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27/12/2016

Hell.com

roman étranger,canada,thriller

HELL.COM Toute entrée est définitive

Patrick Senecal

Fleuve noir, 2016

(Ed. Alire, 2009 au Québec)

Le milliardaire Daniel Saul incarne la réussite insolente. Arrogant, il ne reconnait d’autres limites que celles qu’il se fixe, à l’image de son nouveau projet immobilier : le rachat d’églises désertées pour les transformer en lofts de luxe. Son audace a attiré l’attention de Martin Charron, un ancien « camarade » de collège. Mais Charron était à l’époque le souffre-douleur de la bande de Daniel… Maintenant, ce n’est plus lui qui subit, il propose à Daniel de l’initier à de nouveaux plaisir réservés aux hommes de leur caste. Il l‘invite à s’inscrire à un site internet Hell.com qui permet en payant de fortes sommes d’accéder aux fantasmes les plus fous. Mais une fois ouvertes les portes de l’enfer, il est impossible de faire marche arrière…

Auteur québéquois de thrillers, Patrick Sénécal (1967- ) écrit ici un roman cru et violent. Je n’ai pas aimé cet étalage de perversité.

Georgette

26/12/2016

auteurs franco-canadiens

Pour commencer, une petite polémique sur l’utilisation du joual,  présent dans les dialogues de plusieurs auteurs, à commencer par Michel Tremblay. Ce parler fleuri de nos cousins francophones d’outre-Atlantique gêne quelques lectrices, qui le trouvent trop familier pour être présent en littérature. Mais la plupart trouvent qu’il ajoute au charme du texte, lui apportant authenticité et fraîcheur. Oui, cela représente parfois un défi pour « nous autres » français de France, de retrouver la signification d’un mot vieilli autrement que chez nous, ou d’un mot anglais francisé, ou une tournure de phrase à la grammaire étrange. Mais quelle musicalité dans ces dialogues qui font chanter la langue française, et quel meilleur moyen se rapprocher de personnages dont c’est réellement la parlure ?!

 

roman étranger,canadaLe club des miracles relatifs (2016)

Nancy Huston (1953-   )

Science-fiction : dans un monde hostile aux faibles, aux « différents », nait un enfant surdoué, inquiet. Il part à la recherche de son père, parti dans l'Ouest faute de droits de pêche. Est-ce un message écologique ? De nombreux flashbacks rendent la lecture difficile. L’écriture est bizarre dans la mise en page, se veut poétique ? Pas inoubliable.

Par contre, lire absolument Lignes de faille, prix Femina 2006 ! L’histoire va de 2004 à 1944, Ukrainiens, Juifs, Lebensraum, de Haifa à Toronto et New York… en remontant une lignée. Tous les lecteurs du Bouillon l'ont trouvé remarquable ! Plus discutés, voir aussi sur ce blog, Infrarouge (2010) et Danse noire (2013).

 

roman étranger,canadaLe cahier noir (2003)

Michel Tremblay (1942-   )

Dans la série des trois cahiers de Céline, le noir est le premier. Les faits relatés se passent à Montréal, en 1966. Le récit est émaillé d’expressions québécoises. Céline Poulin, 20 ans, travaille comme serveuse dans une brasserie du quartier populaire. Parce qu’elle est naine, elle est rejetée par sa famille, et surtout par sa mère alcoolique, alors que c’est une boule d’énergie, attirée par le théâtre pour être comme les autres. Parallèle entre la tragédie grecque et l’histoire de Céline, femme différente, qui doit se battre plus que les autres. Très dense, parfois comique, le plus souvent tragique.

 

Bonheur d’occasion (1945)

Gabrielle Roy (1909-1983)

Premier roman de cet auteur classique franco-canadien, qui lui a valu une grande notoriété, (Prix Femina en 1947), Bonheur d’occasion s’attache au quotidien et à la misère des petites gens du quartier de Saint Henri à Montréal en 1940, alors que la ville souffre encore des conséquences de la grande dépression.

roman étranger,canada

Gabrielle Roy et les enfants du quartier Saint Henri, par Conrad Poirier https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=34366565

 

roman étranger,canadaLe bruit des choses vivantes (1991)

Elise Turcotte (1957-   )

Premier roman de l’auteur après plusieurs recueils de poésie. Une très belle histoire à l’écriture poétique –quoique pas très facile d’accès- qui raconte le lien fusionnel entre une jeune mère séparée et sa fillette de 3-4 ans. C’est  presque un huis clos, durant un an, le temps d’une reconstruction, le regard intérieur de cette jeune femme, allant vers une ouverture  sur le monde qui l’entoure.

 

roman étranger,canadaVa savoir (1994)

Réjean Ducharme (1941-   )

Tandis que sa femme (Mamie) s’évite en courant le monde, Rémi Vavasseur s’échine à retaper une vieille maison dans l’espoir –assez mince- qu’elle l’y rejoindra. On trouve aussi dans ce récit : les rapports aux voisins, l’entraide, la relation avec une enfant qui lui rend visite. L’écriture de Réjean Ducharme est particulière, pleine de jeux sur les mots et la syntaxe.

 

roman étranger,canadaUn petit pas pour l’homme (2012)

Stéphane Dompierre (1970-   )

Daniel a 30 ans, et vient juste de larguer sa copine pour entamer une vie libérée de célibataire. Ce petit roman plein d’humour détaille les étapes classiques par lesquelles il passe : phase 1 : ce soir je baise / phase 2 : je ne veux plus voir personne / phase 3 : appelez-moi quelqu'un / phase 4 : on est bien, tout seul / phase 5 : j'suis amoureux. Humour masculin léger… cachant une réelle remise en question.

 

roman étranger,canadaLa petite et le vieux (2010)

Marie-Renée Lavoie (1974-    )

A 8 ans, Hélène se fait appeler Joe, parce qu’elle voudrait, comme un garçon accomplir des exploits.

En attendant, elle se contente d’aider discrètement ses parents en gagnant quelques sous avec la distribution des journaux, et se lie d’amitié avec un vieux voisin au bout du rouleau. Avec un regard frais et tendre d’enfant qui découvre la vie, l’auteur nous parle de la réalité des adultes pas toujours bien rose, dans  la société des années 1980 dans un quartier un peu miteux de Québec. Un récit tendre, généreux et attachant, aux accents québequois savoureux.

 

roman étranger,canadaUn dimanche à la piscine à Kigali (2000)

Gil Courtemanche (1943-2011)

Journaliste et scénariste québequois en Afrique, l’auteur a signé de nombreux documentaires sur le tiers monde. Publié en 2000, l'histoire raconte une relation amoureuse entre un Canadien expatrié d'un certain âge et une jeune Rwandaise à Kigali, la capitale du Rwanda. Toute l'intrigue est construite autour du génocide rwandais de 1994, et de l'épidémie de SIDA.  En 2006, le roman a été adapté au cinéma par Robert Favreau « Un dimanche à Kigali ».

 

roman étranger,canadaLa tournée d’automne (1993)

Jacques Poulin (1937-   )

Le chauffeur du bibliobus, acceptant mal de vieillir, a décidé que cette tournée d’automne serait sa dernière. Mais sa rencontre avec Marie, la cinquantaine, régisseur d’une petite tournée d’artistes, change la donne. On a envie de les suivre dans les villages entre Québec et la côte nord du Saint Laurent. Pudique et intimiste, un roman plein de douceur.

 

Voir aussi Catherine Mavrikakis (1961- ), Samuel Archibald (1978- ), et les critiques de livres de Patrick Sénécal (1967- ), Monique Proulx (1952- ), Jocelyne Saucier (1948- ), et Marie Laberge (1950- )…

21/11/2016

Juliette

roman, mode

 

Juliette, la mode au bout des doigts

Gwenaële Barussaud

Fleurus (Les lumières de Paris), 2015

 

Juliette, 15 ans, est la fille d’un canut de la Croix Rousse qui tisse de belles soieries. Parce qu’elle est atteinte de tuberculose, elle doit quitter l’atelier, et grâce à l’intervention d’un oncle, elle « monte » à Paris où elle est embauchée comme vendeuse dans un grand magasin de mode «L’élégance Parisienne ».

Très vite Juliette s’apercevra qu’elle a un vrai talent pour dessiner des modèles de robes et elle deviendra la créatrice de mode de Cordélia la fille d’un riche industriel.

Ce roman fait penser un peu à ceux de Zola avec la description de la pauvreté des canuts qui n’arrivent plus à vivre de leur travail car les parisiennes préfèrent acheter des tissus de mauvaise qualité mais moins chers. Très belle description de Paris sous Napoléon III où la misère côtoie l’excentricité et la frivolité de la bourgeoisie nouvelle et ancienne.

Nicole L.

25/09/2016

La fille au revolver

roman étranger, amérique, justice, secret de familleLa fille au revolver

Amy STEWART

Ed. 10/18 (Grands détectives), 480 p., 8.80€

Traduit de l’américain Girl waits with gun par Elisabeth Kern

 

Basé sur l’histoire vraie de Constance Kopp, l’une des premières femmes shérifs-adjoints d’Amérique, c’est le récit drôle et édifiant d’une jeune fille prête à tout pour protéger sa famille.

Dans le fin fond du New-Jersey, Constance et ses deux sœurs sont isolées du monde. Leur vie bascule lorsque le propriétaire d’une fabrique de soie renverse leur carriole au volant de son automobile. Ce qui n’aurait été qu’un banal litige devient une bataille rangée avec des voyous habitués au chantage et à l’intimidation. Elles pourront compter sur l’aide d’un shérif progressiste qui confiera à Constance un revolver et une étoile en ce début du XXe siècle, dans cette Amérique puritaine où les hôtels sont unisexe (pour les femmes seules) et où les patrons de l’industrie jouissent d’une impunité et d’un « droit de cuissage » sur leurs employées.

Portraits de femmes courageuses, déterminées à obtenir justice et à préserver un secret de famille.

Georgette

29/08/2016

Calendrier 2016 2017 du Bouillon de lecture

 Bouillon de lecture

pour tous les amateurs de livres !

RV à 20h15 le 2e jeudi du mois, dans les bibliothèques du secteur, autour des gourmandises du moment

 

Jeudi 8 septembre à Soucieu : lectures d’été

Jeudi 13 octobre à Chassagny : auteurs allemands 

Jeudi 10 novembre à St Laurent : autour de la mode…

Jeudi 15 déc. à Orliénas : canadiens francophones

Jeudi 12 janvier à Soucieu : coups de coeur

Jeudi 9 février à St Laurent : l'exil

Jeudi 9 mars à Chassagny : auteurs Grecs

Jeudi 13 avril à Orliénas : Eduardo Mendoza

Jeudi 11 mai à Soucieu : auteurs Russes

Jeudi 8 juin à Chassagny : auteurs Italiens

07/07/2016

Jeanne Benameur

Gâteau à la farine de châtaignes et compote de pommes au sirop d'érable et calvados !! C'est le menu d'accueil préparé pour le "bouillon" de mai 2016 à Saint-Laurent d'Agny, avant de se pencher sur les nombreux romans de Jeanne Benameur, pour ados et adultes,  lus au minimum par 3 personnes chacun.

Jeanne Benameur née en Algérie en 1952, est venue à 5 ans à la Rochelle, a été professeur avant de vivre de sa plume. Nous la sentons proche de ses lecteurs par sa grande humanité, compassion envers les solitaires, les déracinés, une personnalité attachante.

 

romanVivre , c'est risquer 

regroupe 4 romans ados, bien écrits, sans fioritures : le quotidien de gens ordinaires transcendés par l’amour, l’amitié, l’entraide. Il se passe peu d’événements, la réflexion domine.

Quitte ta mère : Bastien grandit pendant les vacances au bord de la mer chez son grand père, veuf, se laissant aller. Il décide de rester vivre avec lui.

Si même les arbres meurent (2000) : drame de l'accident et de la mort du père vécus par les deux enfants complices et « retirés » du monde.

La boutique jaune : entraide, soutien aux immigrés, retour sur le passé d'une petite ville.

Une heure, une vie (2004) : Séparation des parents, leur fille s'invente des vies, belle histoire d'amour.

 

romanOtages intimes (2015)

Un photographe de guerre Etienne a été libéré, c'est sa difficulté à « revivre », se réadapter.

Beau portrait de la mère qui a fait connaître la musique aux 3 enfants, retour sur le passé de chacun.

 

romanLes Demeurées  (2000)

Son premier roman pour adultes, court et poignant. Fusion totale entre une petite fille et sa mère, rejetée par le village parce que « abrutie». Arrivée d’une institutrice qui essaie d'éveiller la fillette… Vocabulaire choisi, une tragédie à l'antique d'une magnifique intensité.

 

romanPas assez pour faire une femme (2007)

Réflexion sur la condition de la femme dans les années 70, une jeune étudiante réfléchit sur la non-liberté de sa maman inféodée à son mari.

 

Le Ramadan de la parole (2007)

Dialogue entre une mère et sa fille à l'adolescence, sous forme de 3 histoires de jeune fille : une en rébellion / une qui ne parle pas / une qui s'oppose à la marchandisation du corps de sa mère par la publicité.

 

romanLes insurrections singulières (2011)

Un garçon de 40 ans travaillant dans l'usine de son père s'insurge contre la délocalisation au Brésil.

 

romanÇa t'apprendra à vivre (2003)

A  5 ans, en 1958, elle vit dans la prison dont le père est directeur en Algérie, puis elle déménage à la Rochelle. Comment s'habituer au déracinement ?

 

romanProfanes (2012)

Un chirurgien à la retraite organise ses vieux jours en employant 4 personnes qui ne doivent pas entrer en contact. Il a perdu sa fille très jeune, sa femme est partie. Globalement, ce roman a beaucoup plu, mais son interprétation varie selon les lectrices : est-il est égoïste et dominateur, ou bien, est-ce un homme qui se cherche, qui a besoin de s'entourer pour survivre.

 

romanLes mains libres (2004)

Une femme âgée maintient chaque chose absolument à sa place dans l’appartement de son mari disparu. Son espace de liberté est contenu dans les brochures de voyages qui la font rêver. Jusqu’à sa rencontre, esquissée mais intense, avec un jeune homme aux mains voleuses. Un roman intense autour du vide, de la lecture et de la liberté.

 

Nous avons aussi évoqué Laver les ombres (2008), et les Reliques (2005).

11/05/2016

Charlie le simple

premier roman,irlandeCharlie le simple

Ciaran COLLINS

Ed. J. Losfeld (littérature étrangère), 2015, 418 p., 26.50 €

Traduit de l’Irlandais The Gamal par Marie-Hélène Dumas

Aujourd’hui, an dubh est là… (le noir, la déprime).  Charlie écrit laborieusement les 1000 mots par jour que son psy, le Dr Quinn, lui a prescrits comme thérapie. Il tourne autour du pot et évite de penser à ce qui l’obsède : la tragédie vécue par ses seuls amis, James et Sinéad.

Charlie est un gamal, un simplet, mais par là-même un observateur privilégié : « En Irlande, si vous faites le débile, les gens vous disent d’arrêter de jouer au gamal. Mais personne pensait que je jouais. En tout cas quand les gens croient que vous êtes un peu simple vous pouvez les fixer. En général ils s’en fichent parce qu’ils croient que vous n’êtes pas normal ».

A Ballyronan, Irlande, le ressentiment contre les anglais n’a pas totalement disparu. Les parents de James, anglais, restaurent les ruines du Kent Castle, et l’envoient à l’école des Irlandais catholiques, où il se fait une place grâce à ses multiples talents : il est doué en particulier pour le football gaélique (aune de la virilité pour les jeunes gens). Sinead, issue d’un milieu défavorisé d’alcooliques, est pourtant une jeune fille rayonnante, possédant une présence et une voix extraordinaires.

C’est la musique qui réunit ces trois amis : ils l’écoutent ensemble, composent, chantent… « Des fois, peut-être juste un couplet. Peut-être même une chanson entière. Mais le plus souvent juste quelques secondes dans une chanson, le son qu’ils avaient. Celui de la voix de Sinéad. Avec James au piano. Des fois le son qu’ils avaient était quelque chose qui s’élevait. La très très très rare beauté, que c’était. Sous forme de son… Je crois que tous ceux qui auraient entendu la voix de Sinéad auraient voulu en entendre plus… Sinéad était plus-que. De la même façon que les gens me trouvent moins-que. Y avait cette chanson qu’ils chantaient pas mais qu’ils disaient. Ils disaient juste les paroles et James qui jouait au piano un air lent, doux et étrange. C’était Sinéad qui avait trouvé la mélodie. Simple et magique vu que cette mélodie elle jouait des tours à votre cœur…»

Charlie le narrateur ne cherche pas à plaire, mais à établir la vérité. Le lecteur est prévenu dès le départ que les choses tournent mal, sans savoir quoi : « Mais James avait un point faible… il pensait que personne pouvait constituer une menace pour lui vous voyez. Ne pas avoir peur est dangereux. La peur est ce qui nous protège, non ? ». Le récit, un peu (trop) long, progresse lentement dans l’histoire, au gré de multiples détours imposés par la répugnance de Charlie à revivre son traumatisme. Certains passages très intéressants  plongent dans une ambiance irlandaise rurale typique.

« Il faut que je vous explique ce que sont nos camps d’été irlandais. L’irlandais est une langue. Ouais, on avait notre langue à nous jusqu’à ce que les Anglais arrivent et nous fichent notre pâtée et nous empêchent de la parler. Donc en tout cas huit cents ans plus tard on a fini par battre ces connards et maintenant l’Irlande fia tplus partie de la Grande-Bretagne. Nous voilà donc avec notre pays à nous, sauf que la moitié des Irlandais ont oublié leur langue. Ceux qui nous dirigeaient à ce moment-là ont essayé de trouver commend au nom du ciel nous la faire parler. Ils se sont aperçus qu’il restait dans le trou du cul du monde sur la côte ouest et les petites îles d’en face des gens qui utilisaient encore tous les jours l’irlandais. Vu qu’y avait pas de bonne terre arable à voler, rien que des cailloux, les Anglais ne s’étaient pas intéressés à ces endroits. Alors pendant huit cents ans ces gens avaient échappé à une sacrée bonne trempe et à l’obligation de parler anglais. Quand l’Irlande est redevenue libre, ces coins-là et eux seuls étaient pleins de gens qui parlaient irlandais et de musique diddly-idle-dee et de danses traditionnelles et d’étranges chants anciens appelés sean-nos. Bon. D’accord. Donc le gouvernement a organisé des camps d’été dans ces endroits et il a payé et les jeunes de tout le pays passaient quelques semaines hébergés par des familles de là-bas ou dormant dans les dortoirs des camps et allant tous en classe apprendre l’irlandais… »

Maryvonne et Aline ont beaucoup aimé ce premier roman, sans toutefois être certaines qu’il plaise à la majorité des lecteurs, car le style du "gamal" est assez particulier... Donnez-nous votre avis !

20/04/2016

Une bouteille dans la mer de Gaza

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Une bouteille dans la mer de Gaza

Valérie ZENATTI

Ecole des loisirs, 166p., 2005

Elle c’est Tal, lui c’est Gazaman. Depuis que Tal, israélienne, a envoyé une lettre dans une bouteille dans la mer de Gaza, ils communiquent ensemble par mail. Comme son surnom le laisse présager, Gazaman habite la bande de Gaza. Ils échangent, ils se racontent, ils se dévoilent et apprennent à se connaître malgré les tensions dans le pays, malgré la guerre et les attentats.

« Les rêves, c'est ce qui nous fait avancer. »

Valérie Zenatti nous raconte Israel. Elle y a vécu toute sa jeunesse. De son expérience personnelle elle nous raconte l’histoire de ces deux adolescents : la routine de l’horreur, la peur constante dans la rue et les transports, les couvre-feux et les attentats mais aussi la beauté de ce pays et la richesse de sa culture. A travers ces adolescents c’est un message de paix et de fraternité que Valérie Zenatti lance : derrière chaque palestiniens et chaque israéliens ils y a aussi des hommes et des femmes qui nourrissent les mêmes rêves et les mêmes espoirs. Les personnages sont très attachants et on aime le côté bourru de Naïm alias Gazaman. Un livre optimiste non dénué d’humour et de sens critique.

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Pour aller plus loin, voir aussi l'adaptation au cinéma du livre de Valérie Zenatti :

« Une bouteille à la mer » film de Thierry Benisti et scénario de Valérie Zenatti

Céline

15/04/2016

Valérie Zenatti

Israël

Valérie Zenatti est née à Nice en 1970. En 1983 elle part vivre avec sa famille en Israël. De retour en France en 1990, elle continue des études d’histoire et d’hébreu, puis exerce différentes activités, dont le journalisme et l'enseignement. Elle publie des romans pour la jeunesse dans les collections Mouche et Medium de l'École des loisirs, et plusieurs titres aux éditions de l’Olivier. Nous remarquons que l’œuvre de Valérie Zenatti est largement inspirée de sa vie, voire autobiographique.

C’est également elle qui a réalisé l’excellente traduction en français de l’œuvre d'Aharon Appelfeld.

 

IsraëlLe blues de Kippour (éd. Naïve, 2010)

Tout petit format pour cet essai, où l’auteur s’interroge sur le sentiment singulier que la fête de Yom Kippour (fête du pardon et de la réconciliation) éveille chaque année en elle. Elle la célèbre par tradition et culture familiale, mais en même temps c’est une fête qui l’exaspère. Evoquant ses souvenirs d’enfance, dans une famille pratiquante, elle questionne la valeur du rituel, et la difficulté de l’abandonner.

 

IsraëlUne bouteille dans la mer de Gaza (Ecole des Loisirs, 2005)

Tal, juive née en France et arrivée à Jérusalem à l’adolescence, ne s’habitue pas à l’horreur et aux attentats. Elle lance une bouteille à la mer de Gaza, lettre à un Palestinien imaginaire où elle exprime ses interrogations et son refus d’admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples. Une correspondance par mail débute entre elle et « Gazaman ». Le jeune Palestinien, d’abord agressif, passe sa colère et ses frustrations sur elle, et ils échangent sans concessions, mais c’est le début d’une rencontre « vraie » de l’autre, différent et semblable.

L’adaptation en film « Une bouteille à la mer » diffère légèrement, mais elle a aussi été écrite par Valérie Zenatti et présente les mêmes qualités humaines. Très bon jeu des jeunes acteurs !

Sur le même thème, Maryvonne conseille la lecture de Partages, de Gwenaëlle Aubry, splendide roman à deux voix.

 

IsraëlQuand j’étais soldate (Ecole des Loisirs, 2002)

Sous forme de roman pour grands ados ou adultes, Valérie Zenatti raconte ses deux années de service militaire. Car avoir 18 ans en Israël, c’est devoir deux années de sa vie à la défense du pays, quitter ses amis, porter un matricule, obéir aux consignes, apprendre le maniement des armes… et dans son cas se consacrer au renseignement. Des retours en arrière sur sa jeunesse mettent en évidence l’effort d’adaptation au pays lorsqu’elle est arrivée de France à 13 ans, et quelques différences fondamentales avec la France : amis juifs d’origines très variées (Russie), épreuves d’histoire de l’holocauste et de religion au baccalauréat,… tout en évoquant avec justesse des sentiments universels d’amitié et d’amour.

 

israëlEn retard pour la guerre (Ed. de L'Olivier, 2006)

Israël, janvier 1991. Constance Kahn, une jeune Française, vit à Jérusalem pour rédiger son mémoire sur Flavius Josèphe (seul historien "d'époque" ayant laissé des traces écrites, sur l'histoire des juifs de -200 à +70, et le siège de Massada). La guerre du Golfe est imminente, et une attaque de l'Irak à l'arme chimique est redoutée. Tandis que tous essaient de se protéger, en achetant des masques à gaz et en aménageant une chambre stérile dans chaque logement, la narratrice est en retard dans ses préparatifs. Du plastique et des serviettes mouillées contre l'arme chimique ?

 

IsraëlMensonges (Ed. de L’Olivier, 2011)

Valérie Zenatti rédige de belles pages évocatrices sur quelques expériences marquantes de sa vie, et de celle de « l’homme qui l’impressionne le plus au monde », l’écrivain Aharon Appelfeld.

Nous recommandons chaudement la lecture de l’œuvre de Aharon Appelfeld (entre autres, La chambre de Marianne) !

 

Voir aussi les critiques rédigées pour Jacob, Jacob (Ed. de l’Olivier, 2014) et Les âmes sœurs (Ed. de l’Olivier, 2010).

Les âmes soeurs

Les_âmes_soeurs.gifLes âmes sœurs

Valérie ZENATTI

Ed. de l’Olivier, 2010

Deux histoires en parallèle :

Celle de Lila, reporter-photographe de guerre, qui a vécu une histoire d'amour passionnée avec Malik, professeur d'histoire. Cet amour a été brutalement interrompu avec la mort accidentelle de Malik. Lila, désespérée, arrête de travailler et décide d'écrire pour parvenir à sortir de sa souffrance.

La deuxième histoire est celle d'Emmanuelle, mariée à Elias, mère de 3 enfants et employée dans une entreprise de management. A 40 ans, elle remet tout en question car elle a le sentiment que sa vie lui file entre les doigts : ses journées passent à faire toujours les mêmes gestes, presque mécaniquement, pour arriver au soir, le devoir accompli, sombrer dans le sommeil et recommencer le lendemain. Elle n'en peut plus. La perte d'une amie très proche, Héloise, qu'elle a accompagnée pendant sa maladie, la rend encore plus vulnérable. Elle ouvre le livre de Lila et ne peut s'en détacher. Ce livre va l'aider à franchir le pas pour se libérer et redevenir elle-même.

Lila est juive, sa famille a vécu le génocide mais cette souffrance est tue, le passé n'est pas évoqué sauf à travers un album de photos. Elle a aussi un retour à faire sur elle-même, sur son passé.

Ce roman parle de désir, de perte, de guerre, d'amour, d'amitié et de renaissance. Il est facile à lire, intéressant, mais avec peut-être trop de sujets abordés, ce qui, à mon avis, nuit à sa qualité.

Annie