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02/01/2010

Charleston Sud

Pat CONROY, Charleston Sud      Albin Michel, 2009

Récit d’amitié et hymne à la ville de Charleston (Caroline du Sud), ce long roman se situe sur une vingtaine d’années, de 1969 à 1989. Le narrateur, Léo King dit " Le crapaud ", se souvient de sa dernière année de lycée, qui a marqué un tournant décisif dans sa vie.

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Après une enfance marquée par le suicide de son grand frère adoré, des séjours en asile psychiatrique et en prison, Léo a toujours des relations difficiles avec sa mère mais il décide de reprendre sa vie en main et de s’ouvrir aux autres. A tous les autres, y compris ceux qu’il n’est pas censé fréquenter de trop près : orphelins, racaille blanche des Appalaches, noirs, belles du Sud et rejetons de l’aristocratie de la ville…

Léo, par sa gentillesse et son attention aux autres, devient le ciment de cette bande de copains qui défie toutes les barrières sociales et raciales, et dont l’immense amitié durera au delà des épreuves.

La galerie de personnages peut paraître excessive : trop de beauté, trop de dons, trop de tragédie… et pourtant l’écriture lyrique et soignée de Conroy en fait à la fois la chronique d'une époque et un récit passionnant et émouvant.

Le lecteur se laisse emporter par ce flot d’amitié, d’amour, mais aussi d’enfances brisées, de relations humaines complexes et de rebondissements.

Aline

14/12/2009

Une année étrangère

Une année étrangère

Brigitte GIRAUD (Stock, 2009)

Partie en Allemagne pour fuir une ambiance familiale étouffante, Laura, 17 ans, se retrouve assez démunie par rapport aux barrières de la langue.

Engagée comme jeune fille au pair dans une famille qui ne semble pas vraiment en avoir besoin – les enfants ont déjà 14 et 10 ans – elle ne comprend pas bien ce qu’on attend d’elle et peine à définir son rôle.

Peu à peu, Laura progresse en allemand et s’intègre, mais cette famille qui lui paraissait au début si simple et sans complexes a finalement elle aussi ses problèmes…

Quiconque est parti jeune en séjour linguistique à l’étranger a vécu cette situation : comprendre un mot sur 10, acquiescer du coup à tout ce qu’on vous dit sans souvent en saisir les conséquences… Brigitte Giraud rend bien la frustration qu’on éprouve à disposer de trop peu de vocabulaire pour s’exprimer clairement et donner un avis nuancé, et la dépendance par rapport à la famille d’accueil…

Un roman prenant, bien qu’il n’y ait pas beaucoup d’action. Fait partie de la sélection proposée pour le Prix Littéraire des Lycéens et Apprentis Rhône-Alpins.

Aline

08/11/2009

Desperados

Desperados, Joseph O’CONNOR    

Phébus, 1998

Frank Little et son ex-femme Eleonor, Irlandais, se retrouvent au Nicaragua pour chercher la dépouille de leur fils Johnny. Mais le cadavre qu’on leur présente à la morgue n’est pas celui de leur fils !

Une rumeur voulant qu’un " yankee " soit enfermé à la prison de Corinto (ville interdite, car en pleine zone de combats), ils persuadent les amis de l’orchestre de Johnny de les emmener avec eux en tournée jusque là.

Tournée des " Desperados de amor " de village en village, chaleur, " tourista ", disputes… les faiblesses de chacun se révèlent, et Frank repense à la jeunesse difficile de Johnny, à l’alcoolisme d’Eleonor…

Obstinément, amis et parents de Johnny tentent de le retrouver et de le sauver, malgré les tensions et les combats entre différentes factions, auxquelles ils ne comprennent pas grand’ chose : contras, rebelles, police officielle, trafiquants….

A lire !

Aline

04/11/2009

Changer le monde

80 hommes pour changer le monde, de Sylvain Darnil

J.C. Lattes, 2005

 

Le développement durable est il un rêve ou un idéal lointain ?

Ce tour du monde à la rencontre d'entrepreneurs pionniers, nous montre que c'est bien une réalité d'aujourd'hui riche d'espoir pour demain.

C'est un livre absolument passionnant. Il se lit très vite et très facilement.

 

C'est un ensemble de petites "histoires vraies", de trois pages chacune environ, qui relatent des expériences originales, uniques, et qui toutes donnent des résultats exceptionnels.

 

Avec des idées simples, on peut aller très loin, et changer le monde.

Car comme dit un proverbe Tibétain que j'adore " La Terre ne nous appartient pas, ce sont nos enfants qui nous la prêtent".

 

Sandrine

 

Voir aussi Passeurs d'espoir : une famille à la rencontre des bâtisseurs du XXIe siècle écrit par la famille Cherisey

 

22/09/2009

L'ombre du vent

L'ombre du vent

Carlos RUIZ ZAFON

Grasset, 2004

 

Daniel, notre narrateur, âgé de 11 ans en 1945, est initié par son père libraire au secret du Cimetière des Livres Oubliés, situé dans un vieux quartier de Barcelone. Selon la tradition, il peut pour cette première visite « adopter » un livre.

 

Le destin veut que Daniel choisisse un roman de Julian Carax, auteur Barcelonais disparu, et dont les œuvres sont partout mystérieusement pourchassées et brûlées. Cette lecture l’entraîne dans un labyrinthe de secrets, à la limite du fantastique.

 

Pendant toutes ses années d’adolescence, Daniel enquête sur Julian Carax, dans cette Barcelone d’après guerre où se croisent personnages cruels, tragiques ou généreux, et où la vérité peut être dangereuse…

 

Roman passionnant, tenant à la fois de l’enquête (tarabiscotée !) et du roman d’initiation, à l'ambiance particulière.

A retrouver dans Le jeu de l’ange, paru en août 2009,  dont l’intrigue se situe à Barcelone et dans le Cimetière des Livres Oubliés... mais en 1920 !

 

Aline

01/09/2009

Portrait de l'artiste en hors-la-loi

Portrait de l’artiste en hors-la-loi

Fiona CAPP

Actes Sud, 2009 (Antipodes)

 

Australie, fin du 19ème siècle.

Jemma Musk, jeune femme indépendante et déterminée, s’installe comme préceptrice à Wombat Hill, petite ville de l’arrière pays minier. Poursuivie par les assiduités d’un agent de police obsessif, elle lui préfère Gotardo, éleveur suisse-italien venu en Australie avec son troupeau et ses livres.

 

Peintre passionnée, admiratrice des impressionnistes, elle détonne dans cette communauté qui aspire à la respectabilité. A l’étroitesse d’esprit de la petite ville de province, l’auteur oppose l’ouverture des héros et de personnages secondaires, la chaleur de la communauté suisse-italienne, la confiance et l’estime dans le couple…

 

Après la naissance de sa fille Lucy, Jemma continue à peindre et à arpenter le bush, avec l’accord de son mari. Mais le sol de Wombat Hill -instable et dangereux, sapé par d’innombrables galeries minières- semble annonciateur de la fragilité de la vie de Jemma, sappée par la rumeur et l’obstination du policier.

Et la nature Australienne, un temps dominée et domestiquée, peut se montrer cruelle.

 

Lecture recommandée par Aline et Sylvie.

23/07/2009

Les naufragés de l'île Tromelin

Les naufragés de l'île Tromelin

Irène FRAIN

Michel Lafon, 2009

 

Roman de la mer et des marins du XVIIIème siècle faisant commerce des esclaves dans l'Océan Indien.

 

Leur navire s'échoue sur un îlot corallien hostile, le commandant en devient fou, le second admirable prend les choses en main, fait forer un puits, construire un bateau de fortune en moins de 2 mois. Mais celui-ci ne pourra embarquer que les Blancs, les esclaves sont donc abandonnés sur ce morceau de terre inhospitalière.

 

C'est ce drame -basé sur des faits réels- que la romancière retrace avec un grand talent de conteuse ; les vagues nous assaillent, nous sommes aspergés par les embruns, c'est le dépaysement assuré dans le temps et dans l'espace !!!

 

A lire aussi pour la belle leçon d'humanité.

A ne pas rater !!!

 

(nombreux compléments sur le Net : pourquoi ce nom donné à l'îlot ?)

 

Marie-Claire

17/07/2009

Cercle littéraire

Le cercle littéraire des amateurs                         

d’épluchures de patates                                 

Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

NIL, 2009

 

Si vous aimez retrouver une de ces familles d’adoption baroque et tendre, qui ne vous lâche plus, alors ce livre est pour vous. 

 

Moyennant quelques efforts  pour entrer dans cet échange épistolaire, l’histoire vous capte rapidement sur fond d’Occupation nazie pendant la seconde guerre mondiale.

L’île de Guernesey constitue un microcosme où l’on retrouve au quotidien  des  héros anonymes, d’autres  beaucoup  moins estimables, sous une plume vive et moqueuse.

 

Comme indiqué dans le titre,  la littérature est un prétexte, initialement  ces rencontres « littéraires » et secrètes  rassemblaient  quelques habitants affamés   (autour d’un bon vrai cochon clandestin). Nourricière, cette lecture  ne se prend jamais au sérieux mais  assure une fonction "vitale": un fermier s’est épris des œuvres d’un essayiste anglais du 19ème, son voisin a jeté son seul dévolu sur les écrits de Sénèque… Le tout est revisité avec humour et simplicité, en filigrane, la  petite communauté n’en vit pas moins son lot d’aventures  tragiques ou ...romantiques. 

 

Je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le petit monde « des Déferlantes », l’insularité, dans ce livre aussi, est un privilège, celui d'une grande famille, avec du rire, des larmes et une petite brise de mer qui vous rend nostalgique en fermant ce petit récit fort bien ficelé, à la hauteur de son titre.

Savoureux.

 

Sylvie

05/05/2009

Au zénith

AU ZENITH - Duong Thu Huong

S. Wespieser, 2009

 

Un beau portrait romancé, poétique et politique

Si vous aimez le voyage, tant pour regarder à la vitre qu’approcher les âmes, alors vous surmonterez sans peine les presque 800 pages de ce roman traduit du vietnamien.

 

Le  livre s’ouvre avec le monologue  supposé du vieil Ho Chi Minh, dans un portrait très librement adapté. Duong Thu Huong peint un homme amer et attachant, trahi par l’immense machine communiste qu’il a servie toute sa vie et à laquelle il aurait sacrifié la compagne aimée. Les idéaux politiques ont accouché d’un régime cruel où les vieillards font figure d’humanistes modérés.

 

Selon la romancière en exil, les usurpateurs ont su faire leur terreau d’une tradition millénaire où les  affaires familiales se règlent en place publique, où rumeur et délation ligotent désir et volonté individuelle. Les brutes sont familières, épouse ou fils dans le cercle des dirigeants. Comment un  peuple peut-il s’aveugler sur ses enfants corrompus ?

 

La romancière ose une hypothèse surprenante: « C’est par angoisse de devenir une âme errante qu’on ferme les yeux sur la bassesse de sa descendance. Des générations de parents ont serré les dents pour supporter l’ingratitude de leur progéniture dans l’espoir qu’après leur mort, elle s’occuperait correctement des funérailles. » Voilà  une lecture pour bouleverser nos repères !

 

Sylvie

 

 

30/03/2009

Histoire d'un mariage

L’histoire d’un mariage, Andrew Sean GREER             L’Olivier, 2009

Raconté par Pearlie, ce récit est avant tout l'histoire de son amour avec le beau Holland, et de leur mariage : amoureux de jeunesse, séparés par la guerre, ils se sont retrouvés par hasard, puis mariés sur cette demande singulière de Holland : " j’ai besoin que tu te maries avec moi ".

Ménagère modèle, Pearlie veille sur son mari, jusqu’au jour où Charles Drumer, dit Buzz, débarque chez eux et distille le doute…

Riche de réflexions sur la " mé-compréhension ", sur la nécessité de dialoguer avec ceux qui comptent pour nous, le livre commence sur cet extrait :

" Nous croyons connaître ceux que nous aimons. Nos maris, nos femmes. Nous les connaissons, nous nous identifions à eux parfois. […] Mais ce que nous aimons se révèle n’être qu’une traduction approximative, notre propre traduction d’une langue mal connue. Nous tentons d’y percevoir l’original, le mari ou la femme véritables, mais nous n’y parvenons jamais. Nous avons tout vu. Mais qu’avons-nous vraiment compris ? "

Mais ce roman est aussi un portrait de l’Amérique des années 50, où la vie quotidienne est marquée du sceau du Maccarthysme, du procès Rosenberg, de la ségrégation raciale et de la guerre de Corée. Une critique de cette société minée par les peurs et les préjugés.

Le plaisir de lecture est d’autant plus grand que l’auteur a ménagé à ses lecteurs quelques surprises au fil des chapitres…

Aline