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18/02/2012

Bouillon de prix

Pour le bouillon de janvier, pas de soldes, mais des prix : réunion autour des prix littéraires, appréciés de façon très inégale.

Les plus abordables

Retour à Killybegs, de Sorj Chalandon
(Prix du roman de l'Académie Française)
Coup de coeur parmi les prix littéraires, à la fois très accessible à la lecture, profondément humain et ancré dans l'histoire de l'Irlande. (voir critique)

Du domaine des murmures, de Carole Martinez
(Prix Goncourt des lycéens)
12ème siècle. Esclarmonde, 15 ans, au moment d'être mariée à un voisin peu  recommandable, refuse de dire oui. Elle préfère se consacrer à Dieu et devenir recluse. Emmurée dans une petite chapelle, elle jeûne, prie, conseille ses visiteurs, et demande à son père de partir en Terre Sainte. Considérée comme une sainte, elle suit les croisades par ses visions, et lorsqu'elle met au monde un enfant, le monde crie au Saint Esprit ! Le bébé reste avec elle aussi longtemps qu'il peut encore passer par le fenestron.
Un roman très bien écrit, mystique, dans la lignée des écrits du Moyen-Âge, à la fois bien documenté et très agréable à lire, avec une évolution des personnages intéressante.

Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan
(Prix Renaudot des lycéens, prix du roman Fnac, prix France Télévision)
Belle écriture autobiographique. pour raconter une famille bien compliquée. Enquêtant auprès de ses frères et soeurs, compulsant des documents, l'auteur s'est appliquée à retracer et à comprendre la vie de sa mère, la jolie Lucile, maniaco-dépressive, qui s'est suicidée à l'âge de 61 ans.


Le fils, de Michel Rostain
(Prix Goncourt du premier roman)
Le fils est décédé d'une méningite foudroyante. Ce court roman est le premier récit publié de Michel Rostain, écrit sans doute pour faire son deuil. Il a choisi de prendre son fils pour narrateur de son propre décès, de l'enterrement et de la douleur de ses proches. Très émouvant, avec des respirations d'humour.


Un peu ardus, mais très intéressants


Limonov, d'Emmanuel Carrère
(Prix Renaudot)
Bien écrite, précise, dans un style très dense, cette biographie d'Edouard Savenko retrace aussi l'histoire de la Russie sur un demi siècle et se lit comme un roman d'aventure. Héros ou salaud ? le personnage est aussi effrayant que fascinant. Né en 1943 sous les bombardements, couché dans une caisse à obus, tour à tour mercenaire, poète, clochard, loubard... il a aussi été la coqueluche du monde littéraire parisien. Actuellement, il est le chef du parti néo-bolchevik. Sa maxime : toujours frapper le premier !

L'art français de la guerre, d'Alexis Jenni
(Prix Goncourt)
Victorien Salagnon, issu des classes moyennes éduquées, fils unique et peintre amateur, ancien militaire à la retraite, raconte ses 60 ans de guerres françaises, depuis son engagement dans le maquis en 1939, jusqu'à la guerre du Golfe, en passant par l'Indochine et l'Algérie.
Le début du livre est laborieux, mais l'ensemble est bien documenté et très instructif.

D'acier, de Silvia Avallone
(Prix Lire du meilleur roman étranger, Prix des lecteurs de l'Express)
Piombini, petite ville de Toscane dominée par l'énorme aciérie où travaillent tous les hommes. Deux adolescentes de 14 ans, pleines de vie et d'envie, jouent de leur séduction sans en réaliser les conséquences. Aller nager dans la mer est leur plus grand plaisir, et l'île d'Elbe, à quelques kilomètres de la côte, les fait rêver. Mais cette Toscane industrielle est avant tout un monde d'ouvriers, de chômage, de machisme... et pour ces filles, de rapports difficiles avec le père !

Les couleurs de nos souvenirs, de Michel Pastoureau
(Prix Medicis essai 2010)
L'auteur, médiéviste, se penche sur de nombreux champs d'observation, dont deux qui ont touché Maryvonne et Jacqueline : quels souvenirs gardons-nous des couleurs de notre enfance ? Quelle perception des couleurs dans des cultures différentes (Certaines cultures percevaient peu de nuances, hors le blanc, le noir et le rouge, néanmoins nos codes occidentaux ont été largement diffusés). Passionnant pour les amateurs de mode, de peinture, etc.

Une femme fuyant l'annonce, de David Grosman
(meilleur livre de l'année selon Lire et Prix Medicis étranger)
Ofer, son fils de 20 ans, a fini son service militaire, mais s'est porté volontaire pour une dernière mission au Liban. Ora a le terrible pressentiment qu'il va mourir et quitte Jérusalem pour éviter l'annonce de sa mort. Elle part dans les montagnes de Galilée faire la randonnée qu'elle avait prévue avec son fils, et se fait accompagner d'Avram, l'un des deux hommes qu'elle a aimés. Comme pour conjurer le sort, tous deux évoquent sans cesse le passé, dans un fil décousu, un peu déroutant. Le lecteur ressent la tension perpétuelle qui règne dans l'état d'Israël, toujours encerclé, toujours menacé de destruction, à la merci de la violence.
L'auteur, David Grosman, est un pacifiste engagé. Son fils, Uri, est mort pendant les derniers jours de la guerre du Liban.

Scintillation, de John Burnside
(Prix Lire & Virgin 2011)
Livre atypique, dont le récit assez glauque mais l'écriture splendide. (voir critique)


Zéro pointé pour


Jayne Mansfield, 1967 de Simon Liberati
(Prix Femina 2011)
interminable zoom froid, morbide et détaillé sur l'accident qui a coûté la vie à Jayne Mansfield, et sur ses derniers mois de déchéance, plus monstre de foire que star. (voir critique).


Ce qu'aimer veut dire, de Mathieu Lindon
(Prix Medicis)
ni roman ni intéressant, autour de la drogue, de l'homosexualité, des rapports de l'auteur avec Michel Foucault.

17/01/2012

Retour à Killybegs

Retour à Killybegs
Sorj Chalandon, Grasset, 2011
Grand Prix de l'Académie Française 2011

24 décembre 2006, Tyrone Meehan, de retour à Killybegs, dans la maison de son enfance, écrit un journal en attendant que la mort le surprenne.
Il donne sa version, sans complaisance, d'une vie d'Irlandais engagé passionnément pour son pays... jusqu'à trahir l'IRA.

Son enfance misérable, marquée par son père, héros et chantre de la République Irlandaise au bistrot, mais brutal et amer à la maison, qui ne se remet pas d'avoir été retenu à la maison par ses devoirs familiaux alors qu'il rêvait de partir se battre contre Franco en Espagne. Puis sa jeunesse à Belfast, sous les bombes allemandes et les balles anglaises, dans le ghetto catholique, où il fait partie avec enthousiasme des jeunesses militantes de l'IRA. Et les années infâmes de prison, de solidarité et de grève de l'hygiène pour réclamer le respect des droits des prisonniers politiques irlandais.

Dans ce récit âpre et fort, on sent une grande affection pour Tyrone Meehan, patriote au coeur pur qui pourtant trahira les siens pendant 20 ans... et une grande douleur pour les années de souffrances du peuple irlandais.

Retour à Killybegs est mon coup de coeur parmi les prix littéraires 2011, ma claque de l'année. Il fait écho aux "informations" entendues pendant toute ma jeunesse : la guerre en Irlande, l'IRA, les attentats...  pourquoi ? pourquoi tant de haine ? comment cela peut-il finir ?

Sur le sujet, j'avais aussi trouvé la BD "Coupures Irlandaises" de Kris et Vincent Bailly, très intéressante.
Aline

Voir aussi l'entretien avec Sorj Chalandon, pour comprendre la force du lien existant entre le personnage de Tyrone Meehan et l'auteur.

09/01/2012

Bouillon passerelle

Littérature passerelle

Une petite définition pour commencer. Qu'appelle-t-on littérature passerelle ?
Les romans, plutôt édités dans des collections "ados", qui peuvent plaire aussi bien aux adolescents qu'aux adultes.

Nos lectures se sont inspirées de la sélection réalisée par les bibliothécaires en comité de lecture "Crilj Ados"...

Les adultes du Bouillon prisant peu la fantasy , nous nous sommes cantonnés aux livres "réalistes"... sauf Geneviève qui n'a d'ailleurs pas été passionnée par "Bal de givre à New-York" : une distraction pure, sans sujet sérieux. Les lecteurs adultes et sérieux que nous sommes ont du reste trouvé que certains romans jeunesse manquent d'épaisseur, (ou de profondeur ?).

Les livres suivants nous ont plu :

Treize raisons, de Jay Asher (Albin Michel, Wiz, 2010)
Hannah s'est suicidée. Elle a laissé derrière elle une série d'enregistrements destinés aux 13 personnes qu'elle considère comme responsables de son geste, et explique ses raisons. Clay, qui l'aimait en secret et n'a pas su lui venir en aide, est bouleversé, et revit leurs moment ensemble. Ce roman fait débat, certains lecteurs étant agacés par le personnage un peu égoïste d'Hannah, qui veut faire culpabiliser les "responsables" pour des fautes somme toute pas si graves. D'autres trouvent plausible le passage à l'acte de la jeune fille, à un âge où des incidents peuvent prendre des proportions dramatiques...

La couleur de la rage, de Jean-Noël Blanc (Gallimard, Scripto, 2010)
6 nouvelles présentant des adolescents en révolte, avec des personnages, des ambiances et des lieux très différents. J.-N. Blanc est aussi l'auteur du roman "Le nez à la fenêtre", qui faisait partie de la sélection du prix Mes-Sou-Thu 2011.

Comme des trains dans la nuit, d'Anne Percin (Le Rouergue, 2011)
4 nouvelles troublantes, qui nous plonge dans l'adolescence, l'âge des découvertes, des audaces et des erreurs parfois. Marc a honte d'être fils d'éleveur, et fait les 400 coups avec un autre vaurien de son lycée professionnel...En visite à Londres, deux jeunes découvrent que l'art peut être le vrai remède au poison de la mort... etc.

La théorie de la relativité, de Barbara Haworth-Attard (T.Magnier, 2007)
Le jour de ses 16 ans, la mère de Dylan le met à la porte, car il l'encombre pour recommencer sa vie. Comment faire quand on est à la rue avec son sac à dos ? Dylan  fait la manche, cherche des foyers, rejoint des squats, se débrouille comme il peut, essayant d'éviter les risques de la rue... trouve parfois refuge dans une bibliothèque. Il s'invente des théories personnelles (1/4 des passants donne quand il fait la manche).

Lune indienne, par Antje Babendererde (Bayard J., Millezime, 2007)
La mère d'Olivier lui annonce à la fois sa décision de se marier avec un indien Lakota et leur départ pour aller vivre sur une réserve de l'ouest américain. Le "futur" leur a construit une maison écologique (isolation en chanvre). Ils sont bien accueillis, mais certaines relations sont difficiles dans cette famille recomposée : Olivier rejette le nouveau mari de sa mère, et le fils de celui-ci, jaloux, le maltraite. Le patriarche aide les garçons à mieux comprendre la beauté de la nature, la richesse des racines indiennes...
L'auteur, psychothérapeute, s'intéresse beaucoup à la culture indienne. Elle a aussi écrit "le chant des orques" situé chez les indiens de la côte ouest.

Le premier qui pleure a perdu, de Sherman Alexie (Albin Michel, Wiz, 2008)
Junior, jeune indien Spokane de 14 ans, vit dans une réserve assez sordide, où l'alcool provoque de nombreux drames. Différent des autres par sa grosse tête et sa myopie, il est assez lucide pour savoir qu'il n'a aucun avenir sur la réserve. Résolument optimiste, il exprime tout son humour par des dessins (qui illustrent le roman). Plutôt intello, il est accepté dans une école de blancs. L'intégration se fait plutôt bien, mais du coup, il est rejeté par ses copains indiens... Beaucoup d'espoir et d'optimiste dans ce court roman, malgré un environnement bien noir !

Vango, de Timothée de Fombelle (Gallimard, 2010)
Situation de départ : sur le parvis de Notre Dame, Vango se prépare à prononcer ses vœux, lorsqu'il doit brutalement s'enfuir pour sauver sa vie. Vango ignore qui il est, mais son passé cache de lourds secrets. Des îles siciliennes aux brouillards de l'Ecosse, entouré par une galerie de personnages forts, il cherche sa vérité.
Ce roman d'aventures n'est pas sans rappeler "Les aventures de Boro reporter" de Franck et Vautrin. La trame de fond est constituée par les événements historiques entre 1918 et 1936 : montée vers la guerre, trafic d'armes...  Le tome 2 vient de paraître.

Peine maximale, d'Anne Vantal (Actes Sud, romans ados, 2010)
Ce roman captivant et très instructif sur le système judiciaire français présente le déroulement d'un procès en assises, sur trois jours. Le jeune Kolia est accusé de cambriolage et du kidnapping d'un bébé, sa sœur de séquestration. Le roman débute au moment de l'arrivée et de la sélection des  jurés, et se termine sur le verdict.
Chaque court chapitre présente le point de vue d'un des acteurs du procès, heure par heure.  Le lecteur a ainsi accès aux témoignages et aux procédures, mais aussi aux pensées intimes des victimes, des accusés, des avocats, du juge, du greffier, de la famille... peu à peu le lecteur est tenté, lui aussi, de forger son intime conviction, qui évolue avec chaque témoignage.

Marthe et Mathilde

Marthe et Mathilde : 1902-2001
Pascale Hugues
Ed. Les Arènes, 2009

L'auteur, journaliste du journal Libération, puis du Point, vit à Berlin.
Elle retrace la vie de ses deux grands-mères qui vivaient en Alsace, l'une d'origine française et l'autre allemande, toutes deux nées en 1902 et mortes en 2001. Elles étaient amies depuis l'âge de 5 ans, et ont vécu deux guerres qui auraient pu les diviser, mais leur amitié a survécu à tout.

Ce roman retrace un pan de l'histoire de l'Alsace et l'évolution de la condition féminine pendant le 20ème siècle. On suit aussi la vie à Berlin, via la sœur de Mathilde, institutrice engagée dans cette ville. C'est enfin l'histoire d'une belle amitié... franco-allemande !

Roman présenté au Bouillon de Lecture par Marie-Claire

19/12/2011

Bouillon policier

Avec le déménagement et l'ouverture de la nouvelle bibliothèque, le blog a été un peu délaissé... Pourtant, le bouillon de novembre était tout à fait intéressant, et nous a permis de découvrir une partie de la variété offerte par le "rompol", "polar" ou roman policier.

Geneviève est partie en Chine, dans l'univers de la révolution culturelle et de l'organisation communiste (comités de quartier) avec "De soie et de sang" de Qiu Xiaolong : enquête sur un meurtre, par un policier en reconversion... qui fait une thèse de littérature !

Georgette s'est promenée dans Venise et jusqu'aux usines de Murano avec le "Requiem pour une cité de verre" de Donna Leon, où le fameux commissaire Brunetti est en prise avec la corruption italienne.

En Italie encore, Chantal nous présente un roman policier facile à lire :  le "Comité Tiziano" de Iain Pears, qui s'intéresse aux luttes de pouvoir dans le milieu culturel.

L'Afrique du Sud nous a pris aux tripes, avec "Zulu", de Caryl Ferey. Policier intègre, Ali Neuman est un bel homme noir, dont la mère se dévoue à la cause des zoulous des bidonvilles. Avec ses assistants, l'un afrikaaner, l'autre noir, il se heurte aux gangsters des townships et au monde impitoyable de la drogue. Ce policier est à la fois très noir et extraordinairement crédible ! Coup de coeur.

C'est au Chili que Ginette a voyagé, avec "La couleur de la peau" de Ramon Dias-Eterovic. Après avoir été videur dans les boîtes de prostituées, le héros -droit et intègre- est devenu détective privé, et vit seul avec son chat Simenon, son confident. L'auteur -ou le héros ?-  s'attache à aider les immigrants Péruviens de Santiago, très mal considérés, à s'en sortir. Le texte est très bien écrit, en chapitres courts et incisifs, agrémentés de citations poétiques.

Maryvonne s'est un peu perdue dans les bayous de Louisiane, dans "La nuit la plus longue", de James Lee Burke. A la Nouvelle Orléans, l'ouragan Katrina de 2005 a laissé le chaos et la désolation derrière lui, les pillards font la loi. Dave Robicheau est  envoyé en renfort pour enquêter sur l'assassinat de deux jeunes noirs dans un quartier riche. Malgré de très belles descriptions de l'ambiance brumeuse des bayous, le roman est trop long et complexe (beaucoup de personnages !).

Gisèle a suivi "L'armée furieuse" de Fred Vargas entre Paris et Normandie, pour une enquête un peu lente, au rythme déconcertant du commissaire Adamsberg et de ses intuitions.

Johanne a lu un "presque" policier : "Double vie", d'Assouline. Un personnage ayant longtemps mené une double vie revient en arrière pour comprendre pourquoi il ne voit plus sa maîtresse. S'est-elle suicidée, est-elle partie, et pourquoi ?

Encore plus près -géographiquement- de nous, noter "Machines à tuer : une enquête des Deux Cardons, avocats à Lyon". Roman policier situé à Couzon au Mont d'Or, très clair, avec des personnages bien décrits, et une description du système juridique. Une écriture non prétentieuse, non filandreuse -un comble pour des cardons ;)-

Et quelques autres auteurs de policiers venus des Etats-Unis (M. Connelly, que l'on ne présente plus), ou d'Europe du nord : Ake Edwardson, Henning Mankell ou Arnaldur Indridason... Que ceux dont j'ai "mangé" les critiques me pardonnent, et n'hésitent pas à les envoyer par mail pour publication sur le blog !

14/11/2011

Room

Room
Emma Donoghue, Stock (La Cosmopolite), 2001

Jack s'apprête à fêter ses 5 ans avec sa maman. Tous deux vivent enfermés dans la Chambre avec Petit Dressing, Madame Lucarne, Monsieur Lit... Maman invente tout un monde, des activités et des rituels pour Jack, à qui elle a appris à lire.

Quand le Grand méchant Nick menace de cesser de leur apporter à manger, Maman force Jack à être très "peurageux" pour s'échapper et les sauver tous les deux. Mais la vie "Dehors" est difficile !

Un récit exaltant l'amour maternel, la résilience, la réadaptation... Bien qu'inspiré de faits divers horribles, le roman est rendu lumineux par la fraîcheur de Jack, le narrateur, et la détermination de sa Maman à le protéger et l'éduquer au mieux.

Présenté au Bouillon d'octobre 2011 par Jacqueline. Marie-Claire et Aline ont aussi aimé !

24/10/2011

Bouillon policier en novembre

Le prochain "Bouillon de lecture" aura lieu jeudi 17 novembre, 20h15,  à la bibliothèque d'Orliénas. Nous avons prévu de nous régaler de romans policiers variés. Quelques-uns ont déjà été distribués jeudi dernier, mais pour élargir les choix, vous pouvez consulter la sélection faite par la MAM (médiathèque André Malraux à Béziers). Bonne lecture !

25/09/2011

Bouillon de rentrée

Nous présentons nos lectures d'été, autour de la traditionnelle tasse d'eau chaude (optionnelle), agrémentée de tartelettes aux noix.

Ginette a aimé :
Le lièvre de Vatanen, de Arto Paasilinna (Denoël, 2006)
Dépaysement garanti, avec des descriptions très réalistes de la Finlande et beaucoup d'humour. Le narrateur trouve un lièvre, et adapte sa vie au rythme de l'animal. Il parcourt la Finlande, se plonge dans la nature. Superbe scène entre le lièvre et un corbeau !
Pour ce qui est des paysages, Marie-Claire suggère de lire aussi Mario Rigoni-Stern.

La couleur des sentiments, de Kathrin Stockett (J. Chambon, 2010)
Voir la critique de Sylvie.

Claude s'est plongée dans l'histoire :
33 jours, de Léon Werth (V. Hamy, 2006)
Récit de l'exode, considéré comme un "grand livre" par Saint Exupéry : sur les conseils d'un ami, Léon Werth quitte Paris le 11 juin 1940 pour se rendre dans le Jura. Ce voyage, qu'il espérait ne devoir durer que quelques heures, lui prendra en fait 33 jours. Ce témoignage historique et humain est marqué par l'évolution de l'état d'esprit de l'auteur, qui devra peu à peu admettre que la situation est bien plus préoccupante qu'il ne le pensait tout d'abord.

Carnets de l'interprète de guerre, par Elena Rjevskaïa (C. Bourgeois, 2011)
Elena, jeune étudiante formée rapidement à l'allemand, a été engagée comme interprète par l'état major russe. Elle témoigne au jour le jour de leur progression de Moscou à Berlin, jusqu'à la chute d'Hitler.

Marie-Claire s'est passionnée, à en perdre le sommeil, pour :
Le coeur glacé, d'Almudena Grandes (J.C. Lattès, 2008)
Grande fresque de l'Espagne, le Coeur glacé court de 1936 -juste avant la guerre civile- à nos jours, suivant les destins entremêlés de deux familles, l'une franquiste, l'autre républicaine. Sylvie aussi a beaucoup aimé ce livre, qui allie de belles histoires de famille à une belle ouverture historique.

Georgette a lu avec intérêt :
Charly 9, de Jean Teulé (Julliard, 2011)
En 1572, le massacre de la Saint-Barthélémy, ordonné par sa mère Catherine de Médicis, ébranle la santé psychologique fragile de Charles IX et le conduit rapidement à la folie et à la mort. Roman très cru, bien dans le style de Teulé.

Les enfants d'Alexandrie, de Françoise Chandernagor (Albin Michel, 2011)
Dans un roman réservé aux amateurs d'histoire de l'Egypte, Françoise Chandernagor s'intéresse aux guerres de Marc-Antoine et de Cléopâtre, et aux enfants de Cléopâtre, en particulier la petite Séléné, dernière des Ptolémée.

Geneviève a découvert Philip Roth, avec Indignation (Gallimard, 2010). Aux Etats-Unis dans les années 50, Marcus, jeune homme d'origine juive, surprotégé par son père, étouffe dans sa famille.  Il quitte le New-Jersey et part faire ses études au fin fond de l'Ohio : collocation, vie sur le campus, rencontres amoureuses... Il fait cependant son apprentissage de la vie avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, car les étudiants qui échouent sont recrutés pour la guerre en Corée...
Geneviève n'a pas tellement apprécié la construction de la fin du livre.
Le roman de Roth que le groupe a préféré est "La Tache" (2002).

Dominique a lu avec plaisir Lune captive dans un oeil mort, de Pascal Garnier (Zulma, 2009), un roman facile, distrayant, plein d'humour noir :
Un couple de cadres retraités, Martial et Odette, quitte Paris pour s'installer dans le sud de la France, dans une résidence de luxe, close et surveillée. Premiers habitants, ils sont au début seuls avec le gardien et l'animatrice du club-house. A l'arrivée de nouveaux résidents, ils jouent au "jeu des voisins". Une vie en vase clos, jusqu'au drame.

Annie a dévoré les livres pendant l'été. Entre autres :
Femmes de soie, de Gail Tsukiyama (Ramsay, 2003) : en Chine, dans les années 20, travail des femmes dans les filatures de soie, entre dur labeur et solidarité. Aline aussi a beaucoup aimé ce roman.

Adolfo Kaminsky : une vie de faussaire, par Sarah Kaminsky (Calmann-Lévy, 2009), coup de coeur d'Annie et Claude. L'auteur raconte la vie de son père. Juif ayant échappé aux raffles, il consacre sa vie entière au service des opprimés. D'abord expert en faux papiers pour la Résistance à Paris, il met ensuite ses compétences au service d'autres causes dans le monde entier.

La kermesse du diable, d'Annie Degroote (Presses de la Cité, 1993)
Annie Degroote fait partie des écrivains "du terroir", et situe ses romans dans les Flandres.
A Lille, au 17ème siècle, l'héroïne épouse un homme vieux et grossier. Après la peste, veuve, elle crée une école de dentellières.

Jacky aussi a beaucoup lu :
Au fil des notes, d'Hélène Mercier-Arnault (Plon, 2009)
Passionnée de musique, l'auteur a élevé ses trois enfants tout en continuant à donner des concerts.

L'éclipse des jours, de Jacques Goudet (éd. Velours, 2008)
Chronique d'un village auvergnat, où il se passe beaucoup de choses...

On peut se dire au revoir plusieurs fois, de David Servan-Schreiber (R. Laffont, 2011)
Peu de temps avant sa mort, l'auteur fait le bilan de son long combat contre le cancer. Il évoque en particulier les relations avec ses frères, dont il s'est rapproché lorsqu'il a été malade.

Jacqueline a aimé :
Mon ami Ben : un chat sauve un enfant de l'autisme, de Julia Romp (Gawsewitch, 2011)
Une mère célibataire élève son fils autiste, très fermé. Le comportement de l'enfant se modifie radicalement à l'arrivée d'un chat (découverte des câlins...). Suite à la disparition du chat, l'enfant se replie sur lui-même. Sa mère fait d'énormes recherches pour le retrouver...

Par contre, ni Jacqueline, ni Dominique n'ont apprécié le dernier livre de Sylvie Testud : Chevalier de l'ordre du mérite (Fayard, 2011), un roman décousu au fil conducteur faible. Une femme à la vie professionnelle ratée (elle travaille dans une mutuelle pour chiens) est obsédée du ménage chez elle, à tel point qu'elle provoque de réels problèmes de couple.

Aline présente :
Les souvenirs, de David Foenkinos (Gallimard, 2011)
Le narrateur, manifestement très proche de ses grands-parents, raconte avec tendresse la mort de son grand-père  et les dernières années de sa grand-mère. David Foenkinos évoque avec une grand sensibilité le délicat passage en maison de retraite de la grand-mère, que ses fils ne veulent plus savoir seule chez elle : le père du narrateur qui en fait trop pour se persuader qu'il agit bien, la grand-mère qui se laisse faire pour ne pas être un poids mais n'en pense pas moins... et finit par organiser sa fugue. Le lien privilégié tissé entre grand-mère et petit-fils permet néanmoins à celui-ci de la retrouver, et de rencontrer la femme de sa vie.
Le roman est entrecoupé de souvenirs des personnages et personnalités évoqués.
De ce même auteur, nous avons aussi été nombreux à apprécier "La délicatesse", paru en 2009.

La fortune de Sila, de Fabrice Humbert (Le Passage, 2010)
Voir critique.

Et en bonus, Aline nous livre la recette des tartes aux noix : confectionner une pâte brisée avec100 g farine, 50 g beurre et 1/2 verre d'eau, la faire blondir à four chaud (200°), la garnir du mélange 100 g de noix hâchées / 80 g de sucre en poudre / 20 cl de crème, puis cuire à four moyen (175 °) environ 20 mn.

02/09/2011

Rentrée du Bouillon

C'est la rentrée aussi pour le Bouillon de Lecture !

Nous attendons tous les amis des livres

Jeudi 15 septembre à 20h15

à la bibliothèque de Soucieu

Aucun thème particulier n'a été défini, nous papoterons, parlerons des livres lus cet été, et organiserons notre année de partage de lectures... autour de quelques gourmandises (selon l'inspiration culinaire des participants).

04/07/2011

Bouillon de vacances

Pour cette dernière rencontre avant l'été, nous avons prévu des lectures "légères". Nous nous rattraperons sur les gros romans pendant les vacances !

Cet été là, de Véronique Olmi.
Trois couples se retrouvent tous les ans pour le 14 juillet. Petites vacheries entre amis...

Miss Sweetie, de Valérie Saubade
Samantha travaille au courrier du coeur pour un magazine féminin, et vit avec sa grand-mère et sa grand-tante, jusqu'au jour où lui parvient une lettre de menaces.  Comédie à l'anglaise légère et sympa.

Les invités, de Pierre Assouline.
Ce roman à l'humour grinçant relate un dîner très chic dans la grande bourgeoisie parisienne. Au dernier moment, un invité de marque se décommande, et la maîtresse de maison est contrainte de le remplacer par la jeune bonne d'origine maghrébine pour éviter que les convives ne soient 13 à table...
Dans un genre plus sérieux, Pierre Assouline a aussi publié au début de l'année un livre fort intéressant : Vies de Job, fruit de recherches en Palestine, et de réflexions sur le personnage biblique de Job.

A hauteur des nuages -chroniques de ma montagne taoïste- est l'itinéraire de Bernard Besret. D'origine protestante, prieur à 26 ans dans un monastère cistercien, il a quitté les ordres. Sa quête spirituelle l'entraîne en Chine, où il fonde un auberge taoïste avec un ami. Il raconte, entre autres, sa Chine, le Qi Gong...

Dans la mer, il y a des crocodiles, récit de Enaiatollah Akbari, écrit par Fabio Geda.
Récit d'Enaiat, abandonné par sa mère pour qu'il quitte l'Afghanistan. Son difficile périple migratoire, tout seul alors qu'il n'avait que dix ans au départ, est raconté sans misérabilisme. Il évoque aussi moments d'entraide, et les principes inculqués par sa mère : ne jamais voler ou tuer, ne jamais se droguer, avoir toujours un rêve devant soi...

Ulik au pays du désordre amoureux, par François Lelord.
Inuit envoyé aux Etats-Unis comme ambassadeur de sa tribu, Ulik découvre avec stupeur les usages occidentaux, en particulier les relations entre les hommes et les femmes, tellement plus complexes que dans sa tribu !

Rose, de Tatiana de Rosnay
Sous le Second Empire, Rose habite dans un vieux quartier parisien, au moment des grandes modifications d'urbanisme menées par Haussmann. Refusant de quitter son logement, elle passe ses souvenirs en revue, raconte à son mari (décédé) des choses qu'elle lui a toujours tues.

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson
Vieillard en maison de retraite, il a tout fait, tout vu, mais il est surtout spécialiste des explosifs. Le jour de ses 100 ans, il s'échappe de l'établissement en pyjama et "chaussons-pisse". Roman drôle et déjanté !

Marie Didier :
La vie de Jeanne retrace une vie de campagnarde, proche de la nature.
Dans la nuit de Bicêtre : Jean-Baptiste, Savoyard, devient surveillant à l'hôpital psychiatrique.  Choqué par la maltraitance des aliénés, il lutte contre les sévices corporels et pour de meilleures conditions de vie pour les malades.

Nous avons aussi redécouvert :

Tous les romans historiques de Tracy Chevalier, dépaysants et agréables à lire.
La dame à la Licorne est une vision romancée du milieu des tisserands et de la création des tapisseries à la fin du Moyen-Âge.
La vierge en bleu : Ella Turner, américaine, vient s'installer avec son mari dans le Tarn. S'y sentant seule et indésirable, hantée par des rêves en bleu elle fait des recherches sur ses ancêtres, protestants français. Quatre siècles plus tôt, Isabelle "la Rousse" est persécutée pour son culte de la Vierge.

Le vieux qui lisait des romans d'amour (1992), de Luis Sepulveda.
Antonio José Bolivar a appris à vivre et chasser dans la forêt amazonienne avec les indiens. Son autre passion : lire les romans d'amour prêtés par le dentiste...

Le parfum, de Patrick Süskind.
Dans la France du XVIIIe siècle, Grenouille, enfant abandonné, est doté d'un odorat exceptionnel. Devenu parfumeur, il maîtrise cet art à la perfection, mais -obsédé par  le parfum d'une jeune fille-, il devient tueur en série pour tenter de le capturer. L'auteur rend avec génie les sensations et les parfums !