Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/07/2015

La grande embrouille

roman policier, EspagneLa grande embrouille

Eduardo MENDOZA

Seuil, 2013, 21 €

Traduit de l’espagnol El enredo de la bolsa y a vida par François Maspero

 

Le narrateur, détective anonyme sans le sou, reconverti en coiffeur pour dames sans clientes, reprend du service : son ancien codétenu du centre pénitentiaire pour délinquants souffrant de troubles mentaux, le beau Romulo, file un mauvais coton. Romulo, qui préparait un dernier « coup juteux »  avant de prendre sa retraite au Brésil, a disparu. Or tous ses « coups » ont toujours foiré dans les grandes largeurs pour des « détails mineurs » assez comiques !

Notre détective enquête à la demande de Marie-Gladys, alias « Bout-de-Fromage », mobilisant toute une équipe de bras-cassés, laissés pour compte de Barcelone : l’aristo, statue vivante de la reine Eleonor du Portugal dans les Ramblas, une joueuse d’accordéon, un livreur de pizzas… et le vieux chinois du bazar oriental « la Bamba »…

L’enquête n’est pas haletante, mais tout le plaisir réside dans l’écriture dynamique,  les personnages déjantés réunis dans un bel élan de solidarité, et la présentation pleine de dérision de l’Espagne en crise. A la fois lucide sur ceux qui l’entourent et idéaliste, notre détective est très attachant.

Une citation du vieux chinois, qui fait rire jaune :

"L’Europe a voulu cesser d’être un tas de provinces en guerre et se transformer en grand empire. Elle a changé monnaie nationale contre euro, et ça a été début décadence et ruine. Occidentaux sont mauvais mathématiciens. Bons juristes, bons philosophes, mentalité logique. Mais chiffres ne sont pas logiques. Logique est soumise à critères moraux : bien, mal. En revanche chiffres sont seulement chiffres. Aujourd’hui Européens ne savent pas combien ils ont en banque, ni combien valent les choses. Ils dépensent à tort et à travers, ils se mettent dans pétrin et demandent crédit à Caixa. Notre philosophie et nos lois n’ont ni queue ni tête. Seuls mandarins comprenaient lois et il ne reste plus de mandarins. Mais chiffres sont notre spécialité, peut-être parc e-que nous sommes nombreux."

Les commentaires sont fermés.