au moindre écart… réel ou imaginaire.  Sans parler de la situation terrible des nombreuses clandestines d’Asie du Sud-Est, venues chercher du travail et se retrouvant esclaves domestiques, voire sexuelles.

Je conseille ce roman pour son intrigue, et plus encore pour sa découverte de l’Arabie Saoudite. L’écriture est fluide et rapide. Plusieurs personnages sont assez complexes pour que le lecteur s’y attache, certains apportant une lumière positive sur la société saoudienne.

Aline

Yeruldellger

roman policier

Yeruldelgger

Ian MANOOK

Albin Michel,  2013, 22 €

Prix Quai du polar - Prix du Polar SNCF - Grand Prix des Lectrices Elle Policier 2014. Premier roman de Patrick Manoukian, alias Ian Manook, "débutant" de 65 ans.

Yeruldelgger Khaltar Quichyguinnkhen, commissaire en Mongolie,  se voit confier deux enquêtes. Une fillette blonde a été découverte par des nomades, ensevelie en pleine steppe avec son tricycle rose, et l’âme de la petite lui est formellement confiée. Au même moment, les cadavres de trois Chinois retrouvés dans des postures… peu conventionnelles, dans un hangar d’Oulan-Bator, réclament toute l’attention de la police.

L’intrigue, en lien avec la géopolitique, les ressources minières, l’argent et le pouvoir, fait intervenir des personnages diamétralement opposés, depuis les criminels puissants, des policiers corrompus, des Coréens amateurs de sensations fortes et d’improbables néo-nazis mongols jusqu’à des nomades traditionnels et des moines guerriers. Yeruldellger, lui-même personnage hors du commun,  appartient au monde moderne par son métier, mais respecte et pratique les traditions mongoles et y ancre sa moralité. Ian Manook le régale de ravioles de mouton gras, de thé salé au beurre rance et de marmottes farcies aux pierres chaudes.

Ouverture sur un pays et une culture dépaysants, mêlant de près beauté et misère, ce roman policier se lit d’une traite, comme un café noir, bien aromatisé mais amer. Corruption totale, violences faites aux femmes, interrogatoires musclés,… sont difficilement contrebalancés par les moments de paix que procurent la nature et les pratiques shamaniques ou traditionnelles. La fin un peu rapide, laisse de nombreux points en suspens, qui devraient trouver leurs réponses dans un deuxième tome, Les temps sauvages, annoncé pour février 2015.

J'ai aimé, contrairement à Gérard G., qui n'a pas accroché à l'intrigue, et n'a pas trouvé ce policier assez réaliste.

Aline

Le lapin blanc

roman policierLe lapin blanc

Nino TREUSCH

Prisma (Noir), 2012, 322 p., 16.95 €

Traduit de l’italien Il coniglio bianco par Jacques Barbéri

Jan Tes, cadre de niveau international dans une grande banque, déstabilisé par l’écroulement de l’économie, cherche à se réorienter. Finalement embauché dans une multinationale de Munich qui développe et fabrique des téléphones portables, il est envoyé en Inde pour une mission qui heurte son sens commun : fermer dans l’urgence une succursale de Bombay qui lui semble rentable.

Lorsqu’il commence à se poser des questions et à enquêter, il met le doigt dans un dangereux engrenage, et met à jour d’effroyables secrets, où les vies humaines ne font pas le poids par rapport aux énormes enjeux technologiques et politiques…

Le début de ce thriller est un peu poussif, et l’écriture ne présente pas d’intérêt particulier. Par contre, l’intrigue, entre Munich, Bombay et Shanghaï, devient rapidement glaçante ! A lire pour se faire peur : je sais maintenant pourquoi je n’ai pas de téléphone portable !

Aline

15/11/2014

Le bourreau de Gaudi

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Aro SÁINZ DE LA MAZA

Actes Sud (Actes Noirs), sept 2014, 663 p, 23.80€

Traduit de l’espagnol El Asesino de la Pedrera par Serge Mestre

Un corps en flammes est retrouvé suspendu au balcon de la Pedrera, monument emblématique de Barcelone, oeuvre de Gaudí, et l’auteur du crime fait circuler sur Internet une vidéo du supplice de sa victime. Ce meurtre cruel plonge la police catalane dans le plus grand désarroi, à quelques semaines de la visite du pape pour la consécration de la Sagrada Familia.

Faute d’indices, la juge Cabot impose aux services de la criminelle de réintégrer Milo Malart, policier révoqué par mesure disciplinaire, dont les méthodes non conventionnelles pourraient apporter un éclairage différent à l’affaire. Il enquête avec une sous-inspectrice débutante, poussé par l’urgence et l’impression que d’autres meurtres rituels vont suivre…

Malgré sa longueur, ce roman policier est passionnant. Le lecteur s’attache à la personnalité complexe de Milo Malart, et de sa jeune collègue pleine de répondant. L’intrigue progresse bien, s’épaississant au fur et à mesure des découvertes, plongeant ses ramifications dans la corruption et les vices des puissantes familles barcelonaises, les expropriations dues aux jeux olympiques de 1992, le journalisme à sensation,… jusqu’à une fin réussie. Barcelone n’est pas seulement un décor, mais un personnage du roman, avec ses transformations, ses différents quartiers, ses plages, et surtout l’œuvre architecturale de Gaudí dont le lecteur découvre une partie des détails et du symbolisme ésotérique.

Aline

Lancement du prix des lecteurs MesSouThu 5

Depuis ce matin, c'est parti pour une nouvelle édition du prix Mes Sou Thu. Nous avons présenté notre sélection, et les livres ont commencé à circuler parmi les lecteurs :

 

Les romans

Portrait d’après blessure, Hélène Gestern

Prière pour celles qui furent blessées, Jennifer Clément

Une vie entre deux océans, M.L. Stedman

Les douze tribus d’Hattie, Ayana Mathis

Le dernier gardien d’Ellis Island, Gaëlle Josse

Les bandes dessinées

Tsunami, Jean-Denis Pendanx, ill. Stéphane Piatzszek

La passion de Dodin-Bouffant, Mathieu Burniat

Modigliani, Laurent Seksik, ill. Fabrice Le Henanff

Le linge sale, Pascal Rabaté, ill. Sébastien Gnaedig

Zia Flora, Fred Paronuzzi, ill. Vincent Djinda

Rouge comme la neige, Christian de Metter.

 

Vous pouvez participer, c'est simple :

- la bibliothèque (Soucieu, Messimy ou Thurins) vous prête les livres.

- vous lisez les 5 romans ou les 6 BD, ou les deux genres.

- vous remplissez le bulletin de vote en attribuant une note à chaque livre et vous le rendez à votre bibliothèque d'ici fin mai 2015.

- débat et proclamation des résultats Samedi 6 juin à 11 h à la bibliothèque Eclats de Lire de Soucieu-en-Jarrest, avec les lecteurs des trois communes.