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22/02/2016

Rencontre d'auteur : Paola Pigani

rencontre d'auteur,prix des lecteursPaola Pigani à Soucieu

Samedi 12 mars à 15h

Dans le cadre du Prix M.O.T.S des 4 villages, Paola Pigani vient à notre rencontre à la bibliothèque de Soucieu-en-Jarrest.

copyright Gilles Vugliano

rencontre d'auteur, prix des lecteursL’occasion d’échanger sur son livre Venus d’ailleurs, sélectionné pour le prix, et absolument d’actualité ! Inspiré de rencontres réelles, ce roman nous permet d'accéder au point de vue de deux jeunes émigrés dans notre région (du Chambon sur Lignon à Villeubanne). Pourquoi et comment s'intègre-t-on... ou pas ?
rencontre d'auteur, prix des lecteurs

Son premier roman, N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures, a aussi rencontré un beau succès auprès des lecteurs. Maryvonne l'avait critiqué ici.


15/02/2016

Coups de coeur du bouillon d'hiver

L'avocat du diable.jpg
L’avocat du diable
Morris WEST
Plon (Feux croisés), 1959

L’auteur est Australien. Né en 1916, il a servi pendant la 2e guerre mondiale. Il a écrit sur la misère des enfants de Naples « Les enfants du soleil ». L’avocat du diable a connu un succès mondial.
Dans la tradition ecclésiastique, l’avocat du diable celui qui tient le rôle du procureur dans les procès en canonisation. Lorsque la réputation de sainteté d’un religieux ou d’un laïc se répand dans la communauté où celui-ci a vécu et que des cas de « miracles » sont signalés, l’église catholique procède à une enquête pour décider s’il y a lieu d’ouvrir un procès en vue de la canonisation.
Dans ce roman, Mgr Meredith, évêque anglais théoricien du Vatican, qui vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer incurable, est missionné pour enquêter sur Giacomo Nerone, mort fusillé par les partisans dans un village de Calabre à la fin de la guerre. L’enquête révèle un personnage ambivalent, et un enchevêtrement de dissimulations et d’intrigues. Ce voyage, dernier acte de la vie de Mgr Meredith, sera sa découverte de l’humanité et lui apportera la paix.

Georgette

Machu Picchu

Machu Picchu.gifMachu Picchu, première à droite
Mark ADAMS
Arthaud (Esprit voyageur), 2012, 340 p.
Traduit de l’américain Turn right at Machu Picchu par Anne Guitton


Récit rédigé par Mark Adams, directeur de revues géographiques qui décide de partir au Machu Pichu en reprenant le parcours d'Hiram Bingham.

En 1911, l’universitaire et archéologue américain a redécouvert et fait connaitre cet illustre sommet, montagne emblématique qui fut au cœur de la conquête du Pérou par Pizarro et ses acolytes.

Récit alerte, humoristique, structuré sur l'alternance de trois périodes
- la vie péruvienne actuelle,
- l’époque de la conquête espagnole,
- le début du 20e siècle, avec l'explorateur haut en couleurs, Hiram Bingham, (celui-là même qui a inspiré le personnage d’Indiana Jones).

Claude

11/02/2016

Parlez-moi d'amour...

Pour la Saint Valentin, Sylvie nous propose une sélection de 15 romans d’amours… le challenge étant d'éviter les nanars... Amour, oui, mais il ne faudrait pas nous prendre pour des quiches non plus (pour citer la revue Causette).

amour

* accès facile, ** difficulté moyenne, *** lecture exigeante

1 - Les mots du passé, Jean-Michel Denis  *

2 - Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Annie Barrows et Mary Ann Shaffer  **

3 - Un bûcher sous la neige, Susan Fletcher  *

4 - La dernière conquête du major Pettigrew, Helen Simonson *

5 - Mille femmes blanches, Jim Fergus *

6 - L'héritage, Katherine Webb *

7 - De la part de la princesse morte, Kénizé Mourad **

8 - Loving Frank,  Nancy Horan  **

9 - Ecoute moi, Margaret Mazzantini  ***

10 - Du domaine des Murmures, Carole Martinez  **

11 - La joueuse de Go,  Shan Sa  **

12 - Je l'aimais, Anna Gavalda  *

13 - Pense à demain (Trilogie), Anne-Marie Garat  **

14 - Le goût du bonheur (Trilogie), Marie Laberge  *

15 - Avant toi, Jojo Moyes  *

Alors, à vous de compléter.......... envoyez-nous vos choix de romans d'amour !

 

Françoise  (voir commentaires ) :

les derniers jours de Stefan Zweig, de Laurent Seksik *

Aurélien, d'Aragon  ***

Elisabeth

La septième rencontre, d'Hejborg Wassmo  **

 

 

 

17:17 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : amour

15/01/2016

L'avocat aux pieds nus

chine,droits de l'homme

 

L'avocat aux pieds nus

Chen Guangcheng

Editions Globe, 2015, 24.50 €

 

C'est un témoignage fort que nous livre l'auteur.

Fils de paysans pauvres de la province du Shandong dans l’est de la Chine, Chen Guangcheng est l'un des dissidents chinois les plus connus.

Il naît en pleine Révolution culturelle en 1971 et devient aveugle à l’âge de 5 mois suite à une maladie non soignée, faute d'argent.

Du fait de son handicap il n'est pas accepté à l'école. Il réussit cependant, à l'âge de 18 ans, à accéder à un établissement pour aveugles qui forme uniquement à des professions para médicales Très tôt il prend conscience de la non reconnaissance des personnes handicapées et du non-respect des lois dans de nombreux domaines. Ne pouvant suivre des études de droit comme il le souhaite, il se forme sur le tas pour défendre les droits bafoués de ses concitoyens.

Il se fait essentiellement connaître des médias internationaux en 2005 par sa dénonciation des abus provoqués par la politique de l’enfant unique et il est invité aux Etats-Unis pour les exposer. Les problèmes qu’il avait déjà avec les autorités vont s'intensifier car si cette renommée en fait un héros pour de nombreux Chinois, elle le place au rang des ennemis du Parti. Il est condamné en 2006 à quatre ans de prison ; il est ensuite assigné à résidence surveillée dans son village. Il n'a aucun droit et ne peut recevoir aucune visite. Au bout de deux ans il ne supporte plus ce régime ; il s’évade et parvient à rejoindre Pékin où il trouve refuge dans l’ambassade américaine. Il obtient, non sans mal, le droit de s'exiler aux Etats-Unis avec sa famille où il poursuit son combat pour une Chine plus respectueuse des droits de l’homme.

Il dénonce dans son livre avec courage les dérives de la société chinoise et notamment la corruption omniprésente et les abus incessants pratiqués par ceux qui détiennent un pouvoir, même minime. Vexations, humiliations, répression sont le lot quotidien des défenseurs des droits.

Son parcours force l'admiration et donne espoir dans l'homme.

Annie

06/12/2015

Jean Christophe Rufin (4) Les causes perdues

Causes perdues.gifLes causes perdues
Jean-Christophe RUFIN
Gallimard, 1999
Prix Interallié

Le roman se présente comme le journal d’Hilarion Grigorian, vieil Arménien cultivé, dernier rejeton d’une famille installée depuis des siècles en Abyssinie. Hilarion se réjouit de l’arrivée d’une organisation humanitaire française à Asmara, dans le Nord de l’Erythrée.

Ce n’est pas par altruisme qu’il les soutient, mais bien pour se rendre indispensable, afin de profiter de leur présence pour son plaisir personnel. La joie de sentir une animation nouvelle autour de lui, le plaisir de parler français (la langue qu’il associe aux plaisirs charnels), et l’illusion de tirer les ficelles. S’immiscer dans la vie de Grégoire, en particulier, lui donne une seconde jeunesse.
Il observe les humanitaires avec une passion froide d’entomologiste, analyse qui met en avant les motivations égoïstes de chacun. Finalement peu d’entre eux sont vraiment dans la lutte désintéressée contre la famine, quelque part chacun trouve son compte à cette situation.

D’ailleurs la famine, le dénuement, les maladies et les déplacements de populations sont peu évoqués, si ce n’est en toile de fond et pour leurs enjeux politiques.
Le camp de Rama est installé loin des zones où se trouvent les réfugiés de la famine. Son emplacement semble choisi pour des raisons politiques retorses. Même si les hommes politiques ne sont peut-être pas dénués de vision idéologique à long terme, leurs choix impliquent de sacrifier les populations, et ils manifestent un grand détachement par rapport aux victimes.

Les humanitaires sont confrontés à un dilemme : rester pour aider les malades et les affamés et sauver des vies, ou partir pour dénoncer la politique du gouvernement, le déplacement des populations enlevées et déportées dans les régions à coloniser. Grégoire, le jeune chef de mission, est atteint d’antchilite et prend ses décisions en fonction des pressions établies sur lui par ceux qui s’en prennent à sa petite amie.

La population d’Asmara semble totalement indifférente au sort des populations affamées. Rufin peint une clique d’anciens colons « ensablés » sur place, sans autre attente que leurs petits trafics.
P. 100, le marchand d’armes : « Nous vendons à qui veut bien acheter, et… je dirais que nous avons toujours été neutres. Neutres comme ces jeunes gens qui se nomment humanitaires. Je sais bien que l’idée est choquante ; elle n’en reste pas moins juste. Nous marchands d’armes, ne cherchons pas à influencer le cours des événements. Nous n’avons jamais ni protégé, ni idéal, ni ambition propre. Nous sommes au cœur de l’histoire sans la faire, comme les humanitaires. » (comparaison également avec les Suisses, passés de loyaux mercenaires sans états d’âmes à dévoués humanitaires)

Rufin s’intéresse aux motivations des humanitaires, qu’il relie à celles des anciens colons. Pour opposer les deux vieux, Hilarion enrichi sans idéaux, et Riccardo, venu pour la gloire et resté pour les femmes, il utilise une image évoquée en 1935 sur le bateau qui amena en Ethiopie une cargaison d’italiens venus « qui pour la gloire, qui pour les moutons. Ceux venus pour les moutons espéraient devenir riches – ou moins pauvres- ; les autres, ils venaient pour la gloire. L’empire, pour eux, c’était d’abord une grande idée. Ceux qui venaient « pour la gloire » étaient des rêveurs, des idéalistes, les plus sensibles à l’antchilite »
« l’antichilite » surnom donné par Riccardo, le vieil Italien, à la forme locale du « madamismo », la passion de certains colons pour les femmes indigènes, sans pour autant être capables de former de réels projets de vie avec elles.


La position de Jean-Christophe Rufin semble témoigner dans ce roman d’une déception de l’humanitaire. Ou tout au moins d’une interrogation sur les motivations de ceux qui s’engagent dans les missions humanitaires, et sur leurs fragilités.

Ses réflexions sur l’antchilite s’éclairent d’un jour nouveau lorsqu’on sait qu’il s’est marié avec une Erythréenne en 1986… Le lecteur ressent dans ces pages un attachement profond à l’Ethiopie, avec de belles envolées lyriques :
p. 140 « Les premières pluies sont pour moi un spectacle somptueux et gratuit au cours duquel la nature fait un majestueux étalage de sa force et de sa poésie, en réveillant les couleurs, les parfums, en inventant des rythmes sur les toits de tôle. Par moments, après ces paroxysmes, elle se calme, comme un artiste qui prend de la distance pour contempler sa toile : assommé d’eau, le paysage souffle une haleine tiède et sous les vapeurs qui montent des feuillages brillent les couleurs vernies du végétal, de la terre et des pierres ruisselantes. »

14/11/2015

Fabcaro

Dernière minute : je reviens juste du festival de la Bulle d'bande dessinéeOr, à Brignais. J'étais face à.... Fabcaro ! Au moment même où il dédicaçait un album Zaï zaï zaï zaï pour les lecteurs du Prix M.O.T.S. il a été appelé à la tribune pour la remise de l'album d'or !!!

Félicitations, Fabrice !

Et pour aller voir la page web de cet autodidacte chez Dargaud, c'est là !

Prix M.O.T.S.

prix des lecteurs

Le lancement du 6ème prix des lecteurs, rebaptisé Prix M.O.T.S. avec l’arrivée d’Orliénas dans nos rangs, a eu lieu ce matin.

Les élus présents ont marqué leur compassion pour les victimes des attentats parisiens, et une minute de silence a été respectée. Dans notre sélection, le roman L’orangeraie est particulièrement en lien avec l’actualité. Il évoque la préparation d’un attentat terroriste dans le Moyen-Orient, ses motivations indéfendables, et ses séquelles à long terme.

Voici les livres que nous vous proposons de lire d’ici la fin mai. Avec l’aide de nos lecteurs, nous les avons choisis aussi variés que possible, afin de respecter aussi la demande d’une certaine légèreté…

L’orangeraie, Michel Tremblay
La variante chilienne, Pierre Raufast
Venus d’ailleurs, Paola Pigani
Les arpenteurs, Kim Zupan
L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, Rosa Monteiro

Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé
Les cobayes, Tonino Benaquista et Nicolas Barral
Les esclaves oubliés de Tromelin, Sylvain Savoia
L’île aux femmes, Zanzim
Zaï zaï zaï zaï, Fabcaro
Un certain Cervantès, Christian Lax

prix des lecteurs

Déjà distribués aux lecteurs présents, les livres circuleront dans nos 4 bibliothèques jusqu’à fin mai. Retenez déjà les dates suivantes :
Rencontre d'auteur, samedi 12/03 à 11h à Soucieu.
Débat et résultats, vendredi 03/06 à 18h30 à Thurins.

prix des lecteurs

Rappelons l’importance des bibliothèques comme lieu d’accueil, de rencontre, de culture et de formation. Des lieux de plaisir, certes, mais aussi de lutte contre l’isolement, l’intolérance et l’ignorantisme qui peuvent mener à des actes désolants.
La solution est en nous.

30/10/2015

Les arpenteurs

roman étranger,etats-unis

 

Les arpenteurs
Kim ZUPAN
Gallmeister (Nature Writing), 2015, 23.50€
Traduit de l’américain The Ploughmen par Laura Derajinski

Ce roman est avant tout le récit d’une relation complexe entre deux hommes aux antipodes l’un de l’autre, un assassin et son geôlier :

John Gload, vieux criminel récidiviste, s’est enfin fait pincer et attend son procès dans la prison du Montana.
De l’autre côté des barreaux, un jeune adjoint au shérif est astreint à passer des nuits de surveillance dans la prison. Valentine Millimaki essaie d’exercer son métier avec humanité (contrairement à certains collègues !), mais souffre de sentir sa vie et son mariage, lui échapper chaque jour un peu plus.

"Dans le cadre de ses fonctions au bureau du shérif, il passait son temps à enquêter sur des délits ruraux et endurait son quota d’heures requises dans le vieux bâtiment de la prison adjacent au tribunal du comté. Mais il préférait le travail sur le terrain, au grand air, avec son chien de berger de trois ans [Tom] à pister les disparus dans la forêt, la broussaille, les canyons abrupts, des terres vierges, ces coins oubliés ou non référencés sur les cartes qui ne donnaient qu’une approximation de notre place en ce monde.
Il les retrouvait parfois, écorchés ou couverts d’ecchymoses, boitant sur une cheville fracturée, ou d’autres encore à un stade avancé d’hypothermie… Mais depuis plus d’un an, maintenant, il n’avait retrouvé que des cadavres."

Hanté par son armée de fantômes personnels, Millimaki est un homme vulnérable. Peu à peu, souffrant tous deux d’insomnie, John Gload et lui ont de longues conversations, et en viennent à une certaine compréhension l’un de l’autre… peut-être parce qu’ils partagent, chacun à sa façon, une proximité excessive avec la mort. …A moins que tout cela ne soit que manipulation de la part de John Gload !
"Je ne sais pas si j’ai ce qu’on peut appeler une âme, Val, mais je sais la reconnaître chez les autres. Vous en avez une. Je l’ai vue toute barbouillée sur votre visage dès que je vous ai croisé".

D’une beauté puissante, les Arpenteurs explore la frontière floue entre le bien et le mal. Pour l'auteur, qui oppose le huis-clos de la prison aux immenses espaces nord-américains, le Montana sauvage est une présence constante dans le récit, émaillé de descriptions de la nature. Malgré sa longueur et sa noirceur, j'ai été emportée par la puissance de ce roman et la complexité de ses personnages.

Kim Zupan a exercé de nombreux métiers, il a fait des rodéos, travaillé comme pêcheur, charpentier, enseignant…

Aline

25/10/2015

Profession du père

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Sorj CHALANDON

Grasset, août 2015, 320 p., 19€

Chaque roman de Sorj Chalandon m'a "rencontrée", et je n’ai jamais été déçue par cet auteur. Son dernier livre ne fait pas exception, même si le sujet en est plus personnel et  familial.

Pasteur Pentecôtiste, Judoka ceinture noire, parachutiste, footballeur, chanteur… ou agent secret ? Si le jeune Emile Choulans n’a jamais su quel métier noter dans les cases des formulaires à remplir en début d’année, c’est qu’il croyait aveuglément ce que son père lui racontait, accessoires à l’appui : kimono, robe de pasteur ou béret de para en évidence sur la plage arrière de la Simca Vedette paternelle…

L’auteur observe une famille dysfonctionnelle (proche de la sienne), à travers les yeux d’un collégien, éperdument admiratif et soumis à son père, dont le lecteur devine rapidement qu’il est mythomane et paranoïaque. Dans le microcosme familial, mère et fils sont maintenus en état de sujétion et d’alerte constante.

"Un soir de juin 1958 une amie de ma mère l’avait invitée à un récital des Compagnons de la Chanson, au théâtre romain. J’avais 9 ans. C’était la première fois qu’elle demandait à sortir seule le soir. Même avant ma naissance, mon père s’y était toujours opposé…" Le résultat ne s’était pas fait attendre "Tu vas dormir sur le paillasson, salope"… Elle a effectivement dormi derrière la porte, son fils ayant l’interdiction formelle de lui ouvrir sous peine de raclée. "C’était il y a trois ans. Depuis, Maman n’a plus jamais allumé la radio. Et plus jamais chanté."

Au moment où Charles de Gaulle "abandonne l’Algérie", André Choulans, le père, se sent trahi et décide de continuer la guerre sur le territoire français. Soit-disant officier de l’OAS, il transfère ses frustrations sur Emile et lui donne des missions : barbouiller les murs d’inscriptions OAS, poster des lettres de menace…  L’enfant est réveillé en pleine nuit pour se mettre au garde à vous, "torse nu et pieds glacés" et faire des séries de pompes en slip. A tout cela, la mère répond faiblement « Tu connais ton père ».

Emile a des crises d’asthme provoquées par l’angoisse, manque de sommeil,et ne parvient plus à se concentrer en classe... ce qui provoque de nouveaux drames. On éprouve de la pitié pour cet enfant maltraité et abusé psychologiquement. On ne comprend pas que son amour filial y résiste ! Vient même un temps où Emile utilise les méthodes de son père sur  un camarade, espérant que celui-ci saura l’arrêter… mais les méthodes fonctionnent trop bien !

Cette expérience extrême l'aura-t-elle aidé à s'affranchir de l'ascendant familial ? Reproduit-on les schémas parentaux ? Le lecteur retrouve brièvement Emile adulte dans sa relation à ses parents et à son enfant... mais beaucoup reste à imaginer.

Dans ce roman bouleversant, étouffant bien que parcouru d'intermèdes plus légers, j’ai lu la crédulité d’un enfant abusé psychologiquement par son père, mais aussi la complexité des relations familiales, tandis que Brigitte s’est attachée au contexte historique des "événements d’Algérie" du côté français.

Les entretiens avec l'auteur apportent un éclairage personnel. "Si le père n'avait pas été violent, je crois que l'enfance d'Emile (mon enfance) aurait été formidable !". Voir aussi les critiques de ses romans Retour à Killybegs et Le quatrième mur.

Aline