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27/01/2021

Palmarès du concours de création des Nuits de la Lecture

Un très grand merci à tous les participants au concours des Nuits de la Lecture pour leurs merveilleuses propositions pour réenchanter le monde!

Ce fut un très grand plaisir de découvrir les très nombreuses créations qui nous sont parvenues des quatre coins de la COPAMO.

Découvrez les enregistrements audio en cliquant ici

 

 

nuits de la lecture; concours; créations,illustrations,écriture

Les lauréats ont eu le plaisir de recevoir en cadeau des chèques-lire offerts par le Ministère de la Culture, ainsi que des petites surprises concoctées par les bibliothécaires du réseau et la librairie LULU.

Un cadeau de participation attend également les non-lauréats de Soucieu!

BRAVO!!!!!!!!!!!

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26/01/2021

Un monde à porté de main

roman, art

 

Un monde à portée de main

Maylis de Kerangal

éd. Verticales, 2018, 288 p., 20€

 

Avec ce roman Maylis de Kerangal nous fait découvrir, avec talent, l’art du trompe-l’oeil et interroge sur l’artifice et la frontière entre illusion et réalité.

Paula rêvait d'être artiste, elle sera peintre en décor, elle apprendra les trompe-l’œil, les bois et les marbres, elle créera l'illusion sur les murs, les plafonds, au cinéma, jusqu'à la consécration, jusqu'au projet qui la touchera jusqu'au plus profond de son âme. Avec en toile de fond, Jonas, toujours.

Après avoir passé son bac et cherché sa voie pendant 2 ans sans beaucoup de conviction, Paula se découvre une sensibilité d’artiste.  Après quelques mois dans une école préparatoire aux Beaux-Arts, elle abandonne et subitement décide d’intégrer le prestigieux Institut Supérieur de peinture de décors à Bruxelles.  La formation est courte, 6 mois mais intense ; la charge de travail est violente pour une étudiante comme elle, peu habituée à l’effort. La pratique en atelier est très physique, épuisante et douloureuse. Mais elle s’accroche.

Copier n’est pas si simple. Pour imiter le bois, il faut sentir la forêt, établir une relation avec elle. Pour peindre les marbres, il faut accepter des codes de représentation stricts, une syntaxe, un vocabulaire rigoureux, scruter leur spécificité, différencier les marbres de Carrare, Grand antique, Labrador, Henriette blonde, Fleur de pécher, Griotte d’Italie, se familiariser avec les couleurs Vert de Polcevera, mischio de San Siro, albâtre du mont Gazzo. Paula apprend  à développer son sens de l’observation, à maîtriser ses gestes, à pénétrer dans la matière même de la nature, à explorer sa forme pour capter sa structure.

Elle partage cet enseignement avec une vingtaine d’élèves venus d’horizons divers pour des raisons bien différentes. Après quelques semaines, ils finissent par constituer une petite communauté. Paula se lie d'amitié avec Kate, débrouillarde et impulsive et noue une relation ambiguë avec son co-locataire Jonas, secret, énigmatique et surdoué. Le diplôme obtenu, ils suivront chacun leur route mais resteront en contact.

Pendant 5 ans Paula enchaîne des chantiers modestes, s’assurant ainsi une autonomie matérielle fragile mais réelle.  Au fil des expériences, elle gagne en professionnalisme. Elle acquiert une petite notoriété lui offrant des chantiers de plus en plus intéressants. Elle devient nomade, se déplace au gré des contrats, s’adapte à toutes les pratiques, à tous les protocoles, à tous les rythmes. Mais cette précarité, cette instabilité la rendent vulnérable. Ni les amours, ni les amitiés ne durent. Sa vie devient un tourbillon qu’elle ne maîtrise pas.

Et un jour, un appel de Jonas bouleverse son existence. Il offre à Paula le fac similé ultime : participer à la réplique IV de la grotte de Lascaux. « Ce chantier est pour toi. Une caverne cabossée, des peintures rouges et noires, des taureaux, des rennes, la chapelle Sixtine de la Préhistoire ». Paula se passionne pour ce chantier hors du commun, et elle parvient enfin à sortir du décor et à s'inventer pleinement, découvrant la vertigineuse profondeur du vrai monde et un amour véritable.

Maylis de Kerangal, comme dans ses autres romans, s'approprie le lexique technique pour décrire avec précision l'univers qu'elle présente. Tout est précis, détaillé.  Elle invite à une réflexion sur l’Art, la création et la copie. Mais elle livre aussi une analyse fine et subtile de l’enseignement, des rapports familiaux, de l’amitié et de l’amour. Un bon roman.

Annie

18:41 Publié dans critiques de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman, art

22/01/2021

Cogito

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Cogito

Victor Dixen

R. Laffont, mai 2019, 537 p., 19€90

 

Roxane, 18 ans, rebelle depuis le décès accidentel de sa mère, pour lequel elle blâme en vrac la société de plus en plus automatisée et son père, sombre dans la provocation et la petite délinquance avec sa bande de "Clébardes".

Sa seule chance de décrocher le BAC (Brevet d’Accès aux Corporations) est d’obtenir une bourse pour un stage de « science infuse », remise à niveau neuronal organisé par la corporation Noosynth. Mais que faire quand le stage de cyber-bachotage en île paradisiaque vire au cauchemar ?

Beaucoup d’action et de revirements dans ce roman de science-fiction teinté de philosophie, en un seul tome. Il est facile à lire, mais questionne sur ce qu’est la pensée, sur ce qui fait la spécificité de la pensée humaine par rapport à l’intelligence artificielle. Victor Dixen fait appel aux grands philosophes ou théoriciens de l’humanité : Descartes et Rousseau sont évoqués, mais aussi Turing, Asimov ou Ada Lovelace. Parfait pour les lycéens, ce roman a d'ailleurs gagné leur prix Imaginales 2020.

Aline

18/01/2021

Nos horaires s'adaptent au couvre-feu

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13:47 Publié dans Accueil | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : horaires

09/01/2021

à saute-livres, le meilleur des livres pour enfants

Toute l’année, un comité de lecture de bibliothécaires de Lyon et Rhône se réunit afin de lire, acheter et mettre en valeur le meilleur de la littérature jeunesse.

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Pour vos choix de lecture ou les cadeaux aux enfants (même si Noël est déjà passé) vous pouvez consulter notre sélection officielle, ou nous retrouver sur le site A Saute-Livres  pour de nouvelles découvertes.

La plupart de ces titres sont disponibles dans les médiathèques du réseau.

07/01/2021

La transparence du temps

Cuba, roman policier

 

La transparence du temps

Leonardo Padura

Métailié (Bibliothèque Hispano-Américaine), 2019, 426 p., 23€

 

Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et auteur de scénarios pour le cinéma. Il a obtenu de nombreux prix littéraires. Il a créé le personnage de Mario Condé, son double, avec Passé parfait paru en 2008.

Amateur de rhum, de café et de littérature, Mario Condé aime savourer les plaisirs de la vie. Ex-inspecteur reconverti dans la recherche et l’achat de vieux livres, il mène des enquêtes officieuses au gré des demandes, tout en promenant son spleen dans La Havane, entouré par ses fidèles amis, une génération qui n'a connu de l'utopie que le goût amer de la désillusion. Un anti-flic pas très méthodique qui se fie essentiellement à ses intuitions et ses pressentiments.

Dans La transparence du temps, Leonardo Padura emmène le lecteur dans le milieu des marchands d’art de La Havane, ainsi qu’à travers les siècles. Mario Condé voit avec inquiétude approcher son soixantième anniversaire. Il réalise qu’il vieillit et son moral est au plus bas. De surcroît sa recherche d’ouvrages rares s’avère de plus en plus difficile.

C’est dans cet état d’esprit qu’il reçoit l’appel d’un ancien camarade de lycée, Bobby, spécialisé dans l‘achat et la vente d’objets précieux et d’œuvres d’art. Une statue miraculeuse de Vierge en bois noir lui a été dérobée par son amant Raydel. Elle n’a pas de valeur marchande, explique-t-il, mais une valeur sentimentale, car elle a été amenée de Catalogne en 1936 par son grand-père venu s’installer à La Havane pour fuir la guerre civile espagnole. 

Mario Conde s’embarque alors dans une aventure pleine de rebondissements qui le conduira de la misère des bidonvilles où survit péniblement toute une population de migrants venus de Santiago à la richesse insolente des marchands d’art et des nouveaux riches sans scrupules et au mode de vie très confortable.

L’origine médiévale de la Vierge noire sert de prétexte à l’auteur pour nous faire remonter le temps et nous plonger dans plusieurs faits historiques marquants : La prise de St Jean d‘Acre en 1291 par les troupes du sultan Khalil al-Ashraf qui sonne la fin de la conquête de la Terre Sainte ; La persécution, la condamnation et la dissolution de l’ordre des Templiers en 1307 par Philippe IV ; La guerre entre Catalans au XVème siècle, menée au détriment de la population par des seigneurs avides de puissance. 

La statue est chaque fois protégée et sauvée et termine son périple en 1472 dans un petit hameau pyrénéen où le seigneur du coin, Jaume Pallard, fait édifier une chapelle pour remercier la Vierge de l’avoir ramené à la vie. Pendant des siècles elle est adorée et remerciée pour ses miracles jusqu’en 1936 où elle est à nouveau enlevée et traverse l’océan...

Nous retrouvons, à travers les turbulences du temps, Antoni Barral, personnage intemporel dont le destin est inéluctablement lié à celui de la statue. « Il pensa alors qu'il voyait le temps à travers la transparence d'une goutte de pluie accrochée à une branche. Ou en franchissant les années, à travers la transparence cristalline d'une larme qu'un état d'âme altéré mais incoercible avait arraché à ses yeux. »

Une nouvelle fois, ce roman sert à présenter l’existence quotidienne de la population cubaine, l’atmosphère sociale et politique, ainsi que les changements qui sont en train de s’y opérer. Leonardo Padura décrit d’ailleurs ses romans noirs comme des « chroniques sociales qui, pour se mettre en place, partent d’un délit, ou d’un homicide ».

Avec force et sensibilité, il communique son amour de Cuba, de La Havane et de son quartier, son sens aigu de l’amitié et son attachement aux valeurs épicuriennes, vaille que vaille. Il nous émeut par ses accès de mélancolie, son désenchantement et sa capacité à résister à la fatalité avec le soutien indéfectible de ses amis de toujours et de l’amour de sa vie, Tamara. Ce roman mêlant intrigue policière et voyage dans le temps est absolument passionnant.

Annie