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28/09/2020

Saturne

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Saturne

Sarah CHICHE

Seuil (Cadre rouge), 2020, 208 p., 18€

 

Dans ce récit psychologique, la narratrice cherche l’origine de son état "saturnien" ou mélancolique-dépressif. Articulé autour du non-dit, il ne s’agit pas d’un secret de famille, mais d’un manque de paroles, de mots pour poser la mort de son père, lorsqu’elle avait deux ans, et dont elle a, toute son enfance, attendu le retour.

Dans une première partie assez lente, Sarah Chiche met longtemps à planter le décor d’une famille paternelle "pied-noir" d’Algérie, une lignée de médecins entrepreneurs, qui seraient à l’origine des cliniques privées en France. Des notables, à la fois fascinés et rebutés par sa mère, la splendide Eve (choix de prénom significatif !), elle-même marquée par ses origines populaires et sa mère aliénée. La narratrice exprime la difficulté de vivre au milieu de personnes qui s’adorent ou se détestent, et la forcent à prendre parti. "J’ai de la peine pour cet art avec lequel les adultes mettent à mort leurs enfants." (p. 135)

Le lecteur patauge un moment, ignorant vers quoi tend le récit, avant de réaliser que la narratrice se raconte, elle, "fruit malade de [sa] famille" plus que les personnages familiaux et les tensions qui l’ont façonnée.  La deuxième partie, plus clairement autocentrée et psychologique, mène vers l’âge adulte et l’acceptation de sa personnalité. Plus intéressante selon moi, elle nécessitait sans doute l’éclairage de la première partie.

Selon l’humeur, on pourra être soit agacé, soit attendri par ce personnage déterminé à s’auto-saborder. "J’étais le visage du pire. J’avais tout raté avec une obstination qui ne relevait pas de la distraction et ne tolérait donc aucun pardon. Je n’étais plus ni petite-fille, ni fille, ni épouse, ni amante. Je ne serais pas mère. Non. Plus rien avant, plus rien après. Parfaitement seule, entièrement libre."

Dans le style, c’est assez réussi, et la réflexion menée autour du deuil peut être éclairante, réconfortante. "Un deuil reste un deuil. Mais si certaines personnes apprennent à vivre douloureusement avec la perte, d’autres se laissent mourir avec leurs morts." (p. 176).

"On prétend que c’est en revivant, par le souvenir, toute la complexité de nos liens avec la personne disparue que l’on peut supporter de la perdre, accepter de s’en détacher, et, un jour, retrouver le goût de vivre, la joie d’aimer. C’est exact, la plupart du temps. Mais ce que vivent les gens comme moi, c’est autre chose. Pour nous, le temps du deuil ne cesse jamais. Car nous ne souhaitons surtout pas qu’il cesse. […] Nous vivons, en permanence, dans et avec nos morts, dans le sombre rayonnement de nos mondes engloutis ; et c’est cela qui nous rend heureux.

De Saturne, astre immobile, froid, très éloigné du soleil, on dit que c’est la planète de l’automne et de la mélancolie. Mais Saturne est peut-être aussi l’autre nom du lieu de l’écriture – le seul lieu où je puisse habiter. C’est seulement quand j’écris que je peux tout à la fois perdre mon père, attendre, comme autrefois, qu’il revienne, et, enfin, le rejoindre." (p. 203)

Aline

21/09/2020

Cinq dans tes yeux

roman, Marseille, rentrée littéraire

 

Cinq dans tes yeux

Hadrien BELS

L’Iconoclaste, 2020, 295 p., 18€

 

Stress, devenu « spécialiste des films de mariages orientaux » à défaut de réaliser le film de fiction documentaire de ses rêves, revient avec nostalgie sur le Marseille populaire et crapuleux de ses années de jeunesse, le quartier de La Plaine, dont il déplore la gentrification. "Marseille a remonté ses seins pour plaire au Venant [d’autres diraient BoBo] qui déchire la nuit à coups de carte bleue."

Quasiment seul petit blanc dans un quartier d’immigrés, enfant unique d’une mère dévouée à la Culture, il a grandi avec ses potes Kassim, Ichem, Djamel, Nordine et Ange. "Ma bande, c’était la collection soldée du Panier". Ensemble, ils ont joué les malins, et dérivé vers la petite délinquance : "Une adolescence de fond de casserole qui accroche".

L’auteur utilise une langue riche, crue, inventive pour décrire la vie des quartiers de Marseille dans les années 1990– dont on se demande par moments comment il peut en avoir autant la nostalgie : drogue, vols, arnaques et trahisons semblent avoir été le quotidien de la petite bande.  "Une ville doit dégager nos odeurs de crasse et nos instincts animaux. Elle doit raconter nos vies et nos dérives. Une ville trop propre ne me dit rien, elle me fait peur, à cacher ses névroses."

Pourtant branché photo et cinéma, Stress évoque également son rapport conflictuel à la culture, une vie de frottements avec l’art conceptuel : les  « interventions » ou performances de sa mère, qui lui faisaient honte  (avec ses poètes du Centre de la Prose) ;  les artistes dont il semble avoir admiré la pureté, sinon les œuvres "En 1992 les créateurs de la Friche étaient des chercheurs d’or qui apportaient le feu de la culture sur un caillou aride" ; son amie Clara et la musique électro-acoustique "On passait des heures à écouter des fourchettes tomber par terre et des bulles d’eau remonter à la surface" ; et ces dernières années, les programmations électro-art-contemporain-fooding qui s’imposent dans le paysage culturel de la ville. Dans son obstination nostalgique, il est un peu « ni-ni » : ni art conceptuel, ni culture commerciale ou institutionnelle.

Ce roman mérite le détour pour sa langue inventive, et son sens des formules. Pour autant, il manque de structure, et d’une véritable histoire qui maintiendrait l’intérêt du lecteur, un peu perdu dans le lot de personnages secondaires et les allers-retours entre différentes époques.

Aline

14/09/2020

Croire aux fauves

roman

 

Croire aux fauves

Nastassja MARTIN

Verticales, 2019, 152 p., 12€50

 

Nastassja Martin est anthropologue, spécialiste des populations arctiques. Après avoir vécu plusieurs années avec les indiens Gwich’in, elle a publié une thèse remarquée Les Âmes sauvages. Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska. A leur contact, elle acquiert un ressenti différent avec l’environnement ; elle explore les zones imprécises où l’humain et le non humain dialoguent, mondes de l’animisme, du chamanisme, que la pensée rationnelle peine à cerner.

En 2015 elle est dans la région de Kamtchatka en Sibérie. C’est là que se trouvent le centre d’entraînement et la base secrète de l’armée russe. Mais c’est aussi la terre millénaire des Evènes, peuplade -avec celles des Koriaks et des Itelmènes- dont les hommes sont enrôlés par l’armée russe parce que, sans rennes et sans forêts, ils ne peuvent vivre. Cependant certains, après l’effondrement du bloc communiste, ont choisi une autre vie loin des villages, loin des touristes, loin de l’État ; c’est avec ces familles et plus précisément celle de Daria, qu’elle a noué d’étroites relations.

Elle programme une expédition pour gravir le plus haut volcan du Kamtchatka. Nikolaï et Lanna l’accompagnent, mais à un certain moment elle leur fausse compagnie car elle éprouve le besoin d’être seule et dans le silence. Soudain, elle se trouve face à un ours et c’est l’attaque, un corps à corps brutal et violent : il mord et arrache une partie de sa mâchoire et l’un de ses zygomatiques, il fracture une pommette, il la griffe à la jambe. Pour se défendre, elle le frappe avec son piolet ; l’ours blessé ne la tue pas, il s’enfuit.

L’auteur raconte ce cauchemar, les hospitalisations très éprouvantes aussi bien en Russie qu’en France et les opérations successives pour reconstruire son visage. Mais elle va beaucoup plus loin dans l’analyse et dans les questionnements que suscite cette confrontation soudaine et violente. Elle a le sentiment de porter en elle et pour toujours la trace de l’ours. En croisant son regard, elle a lu dans ses yeux une familiarité et une étrangeté aussi effarantes qu’attachantes. Sans aller jusqu’à se croire devenue à moitié ours, ce que pensent les Evènes, elle est certaine d’avoir partagé avec le fauve un vertige, un instant d’intelligence et de vérité qui les lie l’un à l’autre.

Elle relate des faits troublants, dérangeants pour notre esprit cartésien. Ainsi, quelques jours avant son départ pour le volcan, elle a une forte fièvre et est soignée par Andrei ; il lui parle des esprits des animaux et lui remet une griffe comme protection pendant sa marche, tout en la mettant en garde contre l’esprit de l’ours qui la suit, l’attend et la connaît. Également, le jour de l’attaque, Yvan le fils de Daria perd connaissance. Lorsqu’il recouvre ses esprits, il affirme qu’il est arrivé quelque chose à Nastia. Loin de tout, sans aucune possibilité de communication, il prend son bateau, se rend dans un village à 100 km où il apprend le terrible accident dont elle est victime.

Cette rencontre terrible avec l’ours et le fait qu’il lui ait laissé la vie sauve suscitent chez elle de nombreuses questions et l’amènent à un cheminement intérieur ; elle verra dans cet évènement non une destruction mais une renaissance. Ce récit met également en lumière l’équilibre qui doit animer, idéalement, tout anthropologue, entre l’altérité extérieure et la réflexion intérieure, entre l’enthousiasme et la distance, afin de ne pas se laisser fasciner par le «terrain» au risque de s’y perdre.

Annie

09/09/2020

Quand le spectacle a le goût du sang

roman ado, dystopie, critique des lecteurs

 

Show Stopper

Hayley BARKER

Bayard, 2019, 17€90

Traduit de l'anglais par Laurence Bouvard

 

On suit dans l’histoire Hoshiko et Ben, évoluant des deux côtés du Cirque de l’horreur. Ben en tant que spectateur, qui n’a qu’à se délecter de la mort des artistes, et Hoshiko, la funambule qui doit faire son numéro -à la fin potentiellement mortel.

Mais Ben tombe sous le charme d’Hoshiko, et, pour simplifier, veut l’aider. Elle, Hoshiko, veut que ses « proches » survivent à l’enfer qui se déchaînera, suite à la rencontre des deux protagonistes.

Ce livre contient son lot de personnages attachants, ainsi que d’inhumanité, d’horreur et de mort (parfois violente), mais aussi de petites joies et d’espoir, le tout écrit de façon à ce qu’une fois commencé on ne lâche plus le livre !

Excellent ouvrage. J’ai bien aimé ce livre et le recommande, mais peut-être pas aux enfants trop jeunes. D'ailleurs il est rangé au rayon ados.

Valentine P.

07/09/2020

L'arbre monde

roman étranger, arbre, nature

 

L’arbre-monde

Richard POWERS

Le Cherche Midi, 2018, 550 p., 22€

Traduit de l’anglais par Serge Chauvin

 

La communication des arbres, la place de l’homme dans la nature et nos liens avec elle sont les thèmes centraux du nouveau roman de Richard Powers. Ces sujets, très en vogue actuellement, sont ici traités magistralement. Jusqu’à l’âge de 55 ans, l’auteur ne s’intéressait pas du tout aux arbres.

La découverte près de San Francisco de la forêt de séquoias géants, des arbres de 10 m de diamètre, 100 m de hauteur et plus de 1500 ans, a provoqué chez lui une fascination et une évidence : les arbres ne sont ni des objets ni un matériau à exploiter mais des êtres vivants. Ils sont partie prenante de l’histoire de l’humanité et participent à l’équilibre du monde. A l’arrivée des Européens, 4 grandes forêts primaires s’étendaient sur le territoire nord-américain. 98 % ont disparu ; il en reste 2 % qu’une poignée d’hommes veut sauver.

Richard Powers aborde ce sujet d’une façon originale et passionnante à travers le destin de 9 personnages, des ébréchés de la vie, qui ont chacun une essence d'arbre particulier dans leur histoire spécifique ou pour les représenter. Le roman comporte plusieurs parties, racines, tronc, cime, graines. La première, très dense, se dissémine en neuf longues nouvelles dont chacune aurait pu aboutir à un roman en soi, vertigineux de détails et de conséquences.

Nicholas, artiste dépressif dont la famille, avant de disparaître brutalement, avait réussi à maintenir en vie l’un des derniers châtaigniers d’Amérique, espèce éradiquée au début du 20e siècle suite à une épidémie cryptogamique.

Mimi Ma, dépositaire d’objets précieux amenés par son père, alors étudiant, venu aux États-Unis pour fuir la révolution chinoise. Jeune époux, pour honorer ses parents restés en Chine il plante un mûrier, l’arbre à soie qui a bâti la fortune de sa famille.

Adam dont le père plante un arbre à chaque naissance d’enfant. Pour la sienne, il a choisi un érable. Enfant, il est passionné par les mondes qui l’entourent, les insectes, les pierres, les minéraux, tous à l’exception des êtres humains.

Ray et Dorothy un couple atypique ; malgré un attachement viscéral de Dorothy à la liberté et un refus de tout ce qui s’apparente à la propriété, elle accepte d’épouser Ray. Celui-ci pense solidifier leur union par un acte symbolique : chaque année pour leur anniversaire de mariage, planter un végétal dans leur jardin.

Douglas est un marginal. Engagé dans la guerre au Vietnam, son avion a été touché par un obus ; les branches d’un banian ont amorti sa chute et l’ont sauvé. Il va de petit boulot en petit boulot et finit par planter des semis de sapins par milliers destinés à produire, en quelques années, du bois bon marché.

Neelay, fils d’immigrants indiens devenu paraplégique suite à sa chute d’un arbre, devient un génie des jeux vidéo et l’auteur d’un jeu au succès mondial, inspiré par le débordement du vivant. Il plonge les joueurs au milieu d’un monde animiste, vivant, grouillant, en devenir. A eux d’en décider l’avenir.

Olivia, étudiante, change radicalement de vie après avoir frôlé la mort et pense communiquer directement avec la nature.

Patricia, mal-entendante garde-forestière, est l’auteure d’une thèse révolutionnaire sur la manière dont les végétaux communiquent. Professeur de botanique à l’université, elle explique à ses étudiants que, s’il fallait concentrer la création du monde en une heure, la naissance des sols, des montagnes, des fleuves et des végétaux occuperait une quarantaine de minutes, tandis que l’humanité, elle, n’apparaîtrait que dans les trente dernières secondes. Et le temps de quelques battements de cœur pour détruire, asservir et programmer aveuglément sa propre disparition.

Tous vont, pour une raison ou une autre, converger vers la Californie et s’y rencontrer pour protéger un immense séquoia menacé de destruction, avant de se redéployer à nouveau aux quatre coins du pays, partageant désormais pour le meilleur ou pour le pire une histoire commune. Ils se retrouvent, avec quelques autres, autour d’actions qui les opposent aux puissantes entreprises d’exploitation forestière qui ont transformé la sylviculture en exploitation intensive. Mais que peuvent quelques dizaines d’activistes, certes déterminés, mais démunis face à des dirigeants sans état d’âme et pour qui seul le profit compte ? La répression extrêmement violente bouleverse leur vie.

L’Arbre-monde se découvre comme une forêt. Chênes, séquoias, châtaigniers, érables, aubépines, pins, plaqueminiers, trembles, noyers, bouleaux, acajous… à chaque espèce sa personnalité. Des siècles d’existence pour certaines. Et au  fil de la lecture s’impose, dans un enchevêtrement de lyrisme et de poésie, la vision d’une infinie complexité. Le fouillis, le taillis, le sous-bois, l’humus. L’aérien et le sous-sol. Les réseaux, les échanges d’un bosquet à l’autre, un monde foisonnant où il reste beaucoup à découvrir. 

Richard Powers explore ici le drame écologique et notre lente noyade dans le cyber-world, et nous rappelle que, sans la nature, notre culture n'est que ruine de l'âme. Il  nous enseigne en même temps une leçon qui tient autant de la science que de la philosophie : comment la nature pense, se parle à elle-même et s’organise sans avoir recours à la raison, comment les forêts s’organisent par le biais de vastes réseaux de communication, comment les arbres "imaginent" leur propre destin quand ils font s’étendre leurs branches vers le ciel et leurs racines dans le sol.

Ce roman foisonnant très dense n’est pas toujours d’une lecture facile mais il est riche de connaissances et passionnant. Il ouvre au lecteur une porte sur de multiples interrogations : qui sommes-nous ? Sur quoi fondons-nous nos vies ? Quelle est la place du respect dû à tous les êtres vivants ? Notre économie de croissance et de surproduction a-t-elle seulement un sens, un avenir ? A travers cette approche des grands mythes des arbres fondateurs, ce sont nos fondements de vie qui sont mis en question. Richard Powers a réalisé un énorme travail documentaire et nous offre un roman très abouti et percutant, débordant d’humanité et de générosité, un texte à la gloire du vivant.

Annie P.

04/09/2020

Inge en guerre

roman étranger, Allemagne, guerre mondiale, famille

 

Inge en guerre, récit

Svenja O’DONNELL

Flammarion 2020, 353 p., 22€

Traduit de Inge’s War par Pierre Guglielmina

 

Récit par une journaliste de ce que furent les années 1930 et 1940 pour sa grand-mère. De 2006 à 2017, des conversations éparses avec sa grand-mère lui donnent un aperçu de la jeunesse de celle-ci. Elle revient sur les lieux, fouille archives et correspondance familiale pour reconstituer son histoire. Le récit est d’ailleurs émaillé de quelques photos d’époque en noir et blanc.

"Histoire d’amour et de famille, l’histoire d’une fille d’un pays disparu qui vécut à une époque pendant laquelle l’Europe et son humanité s’étaient effondrées." Ou la seconde guerre, vue par la population civile allemande qui n’a pas été directement touchée par les persécutions nazies.

Le lecteur voit Inge "Pünktchen" passer du statut d’enfant adulée d’une famille bourgeoise de Königsberg, en Poméranie orientale, à celui de jeune fille émancipée, étudiante à la Lette Haus de Berlin. Sa vivacité et sa joie de vivre conquièrent les cœurs de la famille Von Schimmelmann, à commencer par celui du fils, Wolfgang, dont elle s’éprend, et dont on se demande dès le début du récit pourquoi elle ne passera pas sa vie avec lui.

De nombreuses familles allemandes prêtent peu d’attention à la montée du nazisme, et si certains jeunes se rebellent, c’est plutôt sur fond de swing, dans une ambiance assez frivole… jusqu’à ce que les choses se gâtent avec la mobilisation, les revers de la guerre, puis l’exode de certaines régions –dont la Poméranie- devant l’avancée du Front Russe.

Une fois ses recherches commencées, la journaliste ne peut qu’aller de l’avant, même lorsqu’elle touche à des secrets de famille ou des moments douloureux. Le récit est très prenant, malgré le va-et-vient entre le temps de l’enquête et les époques historiques concernées. C'est un témoignage émouvant sur la vie de femmes allemandes qui ont vécu les privations, la culpabilité et l'horreur.

Aline