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20/05/2018

L'homme craie

roman policierL’homme craie

C.J. TUDOR

Pygmalion, 2018, 384 p., 20.90 €

Traduit de The Chalk Man, par Thibaud Eliroff

 

"Les deux étaient irrévocablement mêlés. La poule et l’œuf. Lequel est venu en premier ? Les bonhommes de craie ou les meurtres ?"

Suite à la réapparition d’un vieux copain, le narrateur, Eddie Munster, désormais professeur de littérature, revient sur les événements de sa jeunesse quarante ans plus tôt, pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Il remonte aux origines, fait une « virée sur le boulevard des souvenirs, un chemin sombre sur lequel les dressent des bonshommes de craie ».

En 1986, intello de la bande, un tantinet kleptomane, il traînait avec Le Gros Gav, Mickey Metal, Hoppo et Nicky la fille du pasteur. Quand le Gros Gav a reçu un seau de craies pour son anniversaire, ils s’en sont servis pour se laisser des messages secrets et fixer leurs rendez-vous.  Mais peu à peu, tandis que leur petite ville était agitée par les passions suscitées par l’installation d’une clinique pratiquant des avortements, les bonshommes de craie sont apparus seuls, semblant attirer ou désigner des accidents… ou des meurtres !

Quels étaient les liens avec leur bande ? Quel rôle ont joué les adultes : le père d’Eddie un temps accusé ?  Monsieur Halloran « l’homme pâle »,  révélateur ou coupable ? Ou le révérend Martin, prêtre évangéliste à la tête des « Anges d’Anderbury », un violent groupe anti-avortement ?

Pour progresser,  Eddie doit se rappeler de « regarder derrière l’évidence… Nous partons du principe que les choses sont telles qu’elles paraissent parce que c’est plus simple, ça demande moins d’effort. Ça nous exempte de trop penser –en général à ce qui nous met mal à l’aise. Mais ne pas penser, c’est aller droit aux malentendus, et dans certains cas aux tragédies. »

Polar à l’ambiance macabre, allégée par un vocabulaire parfois fleuri, dont la construction atypique très réussie interroge sur la culpabilité, les apparences, et les mécanismes de la mémoire. Repéré dans la sélection des libraires au salon du livre de Bron, c’est mon coup de cœur parmi les polars lus récemment.

Et je finirai sur une définition du karma, donnée par monsieur Halloran : « Tu récoltes ce que tu sèmes. Tes mauvaises actions reviendront te mordre les fesses un jour. » Qui pourrait attirer la tirade  de Gros Gav « Quel ramassis de cowboys puants !»

Aline

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