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15/06/2015

Plus haut que la mer

italie, prison

 

Plus haut que la mer

Francesca MELANDRI

Gallimard (Du monde entier), 2015, 208p, 17.90 €

 

"Si on veut garder quelqu’un vraiment à l’écart du reste du monde, il n’y a pas de mur plus haut que la mer" (p. 33). Cette île-ci n’est pas nommée. Entourée de courants dangereux, elle est aménagée en prison de haute sécurité pour les membres des brigades rouges ou les criminels dangereux.

Après un long voyage en train et bateau, les visiteurs arrivent par la navette.  Bien qu’il ne comprenne ni n’admette ses agissements, Paolo continue venir voir à son fils,  révolutionnaire fanatique impliqué dans des assassinats politiques. Rongé par la culpabilité, il porte sur lui la photo de la fille d’une victime de son fils.  Luisa, femme d’un homme violent qui a tué plusieurs fois sous l’emprise de la colère, voit la mer pour la première fois. Travailleuse et femme de devoir, elle pense qu’elle « a de la chance » parce qu’elle a cinq beaux enfants et que ses séances au parloir ne se passent pas trop mal.  

Bloqués sur l’île par une tempête, ils sont surveillés par Nitti Perfrancesco, un agent carcéral que ses années de service ont peu à peu déshumanisé.  Le temps d’une nuit et d’un repas partagé, des liens se tissent entre ces trois personnages, qui les aideront à évoluer.

Dès le commencement du roman, le lecteur perçoit un grand décalage entre la nature de l’île et son affectation :

"L’air épicé, ça non, ils ne s’y attendaient pas.  On distribua des numéros, des uniformes, des cellules. La vie quotidienne commença dans la nouvelle prison à régime spécial. Bref tout se passa plus ou moins comme ils s’y attendaient. Mais l’air parfumé, non. Même le plus clairvoyant des chefs de commando, le plus expert des condamnés à perpétuité ne l’avaient pas prévu. Tandis qu’ils débarquaient du chinook au milieu des hurlements et des coups de pieds, l’île les saisit de plein fouet par son arôme… Elle sentait le sel de mer, le figuier, l’hélicryse." (p. 17)

Il pourrait s’agir de l’île d’Asinara, au large de la Sardaigne, qui a effectivement servi de lieu de rétention pour des criminels et à des mafieux dangereux, "terroristes rouges et noirs".

Peu d’action, finalement, dans ce roman, qui s’attache avec sobriété à l’île et aux  relations entre ses différentes catégories de résidents, permanents ou de passage, et au regard des gardiens sur les différentes catégories de population carcérale.

Aline

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