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22/12/2021

La bonne chance

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La bonne chance
Rosa Montero
Métailié (Bibliothèque Hispanique), sept 2021, 20€
Traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse

 

Voilà un livre qu’on ouvre et qu’on ne lâche pas.

Dès les premières pages on s’interroge : Pour quelles raison Pablo Hernando, 54 ans,  architecte de réputation mondiale, décide t-il, dans le train qui l’amène à Malaga pour une conférence, de rebrousser chemin jusqu’à la petite ville de Pozonegro, où une pancarte « à vendre » posé sur un balcon délabré, a attiré son attention ? La localité, autrefois un centre minier, est sinistre, maisons écroulées, commerces fermés, terrains vagues remplis de  gravats.  Désertée par la plupart de ses habitants, seul un supermarché apporte un peu de gaieté.

Il achète, dès son arrivée, un appartement déprimant, stores cassés, barreaux rouillés, carrelage crasseux, pas de meubles, et 17 fois par jour un vacarme assourdissant à chaque passage de train ! Que fuit-il ? Quel fardeau porte-t-il ? Qu’espère-t-il en s’isolant dans un endroit aussi déshérité ?

Ses associées et notamment Regina, avec qui il a eu des aventures sans lendemain s’inquiètent de son absence : il ne répond ni au téléphone ni aux mails. Ils préviennent la police de sa disparition. Elle retrouve rapidement sa trace, car ses comptes bancaires (ce que l’intéressé ignore) sont sous surveillance depuis l’évasion de prison d’un dénommé Marcos Santo. Quel lien les unit ? Quel secret dissimule Pablo ? Pourquoi se comporte-t-il de manière aussi étrange ?

Il ne veut se lier avec personne mais sa rencontre avec Raluca va contrecarrer ses plans. Caissière au hypermarché, Raluca, lumineuse, attachante et généreuse, malgré une enfance douloureuse et les traumatismes subis, croit en la joie, croit en la vie. Elle va apprendre à Pablo à surmonter ses peurs, pour retrouver le goût de vivre et renaître.

Beaucoup de suspense dans ce récit, et une intrigue intense qui dévoile peu à peu le mystère de cet homme et, ce faisant, explore nos pulsions, la peur, la culpabilité, la haine et la passion. Le Mal est omniprésent mais le Bien, en la personne de Raluca, éclaire magnifiquement les ténèbres.  

C’est une histoire d’amour et aussi d’amour de la vie ; après chaque défaite il peut y avoir un nouveau début et la bonne chance est une façon de regarder le monde d’une autre manière.

Annie P.

15/12/2021

Bouillon de prix

Ce 18 novembre, les lecteurs du "Bouillon" se sont retrouvés autour des sélections des prix littéraires.

Mon mari.jpgMon mari
Maud Ventura
L’Iconoclaste, août 2021, 19€

Un couple qui dure depuis 15 ans. Une femme toujours amoureuse comme une adolescente. Son esprit est totalement préoccupé par sa passion. Elle se doit d’être parfaite, elle note dans ses petits carnets secrets, les fautes, les erreurs de « son mari ». Pour chacune des fautes une punition lui est attribuée. Elle va tromper son mari pour, selon elle, contrer cette passion trop envahissante.
Avis partagés : la lecture est gênée par de trop nombreux « mon mari », et le manque de prénom des 2 personnages principaux. Cette femme agace, émeut et dérange. Elle est détestable envers ses enfants. A la moitié du livre le récit s’essouffle un peu, la folie grandit et on attend la fin. Ce livre est un questionnement sur la vie de couple, la dépendance affective, la paranoïa et la passion. En revanche, j’ai adoré l’épilogue !

 

ne t'arrête pas de courir.jpgNe t’arrête pas de courir
Mathieu Palin
L’Iconoclaste, août 2021, 19€
Prix Interallié 2021

Toumany Coulibaly a une double vie : champion de France du 400 mètres, il est aussi voleur. Malgré le sport et les victoires il ne peut s’empêcher de voler. Arrêter et incarcéré c’est après de longs mois de réflexion qu’il accepte de rencontrer Mathieu Palain. Tous deux sont issus de la banlieue sud de Paris. Au cours de ces 2 années de rencontre hebdomadaire, une complicité se crée entre les deux hommes du même âge. Toumany est le 5ème d’une fratrie de 18 enfants, ses frères et sœurs n’ont pas connu de problème avec la justice tous ont une bonne situation.
Récit touchant, facile à lire, d’une réalité saisissante.

 

s'adapter.jpgS’adapter
Clara Dupont-Monod
Stock (La Bleue), août 2021, 18€50
Prix Femina 2021 / Prix Goncourt des lycéens 2021

Un enfant allongé, inadapté, le troisième de la fratrie. L’aîné est surprotecteur, toujours aux petits soins pour son frère. Trois parties pour trois points de vue : l’aîné très proche, la cadette révoltée, et Benjamin qui doit prendre la place de l’inadapté.
Un livre magnifique et lumineux qui rend hommage au handicap dans les familles.

 

fenua.jpgFenua
Patrick Deville
Seuil (Fiction & Cie), août 2021, 20€

La Polynésie, les îles, un récit plein de rencontres et d’histoires, de voyages. On peut y croiser Gustave Viaud frère de Pierre Loti, Melville, Gauguin, dans un enchaînement d’espaces et d’histoires. La colonisation et l’indépendance de la région sont largement évoquées.
J’ai adoré ! Comme toujours l’auteur nous régale de voyages et d’histoires, bien documentés.

 

Elise sur les chemins.jpgElise sur les chemins
Bérangère Cournut
Le Tripode, octobre 2021, 15€

Elise fait partie d’une fratrie de 8 enfants, toute la famille vie en autarcie en relation avec la nature. Mais un jour la jeune fille qui sa famille et sa terre pour retrouver ses deux frères déjà partis.
Livre rédigé en vers, conte imaginaire, envoûtant, on se laisse porter, c’est surprenant.

 

des jours sauvages.jpgDes jours sauvages
Xiabi Molia
Seuil (Fiction & Cie), août 2020, 19€
Sélection des meilleurs romans Point

Ce roman d’aventure retrace l’histoire d’une pandémie. Des hommes et femmes fuient, font naufrage, arrivent sur une île inconnue. Certains veulent construire un radeau pour repartir, d’autres veulent à tout prix protéger le secret de la découverte de cette île.
Un roman intéressant sur la réaction des personnes qui, suite à une catastrophe, ne réagissent pas tous de la même façon.

 

premier sang.jpgPremier sang
Amélie Nothomb
Albin Michel, août 2021, 17€90
Prix Renaudot 2021

C’est l’histoire de Patrick le père d’Amélie Nothomb. Un père orphelin, élevé par ses grands-parents, qui décident que leur petit fils est mollasson, angélique. Pour le sortir du cadre familial lors des vacances il est envoyé chez son oncle un baron fantasque et déjanté en compagnie de ses cousins et cousines. Le château de son oncle est en ruine, il n’y a pas beaucoup d’argent, pas beaucoup de nourriture et aucun confort matériel mais l’ambiance et bonne, il est avec des enfants et il apprend à jouer au foot, même s’il est souvent bousculé par ses cousins.
Sans doute l’un des meilleurs romans de l’autrice.

 

s'en aller.jpgS’en aller
Sophie d’Aubreby
Inculte éditions, août 2021, 18€90

Adolescente d’après la première guerre mondiale, Carmen se retrouve devant le choix de se marier ou partir. Elle part à 16 ans déguisée en homme sur un bateau de pêche, et va choisir sa vie. Le roman couvre 3 périodes : après 1918 durant 39/45 et après 45.
Une écriture sensible et un personnage attachant. Hymne à la liberté, la femme, l’émancipation, ce premier roman est impressionnant par la qualité de son écriture, et sa capacité à nous faire ressentir ses choix.

 

Prochain bouillon
16 décembre 2021 20h à la bibliothèque de Chassagny
Auteurs : Gaëlle JOSSE et Franck BOUYSSE

03/12/2021

Prix Mezzanine à Brindas

Prix Mezzanine 2021 chez nos voisins de Brindas, le beau roman choisi à l'unanimité est

là où chantent les écrevisses.jpg

Là où chantent les écrevisses
Delia OWENS
Seuil, 2020, 21€50

"Ouvrir ce livre, chant de survivance et d'amour, c'est comme se poster là, dans la clairière, pour voir surgir des bosquets de palmiers nains la brune Kya, ses pieds foulant l'humus, son regard noir et sauvage, farouche, toujours à l'affut, et tenant une nouvelle plume à la main comme un trésor..." (Newsletter de la bibliothèque de Brindas)

A Soucieu aussi ce roman rencontre un grand succès !