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01/02/2016

Le tirailleur

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Le tirailleur

Alain Bujak et Piero Macola

Futuropolis, 120p.

Alain Bujak a rencontré Abdesslem. A l’époque de leur rencontre cela faisait plus de 6 ans, à l’âge de 80 ans, qu’Abdesslem vivait dans un logement social loin de sa famille pour pouvoir toucher sa pension en tant qu’ancien tirailleur marocain. Dans sa petite pièce qui lui sert de logement à Dreux il se livre alors au reporter-photographe. Il lui raconte comment en 1939, alors qu’il n’était qu’un petit berger de la campagne profonde du Maroc, il s’est fait embrigader de force dans l’armée française. Il vit la seconde guerre mondiale comme tirailleur pendant 4 ans sans avoir pu dire au revoir à sa famille. Finalement après la guerre il décide de rester et de combattre en Indochine pour ne revoir sa famille que de longues années plus tard.

BD en forme de reportage. On passe du moment présent où Alain Bujak interroge Abdesslem aux moments passés pendant la guerre. BD pratiquement documentaire, elle est augmentée à la fin par un reportage photo « Voyage chez Abdesslem ». Passant 9 mois sur 12 en France seul pour toucher une misérable pension, Abdesslem décide finalement de rentrer définitivement au pays pour vivre ses dernières années en compagnie de sa famille. Ce reportage le montre dans son pays parmi les siens.

Belle histoire de vie édifiante et tragique mais aussi critique des conditions de traitement par l’armée française qui considérait ces militaires marocains comme des « indigènes », leur imposant des traitements différents de celui des français. Et en les récompensant à peine avec une pension ridicule. Dénonciation d’une armée française qui n’aura eu aucune reconnaissance pour ces hommes qui ont combattus dans ses rangs, lui donnant leur vie.

Récit du vieil homme poignant et touchant. En contradiction, les illustrations sont douces et pastels par contre très réalistes. Des passages entiers sont sans texte, laissant le lecteur seul face à des planches entières d’illustrations splendides.

Plus qu'une bande dessinée, c’est un documentaire et un témoignage poignant que nous offre ici le duo Bujak/Macola.

Abdesslem à Bujak: "Qu'est-ce que tu veux savoir mon fils ?"

Céline

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