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11/03/2016

Des familles normales...

Si j’écrivais, ce serait sur la famille. Celle qui nous fait, ce qu’elle nous fait… Une seule personne est déjà difficile à déchiffrer, mais comment cerner un couple, appréhender une famille complète ?
Deux auteurs s’y sont essayé, pour leur premier roman :

premier roman,familleUne famille normale
Garance MEILLON
Fayard, 2016, 237 p, 17 €

Histoire d’une famille en apparence plutôt lisse, à l’heure des complications : passage à l’adolescence, premiers amours… C’est surtout le roman d’une femme, Cassiopée, qui règle, encadre, organise tout dans la maison. Une femme qui éprouve le besoin de tout contrôler en permanence :
« Ma vie est une longue liste que je fais la nuit quand je ne peux pas dormir »
Son mari, Damien, l’aime passionnément, et attend que resurgisse la jeune fille dont il était tombé amoureux :
« Je me rappelle la jeune fille en ciré jaune qui m’attendait sous la pluie… Il faisait nuit, la pluie tambourinait sur les auvents des commerces aux stores baissés, mais quand j’apercevais Cassiopée dans la rue, tout à coup, c’était le soleil au mois d’août… »
Lucie ne supporte plus sa famille et profite de la liberté que lui offrent ses horaires de danse pour voir le beau Maxime, tandis que Benjamin transforme sa chambre en planétarium, rêve de voler vers la lune et s’identifie à Pluton.
« Pluton n’est même pas une vraie planète, c’est une planète naine. C’est tout ce à quoi on peut prétendre à 13 ans, d’être une planète naine, non ? »

Le récit est mené par chacun de ses membres en alternance, tous sont affectés par la mort de la grand-mère, qui fait resurgir un passé enfoui et ébranle les bases de la famille. L’histoire aurait gagné à être un peu plus nuancée, j’ai peiné à adhérer au personnage du mari, trop beau pour être vrai !
C’est néanmoins un premier roman prenant, agréable à lire, avec des petites phrases qui font mouche et ouvrent des pistes de réflexion :
« Il fut un temps où les hommes étaient prêts à mourir pour briser les fers qu’on avait refermés de force sur leurs pieds et leurs mains. Aujourd’hui nous choisissons volontairement d’enchaîner nos poignets aux anses de nos sacs de shopping…"

 

Autre histoire de famille, autre vie lisse et bien organisée couvrant une faille :

premier roman,famillePhalène fantôme
Michèle FORBES
Quai Voltaire, 2016, 278 p, 21 €
Trad. de l'anglais (Irlande) Ghost Moth par Anouk Neuhoff

Le contexte est celui de Belfast, en 1969. Katherine, George et leurs quatre enfants forment une belle famille, appréciée dans le quartier. Pompier volontaire, George est amené à intervenir lors d’émeutes, et sent monter les tensions entre catholiques et protestants. Mais l’essentiel du roman se cristallise autour du personnage maternel de Katherine, et de ses filles.
Dans la scène introduisant le roman, Katherine, excellente nageuse, est prise d’une crise de panique lorsqu’elle se retrouve au large face à un phoque. Depuis, cette mère au foyer exemplaire est déstabilisée par un assaut de souvenirs de jeunesse.

L'écriture nuancée offre une belle plongée dans le quotidien familial léger, les distractions de vacances des enfants, leur apprentissage de la vie, avec le regard émouvant de la petite Elsa, la plus proche de sa mère. En parallèle, il peint progressivement la vie intérieure des personnages, leurs non-dits, le passé qui à la fois rapproche et divise George et Katherine ; l’impardonnable commis autrefois, sur lequel s’est pourtant construit leur couple.

« Pendant leur lune de miel, elle avait fait un aveu à George, dans l’espoir que cet aveu la libère, et lui, à son tour, lui en avait fait un. Leur cadeau de mariage l’un à l’autre. Un cadeau qu’ils avaient replacé dans son emballage puis transporté en silence durant toute leur vie conjugale… ».

Pour sa légèreté couvrant une réelle profondeur, pour son écriture nuancée, ce roman est un coup de cœur. Aline

remarque : ne lisez pas la quatrième de couverture, fort bien écrite, mais qui en dit trop !!!

07/03/2016

Un jeune homme prometteur

Un jeune homme prometteur.jpg

 

Un jeune homme prometteur
Gautier BATTISTELLA
Grasset 2014, 397 p., 20 €

La véritable histoire du narrateur débute lorsque « Mémé » vient les retirer de l’orphelinat, lui et son grand frère Jeff.
p. 23 « Un jour une dame est arrivée, avec sa grosse tête, sa robe à fleurs et des bottes en caoutchouc. Elle portait un immense sourire. »

Au village de Labat, dans les Pyrénées, commence une enfance frugale mais heureuse. Certes Jeff joue les trublions, par moments violent et incontrôlable, laissant au narrateur le rôle d’enfant sage et d'élève brillant ; mais dans l’ensemble la vie est plutôt belle à l'abri de la joie de vivre de Mémé.

A 10 ans, il lit tout ce qui lui tombe sous le nez, jusqu’à ce que Mme Petrovna, la voisine russe (la sorcière), ne l’initie aux « grands auteurs », déclenchant une vocation :
p. 62 « J’avais compris très tôt qu’avoir des muscles ne suffisait pas. Avoir des mots était mieux. Ça faisait plus mal. Un coquard peut toujours guérir. Si on plante une insulte là où il fuat, des années sont nécessaires pour s’en remettre. On peut même saigner toute sa vie… J’ai décidé d’écrire pour ne pas saigner et faire saigner les autres. »
p. 65 « L’écriture me démangeait… je ne savais par où commencer à gratter. »

Son premier texte « Adieu limaces », publié dans le journal local, présente les multiples ruses utilisées par les villageois pour exterminer les limaces qui dévorent leurs légumes.
p. 30 « Je me débarrasse des nuisibles… c’est par les meurtres que je suis entré en littérature »
Le lecteur suit ce personnage lorsqu’il « monte » à Paris, pour une quête initiatique rageuse dans le monde des lettres qui menace son équilibre et pourrait le conduire au pire...

Que le lecteur se rassure, je n’ai dévoilé ici que bien peu de la trame du roman. Les premières pages laissent présager un roman "du terroir", mais très vite se déroule une histoire bien plus ample d’amour, de violence… et de création. Un premier roman ambitieux très réussi !
Aline

15/02/2016

Coups de coeur du bouillon d'hiver

L'avocat du diable.jpg
L’avocat du diable
Morris WEST
Plon (Feux croisés), 1959

L’auteur est Australien. Né en 1916, il a servi pendant la 2e guerre mondiale. Il a écrit sur la misère des enfants de Naples « Les enfants du soleil ». L’avocat du diable a connu un succès mondial.
Dans la tradition ecclésiastique, l’avocat du diable celui qui tient le rôle du procureur dans les procès en canonisation. Lorsque la réputation de sainteté d’un religieux ou d’un laïc se répand dans la communauté où celui-ci a vécu et que des cas de « miracles » sont signalés, l’église catholique procède à une enquête pour décider s’il y a lieu d’ouvrir un procès en vue de la canonisation.
Dans ce roman, Mgr Meredith, évêque anglais théoricien du Vatican, qui vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer incurable, est missionné pour enquêter sur Giacomo Nerone, mort fusillé par les partisans dans un village de Calabre à la fin de la guerre. L’enquête révèle un personnage ambivalent, et un enchevêtrement de dissimulations et d’intrigues. Ce voyage, dernier acte de la vie de Mgr Meredith, sera sa découverte de l’humanité et lui apportera la paix.

Georgette

Le fils

etats-unisLe fils

Philipp MEYER

Albin Michel, 2015, 688 p. 23.50 €

Traduit de l'américain par Sarah Gurcel

S'attaquant au mythe de la conquête de l'ouest américain, Philipp Meyer donne sa version littéraire de l'histoire du Texas, âpre et violente, au travers de celle de la famille McCullough. Les récits des différentes générations se croisent, pour donner à découvrir peu à peu l’histoire de la famille et l’évolution de la région. Le fondateur, presque une légende, en est le « Colonel Eli », fils de pionniers texans, qui fut pisteur, ranger, puis gros éleveur à la tête d’une immense propriété où il fait régner sa loi.
Quelques dates décisives :
1849, ce qu’il reste de guerriers comanches continue à harceler les blancs, qu’ils soient Mexicains ou Texans, lançant des raids violents contre villages et fermes isolées, volant, violant, scalpant, tuant… C’est lors de l’un de ces raids qu’Eli McCullough, 12 ans, est enlevé par une tribu, dans laquelle il reste comme esclave, puis fils adoptif. Rebaptisé Tiehteti, il s’adapte totalement au mode de vie Comanche déjà très menacé. Ces trois années le marquent durablement.
1915, les éleveurs texans s’entretuent avec les voisins mexicains pour des histoires de vol de bétail, la famille McCullough décime les Garcia… et récupère ses terres !
1917, c’est le début des forages pétroliers, qui feront la fortune des McCullough.

C’est aussi l’évolution des paysages texans, depuis les grandes prairies rendues sèches et stériles par l’élevage intensif, puis ruinés par les forages.
Entre chaque mode de vie se dressent des tensions, chaque génération tend à vouloir préserver le mode de vie qui l’a vu grandir, ou qui l’a précédée : en l’occurrence, Eli regarde avec nostalgie vers l’époque des grandes prairies herbeuses dominées par les bisons et les indiens, dont il n’a connu que l’extrême fin. Son fils Peter regrette la grande époque du ranch et de la paix (relative) avec les voisins Mexicains. Son petit-fils Peter continue à essayer de perpétrer la tradition de l’élevage même lorsqu’elle n’est clairement plus rentable… et s’oppose à l’exploitation pétrolière…

Oubliés les mythes des cow-boys et des Indiens… Les gentils, les méchants… finalement il n’y a que des hommes qui s’emparent par la force de ce qu’ils convoitent. La seule différence, c’est que les Indiens se l’avouent, que cela fait partie de leur philosophie de vie : les plus forts survivent, se multiplient et font vivre leur famille, leur tribu. Tandis que les blancs ou les mexicains se cachent leurs motivations et cherchent des prétextes. Les racines de la violence sont profondément enfoncées, dans ce pays qui s’affirme par les armes, cf la campagne électorale où les candidats de droite paradent à grand renfort d’armes à feu ! On comprend mieux l’inertie -voire l’opposition farouche- rencontrée par le président Obama dans son combat contre les armes à feu ! On comprend mieux aussi le contexte Texan actuel et l’acharnement à défendre les armes !

p. 663 « Les Américains croyaient que personne n’avait le droit de leur prendre ce qu’eux-mêmes avaient volé. Mais c’était pareil pour tout le monde : chacun s’estimait le propriétaire légitime de ce qu’il avait pris à d’autres. Les Mexicains avaient volé la terre aux Indiens, … les Texans avaient volé la terre des Mexicains. Et les Indiens qui s’étaient fait voler leur terre par les Mexicains l’avaient eux-mêmes volée à d’autres Indiens. »

Ce roman est une épopée âpre, souvent cruelle, où se croisent des personnages rudes. Pour autant, l’amour y a aussi sa place. Celui de la terre, bien sûr, mais aussi la passion, qui fleurit là où on ne l’attend pas et n’est pas dénuée de poésie. Même l’intraitable « Colonel Eli » est touché à l’âme par le parfum de sève des bourgeons de peupliers de Virginie, chargé de souvenirs…

Aline

Machu Picchu

Machu Picchu.gifMachu Picchu, première à droite
Mark ADAMS
Arthaud (Esprit voyageur), 2012, 340 p.
Traduit de l’américain Turn right at Machu Picchu par Anne Guitton


Récit rédigé par Mark Adams, directeur de revues géographiques qui décide de partir au Machu Pichu en reprenant le parcours d'Hiram Bingham.

En 1911, l’universitaire et archéologue américain a redécouvert et fait connaitre cet illustre sommet, montagne emblématique qui fut au cœur de la conquête du Pérou par Pizarro et ses acolytes.

Récit alerte, humoristique, structuré sur l'alternance de trois périodes
- la vie péruvienne actuelle,
- l’époque de la conquête espagnole,
- le début du 20e siècle, avec l'explorateur haut en couleurs, Hiram Bingham, (celui-là même qui a inspiré le personnage d’Indiana Jones).

Claude

02/02/2016

Prochains Bouillons

Prochains bouillons de lecture,

le deuxième jeudi du mois à 20h15

Bouillon de lecture à Chassagny.JPG

- jeudi 11 février 2016 à Orliénas : coup de coeur

- jeudi 10 mars à Soucieu-en-Jarrest : premier roman (récent !)

- jeudi 14 avril à Chassagny : Valérie Zenati

- jeudi 12 mai à Saint Laurent d'Agny : Jeanne Benameur

- jeudi 9 juin à Orliénas : polars

01/02/2016

Bouillon de lecture BD

Le bouillon, c’est aussi l’occasion de lire des genres auxquels on n’est pas habitué. J’ai trouvé les deux bandes-dessinées suivantes intéressantes, mais –par goût personnel- j’aurais préféré lire ces histoires dans des romans.

bande dessinée

 

Des maux pour le dire
Yves LACROIX, ill. LAX
Vent d’Ouest, 1995, 13.90€


Yves, handicapé de naissance, a besoin des auxiliaires de vie, mais ils ne sont pas tous « super ». Le meilleur d’entre eux, Mehdi, devient l’ami de Yves, mail il disparaît, enlevé par des ennemis de son père, qui le torturent. Il est soigné à l’hôpital, puis s’enfuit. Yves voyage jusqu’au cœur de l’Afrique pour tenter de le retrouver.
Au cours de ce voyage, Yves affronte des péripéties multiples, des gens qui l’aident, d’autres qui sont indifférents. Les dessins sont parlants.

bande dessinée

 

La dame de Damas
Jean-Pierre FILIU,
Ill. Cyrille POMES
Futuropolis, 2015, 18€

 


« La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Cette dame je la chante, c’est la Révolution.
Sur les murs de Syrie j’écris partout son nom. »
Depuis fin 2010 jusqu’en août 2013 sont décrits les manifestations pacifiques contre Bachar el-Assad, la répression terrible, les bombardements, les armes chimiques… Le héros essaie de communiquer à l’ONU les crimes du dictateur mais personne ne l’écoute. A Doraya, quartier de la banlieue sud-ouest de Damas, les habitants tentent de survivre à la guerre civile, et d’aimer.
Une histoire d’amour contrarié, les bombardements et la « mort blanche » qui frappe la capitale syrienne,… tout est trop triste ! Les dessins sont expressifs.

Georgette

Le tirailleur

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Le tirailleur

Alain Bujak et Piero Macola

Futuropolis, 120p.

Alain Bujak a rencontré Abdesslem. A l’époque de leur rencontre cela faisait plus de 6 ans, à l’âge de 80 ans, qu’Abdesslem vivait dans un logement social loin de sa famille pour pouvoir toucher sa pension en tant qu’ancien tirailleur marocain. Dans sa petite pièce qui lui sert de logement à Dreux il se livre alors au reporter-photographe. Il lui raconte comment en 1939, alors qu’il n’était qu’un petit berger de la campagne profonde du Maroc, il s’est fait embrigader de force dans l’armée française. Il vit la seconde guerre mondiale comme tirailleur pendant 4 ans sans avoir pu dire au revoir à sa famille. Finalement après la guerre il décide de rester et de combattre en Indochine pour ne revoir sa famille que de longues années plus tard.

BD en forme de reportage. On passe du moment présent où Alain Bujak interroge Abdesslem aux moments passés pendant la guerre. BD pratiquement documentaire, elle est augmentée à la fin par un reportage photo « Voyage chez Abdesslem ». Passant 9 mois sur 12 en France seul pour toucher une misérable pension, Abdesslem décide finalement de rentrer définitivement au pays pour vivre ses dernières années en compagnie de sa famille. Ce reportage le montre dans son pays parmi les siens.

Belle histoire de vie édifiante et tragique mais aussi critique des conditions de traitement par l’armée française qui considérait ces militaires marocains comme des « indigènes », leur imposant des traitements différents de celui des français. Et en les récompensant à peine avec une pension ridicule. Dénonciation d’une armée française qui n’aura eu aucune reconnaissance pour ces hommes qui ont combattus dans ses rangs, lui donnant leur vie.

Récit du vieil homme poignant et touchant. En contradiction, les illustrations sont douces et pastels par contre très réalistes. Des passages entiers sont sans texte, laissant le lecteur seul face à des planches entières d’illustrations splendides.

Plus qu'une bande dessinée, c’est un documentaire et un témoignage poignant que nous offre ici le duo Bujak/Macola.

Abdesslem à Bujak: "Qu'est-ce que tu veux savoir mon fils ?"

Céline

16/01/2016

ce n'est pas toi que j'attendais

bande dessinée

 

Ce n’est pas toi que j’attendais

Fabien Toulmé

Delcourt, 2014

J'ai lu avec plaisir cette BD autobiographique. L'auteur raconte la venue au monde de sa deuxième fille Julia dont la trisomie 21 n'a pas été détectée. Cette naissance est un bouleversement énorme pour le papa qui ne comprend pas ce qui leur arrive. Il a du mal à regarder sa fille, ne peut pas la prendre dans ses bras. Elle doit être opérée du coeur, l'intervention se déroule très bien . La maman assume et aime Julia, elle essaie d'aider son mari à entrer en relation avec leur seconde fille. Ils découvrent la réalité de la maladie et ses différentes facettes avec le soutien du milieu médical et la rencontre d'enfants atteints du même handicap et de leurs familles. Finalement ce papa accepte et aime Julia: " Ce n'est pas toi que j'attendais mais je suis content que tu sois là".

Cette BD n'est pas du tout larmoyante, des pointes d'humour. Il fait réfléchir sur le problème du handicap. De plus, elle est agréable à lire, avec des dessins et textes clairs, des chapitres de différentes couleurs.

En fin d'ouvrage, des photos de Julia et de son papa. L'auteur est né en 1980 à Orléans.

Ginette

15/01/2016

L'avocat aux pieds nus

chine,droits de l'homme

 

L'avocat aux pieds nus

Chen Guangcheng

Editions Globe, 2015, 24.50 €

 

C'est un témoignage fort que nous livre l'auteur.

Fils de paysans pauvres de la province du Shandong dans l’est de la Chine, Chen Guangcheng est l'un des dissidents chinois les plus connus.

Il naît en pleine Révolution culturelle en 1971 et devient aveugle à l’âge de 5 mois suite à une maladie non soignée, faute d'argent.

Du fait de son handicap il n'est pas accepté à l'école. Il réussit cependant, à l'âge de 18 ans, à accéder à un établissement pour aveugles qui forme uniquement à des professions para médicales Très tôt il prend conscience de la non reconnaissance des personnes handicapées et du non-respect des lois dans de nombreux domaines. Ne pouvant suivre des études de droit comme il le souhaite, il se forme sur le tas pour défendre les droits bafoués de ses concitoyens.

Il se fait essentiellement connaître des médias internationaux en 2005 par sa dénonciation des abus provoqués par la politique de l’enfant unique et il est invité aux Etats-Unis pour les exposer. Les problèmes qu’il avait déjà avec les autorités vont s'intensifier car si cette renommée en fait un héros pour de nombreux Chinois, elle le place au rang des ennemis du Parti. Il est condamné en 2006 à quatre ans de prison ; il est ensuite assigné à résidence surveillée dans son village. Il n'a aucun droit et ne peut recevoir aucune visite. Au bout de deux ans il ne supporte plus ce régime ; il s’évade et parvient à rejoindre Pékin où il trouve refuge dans l’ambassade américaine. Il obtient, non sans mal, le droit de s'exiler aux Etats-Unis avec sa famille où il poursuit son combat pour une Chine plus respectueuse des droits de l’homme.

Il dénonce dans son livre avec courage les dérives de la société chinoise et notamment la corruption omniprésente et les abus incessants pratiqués par ceux qui détiennent un pouvoir, même minime. Vexations, humiliations, répression sont le lot quotidien des défenseurs des droits.

Son parcours force l'admiration et donne espoir dans l'homme.

Annie