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09/03/2009

Le sauveur

Le sauveur, Jo NESBØ                  Gallimard, Série Noire, 2007

 

Policier dans la veine des auteurs nordiques, traduit du norvégien, appartenant à la série des enquêtes menées par l’inspecteur Harry Hole.

 

Dès le début du roman, nous suivons les actions et les pensées de personnages aux intérêts opposés : plusieurs membres actifs de l’Armée du Salut, un tueur professionnel Croate, l’inspecteur Harry Hole et ses collègues de la police criminelle.

Malgré son efficacité, le tueur semble s’être trompé de cible, et tandis qu’il se démène pour respecter son contrat, Harry Hole et la police norvégienne tentent de protéger la victime présumée, dans un Oslo glacial et glissant de l’Avent, où les bénévoles de l'armée du Salut tentent de nourrir et de réchauffer mendiants et drogués. Un jeu du chat et de la souris, où le méchant n’est pas forcément celui qu’on croit.

 

Très bon policier, à la fois noir et humain.

Aline

02/01/2009

La Tête en friche

La Tête en friche, Marie-Sabine ROGER                               Le Rouergue, 2008 (La Brune)

Où un homme inculte rencontre une vieille dame sur un banc, et compte avec elle les pigeons du jardin public… amorçant ainsi une relation profonde et enrichissante pour tous deux.

En tant que bibliothécaire, j’ai bien sûr aimé cette histoire de découverte de la littérature par une personne qui n’y avait jamais eu accès : la surprise, le moment où il est " appâté " par " La Peste " de Camus, l’éclairage que lui apporte " La Promesse de l’aube " de Romain Gary sur ses relations avec sa mère,… Ah, le charme et la puissance des mots !

On trouve aussi des moments jubilatoires lorsque les copains de bistrot de Germain réalisent que leur benêt de service n’est pas aussi idiot qu’ils l’ont toujours cru. Le choc du garagiste " intello " du bar, déstabilisé lorsque Germain utilise du vocabulaire que lui même ignore !

Beaucoup d’affection aussi pour Margueritte, cette grand-mère adoptée sur le tard.

Marie-Sabine Roger passe ici avec sensibilité de la littérature jeunesse au roman adulte. Pas d’effets de manche, ni de processus d’écriture alambiqué : un roman facile à lire et attachant.

Aline

10/12/2008

Islande

Karitas, sans titre – de Kristin Marja BALDURSDOTTIR                   Gaïa, 2008

 

En 1915, la mère de Karitas  –dont le mari a disparu en mer-  décide de quitter la ferme familiale pour s’installer au port d’Akureyri, afin de gagner de quoi envoyer ses enfants à l’école. Karitas, la plus jeune des filles, s’occupera longtemps des tâches ménagères avant d’aller avec les femmes se brûler les mains à saler le hareng. Elle aura la chance de suivre l’école des beaux arts à Copenhague, mais peinera ensuite à concilier ses aspirations d’artiste et la dure vie sur la ferme isolée de son mari. Comment pourrait-elle se consacrer à l’art quand le plus bel homme d’Islande n’arrête pas de lui faire des enfants ?

 

C’est la rude Islande du siècle dernier que nous conte Kristin Marja Baldursdottir, au travers de la vie de Karitas.

La  vie quotidienne des femmes, toute de labeur, entre les naissances et la tenue des maisons. La beauté des fjords, l’hivernage en famille dans les fermes de tourbe et les fêtes de l’été. Les longues saisons de pêche sans les hommes, le salage du hareng, la chasse aux grands labbes…

Les chapîtres du récit alternent avec de courtes scènes de description, conçues comme des tableaux qu’aurait pu peindre son héroïne…

 

Comme l’annonce la 4ème de couverture, fidèle au livre, Karitas, Sans titre est une « magistrale reconstitution historique, sociale et humaine, située dans un décor époustouflant. Un destin [de femme] passionnée… ». Certes, je suis partiale : depuis un voyage de découverte de l’Islande, j’ai une affection particulière pour cette île et ses habitants. Mais même sans connaître le pays, je pense que ce livre est beau, fort et émouvant, et je le recommande à tous ! Ne vous laissez pas rebuter par les 500 pages roses…

 

Aline

 

 

 

15/10/2008

Le ventre de l'Atlantique

Le ventre de l'Atlantique   de Fatou DIOME   (née au Sénégal et vivant en France)   Carrière, 2003

Les jeunes Sénégalais rêvent de chateaux en Espagne et font de la France leur terre promise ; ils rêvent de venir en France en particulier pour devenir des vedettes du football à l'image de certains joueurs de l'équipe des  Bleus.

Salie jeune sénégalaise qui vit en France essaie de leur montrer les difficultés causées par la face cachée de l'immigration (papiers, chômage, climat , conditons de vie , de logement, etc...)  qui est souvent un leurre et une souffrance, ainsi que le problème posé à l'occasion d'un séjour dans son pays natal.

 

2 phrases extraites du livre traduisent  bien  à mon avis ce malaise :

 

...."En Europe, mes frères, vous êtes d'abord noirs, accessoirement citoyens, définitivement étrangers et ca n'est pas écrit dans la Constitution  mais certains le lisent sur votre peau"...

 

..." De quel droit me traitait -il d'étrangère alors que je lui avais présenté une carte d'identité similaire à la sienne?  Etrangère en France, j'étais accueillie comme telle dans mon propre pays : aussi illégitime avec ma carte de résident qu'avec ma carte d'identité"

 

Ce livre me fait penser à la chanson "Lili" de Piere Perret sur Lili, que j'adore.

 

Marie-France

 

 

07/10/2008

Le rapport de Brodeck

Le rapport de Brodeck, de Philippe CLAUDEL   Stock, 2007

Le métier de Brodeck consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal. Le maréchal-ferrant du village lui demande de consigner les évènements de la guerre sans ajouter de détails inutiles.

A chaque chapitre, un personnage apparaît. "Bon" ou "mauvais" ? C'est la nature humaine qui se dépeint avec ce qu'elle a de meilleur et de pire. Le malaise persiste lorsque la dernière page se referme. L'écriture, les mots, ne peuvent que toucher et déranger.

A lire absolument. Prix Goncourt des lycéens 2007.

Martine

Un homme accidentel

Un homme accidentel, de Philippe BESSON    Juilliard 2008

 

Deux hommes qui n'auraient pas dû se rencontrer : un policier consciencieux, marié, attendant un enfant et un acteur adulé par Hollywood.

Celui-ci est soupçonné du meurtre d'un jeune prostitué .

Un amour fou, une passion se déclenchent entre les deux hommes, rien ne peut l'arrêter.

Le policier qui est le narrateur est happé par cet amour et recherche mollement l'assassin.

Celui qui fait équipe avec lui entrevoit la vérité et avec beaucoup de tact résout l'énigme, mais précipite la chute des 2 amants.

La fin est tragique.

Beaucoup de pudeur, une écriture fluide, des paragraphes et des phrases courtes.

Se lit d'un trait.

 

Marie-Claire

 

La fille des Louganis

La fille des Louganis, de Metin ARDITI         Actes Sud 2007

 

De l'auteur de « La Pension Margherita », un roman d'amour sous forme de tragédie grecque.Se lit facilement, le lecteur est transporté dans ce monde sans compromissions.

Dans une petite île grecque, 2 frères épousent 2 soeurs ; les 2 familles sont très unies et confrontées à la fatalité tragique.

Paulina très amoureuse d'Aris qu'elle croit  son « cousin » ,  met au monde une petite fille qu'elle doit abandonner à la naissance et passe sa vie à rechercher cette enfant, croyant la voir partout et notamment en Suisse où elle émigre.

C'est l'amour-passion à toutes les étapes et toujours contrarié par le destin.

 

Marie-Claire

 

Une ombre, sans doute

Une ombre sans doute, de Michel QUINT   J. Losfeld, 2008

Par l'auteur de "Effroyables jardins", un roman aux phrases longues, pas facile d'accès, mais intéressant.

Suite au suicide de ses parents, un homme arrive dans un village du Nord. En allant à la mairie s'occuper de la succession, l'employé constate que son prénom ne correspond pas à celui indiqué sur le dossier officiel. Il part donc en quête de témoins susceptibles de prouver son identité. Il rencontre une vieille dame qui l'éclaire sur la mort de ses parents en « distillant » ses informations et en ménageant le suspense. Flash-back sur l'époque de la deuxième guerre mondiale.

 Marie-Claire

06/10/2008

Ulik au pays du désordre amoureux

Ulik au pays du désordre amoureux,   de François LELORD,  Oh ! Editions, 2003

Un jeune Inuit venu aux Etats-Unis plaider pour la défense de sa banquise et du mode de vie esquimau est totalement pris au dépourvu par les rapports hommes/femmes dans la société occidentale.

Venant d’une tribu où ces relations sont très codifiées, il ne comprend rien aux signaux contradictoires émis par les femmes qu’il rencontre. Les femmes semblent pouvoir se passer des hommes, beaucoup vivent seules, celles qui semblent avoir envie de lui veulent être payées… Que de choses inconcevables dans sa tribu !

Heureusement, grâce à la rencontre de plusieurs femmes émues par sa sincérité et sa candeur, Ulik va découvrir que malgré les apparences, les lois de l'amour sont universelles.

J'ai beaucoup aimé la fraîcheur de ce livre, écrit par un psychiatre et psychothérapeute, qui s'était déjà illustré avec son roman Le Voyage d'Hector ou la recherche du bonheur.

Entre voyage initiatique et conte pour grandes personnes, Hector raconte ses périginations de psy naïf, parti en voyage autour du monde pour comprendre ce qui fait vraiment le bonheur : trouve-t-on le bonheur dans la réussite ? dans les relations avec les autres ? Dépend-il des circonstances ou d'une manière de voir les choses ? Hector prendra surtout des leçons de bon sens, qui lui permettront de reprendre sa vie et son métier. Attention, l'écriture volontairement naïve agace certains.

Aline

22/09/2008

Photo roman

Les Giètes,    de Fabrice Vigne et Anne Rehbinder    T.Magnier, 2007

Samedi matin, à la librairie Murmure des Mots, Fabrice Vigne était là, pas forcément bavard de nature. Et moi, empruntée, je ne savais pas comment engager une " vraie " discussion. Je n’avais lu qu’un seul de ses livres (j’ai beaucoup aimé " Jean 1er le Posthume, roman historique "), mais déjà assisté à une de ses causeries, qui m’avait donné à réfléchir.

Alors nous avons échangé quelques phrases autour de son livre qui me "tentait " le moins, ce photo roman, dans une collection qui ne m’attirait pas… Quelques photos peu spectaculaires d’une vieille femme et de son intérieur, et un texte, dont les premières pages indiquent un narrateur plus tout jeune, masculin. Fabrice Vigne n’est pas expansif, il m'a juste dit avoir voulu rendre le regard porté sur cette vieille femme… et j’ai eu envie de lire son roman.

A partir d’une série de photographies d’Anne Rehbinder – dont il ignore tout, c’est la " règle du jeu " - Fabrice Vigne raconte. Et il raconte bien, par la bouche ou la plume du vieux Maximilien (à cause de Robespierre) Bertram, locataire du studio 409 en foyer-résidence.

Maximilien fait le tri dans ses papiers, aidé à l’occasion par Marlon, le petit-fils dont il se sent le plus proche. Et les souvenirs de sa jeunesse communiste remontent. C’est qu’il y a cru, lui, à un avenir meilleur pour le peuple, même lorsqu’il a cessé de croire au Parti. Ses références alternaient entre l’Huma et la correspondance de Flaubert, dont il a gardé de nombreuses citations en mémoire. Même si la mémoire flanche, à son âge. Tout flanche, d’ailleurs, à l’âge de Maximilien, sauf la tête. Et encore… il peine souvent à trouver ses mots et finir ses phrases.

Maximilien évoque son quotidien au foyer, qu’il appelle " la Maison ", ses relations avec les autres résidents… et surtout l’arrivée d’une nouvelle voisine, Mme Ostatki, à laquelle il s’intéresse beaucoup.

Beaucoup de thèmes sont abordés avec finesse dans ce court roman : la rencontre des autres, le regard porté sur eux, le regard du photographe au delà du cliché… et une incitation à profiter de la vie jusqu’au bout : " Il m’a fallu parvenir à cet âge-ci, l’âge des giètes, quatre-vingts ans aux cerises, pour comprendre cette équation tellement simple qu’elle en est presque stupide : tant que je suis en train de mourir, je ne suis pas mort. Je peux encore essayer de faire la connaissance des gens qui m’entourent, m’intéresser à eux, apprendre, m’émerveiller, je peux me désespérer aussi, comme font les vivants… ".

Plus personnel : j’aime aussi les relations entre Polia et sa grand-mère d’un côté, Marlon et son grand-père de l’autre. Elles font écho aux rapports très forts que j’ai entretenus avec mes grands-parents. et qui m'ont longtemps poussée à aller... à la rencontre des "vieux" en maison de retraite justement !

Aline