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24/12/2012

Cuba

Auteurs cubains

Par ordre d'âge, voici les auteurs cubains dont nous avons lu des ouvrages. Des thèmes nous ont semblé récurrents, chez plusieurs auteurs : pauvreté, corruption, exil, sensation de vide… et le rhum, qui coule à flots ! Les conséquences des événements historiques se font sentir, depuis  la colonisation jusqu'à la longue dictature communiste, ébranlée par la chute du mur et le démantèlement de l'URSS.


Guillermo Cabrera Infante (1929-2005)

Il a reçu en 1967 le prix du meilleur livre étranger pour Trois tristes tigres, et en 1997 le prix Cervantes pour l'ensemble de son œuvre. En 1958, l'auteur s'est exilé en Espagne, puis à Londres. Les deux recueils de nouvelles suivants ont été lus, mais pas appréciés par nos lectrices… trop noirs ?

Dans la paix comme dans la guerre (Gallimard, 1998)

Nouvelles écrites entre 1950 et 1958. Ce sont des chroniques de la vie quotidienne à Cuba, qui montrent la société cubaine sous la dictature de Batista : meurtres, oppression, et une profonde colère qui explique le soutien du peuple cubain à la révolution castriste.

Coupable d'avoir dansé le cha-cha-cha (Gallimard, 1999)

Comme le rythme du cha-cha-cha, les trois nouvelles de ce livre progressent par répétition et contraste. Elles commencent toutes par une scène identique : un après-midi de pluie, un homme et une femme déjeunent dans un restaurant du centre-ville de La Havane. Cette rencontre donne lieu, à chaque fois, à une histoire d'amour différente et à une approche d'un des multiples visages de Cuba.

 

Eduardo Manet (1930-      )

Ecrivain et réalisateur d'origine cubaine, Eduardo Manet a longtemps soutenu les révolutionnaires cubains. Exilé en France depuis 1968, de nationalité française depuis 1979, il a obtenu en 1992 le prix Goncourt des lycéens pour L'Ile du lézard vert (Flammarion) 

Rhapsodie cubaine (Grasset, 1996)cuba

L'action débute en juillet 1959. Edelmiro Sargats, homme d'affaires prospère, décide de quitter Cuba avec sa famille avant que l'île ne devienne un bastion du communisme. Les comportements diffèrent selon les exilés : les parents s'efforcent de recréer leur paradis cubain en Floride, dans ce quartier de Miami que l'on appelle la Petite Havane, et rêvent de revenir un jour au pays. Le fils, Julien, fait tout pour s'intégrer aux Etats-Unis…   Prix Interallié en 1996.


Leonardo Padura Fuentes (1955-       )

Né à La Havane, il vit toujours dans son quartier de Mantilla, qu'il partage avec son héros récurrent Mario Conde. Critique littéraire, scénariste, essayiste, Leonardo Padura s'attache à montrer la réalité sociale qui l'entoure. Il semble -et cela nous a surpris- qu'il n'ait pas été inquiété pour ses écrits. En 2012, il a même reçu le prix national de littérature de Cuba.

Le cycle des saisons comporte 4 tomes. Dans les trois que nous avons lus, ainsi que dans Meurtre d'un chinois à la Havane, l'intrigue policière n'est qu'un prétexte pour montrer les dérives de la société cubaine :

Vent de Carême (Metailié, 2004)

L'inspecteur Mario Conde rencontre une saxophoniste de jazz alors qu'il débute une enquête délicate. En même temps que le bonheur que lui apporte l'amour et la musique, il découvre les côtés obscurs de la société cubaine : drogue surtout, fraude, trafic d'influences, décomposition sociale...

Electre à la Havane (Metailié, 1998)

L'inspecteur enquête sur le meurtre d'un homosexuel, dans une société où cette "déviance capitaliste" est fortement réprimée. Parallèlement, il est confronté à un enquête au commissariat, qui révèle la corruption de ses collègues.

L'automne à Cuba (Metailié, 2000)cuba

A 35 ans, Conde est un excellent policier. Il est certes désordonné, boit trop, travaille de façon intuitive, cependant il résout ses affaires  avec succès. Décidé à démissionner suite aux affaires de corruptions dans son commissariat, il doit néanmoins résoudre une dernière enquête, liée à la période des confiscations de villas et d'objets de valeurs des Cubains fortunés partis en exil après la révolution. Sa rencontre avec les profiteurs du régime communiste ne fait que l'écœurer d'avantage, et il appelle de tout son être l'arrivée de l'ouragan Felix qui donnera l'illusion d'un grand nettoyage… Il cherche à se consacrer à l'écriture, tandis que ses amis de jeunesse et de beuverie réfléchissent au néant de leur existence et au sens à donner à leur vie.

Adios Hemingway (Metailié, 2005)cuba

Mario Conde mène une ultime enquête délicate : en effet, les pluies diluviennes ont déraciné un énorme manguier dans l'ancienne résidence à La Havane de Hemingway, mettant à jour un cadavre… et une plaque du FBI. Conde se penche sur les derniers jours d'Hemingway, qu'il a tant admiré lorsqu'il était jeune, mais qui n'apparaît pas ici sous son meilleur jour. Sous la plume de Conde, ou de Padura, il devient un aventurier, avide de prouver sa force et sa virilité, qui aurait en quelque sorte pris sa retraite à La Havane, sans jamais s'intéresser réellement à la vie de la population. Ni même à celle de ses employés, si ce n'est pour se les attacher. Américain communiste, il aurait été surveillé jusqu'à sa mort par le FBI…

Ce court roman peut désarçonner car il alterne sans préavis entre deux époques : les derniers jours d'Hemingway à Cuba, en 1958, et l'enquête de Conde, qui présente peu d'intrigue, pas d'action, mais est plutôt prétexte à réfléchir sur l'écrivain et l'écriture.

Le palmier et l'étoile (Métailié, 2003)cuba

Fernando revient passer un mois à La Havane, après 18 ans d'exil, espérant enfin trouver le mystérieux manuscrit autobiographique du grand poète José Maria Heredia, auquel il a consacré sa thèse. Il veut aussi tirer au clair les circonstances qui l'avaient contraint à l'exil, trouver qui l'avait dénoncé. Cette recherche alterne avec le journal de Heredia, alors que Cuba luttait pour son indépendance, et avec les réflexions du fils du poète, franc-maçon, vers 1920. Peu à peu émergent des parallélismes surprenants dans la vie des trois hommes, pris dans la tourmente de l'histoire politique de Cuba. Dénonciations, exil, intrigues politiques et trahisons semblent inévitables…


Zoé Valdes (1959-      )

En 1995, après la publication de son roman « Le néant quotidien », elle est contrainte à l’exil, pour insoumission au régime castriste, accompagnée de son conjoint et de sa fille. Romancière, poète et scénariste cubaine elle réside en France.

Nos lecteurs n'ont pas aimé ses œuvres récentes : Danse avec la vie (Gallimard, 2009), Le pied de mon père (Gallimard, 2002). Des pages trop crues, trop violentes, les ont mis mal à l'aise. Par contre, Annie a beaucoup aimé La douleur du dollar (1997) et Le néant quotidien (1995).

Le néant quotidien (Actes Sud, 1995)cuba

Zoé Valdes raconte l'histoire d'une jeune Cubaine, engluée dans le néant de sa vie quotidienne. Au travail –et elle a de la chance d'avoir du travail- elle attend que les heures passent. Elle a deux liaisons, peut-être pour échapper au vide et à la vie cubaine morose de la " période spéciale " : privations, pénurie, liberté si précaire… L'auteur décrit Cuba comme "l'île qui avait voulu construire le paradis et qui engendra l'enfer".


Karla Suarez (1969-      )

Ingénieur et écrivaine, elle a vécu quelques années, à Rome et à Paris, et vit actuellement au Portugal.  

Tropique des silences (Metailié, 2002)

Au passage de l'enfance à l'adolescence, celle que ses copains ont longtemps surnommée P'tit Mec s'interroge sur ses origines, et se dresse contre les obsessions et les mensonges  familiaux. Elle cherche sa voie, mais contrairement à beaucoup d'autres, elle refuse de quitter Cuba... se privant ainsi d'avenir ? Prix du premier roman en Espagne en 1999.

La voyageuse (Metailié, 2005)cuba

Par un procédé de lecture de journal intime et de flashbacks, le roman déroule la vie de deux Cubaines, exilées par choix. L'une, nomade,  "cherche sa ville" et arpente les capitales, ne s'arrêtant jamais plus de quelques années au même endroit. L'autre, sédentaire, évite tous les risques, y compris celui de la maternité. Leurs retrouvailles permettent de s'interroger sur les choix et la façon de vivre l'exil de chacune. Un peu partout dans le monde (Brésil, Mexique, Paris, Rome…), la communauté cubaine exilée semble toujours prête à la solidarité, aux visites (trop) prolongées, aux soirées bruyantes et alcoolisées, à la nostalgie.  Prix français du livre insulaire en 2012.

14:22 Publié dans Bouillon de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba

18/11/2012

Bouillon américain

A l'occasion de la venue de la troupe du théâtre des Célestins à Mornant, pour jouer "Mort d'un commis voyageur" d'Arthur Miller, notre Bouillon de lecture s'est américanisé.

Voici déjà les recettes du soir, réclamées par les participants. Je suis sympa, je vous les ai traduites !

Peanut Butter Cookies

½ tasse beurre ou margarine / ½ tasse beurre de peanut butter / ½ tasse sucre brun en poudre / ½ tasse sucre blanc en poudre / 1 + ¼ tasse farine / 1 œuf / 1 cuil. à thé vanille / 1 cuil. à thé bicarbonate de soude / ¼ cuil. à thé sel

Mettre en crème le beurre, le beurre d'arachide et les sucres. Ajouter l'œuf et la vanille, mélanger. Ajouter la farine, le sel, le bicarbonate de soude, et former une pâte dense, pas trop collante, qui ne devrait pas trop s'émietter.  Faire des boules d'un pouce de diamètre, les espacer sur la plaque du four, les aplatir un petit peu en appuyant à la fourchette. Cuire à 375° F (180° C) pendant environ 10 mn. Laisser refroidir les cookies 2 mn avant de les retirer de la plaque.

Rice Krispies Squares

¼ tasse beurre / 32 gros chamallow / 4 tasses céréales de riz souffé, ou de riz soufflé au chocolat. Allez, je vous aide : je mets 125 g beurre, 1 gros sachet de 350 g de chamallows, et un paquet de 370 g de céréales (type Rice Krispies ou Choco Pops).

Dans une grande casserole, faire fondre le beurre. Ajouter les chamallows, et les faire fondre à feu doux. Eteindre le feu et ajouter les céréales. Mélanger jusqu'à ce que les céréales soient bien recouvertes. Presser le mélange dans un grand plat (j'utilise une plaque à gâteau roulé ou un plateau). Laisser refroidir 2 heures avant de découper en carrés ou en barres.

29/10/2012

Mort d'un commis voyageur

Bouillon de lecture

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Mort d'un commis voyageur

Jeudi 15 novembre

20h15 à la bibliothèque

 

Des représentants du théâtre des Célestins à notre rencontre autour de l’œuvre d’Arthur Miller, et de la mise en scène de Claudia Stavisky

28/10/2012

Bouillon de cuisine

Cuisine et romans

Pour ce bouillon culinaire, Geneviève s'est surpassée en nous accueillant avec un somptueux moelleux au chocolat !

Les romans lus autour de ce thème présentent un aspect gourmand et sensuel, auquel nous n'avons pas été insensibles...


Le cuisinier, de Martin Suter, cuisineC. Bourgeois, 2010, 20€30

Au Sri Lanka, Maravan était un jeune cuisinier prometteur, initié par sa grand-mère aux préparations ayurvédiques. Réfugié en Suisse, il travaille comme simple commis dans un restaurant renommé, mais passe tous ses loisirs à expérimenter de nouvelles recettes. Un jour, l'emprunt au restaurant d'un coûteux appareil servant aux préparations moléculaires lui vaut d'être renvoyé. Sa collègue Andrea, ayant découvert –à ses frais- son don particulier, lui propose alors de créer une entreprise de dîners aphrodisiaques à domicile. Maravan est en proie aux affres de sa conscience : sa morale et sa religion lui interdisent de corrompre sa cuisine en rapprochant des couples illégaux, mais comment s'assurer que les clients sont des couples mariés ? et comment résister aux pressions des tigres tamouls qui veulent leur part du gâteau et menacent sa famille restée au pays ?

Une approche originale de la cuisine moléculaire et de la cuisine ayurvédique, sur fond de crise financière mondiale et d'affaires véreuses.

Coup de cœur du Bouillon.

 

L'affaire du cuisinier chinois, Pascal Vatinel, le Rouergue, 2007, 19 €

Prenez un vieux cuisinier qui perd un peu la main, un jeune chef qui a voyagé pour parfaire sa cuisine, un roi gourmant et gourmet, et organisez un tournoi culinaire. Saupoudrez de homards explosifs, de soupes légères, de présentations extraordinaires mêlant le yin et le yang. Mélangez avec un amour impossible et de terribles trahisons. Plongez le tout dans la complexe et foisonnante histoire de la Chine, à l'époque des Royaumes Combattants, juste avant le règne de Qin Shi huangdi.

Ajoutez, de nos jours, deux vieux amis, archéologue et paléographe, aux prises avec des hauts fonctionnaires corrompus. Mélangez. Vous obtiendrez un roman gastronomico-archéologique complexe et foisonnant, qui mêle intrigue policière et délices culinaires d'hier à la corruption d'aujourd'hui !

 

Mangez-moi, Agnès Desarthe, L'Olivier, 2006, 20.30 €

Myriam, cuisinière dans un cirque, perd sa place lorsque celui-ci ferme.  Elle décide d'ouvrir son restaurant, "Chez moi", mais faute d'argent doit aussi vivre dans ses locaux.  Peu à peu, les clients découvrent ce restaurant à la cuisine familiale : fleuriste, amoureux, étudiants,… composent une petite cour des miracles. Myriam, plus cuisinière que financière, est aussi intransigeante avec elle-même qu'elle est généreuse avec les autres. Elle ressent beaucoup de culpabilité par rapport à son passé d' "atrophiée de l'amour maternel" et ne se pardonne rien.  Cependant cuisiner pour ceux qui l'entourent semble lui redonner confiance.

Un roman facile à lire, plutôt optimiste et généreux malgré le mal de vivre du personnage principal.

 

Les liaisons culinaires, Andreas Staïkos, Actes Sud (Babel), 2007, 6.50 €

Dimitris et Damoclès, voisins dans le même immeuble, sont tous deux éperdument amoureux de la séduisante Nana. Fins cuisiniers, ils l'accueillent à tour de rôle, sont aux petits soins pour elle, littéralement à ses pieds ! Comme elle est aussi friande de bons petits plats que gourmande des délices de l'amour, les deux hommes lui préparent des dîners avec amour et rivalisent pour gagner sa préférence… même après avoir réalisé qu'elle leur ment et se joue d'eux !

En 17 menus et 36 recettes grecques, toutes simples, appétissantes et parfumées –autant de rendez-vous- Staïkios campe un marivaudage léger, drôle et digeste.

 

Cuisine tatare et descendance, Alina Bronsky, Actes Sud, 2012, 23.40 €

Malgré le titre, aucune dégustation dans ce roman, si ce n'est une effroyable cuisine relationnelle, concoctée par une terrible maîtresse-femme, belle et raffinée, qui méprise son entourage. Toujours contente d'elle-même, sans états d'âme, elle traite son mari de péquenaud, sa fille de "moche et débile", et manipule tous ceux qui l'entourent ! Une critique mordante et cynique de la Russie des années 1980.

Voir la critique de Jacqueline.

 

Chocolat, Joanne Harris, Quai Voltaire, 2001

Lansquenet est un village tranquille du Sud-Ouest, dans les années 1960. Les habitants y mènent une vie tranquille, un peu somnolente, agrémentée de commérages. L'arrivée de Vianne Rocher, parisienne, qui installe une confiserie-chocolaterie en face de l'église – en période de Carême, qui plus est- provoque un émoi considérable ! Le village est partagé entre ceux qui succombent à son charme et à ses gourmandises, et ceux qui, à la suite du curé austère, considèrent que cette boutique menace l'ordre et la moralité.

Un film adapté de ce roman a été réalisé par Lasse Hallström en 2000. Plusieurs romans de Joanne Harris ont des thèmes proches de la nourriture : les cinq quartiers de l'orange est situé dans un restaurant. Annie a beaucoup aimé Le vin de bohême, empreint de parfums et de sensualité.


Le cuisinier de Talleyrand : meurtre au congrès de Vienne, par Jean-Christophe Duchon-Doris, Julliard, 2006, 19 €

Ce roman policier est principalement situé dans les cuisines de Talleyrand en pleine effervescence, en 1814, pendant le congrès de Vienne qui a suivi la chute de Napoléon. Les puissances européennes ont vaincu Napoléon et se réunissent pour se partager l'empire ; la France est en disgrâce, et l'habile Talleyrand use de tous les moyens pour redorer son blason. Pour amadouer les plus récalcitrants, il engage pour l'évènement Marie-Antoine Carême (dit Antonin), meilleur cuisinier de son temps. Mais lorsqu'un maréchal est retrouvé assassiné, la police autrichienne suspecte que le nœud de l'intrigue se trouve dans le palais occupé par Talleyrand, et plus précisément dans ses cuisines. Il s'établit entre le policier chargé de l'enquête et Antonin une relation autant faite de respect et d'admiration que de soupçon.

Antonin Carême, génie de la cuisine, a consacré toute son existence à la gastronomie, et cuisiné chez les plus grands : le prince de Talleyrand, le prince régent d'Angleterre (futur Georges IV), l'empereur d'Autriche, le baron de Rothschild, etc. Sa cuisine marque la transition entre la cuisine du Moyen-Âge et celle d'aujourd'hui. Il a exécuté des pièces montées extraordinaires, et ne séparait pas l'architecture de la pâtisserie : "les beaux-arts sont au nombre de cinq, à savoir: la peinture, la sculpture, la poésie, la musique et l'architecture, laquelle a pour branche principale la pâtisserie." La fin de sa vie a été consacrée à la rédaction de plusieurs livres sur la cuisine, dont L'Art de la Cuisine française, encyclopédie en 5 volumes (1833-1834), qui comprenait des centaines de recettes, des menus et des plans de table, une histoire de la cuisine française et des instructions pour l'organisation de cuisines.

 

L'école des saveurs, Erica Bauermeister, Presses de la Cité, 2009, 19.30 €

Lilian n'a que 4 ans lorsque son père part. Elle se retrouve livrée à elle-même face à une mère dépressive, noyée dans les livres pour oublier. Lilian développe une passion pour la cuisine, et met beaucoup d'émotion et de sensualité dans ses recettes pour sortir sa mère de son chagrin. La description du chocolat chaud qui extorquera le premier sourire de sa mère est savoureuse !

Vingt ans plus tard, elle anime tous les lundis un atelier de cuisine dans son restaurant. Durant deux saisons, elle partage les tentatives culinaires et les aspirations secrètes de ses élèves de tous horizons.

L'école des saveurs… ou la thérapie par la cuisine !

 

Le voyage de cent pas, Richard C. Morais, Calmann-Lévy, 2011, 19.30 €

Hassan grandit à Bombay, au-dessus du restaurant familial, entouré des odeurs de cuisine, dans une Inde gourmande et voluptueuse. Mais au moment de la Partition entre Inde et Pakistan, sa mère décède dans l'incendie du restaurant. La famille émigre et finit par se fixer dans un village du Jura, où elle ouvre un petit restaurant tout près du restaurant deux étoiles de Mme Mallory. Cuisine indienne et française se font concurrence, jusqu'à ce que Mme Mallory accepte de former le jeune Hassan. En effet, "cet adolescent maigrichon possède ce petit quelque chose qu’on ne rencontre qu’une fois par génération. C’est un chef né. Un artiste. " Cent pas, c’est la courte distance qui sépare le boui-boui familial du restaurant deux étoiles.

Roman gourmand, qui mêle intégration et cuisine, et aborde le petit monde de la gastronomie française.

21/09/2012

Bouillon de rentrée

Bouillon de lecture « Coups de cœur »

Rentrée 2012 – Saint Laurent d’Agny

 

Plusieurs participants sont absents et excusés, mais nous accueillons 3 « observateurs » d’Aveize, évoquons le déroulement de nos soirées, les thèmes déjà choisis et quelques auteurs vus les années précédentes. C’est l’occasion de déguster fruits et tartes de saison concoctés par Annie, Georgette et Johanne.

 

Titres présentés par Soucieu

Le poids du papillon

Eri De LUCA, Gallimard 2011

Deux personnages s’affrontent : le vieux chamois chef de harde et le chasseur vieillissant qui a autrefois tué la mère du héros. C’est un duel à mort entre 2 solitaires. De très belles pages sur la montagne : les Alpes italiennes. Ecriture concise, poétique.

Une discussion s’établit : à Orliénas, Giselle a beaucoup aimé et une autre lectrice, pas du tout, le trouvant trop noir.

 

Peste et choléra

Patrick DEVILLE, Seuil 2012.

Maryvonne a rencontré l’auteur à Morges récemment. Il a après de longues recherches, écrit ce roman biographique d’Alexandre Yersin né en 1863 à Morges, médecin bactériologique naturalisé français, pilier de l’Institut Pasteur, ayant travaillé sur la peste et le choléra et découvert le bacille de la peste. Surnommé l’aventurier de Morges, Yersin a voyagé, et est mort au Vietnam

Beaucoup d’humour et d’ironie, des retours en arrière, un livre passionnant.


Lundi mélancolie

Nicci French, Fleuve Noir, 2012.

A Londres, la photo de Matthew, 5 ans, fait la une des journeaux et chaînes de télévision... L'enfant a disparu à la sortie de l'école quelques jours auparavant sans laisser de traces. Dans son cabinet, la psychologue Frieda Klein est témoin d'autres drames. Alain, un homme très perturbé, lui confie son rêve : il ne cesse de songer à un enfant qui serait son fils et qui ressemble au petit garçon disparu. Bon roman qui mélange enquête policière, tranches de vie des différents personnages, consultations psychiatriques... et sonde les mystères de l'esprit humain.


Etrange affaire

Peter ROBINSON, Albin Michel, 2006

Sur le répondeur de l'inspecteur Banks, un message de son frère lui demande de le rappeler d'urgence... mais Roy est injoignable ! Banks part pour Londres à sa recherche. Dans le Yorkshire, sa collègue découvre dans la poche d'une jeune femme assassinée un papier portant le nom et l'adresse de Banks.

Le décor est bien planté, riche en descriptions. La disparition de son frère replace Banks face à lui même. C'est la relation entre les deux frères (ou plutôt l'absence de relation) qui fait l'intérêt de ce très bon polar.

 

A Orliénas, 3 titres sont évoqués

La formule préférée du professeur

Yoko OGAWA, Actes Sud, 2005

Une aide ménagère embauchée par un mathématicien qui  donne des leçons de mathématiques au fils de celle-ci, bien qu’il souffre lui-même de graves troubles de la mémoire. Tous 2 aiment le base-ball.

Poétique et délicat, intergénérationnel.

 

L’œil du léopard

Henning MANKELL, 1990, traduit au Seuil, en 2012.

Hans Olofson adolescent au début, va en Afrique, est choqué par la misère, essaie d’aider en Zambie dans une exploitation où noirs et blancs s’affrontent.

Difficulté des relations, terreur. Très intéressant.

 

La comtesse de Ricotta

Milena AGUS,  L.Levi, 2012

Geneviève évoque ce livre plus léger, au ton décalé, aux personnages fantaisistes, pour donner une note plus gaie.

 

Choix de Saint-Laurent-d’Agny 

Peur noire  

Harlan COBEN, Fleuve Noir, 2009

Roman policier apprécié par Annie qui n’est pas habituée du genre.

 

Les disparus

David MENDELSOHN, Flammarion 2007

Récit de la quête par l’auteur de 6 « disparus » de sa famille juive en Pologne orientale, tués lors de 2 « actions » par les Ukrainiens en 1941-1942. Ce livre permet une approche de la bible, notamment la Genèse, montre que la vie est un éternel recommencement. Se lit facilement, passionnant. Ce gros « pavé » a été très enrichissant pour Annie qui a « partagé » avec ses proches.

 

Mille femmes blanches

Jim FERGUS, Le Cherche-Midi, 2000

Sous le président Grant, un pacte avec les Cheyennes  prévoyait la « fourniture » de 1000 femmes blanches en vue de l’intégration. 75 environ sorties de prison ou d’hôpital psychiatrique ont rejoint les Cheyennes. Lutte blancs-Indiens, extermination en 1875 constituent le récit, de beaux portraits de femmes.

 

Le Ruban rouge

Carmen De POSADAS, Seuil 2010

Ce sont les « fausses mémoires » de Teresa Carabus espagnole,  mariée à 14 ans à un français, puis figure du Directoire comme épouse de Tallien et de Barras. Le récit est à la première personne, c’est un personnage moderne ; la vie quotidienne à la fin du XVIIIème siècle, la guillotine sont rendus très vivants.

 

Lectures d’Aveize

La mort s’invite à Pemberley

P.D. JAMES, Fayard, 2012

Reprend les personnages d’Orgueil et préjugés de J Austen, et mène un récit policier dans un manoir anglais. Original et intéressant.

 

Du domaine des murmures, Carole MARTINEZ

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine De VIGAN

Room, Emma DONOGHUE

Il est tard, nous passons vite sur les titres déjà vus précédemment.

30/08/2012

Calendrier du bouillon 2012-2013

prochains Bouillons de lecture

 

ouverts à tous les amateurs de lecture !

 

Rendez-vous à 20h15 dans les bibliothèques du secteur, autour des petites gourmandises du moment :

 

Jeudi 20 septembre à St Laurent d’Agny : coups de cœur

Jeudi 18 octobre à  Orliénas : cuisine et romans

Jeudi 15 novembre à Soucieu en Jarrest : auteurs Cubains

Jeudi 20 décembre à St Laurent d’Agny : _ _ _ _ _ ?

Jeudi 17 janvier à Orliénas : Japon

Jeudi 21 février à Soucieu : _ _ _ _ _ ?

Jeudi 21 mars à St Laurent : _ _ _ _ _ ?

Jeudi  18 avril à Orliénas : _ _ _ _ _ ?

Jeudi 16 mai à Soucieu : _ _ _ _ _ ?

Jeudi 20 juin à St Laurent : _ _ _ _ _ ?

 

Pensez à anticiper pour demander les romans à la bibliothèque ou à la médiathèque du Rhône…

20/07/2012

Récits de voyage

Bouillon de voyage - juin 2012

Selon les lecteurs, le choix s'est porté sur des récits de voyages tantôt anciens, tantôt récents.

 

Ararat, sur la piste de l’arche de Noé, par Edouard CORTES (2007)

Tout est parti d’un morceau de bois donné par la grand-mère de l’auteur comme un morceau de l’Arche de Noé. Voir la chronique complète de Marie-Claire.

 

Voyage à Lyon, de STENDHAL

Récit du voyage que l'auteur a effectué à Lyon en 1837, agrémenté de gravures d'époque. Ferrailleur, Stendhal prend le bateau à vapeur à Trévoux pour se rendre à Lyon pour affaires. Sauf en ce qui concerne les rives de Saône, du côté de l'île Barbe, il semble n'avoir pas apprécié la ville, sombre, aux rues étroites. Néanmoins "le Lyonnais aime sa ville, et les légumes y sont divinement apprêtés..." Inattendu !


Des femmes sur les routes de l'Orient : le voyage à Constantinople au XIXe siècle,par Matei CAZACU

De juin 1785 à août 1786, Elizabeth Craven fit plus de 8000 km, passant par Paris, Vienne, Varsovie, Saint-Pétersbourg, la Crimée, Constantinople, les îles grecques, la Transylvanie... Elle inaugure ainsi un genre littéraire, le voyage au féminin. Son récit est précédé d'une longue introduction au voyage des femmes en ce temps. Muriel n'est pas parvenue à rentrer dans ce récit, très historique, avec beaucoup de noms, de dates...

 

Au coeur de l'Inde : 4400 km à pieds du Kerala à l'Himalaya, Amandine et Eric CHAPUIS (2009)

Jeunes mariés, Amandine et Éric Chapuis décident de partir pour un voyage de noces d’un an, du Kérala à l'Himalaya. Ils rêvent de l’Inde, qu’ils vont traverser pas à pas, tels des pèlerins, du sud au nord, trouvant le sens de leur marche dans les rencontres au fil du chemin.  Bon récit de voyage bien distrayant, plein d’aventures et de rencontres pour ce jeune couple , des photos pour agrémenter le récit.   

 

Eloge de l'énergie vagabonde, de Sylvain TESSON (2007)

Coup de coeur de Geneviève.

 

Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain TESSON (2011)

L'auteur décide, avant ses 40 ans, de passer 6 mois dans une cabane de Sibérie, au bord du lac Baïkal, afin de voir s'il existe une vie intérieure lorsqu'on s'isole. Il part avec de la lecture, beaucoup d'alcool, des fusées pour faire fuir les ours... Ses voisins les plus proches se trouvent à 5h de marche. Ce journal décrit son rythme quotidien : casser la glace, allumer le poêle, couper du bois, lire, écrire, apprivoiser une mésange... et boire avec les visiteurs ! Sa perception du monde par l'immobilité entraîne une autre relation au temps, à la nature : taïga, lac, montagne, glace, pêche, canards...  Très bien écrit.

Haïku (des neiges) : "Pointillé des pas sur la neige : la marche couture le tissu blanc."

 

Cavalier des steppes : à travers les montagnes d'Asie Centrale, Nicolas Ducret

Diplômé d'école de commerce et d'études en géopolitique, cavalier hors pair, l'auteur décide de partir seul en voyage à cheval en Mongolie. Sa méfiance par rapport aux gens transparaît dans son récit, ainsi qu'une certaine paupérisation des populations depuis la fin de l'URSS. L'alcool est très présent. Récit intéressant.

 

Le "Français" au Pôle Sud, de Jean- Baptiste CHARCOT

Passionné de navigation, Jean-Baptiste Charcot a d'abord suivi les désirs de son père en devenant médecin, puis à la mort de celui-ci, il a consacré sa fortune à la navigation scientifique et à la découverte des pôles.

Journal de l'expédition antarctique française (1903-1905), agrémenté de photos en noir et blanc d'époque, ce récit d'exploration raconte avec simplicité la navigation, la vie à bord et le premier hivernage français dans les glaces australes... dans une grande précarité et des conditions extrêmement rudes !

Passionnant, à la fois pour l'aventure, l'état des sciences à l'époque, les relations paternalistes du capitaine avec son équipage...

 

Le désert des déserts, Wilfred THESIGER (1978)

Anglais, né en Ethiopie en 1910, Wilfred Thesiger n'a jamais pu s'habituer à la vie de l'establishment anglais. Explorateur passionné de la presqu'île d'Arabie Saoudite, il parcourt pendant 6 années le désert du sud de l'Arabie Saoudite, territoire des bédouins, sur les traces des grandes caravanes.

 

Cent mille bornes : 3 continents, 2 doudous, 1 clé à molette et tout le toutim, par Vincent SAUVAGE (2008)

Tour du monde avec deux enfants, en Amérique du Sud, Europe, Asie...

 

Aventures en Loire : 1000 km à pied et en canoé, Bernard OLLIVIER (2012)

L’aventure est au coin de la rue : ce n’est pas une question de kilomètres, mais de regard. Durant cet été pluvieux, au gré du fleuve majestueux, l’auteur a rencontré de nombreuses personnes qui lui ont ouvert leur porte et leur cœur. Non, l’hospitalité n’est pas morte !

 

La haute route – Carnet du GR 20, Bernard BERROU (2009)

Du sud au nord, de Conca à Calenzana, l’auteur rédige son carnet de route au coeur d'une nature forte, non pas au jour le jour, mais avec du recul. Il ne note que les points forts de la marche, et laisse décanter pour toucher à la vérité des choses.

Ses livres de voyage de référence sont "En Patagonie" de Bruce Chatwin, "Journal d'Aran et d'autres lieux" de Nicolas Bouvier, et "Voyage avec un âne dans les Cévennes" de Robert Louis Stevenson.

 

Le voyage en Algérie : anthologie de voyageurs français dans l’Algérie coloniale.

Gautier, Dumas, Fromentin, les Goncourt, Maupassant, Gide, Eberhardt et Montherlant, parmi bien d'autres auteurs méconnus ou oubliés, consacrent à l'Algérie des pages mémorables ou pittoresques. Maryvonne n’a pas tout lu, mais elle a été emballée par le récit de Théophile Gautier : « L’Algérie est un pays superbe, où il n’y a que les Français de trop ».

 

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28/06/2012

bouillon de voyage

CORTES Edouard : Ararat Sur la piste de l’arche de Noé

Presses de la renaissance 2007

Le thème du bouillon de lecture de juin 2012 étant "récits de voyage", j’ai choisi par hasard cet ouvrage, l’auteur était inconnu de moi.

C’est un voyage solitaire en Ami 6 « de la Dordogne en Turquie » l’été 2006, des ascensions multiples du mont Ararat partagé entre Turquie, Arménie, Iran, sous contrôle militaire à la recherche de fragments en bois de l’arche de Noé.

C’est surtout le mythe du « déluge fondateur » évoqué dans toutes les religions et sociétés, accompagné du traumatisme du tsunami géant de décembre 2004 qui a projeté des bateaux très loin des côtes.

L’auteur nous fait partager sa quête accompagnée d’un cheminement intérieur de sa pensée, sa vie dans un pays oriental de palabres et négociations, ses prouesses physiques contre le froid et l’altitude, ses amis, sa curiosité.

Se lit avec grand intérêt, des cartes et photos illustrent le cheminement : une découverte et un régal.

Marie-Claire

 

03/06/2012

coups de coeur du bouillon de mai 2012

Bouillon "coup de coeur" du 24 mai 2012

Quand blanchit le monde
Kamilla Shamsi, Buchet Chastel, 2010
Le roman débute par une histoire d'amour à Nagasaki, entre Konrad, officier allemand et Hiroko, japonaise. Ils ont prévu de se marier, mais la bombe atomique réduit à néant leurs promesses : il meurt, elle est brûlée mais survit. Elle décide de rendre visite à la famille de son fiancé, qui vit en Inde. Les rencontres, les amours, et parfois les alliances surprenantes entraînent le lecteur de New Delhi à New York, en passant par le Pakistan et l'Afghanistan, au gré des pages de l'histoire.
Voir la très bonne critique d'Amanda Meyre sur ce roman dense et passionnant.

La liste de mes envies
Grégoire Delacourt, J.C. Lattes, 2012
Jocelyne, mercière de son état, est une femme entièrement dévouée aux autres. Sa vie est bouleversée par un gain de 18 millions d'euros, totalement inattendu et inespéré. A la tête de cette fortune, la voilà qui peut réaliser ses souhaits et ceux de ses proches, et rédige la liste de ses envies...

Poussière d'homme
David Lelait, éd. A. Carrère, 2006
Ce court roman est une leçon d'amour, qui commence par la fin : le voyage pour apporter l'urne contenant les centres du défunt à sa mère. En trois ans, le narrateur a rencontré l'amour vrai, vécu de beaux moments avec son amour, puis la lutte contre son lymphome et la mort. Le récit est fort, mais la tristesse de la séparation est atténuée par la douceur des souvenirs, et la poésie de l'écriture.

Les mains libres
Jeanne Benameur, éd. Denoël, 2004
Yvonne Lure vieillit seule, en gardant chaque chose "à sa juste place" dans son appartement. Elle s'était mariée comme on rend service, mais a toujours gardé ses distances avec son époux. Veuve, elle est restée la gardienne de ses affaires, ses livres surtout, qu'elle n'ouvre jamais. Sa seule évasion : rêver à partir des brochures de voyage. C'est sa rencontre avec Vargas, romanichel en partie sédentarisé, qui les ouvre à la lecture et les remet en marche tous les deux.

Chaos sur la toile
Kristin Marja Baldursdottir, Gaïa éditions, 2011
Ce deuxième tome, de l'après-guerre à une période récente, continue le récit de la vie de l'artiste islandaise, qui nous avait passionnés dans "Karitas, sans titre", mais peut aussi se lire seul. Peintre, Karitas veut vivre de son art malgré les contraintes liées à sa condition de femme et de mère. Toute sa vie, elle revendique la liberté de créer, et passe pour égoïste bien qu'elle tente de son mieux de s'occuper de ses enfants et petits-enfants. Son oeuvre évolue, au gré de ses séjours à Paris, New-York, en Italie ou de ses retours en Islande, mais son art, conceptuel et souvent torturé, n'est jamais compris par sa famille.

Blanche étincelle
Lucien Suel, La Table Ronde, 2012
Une belle rencontre entre deux femmes : dans une librairie, Mauricette, retraitée et solitaire, fait la connaissance de Blanche, mère de deux garçons. Toutes deux s'épaulent et échangent autour des livres et de la musique. Ce roman bien écrit et sympathique est plein d'humanité, de simplicité et de sentiments profonds.
(Il fait suite à La patience de Mauricette).

Le passeur de lumière
Bernard Tirtiaux, Gallimard, 1992.
12ème siècle. Nivard de Chassepierre, en apprentissage chez un maître orfèvre, et poursuivi pour avoir tué en duel l'homme qui avait violenté sa mère. Il part en croisade avec des érudits. En Orient, il apprend le travail du verre, accomplit des merveilles en Syrie, puis est rappelé en Europe pour réaliser des vitraux. Ce roman, plein de péripéties, évoque bien la vie du Moyen-Age et le travail des vitraux.

Eux sur la photo
Hélène Gestern, Arléa, 2011
Premier roman, à 95 % épistolaire.
Hélène connaît peu de choses sur sa mère biologique, décédée alors qu'elle avait trois ans. Après le décès de son père, elle trouve une photographie où sa mère figure en compagnie de deux hommes, et décide d'enquêter à partir de cette image. Ses recherches l'entraînent à une correspondance avec Stéphane, dont l'histoire est liée à la sienne.

Des vies d'oiseaux
Véronique Ovaldé, éd. de l'Olivier, 2011
Gisèle a été sensible à l'écriture de Véronique Ovaldé et a beaucoup apprécié ce livre. Mais oups ! j'ai été distraite et n'ai pas pris de notes... Lisez-le !

Enfant de la jungle
Michael Morpurgo, Gallimard jeunesse, 2010
A défaut d'avoir été séduite par un roman pour adultes, Marie-Claire nous a apporté un coup de coeur jeunesse :
Will a perdu son père, soldat pendant la guerre en Irak. Lui et sa mère ne parviennent pas à surmonter leur douleur. Les grands parents leur offrent un voyage en Indonésie pour les vacances. En balade sur le dos d’une éléphante, Will échappe au tsunami. Commence une longue errance dans la jungle, un apprentissage de la survie avec l'éléphante. Will se lie avec des orangs-outangs, est capturé par des braconniers, est recueilli dans un refuge pour animaux... Il y a du LIvre de la jungle dans ce beau roman aux multiples péripéties !

01/05/2012

Bouillon indien

Bouillon d'Inde

Encore une fois, nous partons à la découverte d'un pays à travers ses écrivains. Ce jeudi 19 avril, c'est l'Inde que nous explorons.

Rasipuram Krishnaswami NARAYAN (1907-2001)
Né à Madras, R. K. Narayan est considéré comme l'une des voix majeures de la littérature indienne. Il a débuté dans le journalisme et a publié son premier roman en 1935 à l'age de 29 ans. En France, tous ses livres étaient devenus indisponibles. et sont réédités par les éditions Zulma.

Le guide et la danseuse
(première traduction en France, 1958, réed. Zulma)
Fresque de l'Inde quotidienne, dans une ville imaginaire, fluide et très bien écrite.
Raju a repris le commerce de son père, qui était épicier près d'une gare. Au gré des rencontres et du rôle que les autres lui attribuent, Raju devient guide, puis amant de la femme d'un archéologue, puis impresario de cette belle éprise de danse... Il profite de toutes les occasions pour changer de vie, vend les bijoux de la danseuse, est envoyé en prison, où il se trouve bien. A sa sortie, dans le dénuement, il est pris pour un guide spirituel...


Amitav GHOSH
Né en 1956 à Calcutta, il a grandi au Bengladesh, au Sri Lanka et en Inde. Il a étudié à Delhi et Oxford, puis enseigné la littérature dans plusieurs universités américaines et indiennes. Ses romans font l'unanimité dans notre groupe : grandes fresques passionnantes et instructives, ils mettent en scène de nombreux personnages et permettent de voyager dans l'histoire de l'Inde et des pays bordant le golfe du Bengale et l'Océan Indien.

Le palais des miroirs (2002)
Prodigieuse saga où le sort des individus est lié à celui des nations en périodes troublées, Birmanie, Malaisie et Inde, sur trois générations (de 1885 à 2000).
A la fin du 19ème siècle, la Birmanie est envahie par les anglais. Le palais de Mandalay est vidé de ses souverains, envoyés en exil en Inde en 1885 dans une résidence sous surveillance anglaise. Rajkumar, jeune orphelin indien, s'attache à Dolly, une des suivantes de la princesse. C'est lui le personnage qui fait le lien dans ce livre, lien familial et lien géographique par ses multiples allées et venues entre Inde et Birmanie. Plein de ressources et d'ambition, il sait profiter des opportunités qui croisent son chemin. Il travaille dans le commerce du tek, monte sa propre entreprise en Birmanie, où il fait venir des travailleurs pauvres d'Inde, s'enrichit, fonde une famille... Mais il essuie aussi de graves revers au moment où les japonais envahissent à leur tour la Birmanie en 1942.
En toile de fond, l'auteur évoque l'histoire de ces régions : la colonisation, les rapports avec les anglais, envahisseurs sans scrupules, mais qui apportent aussi des éléments positifs, le combat pour l'indépendance de l'Inde et la seconde guerre mondiale.

Le pays des marées (2006)
Les faits : au cœur du delta du Gange, peu de gens s’aventurent dans les "îles du silence". Terrifiés par les tigres mangeurs d’homme, les crocodiles et les serpents, les oubliés de l’archipel des Sundarbans y survivent pourtant, malgré la montée des eaux, une mousson violente, et des conditions alimentaires et sanitaires très précaires (cf description de l'Unesco et site du film "Sundarbans, les îles du silence").
Très belle fresque de cette région du Bengale, le roman fait se croiser les destinn d'un homme d'affaires sophistiqué de Calcutta, d'une scientifique d'origine indienne qui étudie les dauphins, et d'un pêcheur illettré dans l'archipel des Sundarbans, le "pays des marées", des mangroves et de la boue. L'auteur introduit les histoires et mythes de cette région d'Inde, avec son bon génie Bon Bibi et son démon-tigre.

Un océan de pavot (2010)
Ce premier volet de la trilogie de l'Ibis se situe principalement dans le nord de l'Inde, de Bénares à Calcutta, en1838. Les Anglais règnent en maîtres. Ils ont imposé dans les campagnes indiennes la culture du pavot -dont ils fixent eux-même le cours- au détriment des cultures vivrières, ce qui réduit les paysans à une extrême misère. Brutes et profiteurs sont présents à tous les niveaux, et l'extrême mépris des anglais pour les peuples colonisés, qu'il s'agisse des indiens ou des chinois, est frappant !!!
Amitav Ghosh se penche avec humanité sur le destin de nombreux personnages réunis par le destin à bord de l'Ibis, ancienne goélette de transport d'esclaves réaménagée (si peu !) pour convoyer des déportés et des travailleurs indiens "volontaires" à destination de l'Ile Maurice, autre colonie anglaise en mal de main d'oeuvre. (voir  critique complète du 02/11/2010).


Anita cherche mari
Anita JAIN
Anita, jeune femme d'origine indienne, est journaliste et vit à New-York. Elle a tout réussi... ou presque, puisqu'il n'y a aucun homme stable dans sa vie. Ses parents la poussent à essayer un mariage arrangé en Inde.
Mais lorsqu'elle s'installe à New Delhi, ville cosmopolite qui évolue à toute allure, l'attitude des hommes n'est pas si différente de celle des américains...
Roman très tonique et contemporain, plein d'humour.



Meurtre dans un jardin anglais
Vikas SWARUP
Roman policier, façon Cluedo indien.
Un milliardaire indien est assassiné le jour où il donne une garden party. La victime est un "pourri", qui venait d'être acquitté dans un procès corrompu.
La propriété est fermée pour les besoins de l'enquête, et six personnes sont arrêtées, car elles se trouvent en possession d'une arme. Le livre se décompose en plusieurs parties, une par suspect : l'américain crédule, la star de Bollywood, le jeune garçon des rues, le père du milliardaire (encore plus véreux que lui !).

Du même auteur, nous avons aussi aimé (enfin, sauf Jacky, pas très amateur de littérature indienne) "Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire" (à l'origine du film Slumdog millionnaire).


Dans les rues de Bombay (2007)
Meher PESTONJI
Après avoir fui sa famille, Rahul devient enfant des rues à Bombay. Il vit dans la gare, de petit commerce (réserver des places de train). Lorsqu'il trouve un bébé abandonné, il se sent investi d'une grande responsabilité. Il le confie aux services de l'enfance et continue à aller le voir. Mais Rahul est confronté aux misères de la rue : drogue, tourisme sexuel... dans une sordide descente aux enfers. Il reçoit l'aide des services de l'enfance, qui sont néanmoins toujours respectueux de ses choix, même lorsque ceux-ci sont mauvais.
Ce roman, facile à lire mais assez noir, est tiré de l'expérience de l'auteur, qui milite pour améliorer le sort des enfants des rues et des prostitués.


Voir aussi les billets récents sur les romans fleuves de Manil Suri (Mother India), Rohinton Mistry (une simple affaire de famille), Siddareth Dhavant Shanghvi (les derniers flamants de Bombay).

Avec ces quelques romans indiens, nous avons à peine effleuré le sujet. En raison de la longueur de ses ouvrages, nous n'avons pas eu le temps de lire Vikram Seth, auteur majeur. D'autres romans à découvrir sont présentés dans le blog  "Couleur indienne".

Les auteurs de la diaspora indienne sont aussi très intéressant, par leur aspect multiculturel, leurs récits d'adaptation au pays d'accueil tout en gardant des relations avec leur culture ou leur pays d'origine : voir Chitra Banerjee DIVAKARUNI (Inde - Etats-Unis), Monika ALI (Bangladesh - Angleterre)...