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09/05/2013

Bouillon Irlandais

Maryvonne nous rappelle que la littérature irlandaise est l'une des plus prolifiques, avec des auteurs "classiques" aussi connus que :

Jonathan Swift (1667-1745), les voyages de Gulliver

Bram Stoker (1847-1912), Dracula

Oscar Wilde (1854-1900), le portrait de Dorian Gray

George Bernard Shaw (1856-1950), prix Nobel en 1925

William Butler Yeats (1865-1939), prix Nobel en 1923

James Joyce (1882-1941), Ulysse, les gens de Dublin

Samuel Beckett (1906-1989), prix Nobel en 1969

Seamus Heaney (1939-   ), prix Nobel en 1995

L'université Trinity College de Dublin, fondée en 1592, est l'une des plus anciennes et des plus renommées de Grande-Bretagne. L'Abbey Theatre (théâtre national d'Irlande) fondé en 1904, a joué les pièces de Yeats et de Shaw, et est réputé internationalement.

 

Nous avons surtout lu des auteurs plus récents, et trouvé qu'ils dégagent globalement une ambiance mélancolique ou franchement sombre. Histoire et misères de l'Irlande… avec l'alcool et la littérature comme moyens d'évasion ?

 

Liam O'FLAHERTY (1896-1984)

Le mouchard (the Informer, 1925 –Terre de brume, 2003)

Portrait d'un traître et histoire de l'Irlande de 1845 à 1922, ce roman fut adapté au cinéma par John Ford en 1935.

 

Edna O'BRIEN (1930-   )

Saints et pêcheurs (S.Wespieser, 2012)

Nouvelles synthétiques et très bien écrites, avec beaucoup de sensations et peu de paroles, évoquant des relations difficiles entre les personnages.

 

Frank McCOURT (1930-2009)

Les cendres d'Angela (Belfond, 1997)

Récit autobiographique d'une jeunesse irlandaise, entre 1929 et la fin de la première guerre mondiale. La famille vit dans une maison sordide, inondée à chaque fois qu'il pleut. La faim et la misère sont aggravées par l'alcoolisme du père. (Quand il rentre, à n'importe quelle heure de la nuit, il fait lever les enfants pour des chants militaires au garde-à-vous !). La soupe populaire de l'église remplit parfois les estomacs mais embrigade les esprits… Un récit très noir, allégé par le ton ironique de l'auteur. La suite de son autobiographie est narrée dans C'est comment, l'Amérique ? (2000) et Teacher man, un jeune prof à New-York (2006).

 

John McGAHERN (1934-2006)

Créatures de la terre et autres nouvelles (Albin Michel, 1996)

Trois nouvelles pessimistes, à l'ambiance irlandaise.

 

Nuala O'FAOLAIN (1940-2008)

Best love, Rosie (S.Wespieser, 2008)

Après avoir vécu et travaillé dans le monde entier, Rosie décide de rentrer à Dublin pour s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée. Très beau livre sur l'âge, la solitude, l'exil, le sentiment maternel.

 

Seamus DEANE (1940-   )

A lire la nuit (Actes Sud, 1997)

Le récit, proche du journal, court de 1947 à 1970. Le jeune narrateur veut connaître l'histoire de sa famille et comprendre les non-dits (liés au  "problème irlandais" et à l'IRA) qui pèsent sur elle.

 

Sebastian BARRY (1955-   )

Le testament caché (J. Losfeld, 2009)

Roseanne est une femme âgée qui a passé plus de la moitié de sa vie dans un hôpital psychiatrique. Son thérapeute  doit déterminer si elle est apte à réintégrer la société. Il remonte l'histoire et son journal intime pour comprendre pourquoi elle ne parle plus.

Lire aussi Du côté de Canaan que Marie-Claire a beaucoup aimé.

 

Roddy DOYLE (1958-   )

Paula Spencer (R. Laffont, 2012)

Suite de La femme qui se cognait dans les portes (1997) où Paula Spencer se bat pour retrouver sa dignité après un mariage violent. On retrouve l'héroïne à Dublin, après le boom économique des années 2000. Paula a cessé de boire, et s'accroche pour ne pas recommencer. Femme de ménage, elle travaille dur pour sortir de la misère et reconquérir ses quatre enfants.

 

Joseph O'CONNOR (1963-   )

L'étoile des mers (Phébus, 2003)

1948. La Grande Famine s'achève dans l'horreur, et la seule issue pour beaucoup est de fuir la misère en embarquant pour le Nouveau Monde. Quelques privilégiés se partagent les cabines de l'Etoile des mers, tandis que la multitude des pauvres est entassée dans l'entrepont, où la faim et le typhus ne tardent pas à sévir. Parallèlement au récit du voyage, l'auteur déroule les souvenirs des voyageurs, chaque personnage s'étoffant au fil du roman.

 

Inishowen (Phébus, 2001)

Un article de journal ancien fait état de la découverte d'un bébé en pleine campagne. Hélène a été adoptée par une famille américaine. On la retrouve, adulte, mariée à un chirurgien plasticien, avec deux enfants. Elle retourne régulièrement en Irlande, mais cette année, à 45 ans, atteinte d'un cancer grave, elle recherche activement ses racines. Histoire d'un amour impossible, située tout au nord de l'Irlande, à la frontière avec l'Ulster, entre Noël et le jour de l'An.

 

Colum McCANN (1965-   )

Le chant du coyote (Belfond, 1998)

Après des années à parcourir le monde, Conor rentre en Irlande où il retrouve son père, alcoolique violent et acariâtre, passionné de pêche à la mouche. A partir de photographies, Conor  retrace le passé très riche de grand reporter de son père.

 

Ailleurs en ce pays (Belfond, 2001)

Trois nouvelles très fortes, surtout "Une grève de la faim" qui fait référence à Bobby Sands et aux prisonniers de l'IRA qui ont fait la grève de la faim en 1981 pour être traités en prisonniers politiques et non en droit-commun. Thatcher n'a pas cédé, et 10 jeunes hommes sont morts, les uns après les autres.

 

Claire KEEGAN (1968-   )

Les trois lumières (S.Wespieser, 2011)

La narratrice, une enfant de 8 ans, est placée à la campagne dans la famille de sa mère pour un été. Bien traitée, elle est un peu l'enfant de remplacement d'un garçon décédé. A la fin de ce séjour, le retour dans sa famille trop nombreuse est difficile pour elle.

 

Lire aussi les romans de Sorj CHALANDON, français, mais ancien reporter en Irlande du Nord, qui a notamment écrit deux romans très prenants en lien avec l'Irlande et l'IRA : Mon traître (Grasset 2008) et Retour à Killybegs (Grasset, 2011, prix de l'Académie Française).

25/03/2013

Gabriel Garcia Marquez

Colombien, né le 6 mars 1927 à Aracataca, Gabriel Garcia Marquez a été activiste politique, journaliste, novelliste, et romancier. Ce sont surtout ses romans qui lui ont apporté la reconnaissance de la critique littéraire et un grand succès auprès des lecteurs. Le prix Nobel de littérature lui a été attribué en 1982.

 

Œuvres de fiction lues pour le "bouillon"

 

Des feuilles dans la bourrasque : La Hojarasca (1955)

(paru en France en 1983 chez Grasset, 157 p.)

Histoire de famille, qui commence en 1900, dans le village de Macondo. Après la mort du Docteur, son histoire est déroulée par différents narrateurs.

Facile et agréable à lire.

 

Pas de lettre pour le Colonel : El coronel no tiene quien le escriba (1961)

(publié en France en 1980 chez Grasset, 125 p.)

Dans son village, très pauvre, le Colonel attend sa retraite depuis 15 ans, et se rend à la poste chaque semaine pour voir si sa pension est arrivée. Il possède un coq, qu'il nourrit et affectionne, et espère se sortir de la misère lorsque le coq gagnera…

Très beau roman autour des thèmes de l'attente, la pauvreté et la dignité.

 

Cent ans de solitude : Cien años de soledad (1967)

(paru en France en 1968 au Seuil, 391 p.)

Histoire du village imaginaire de Macondo, fondé au fin fond de la Colombie par un groupe de familles en exode. En suivant les péripéties vécues par la famille Buendia sur six générations, le lecteur assiste au développement social, économique et politique du village, puis à sa décadence.

Ce roman est l'un des plus lus et des plus traduits de Garcia Marquez. "Il est souvent cité comme le texte le plus représentatif du réalisme magique, faisant cohabiter un cadre historique avéré et des références culturelles vraisemblables à des éléments surnaturels ou irrationnels" (Wikipedia).

Ce récit picaresque  semble aujourd'hui très long, et sa lecture est compliquée par la reprise des mêmes prénoms dans la famille Buendia au fil des générations.

 

L'automne du patriarche : El otoño del patriarca (1975)

(publié chez Grasset en 1977, 317 p.)

Dans la lignée de Cent ans de solitude, ce roman évoque surtout la dictature, à l'automne de la vie du tyran.

 

Chronique d'une mort annoncée : Crónica de una muerte anunciada (1981)

(publié chez Grasset en 1981, 200 p.)

Lendemain de mariage dans une petite ville au bord du fleuve. Tous se préparent pour rien à la visite de l'évêque, qui ne daigne pas débarquer, tandis que les frères de la mariée recherchent pour le tuer celui qui aurait défloré leur sœur avant le mariage.

Ce roman, très bien mené et aux descriptions très détaillées, a été lu avec grand plaisir !

 

L'amour aux temps du choléra : El amor en los tiempos del cólera (1985)

(paru en France en 1987 chez Grasset, 379 p.)

Dans une petite ville des Caraïbes, à la fin du XIXe siècle, un jeune télégraphiste, Florentino, s'éprend de la belle Fermina. Poète pauvre et maladroit, il lui fait une cour acharnée et timide qui flatte le romantisme de la jeune fille, qui choisit pourtant d'épouser Urbino Juvenal, riche médecin. Le récit relate la réussite sociale et la vie conjugale satisfaisante du couple, tandis que Florentino entreprend une carrière de séducteur impénitent. Florentino et Fermina se retrouvent 50 ans plus tard, après la mort de Juvenal.

Le récit, haut en couleurs, est très bien écrit, et certaines pages (les retrouvailles des amants âgés) sont très belles. Néanmoins l'ensemble est trop long, l'évocation en particulier des  conquêtes de Florentino semble interminable.

 

De l'amour et autres démons : Del amor y otros demonios (1994)

(publié en France en 1995 chez Grasset, 248 p.)

En 1949, des fouilles auprès d'un ancien couvent à Carthagène en Colombie mettent à jour les restes d'une jeune fille dont les cheveux atteignent 22 mètres de long… Garcia Marquez imagine l'histoire, à la fin du XIIIe siècle, d'une fillette mordue par un chien et accusée de possession démoniaque (elle parlait en fait les langues des esclaves noirs qui l'avaient élevée). Exorcisée, elle fut emmurée vivante dans un  couvent des Clarisses.

Un récit coloré, touchant et plein d'humour, qui a plu à ses lectrices.

 

Autres œuvres lues pour le "bouillon"

 

Récit d'un naufragé : Relato de un Naufrago (1970)

(paru en France en 1996, chez Grasset, 166 p.)

Pour rédiger ce livre, qui relate une dramatique aventure qui a eu lieu en 1955, Gabriel Garcia Marquez a passé une centaine d'heures d'entretien avec le seul rescapé d'une catastrophe maritime. Il raconte sa lutte pour la survie, pendant huit jours, sur un radeau.

Plusieurs lectrices ont aimé ce livre, réaliste et instructif.

 

Vivre pour la raconter : Vivir para contarla (2002)

(2003, Grasset, 602 p.)

Cette autobiographie de l'auteur fourmille d'histoires entremêlées… à tel point qu'il est très difficile de s'y retrouver.

 

Conclusion

Nous avons eu de la peine à nous replonger dans les romans de Garcia Marquez, qui avaient pourtant (pour certaines) enchanté notre jeunesse. Ont-ils mal vieilli, ou sont-ce nos cerveaux ??? Dans tous les cas, ce sont ses romans les plus courts qui ont séduit ! Malgré les descriptions très imagées, les romans plus longs nous sont "tombés des mains".

23/02/2013

bouillon de (presque) mardi gras

Fatigués, enrhumés, mais réconfortés par les bugnes préparées par Jacky et sa femme, nous avons échangé  sur nos livres coups de cœur :

 

Quelques livres –déjà présentés- ont été appréciés par de nouveaux lecteurs : pour Annie, Une femme fuyant l'annonce et La nuit tombée sont des romans incontournables. Johane a lu Rien ne s'oppose à la nuit. Aline et Marie-Claire évoquent trois romans déjà chroniqués sur le blog : Ce qu'ils n'ont pas su nous prendre, Luke et Jon, et L'atelier des miracles. Muriel a eu la chance de découvrir un grand classique de la science-fiction, Fahrenheit 451, de Ray Bradbury.

 

Autres coups de cœur :

 

Le vase où meurt cette verveine

Frédérique Martin

Belfond, 2012, 18 €

Depuis leur mariage il y a 56 ans, Zika et Joseph ne se sont jamais quittés. Mais un jour où Joseph découvre Zika évanouie dans la cuisine, il appelle ses enfants à la rescousse. Pour faire des examens et suivre son traitement, il est convenu que Zika ira chez sa fille Isabelle à Paris, tandis que Joseph partira chez son fils dans les Landes. Les vieux amants vivent douloureusement cette séparation, et s'écrivent de longues lettres passionnées, évoquant leurs souvenirs et leur nouvelle vie de plus en plus difficile : Isabelle règle des comptes avec sa mère, Gauthier n'est pas heureux en ménage,… Beau roman dérangeant, car l'histoire prend un tour très sombre, sur les problèmes de couple vieillissant, les difficultés de communication entre enfants et parents, et l'épreuve  d'être à la charge des enfants. Le titre est tiré d'un poème de Sully Prudhomme :

          Le vase où meurt cette verveine,

          D'un coup d'éventail fut fêlé

          Le coup dut l'effleurer à peine…

 

Le silence du bourreau

François Bizot

Flammarion, 2011, 18.30 €

Récit personnel facile à lire et sérieux, pas morbide malgré le sujet.

En 1971, l'ethnologue français est arrêté au Cambodge par les Khmers rouges : détenu pendant trois mois et condamné à mort, il est libéré grâce à l'intervention de son geôlier, un révolutionnaire du nom de Douch. François Bizot raconte avec détachement son internement. En 1988, en visitant l'ancien centre de torture S21, il découvre que celui qui l'a gracié est responsable de la mort de milliers de personnes, et s'interroge sur sa libération. En 2009, Bizot témoigne au  procès des Khmers rouges, où Douch est l'unique accusé.

 

Le printemps des cathédrales

Jean Diwo

Flammarion, 2002, 20.30 €

Dans cette fresque romanesque, Jean Diwo suit la famille Pasquier sur plusieurs générations de bâtisseurs de cathédrales. Le premier de la lignée est maître d'œuvre, ses fils lui succèdent comme sculpteur et architecte. Jean Diwo évoque la construction, à partir du XIIe siècle, du premier chef-d'œuvre de l'architecture gothique, l'abbaye de Saint-Denis, puis de la cathédrale de Sens, Notre Dame de Paris, Chartres, la Sainte Chapelle…

 

Une année formidable en France : 100 portraits de Français d'aujourd'hui.

Le Monde – Les Arènes, 2012, 29.80 €

Pendant un an –à l'occasion de la campagne présidentielle- une dizaine de journalistes du Monde ont établi une radiographie de la société française. Résidant  chacun dans une commune, de taille, de milieu sociologique et d'emplacement géographique différents, ils ont passé 4 saisons à rencontrer des gens de toute sorte et à les questionner sur leur quotidien, malgré un accueil parfois méfiant.

Ce livre est un recueil de tranches de vie et de témoignages, qui donnent de l'espoir. Partout, des gens s'engagent et cherchent à améliorer le vivre-ensemble !

 

Revue XXI

Le "mook" (magazine book) est "tendance". Il se décline sous plusieurs formats, qui ont en commun de se situer à la frontière du livre et du magazine, sans publicité. La revue XXI, co-fondée par Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, est devenue une référence du genre. Trimestriel de 200 pages, elle propose des articles de fond et des témoignages rédigés par des journalistes, auteurs, photographes, illustrateurs et dessinateurs. Chaque sujet développé est suivi d'une double page de références "pour aller plus loin".

 

Le journal intime d'un arbre

Didier Van Cauwelaert

M. Laffon, 2011, 19.50 €

Le narrateur de ce roman est Tristan, un poirier âgé de 300 ans, déraciné après une tempête, qui passe en revue son histoire. Les générations successives sont toujours venues se confier à lui, il est donc le dépositaire d'un trésor d'histoires, qu'il évoque en faisant alterner passé et présent. Sa conscience et sa mémoire habiteront-elles chacune de ses bûches, ou la statuette qu'une jeune fille a sculptée dans son bois ? Plaisant à lire, avec de nombreuses références.

 

En souvenir d'André

Martin Winckler

POL, 2012, 16 €

Un homme évoque sa vie de médecin, son travail sur la douleur et dans une unité de soins palliatifs. Il est amené à accompagner des patients qui veulent mourir. Le premier de ces patients était André, aussi, la phrase rituelle lorsqu'on l'appelle pour une fin de vie est-elle "En souvenir d'André…"

De cet auteur, nous avons aussi beaucoup aimé La maladie de Sachs et Le chœur des femmes.

 

Le monde sans vous

Sylvie Germain

Albin Michel, 2011, 12.70 €

Lors d'un voyage en Transsibérien , Sylvie Germain alterne les descriptions poétiques de paysages extraordinaires et le souvenir de sa mère, qui vient de mourir.

Très belle écriture pour ce livre sur le deuil, la séparation, la fragilité de l'existence.

 

Julien Letrouvé, colporteur

Pierre Silvain

Ed. Verdier, 2007, 11.16 €

Enfant trouvé, Julien est colporteur de livres. Le récit, qui se déroule de 1850 environ jusqu'à la guerre de 70, remonte à ses souvenirs d'enfance, au milieu des femmes lisant des histoires à la veillée. C'est ce qui lui a donné le désir de transporter de livres, alors qu'il ne sait pas lire.

Belle histoire poétique. Pierre Silvain est également l'auteur de Assise devant la mer (2009), roman lent à la belle écriture, qui évoque une enfance marocaine auprès d'une mère neurasthénique, assise devant la mer.

 

Le Négus

Ryszard Kapuscinski

Flammarion, 1984, réédité en 2011

L'auteur, journaliste polonais, est resté en 1963 à 1970 à Addis Abeba.

Réflexion sur les mécanismes de l'histoire et du pouvoir, son essai  éclaire plusieurs aspects de la personnalité du dernier empereur d'Ethiopie. Ce livre témoigne d'un monde violent et sans justice, où les puissants croûlent sous l'argent et où l'on régale les diplomates étrangers en laissant le peuple mourir de faim…  mais aussi de réalisations  allant dans le sens du modernisme : écoles, électricité, routes.

Qui était le Négus, le Roi des Rois - Haïlé Sélassié, dernier empereur d'Ethiopie ? Un despote sanguinaire ? une figure paternelle adulée par son peuple et par les rastafaris ? un vieillard-enfant débordé par son armée ?

 

Le roman conjugal : chroniques de la vie familiale à l'époque de la révolution et de l'empire

Anne Verjus – Denise Davidson

Champ Vallon, 2011, 26.50 €

Lors du déménagement du musée des archives de Lyon, on a découvert la correspondance de la famille Morand. Elle a été utilisée par Anne Verjus, qui en publie des extraits et resitue cette famille dans la grande histoire.

Briançonnais installé à Lyon, artiste, ingénieur, architecte et urbaniste, Jean-Antoine Morand de Jouffrey a épousé Magdeleine Guilloud, fille d'un grand bourgeois lyonnais, en 1785. A partir de leurs échanges épistolaires, Anne Verjus retrace les étapes, les aléas et les normes de la vie conjugale à cette époque dans la haute société, la place des enfants, l'éducation des filles….

En filigrane apparaît aussi l'histoire du Pont des Brotteaux, qui a été construit à l'initiative de Morand. En 1794, jugé par une commission révolutionnaire, Morand, progressiste mais pas révolutionnaire, nia toutes convictions royalistes, mais fut néanmoins condamné et décapité.

13/02/2013

Planning des bouillons

Nos prochains Bouillons de lecture, ouverts à tous les amateurs de lecture

 

21 février à Soucieu : coups de coeur

21 mars à St Laurent d'Agny : Gabriel Garcia Marquez

18 avril à Orliénas : auteurs Irlandais

16 mai à Soucieu :

La vallée des masques, Tarun Tejpal

La vérité sur l’affaire Harry Québert, Joël Dicker

Rue des voleurs, Mathias Enard

(Les déracinés, Amin Maalouf)

(Ce qu'il advint du sauvage blanc, François Garde)

11/02/2013

Haruki Murakami

Kafka sur le rivageroman,japon

Belfond 2006, 23 €

 

Récit initiatique dans le Japon actuel.

Kafka Tamura fugue le jour de ses 15 ans. Il fuit sa maison de Tokyo et son père, sculpteur célèbre, "avant d'être trop abîmé". Instinctivement il se dirige vers l'île de Shikoku, où le climat est plus doux. Là, il trouve refuge auprès de plusieurs personnes, et en particulier dans une bibliothèque privée calme et spacieuse, où le personnel, extra-ordinaire, l'aide à progresser vers sa vérité.

De son côté, Nakata, vieil homme simple d'esprit, mais qui parle aux chats, vit des évènements extraordinaires. Lui aussi doit prendre la route, poussé par une sorte d'appel impérieux.

Ces deux personnages semblent évoluer hors du temps, aidés lorsqu'il en est besoin par les gens qu'ils rencontrent. Dans une inquiétante étrangeté, leur destin semble converger inexorablement, accompagné de phénomènes météorologiques étranges : pluie de sardines, de sangsues, tonnerre…

 

Un roman énigmatique et onirique, avec une part d'inexplicable… certaines actions sont dictées par l'inconscient, d'autres passent par le canal des rêves, des personnes ou des fantômes passent la frontière de la mort…

Malgré la part inexplicable, ou inexpliquée du roman, je l'ai trouvé envoutant et splendide !

 

 

Au Sud de la Frontière, à l'Ouest du Soleilroman,japon

Belfond, 2002, 18.30 €

 

Roman intime dont le héros est en quête d'un inaccessible amour absolu.

Au seuil de l'adolescence, Hajime a connu une amitié/amour intense avec la douce Shimamoto-San, la seule personne avec qui il ait jamais pu parler à nu, jusqu'à ce que la vie les sépare. Toute sa vie, il a recherché le sentiment de plénitude, de complétude qu'il ressentait auprès d'elle.

Aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme riche et s’est construit une vie agréable entre sa famille et un métier de gérant de bars de jazz qui lui plaît. Des femmes l'ont aimé, sa femme l'aime, mais il donne assez peu de lui. Il a toujours la sensation d'être le spectateur de sa vie, l'insatisfaction semble être l'essence même de son être.

Jusqu'à ce que Shimamoto-San réapparaisse dans sa vie, et le fasse souffrir.

Toujours aussi amoureuse, elle se montre mystérieuse et inaccessible. On ne sait jusqu'au bout presque rien de la vie de Shimamoto-San, et le lecteur est presque aussi frustré que Hajime. La fin du roman est ouverte, et le lecteur a toute latitude d'imaginer quelle évolution va suivre la relation de Hajime avec sa femme.

 

Il y a des choses dans la vie qu'on peut changer et d'autres non. Le temps par exemple est irrattrapable. Il est impossible de revenir sur le passé. […]Avec le temps, les choses se figent, comme du plâtre dans un seau, et on ne peut plus revenir en arrière. Le "toi" que tu es maintenant est solidifié comme du ciment et tu ne peux pas être autre que ce que tu es aujourd'hui… (p. 17)

 

Le titre est une référence

-       aux rêves et fantasmes sur ce qui pourrait exister de l'autre côté de la frontière

-       à l'hystérie sibérienne (expliquée page 187)

 

La musique (jazz) est très présente, avec le titre "star-crossed lovers", musique de Roméo et Juliette composée par Duke Ellington et Strayhorn pour le festival Shakespeare (Ontario).

 

J'ai trouvé ce roman assez universel, les aspects typiquement japonnais m'ont paru peu développés, si ce n'est que les personnages font preuve d'une extrême civilité et s'excusent beaucoup. En toile de fond, également, Tokyo, sa croissance effrénée, et la spéculation qui l'accompagne, à laquelle le héros refuse de céder.

Aline

 

Bouillon Japonais

Nous avons le plaisir d’accueillir Denise, qui a vécu 20 ans au Japon, et apporte à nos lectures un éclairage culturel différent.

 

Les Japonais lisent beaucoup, y compris la littérature étrangère, traduite en japonais depuis longtemps. Inversement, en France, c’est  seulement depuis quelques décennies qu’un gros travail de traduction et de diffusion des œuvres asiatiques a été entrepris, par les éditions Actes Sud et Picquier. Le Japon est très bien équipé en médiathèques, voire en fondations privées, et on y trouve aussi  beaucoup de magasins de livres d’occasion.

 

Chez certains auteurs japonais contemporains, le roman traduit des courants universels. Néanmoins, même les auteurs actuels introduisent souvent des touches de fantastique ou d’irrationnel dans le quotidien. Pour les adeptes du Shintoïsme, tout a une âme, et on passe très vite d’un monde réel  à un monde irréel. Les relations avec les morts sont naturelles, donc normales aussi les apparitions dans les récits des âmes de revenants ou de spectres.

Haruki Murakami, dans Kafka sur le rivage, fait intervenir des spectres, et le héros tombe amoureux à la fois d’une femme d’âge mur et de son spectre adolescent. Asada Jiro, dans Le Cheminot : parvenu à la retraite, le cheminot voit apparaître sa fille morte, aux différents âges qu’elle aurait pu avoir.

 

Le culte des ancêtres est fondamental. La fête des morts a lieu chaque année en août. C’est l’occasion de retourner au village natal, de retrouver la famille pour de grandes festivités. On peut voir à ce moment-là l’état de santé financier de la famille… Dans toutes les maisons, une pièce spéciale, à tatamis (la pièce à invités), contient les autels des ancêtres, sur lesquels on dépose des offrandes, car le mort rend visite. Bien sûr, vu l’exiguïté croissante des logements, l’autel est de plus en plus petit…

 

Les japonais professent une grande tolérance vis-à-vis des religions, ne rechignant pas à en pratiquer plusieurs (multi-assurance ?). « On nait shintoïste, on se marie catholique, on meurt bouddhiste ».

 

Peut-être sous  l’influence du Shintoïsme, un courant d’écriture s’attache à décrire la vie au jour le jour, les petits riens qui font que la vie n’est pas si mal que ça. Kawakami Iromi, avec La brocante Nakano, raconte le bonheur simple des gens qui ont peu d’exigences. Dans Les années douces, elle évoque les heures passées au bar, à boire et à manger… et peu à peu des sentiments fins et subtils émergent.

 

Par ailleurs la dualité bien/mal, telle que nous la connaissons avec notre morale judéo-chrétienne, n’existe pas. Ce sont plutôt les conventions sociales qui régissent les relations entre personnes. D’où l’importance d’une attitude extrêmement polie, souriante et policée. Le silence a une grande place : on ne s’impose pas à l’autre. Dans Le musée du silence, de Yôko Ogawa, une vieille femme veut organiser un musée à partir des objets personnels qu’elle a dérobés à chaque défunt du village, sortes de témoins silencieux de leur vie.

 

Il est évident que pour autant le Japon n’échappe pas à la violence. L’auteur Riyû Murakami par exemple, montre surtout la face noire et violente du pays. Yôko Ogawa ne porte pas de jugement dans ses romans, mais expose parfois une cruauté certaine, qui met le lecteur (en tout cas européen) mal à l’aise, par exemple dans La piscine ou dans Hôtel Iris.

 

L’amour n’a pas la même fonction qu’en Europe. Le mariage sert traditionnellement au prolongement de la lignée, et le fils aîné a un rôle prépondérant. Tanizaki, dans Les quatre sœurs, présente une famille ayant 4 filles, dans les années quarante et cinquante, où le mariage des quatre sœurs est arrangé par ordre d’âge impérativement, par le mari de la fille aînée. Ce récit est situé à Kyoto, ville impériale où la tradition est très forte.

Sawako Ariyoshi, auteur féministe, conteste la position de la femme ainsi que la place du fils aîné dans Les dames de Kimoto.

Néanmoins les femmes japonaises sont de plus en plus entreprenantes, dans les PME, dans le milieu de l’architecture et du design par exemple. Haruki Murakami, dans 1Q84, met en scène toute une génération de femmes qui veulent être indépendantes, et ne se marient pas pour se consacrer à leur carrière.

 

Un autre thème, lui, très japonais, est apparu au cours de nos lectures : les relations difficiles entre le Japon et la Corée. Aki Shimazaki, dans les 5 tomes de Le poids des secrets (secrets de famille), évoque la diaspora des Coréens mal intégrés au Japon dans les années 20, et les tensions entre les deux ethnies lors de la deuxième guerre mondiale. Les Coréens, considérés comme ennemis, étaient suspectés de traitrise et maltraités…

Tout comme les ressortissants d’origine japonaise en Amérique du Nord à la même époque : voir les romans de Julie Otsuka Quand l’empereur était un Dieu, et Certaines n’avaient jamais vu la mer.

 

Nous évoquons de nombreux autres romans qui nous ont plu :

Les belles endormies, de Yasunari Kawabata, un très beau classique

Un artiste du monde flottant, de Kazuo Ishiguro

La formule préférée du professeur, de Yôko Ogawa

Ainsi que des romans policiers :

Le vase de sable, de Seicho Matsumoto

La proie et l’ombre, de Edogawa Rampo, premier auteur de romans policiers japonais, qui se réclame d’Edgar Allan Poe, dont les œuvres sont assez faciles à lire, plutôt psychologiques

La ritournelle du démon, La hache le kôto et le chrysanthème, de Seishi Yokomizo, se lisent d’une traite, ont beaucoup de rythme, mais aussi de nombreux personnages !

 

Ce jeudi-là, au Bouillon, nos échanges étaient très riches et informels, donc la prise de notes était difficile. J’espère ne pas avoir trahi l’essentiel. Aline

10/02/2013

L'île du lézard vert

roman,cubaL'île du lézard vert

Eduardo Manet, Flammarion, 1992

 

Dans la suite de notre "bouillon de lecture" sur les auteurs Cubain, je me suis plongée dans ce roman lauréat du prix Goncourt des lycéens en 1992.

 

"Un jour j'ai vu sur la mer une île toute paresseuse, immobile sur les vagues, comme un long lézard vert."

 

Cette île, c'est Cuba, pays prospère et excessif à la fin des années quarante, vu par les yeux d'un jeune étudiant. Malgré ses origines bourgeoises, le héros, fort de son amitié avec le brillant "Lohengrin", tente de participer à son combat communiste, sans pour autant parvenir à adhérer aux méthodes des représentants du Parti.

 

Mais sa véritable passion va aux femmes : sa mère, belle, excessive, terriblement jalouse des conquêtes de son père et étouffante pour son "Niño" ; Gipsie, son initiatrice et amante, sensuelle, cultivée et féministe ; l'évanescente Hanna, passionnée de piano et fille de millionnaire…

Pendant les étés 48, 49 et 50, le héros franchit plusieurs étapes vers l'âge adulte, et se libère de ceux qui l'entravent ou l'utilisent.

 

Son évolution sentimentale et politique est l'occasion pour l'auteur de transmettre de nombreux éléments historiques sur Cuba, aussi le roman est-il très instructif.

24/12/2012

Cuba

Auteurs cubains

Par ordre d'âge, voici les auteurs cubains dont nous avons lu des ouvrages. Des thèmes nous ont semblé récurrents, chez plusieurs auteurs : pauvreté, corruption, exil, sensation de vide… et le rhum, qui coule à flots ! Les conséquences des événements historiques se font sentir, depuis  la colonisation jusqu'à la longue dictature communiste, ébranlée par la chute du mur et le démantèlement de l'URSS.


Guillermo Cabrera Infante (1929-2005)

Il a reçu en 1967 le prix du meilleur livre étranger pour Trois tristes tigres, et en 1997 le prix Cervantes pour l'ensemble de son œuvre. En 1958, l'auteur s'est exilé en Espagne, puis à Londres. Les deux recueils de nouvelles suivants ont été lus, mais pas appréciés par nos lectrices… trop noirs ?

Dans la paix comme dans la guerre (Gallimard, 1998)

Nouvelles écrites entre 1950 et 1958. Ce sont des chroniques de la vie quotidienne à Cuba, qui montrent la société cubaine sous la dictature de Batista : meurtres, oppression, et une profonde colère qui explique le soutien du peuple cubain à la révolution castriste.

Coupable d'avoir dansé le cha-cha-cha (Gallimard, 1999)

Comme le rythme du cha-cha-cha, les trois nouvelles de ce livre progressent par répétition et contraste. Elles commencent toutes par une scène identique : un après-midi de pluie, un homme et une femme déjeunent dans un restaurant du centre-ville de La Havane. Cette rencontre donne lieu, à chaque fois, à une histoire d'amour différente et à une approche d'un des multiples visages de Cuba.

 

Eduardo Manet (1930-      )

Ecrivain et réalisateur d'origine cubaine, Eduardo Manet a longtemps soutenu les révolutionnaires cubains. Exilé en France depuis 1968, de nationalité française depuis 1979, il a obtenu en 1992 le prix Goncourt des lycéens pour L'Ile du lézard vert (Flammarion) 

Rhapsodie cubaine (Grasset, 1996)cuba

L'action débute en juillet 1959. Edelmiro Sargats, homme d'affaires prospère, décide de quitter Cuba avec sa famille avant que l'île ne devienne un bastion du communisme. Les comportements diffèrent selon les exilés : les parents s'efforcent de recréer leur paradis cubain en Floride, dans ce quartier de Miami que l'on appelle la Petite Havane, et rêvent de revenir un jour au pays. Le fils, Julien, fait tout pour s'intégrer aux Etats-Unis…   Prix Interallié en 1996.


Leonardo Padura Fuentes (1955-       )

Né à La Havane, il vit toujours dans son quartier de Mantilla, qu'il partage avec son héros récurrent Mario Conde. Critique littéraire, scénariste, essayiste, Leonardo Padura s'attache à montrer la réalité sociale qui l'entoure. Il semble -et cela nous a surpris- qu'il n'ait pas été inquiété pour ses écrits. En 2012, il a même reçu le prix national de littérature de Cuba.

Le cycle des saisons comporte 4 tomes. Dans les trois que nous avons lus, ainsi que dans Meurtre d'un chinois à la Havane, l'intrigue policière n'est qu'un prétexte pour montrer les dérives de la société cubaine :

Vent de Carême (Metailié, 2004)

L'inspecteur Mario Conde rencontre une saxophoniste de jazz alors qu'il débute une enquête délicate. En même temps que le bonheur que lui apporte l'amour et la musique, il découvre les côtés obscurs de la société cubaine : drogue surtout, fraude, trafic d'influences, décomposition sociale...

Electre à la Havane (Metailié, 1998)

L'inspecteur enquête sur le meurtre d'un homosexuel, dans une société où cette "déviance capitaliste" est fortement réprimée. Parallèlement, il est confronté à un enquête au commissariat, qui révèle la corruption de ses collègues.

L'automne à Cuba (Metailié, 2000)cuba

A 35 ans, Conde est un excellent policier. Il est certes désordonné, boit trop, travaille de façon intuitive, cependant il résout ses affaires  avec succès. Décidé à démissionner suite aux affaires de corruptions dans son commissariat, il doit néanmoins résoudre une dernière enquête, liée à la période des confiscations de villas et d'objets de valeurs des Cubains fortunés partis en exil après la révolution. Sa rencontre avec les profiteurs du régime communiste ne fait que l'écœurer d'avantage, et il appelle de tout son être l'arrivée de l'ouragan Felix qui donnera l'illusion d'un grand nettoyage… Il cherche à se consacrer à l'écriture, tandis que ses amis de jeunesse et de beuverie réfléchissent au néant de leur existence et au sens à donner à leur vie.

Adios Hemingway (Metailié, 2005)cuba

Mario Conde mène une ultime enquête délicate : en effet, les pluies diluviennes ont déraciné un énorme manguier dans l'ancienne résidence à La Havane de Hemingway, mettant à jour un cadavre… et une plaque du FBI. Conde se penche sur les derniers jours d'Hemingway, qu'il a tant admiré lorsqu'il était jeune, mais qui n'apparaît pas ici sous son meilleur jour. Sous la plume de Conde, ou de Padura, il devient un aventurier, avide de prouver sa force et sa virilité, qui aurait en quelque sorte pris sa retraite à La Havane, sans jamais s'intéresser réellement à la vie de la population. Ni même à celle de ses employés, si ce n'est pour se les attacher. Américain communiste, il aurait été surveillé jusqu'à sa mort par le FBI…

Ce court roman peut désarçonner car il alterne sans préavis entre deux époques : les derniers jours d'Hemingway à Cuba, en 1958, et l'enquête de Conde, qui présente peu d'intrigue, pas d'action, mais est plutôt prétexte à réfléchir sur l'écrivain et l'écriture.

Le palmier et l'étoile (Métailié, 2003)cuba

Fernando revient passer un mois à La Havane, après 18 ans d'exil, espérant enfin trouver le mystérieux manuscrit autobiographique du grand poète José Maria Heredia, auquel il a consacré sa thèse. Il veut aussi tirer au clair les circonstances qui l'avaient contraint à l'exil, trouver qui l'avait dénoncé. Cette recherche alterne avec le journal de Heredia, alors que Cuba luttait pour son indépendance, et avec les réflexions du fils du poète, franc-maçon, vers 1920. Peu à peu émergent des parallélismes surprenants dans la vie des trois hommes, pris dans la tourmente de l'histoire politique de Cuba. Dénonciations, exil, intrigues politiques et trahisons semblent inévitables…


Zoé Valdes (1959-      )

En 1995, après la publication de son roman « Le néant quotidien », elle est contrainte à l’exil, pour insoumission au régime castriste, accompagnée de son conjoint et de sa fille. Romancière, poète et scénariste cubaine elle réside en France.

Nos lecteurs n'ont pas aimé ses œuvres récentes : Danse avec la vie (Gallimard, 2009), Le pied de mon père (Gallimard, 2002). Des pages trop crues, trop violentes, les ont mis mal à l'aise. Par contre, Annie a beaucoup aimé La douleur du dollar (1997) et Le néant quotidien (1995).

Le néant quotidien (Actes Sud, 1995)cuba

Zoé Valdes raconte l'histoire d'une jeune Cubaine, engluée dans le néant de sa vie quotidienne. Au travail –et elle a de la chance d'avoir du travail- elle attend que les heures passent. Elle a deux liaisons, peut-être pour échapper au vide et à la vie cubaine morose de la " période spéciale " : privations, pénurie, liberté si précaire… L'auteur décrit Cuba comme "l'île qui avait voulu construire le paradis et qui engendra l'enfer".


Karla Suarez (1969-      )

Ingénieur et écrivaine, elle a vécu quelques années, à Rome et à Paris, et vit actuellement au Portugal.  

Tropique des silences (Metailié, 2002)

Au passage de l'enfance à l'adolescence, celle que ses copains ont longtemps surnommée P'tit Mec s'interroge sur ses origines, et se dresse contre les obsessions et les mensonges  familiaux. Elle cherche sa voie, mais contrairement à beaucoup d'autres, elle refuse de quitter Cuba... se privant ainsi d'avenir ? Prix du premier roman en Espagne en 1999.

La voyageuse (Metailié, 2005)cuba

Par un procédé de lecture de journal intime et de flashbacks, le roman déroule la vie de deux Cubaines, exilées par choix. L'une, nomade,  "cherche sa ville" et arpente les capitales, ne s'arrêtant jamais plus de quelques années au même endroit. L'autre, sédentaire, évite tous les risques, y compris celui de la maternité. Leurs retrouvailles permettent de s'interroger sur les choix et la façon de vivre l'exil de chacune. Un peu partout dans le monde (Brésil, Mexique, Paris, Rome…), la communauté cubaine exilée semble toujours prête à la solidarité, aux visites (trop) prolongées, aux soirées bruyantes et alcoolisées, à la nostalgie.  Prix français du livre insulaire en 2012.

14:22 Publié dans Bouillon de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba

18/11/2012

Bouillon américain

A l'occasion de la venue de la troupe du théâtre des Célestins à Mornant, pour jouer "Mort d'un commis voyageur" d'Arthur Miller, notre Bouillon de lecture s'est américanisé.

Voici déjà les recettes du soir, réclamées par les participants. Je suis sympa, je vous les ai traduites !

Peanut Butter Cookies

½ tasse beurre ou margarine / ½ tasse beurre de peanut butter / ½ tasse sucre brun en poudre / ½ tasse sucre blanc en poudre / 1 + ¼ tasse farine / 1 œuf / 1 cuil. à thé vanille / 1 cuil. à thé bicarbonate de soude / ¼ cuil. à thé sel

Mettre en crème le beurre, le beurre d'arachide et les sucres. Ajouter l'œuf et la vanille, mélanger. Ajouter la farine, le sel, le bicarbonate de soude, et former une pâte dense, pas trop collante, qui ne devrait pas trop s'émietter.  Faire des boules d'un pouce de diamètre, les espacer sur la plaque du four, les aplatir un petit peu en appuyant à la fourchette. Cuire à 375° F (180° C) pendant environ 10 mn. Laisser refroidir les cookies 2 mn avant de les retirer de la plaque.

Rice Krispies Squares

¼ tasse beurre / 32 gros chamallow / 4 tasses céréales de riz souffé, ou de riz soufflé au chocolat. Allez, je vous aide : je mets 125 g beurre, 1 gros sachet de 350 g de chamallows, et un paquet de 370 g de céréales (type Rice Krispies ou Choco Pops).

Dans une grande casserole, faire fondre le beurre. Ajouter les chamallows, et les faire fondre à feu doux. Eteindre le feu et ajouter les céréales. Mélanger jusqu'à ce que les céréales soient bien recouvertes. Presser le mélange dans un grand plat (j'utilise une plaque à gâteau roulé ou un plateau). Laisser refroidir 2 heures avant de découper en carrés ou en barres.

29/10/2012

Mort d'un commis voyageur

Bouillon de lecture

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Mort d'un commis voyageur

Jeudi 15 novembre

20h15 à la bibliothèque

 

Des représentants du théâtre des Célestins à notre rencontre autour de l’œuvre d’Arthur Miller, et de la mise en scène de Claudia Stavisky