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08/02/2015

Amours

roman,condition féminineAmours

Léonor de Récondo

S. Wespieser, 2015, 276 p., 21 €

1908, dans une petite ville du Cher, le quotidien lisse et respectable du notaire Anselme de Boisvaillant et de sa femme Victoire est un peu assombri par l’absence de descendance. Victoire ressasse son ennui, Anselme s'inquiète d'un possible secret de famille. Pour autant, dans leur maison bourgeoise, "Chacun restait à sa place, jouant son rôle à la perfection… Anselme à son étude, Victoire à ses pensées, les domestiques à leurs obligations."

Désirs et amours se croisent, pas toujours au bon endroit ou là où on les attend : amour charnel ou amour forcé, acceptation ou rejet de son corps, amour maternel… ou pas ! Jusqu’à la naissance « du mauvais côté du lit » du petit Adrien, qui vient remuer les espoirs et les sentiments.  

Léonor de Récondo évoque, d’un point de vue féminin, la condition féminine et la place infime laissée aux domestiques, à qui on ne demande pas leur avis même pour les décisions qui les concernent au plus près.

"Si [Céleste] avait eu le choix –mais ce mot n’existe ni dans sa condition, ni dans son vocabulaire- elle aurait dit : Non ! Elle l’aurait même hurlé". Au lieu de quoi, elle suit bravement le conseil d’Huguette "Garde la tête haute, c’est tout ce que nous pouvons faire, nous autres ! Garder la tête haute pour faire croire qu’on n’a pas honte."

Un instant, les barrières sociales et les convenances semblent sur le point d’être bousculées, mais elles ont la vie dure !

La trame du récit réserve quelques surprises originales, le sujet en est émouvant -voire mélodramatique-,  mais je les ai trouvés mal accordés à une langue lisse et poétique, qui tient la réalité à distance. Ce pourrait être du roman réaliste, c’est de la broderie à petits points… Je l'aurais voulu âpre, il est mélancolique.

Aline

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