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27/06/2019

Eclat(s) d'âme

bande dessinée,mangaEclat(s) d'âme

Yuhki KAMATANI

Akata (L), 2018

Tasuku Kaname, un jeune homme dont l’homosexualité a été découverte et révélée par ses camarades de lycée, a des envies suicidaires. Un événement le fait entrer dans un groupe de discussion, et la responsable de ce groupe parvient à lui faire accepter sa sexualité et lui ôter l’envie de se suicider. Dans ce groupe il fera une autre belle rencontre…..

J’ai aimé ce livre pour son histoire réaliste et touchante qui nous livre le regard de la société face à l’homosexualité et le transgenre.

Le dessin est d’une grande qualité.

Série manga seinen en 4 volumes, entièrement parue.

Eva

05/06/2019

La goulue

La goulue.jpgLa Goulue

Reine du Moulin Rouge

Maryline Martin

Ed. du Rocher, 2019, 216 p.

 

Biographie authentique très bien documentée, le récit de la vie hors du commun de Louise Weber. Une vie traversée par deux guerres, celle des Prussiens arrivant sur Paris en 1870, et la grande guerre de 14/18.

Cette petite fille issue d’une famille nombreuse n’en fera qu’à sa tête jusqu’au dernier jour, un tempérament de feu qui la conduira sur les planches des nuits parisiennes et dans la cage aux fauves. La maternité ne changera rien à ce caractère bien trempé. L’achat d’une belle maison dans le sud de la France pour séjourner avec son fils ne saura pas supplanter son besoin de chahut, elle ne peut s’épanouir qu’à Montmartre.

C’est l’histoire d’une femme pas ordinaire, une femme libre, qui connaîtra la gloire internationale, fréquentera les plus grands de son époque, mais vivra également la déchéance et la misère. Justice lui est rendue en 1992 lorsque son arrière-petit-fils demande le transfert de sa sépulture du cimetière de Pantin à celui de Montmartre.

Cet ouvrage est un hommage à un « monument » historique faisant partie du patrimoine culturel français.

Pascale

10:14 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie

31/05/2019

Paris-Venise

Paris-Venise.jpgParis-Venise

Florent OISEAU

Ed. Allary, 2018, 238 p., 17.90€

Roman est un trentenaire qui vit au jour le jour, passe d’un job à l’autre ; pas de femme, pas d’enfant, des soucis avec sa banquière. C'est un garçon simple et honnête, pas le physique d’un coach sportif mais plutôt d’un animateur de camp de vacances. Il habite en immeuble, fréquente le couple de gardiens, très banchés Johnny Hallyday et kir, des gens sincères et disponibles.

En décrochant un emploi de couchettiste sur le Paris-Venise, il va découvrir l’amitié entre collègues, l’argent facile, le trafic de clandestin, et surtout une histoire d’amour qui ne finira pas comme on le pense, et une autre qui ne commencera pas comme on le pense non plus !

L’histoire de la vie de ce trentenaire, monsieur tout le monde, peut sembler simple et sans intérêt ; c’est tout le contraire, elle est stimulante, fraîche et surtout pleine d’humour. Un bon moment de lecture en une seule traite !

Coup de coeur fraîcheur-humour de Pascale

16:28 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman

20/05/2019

Les pépites du Bouillon de lecture

comité de lectureLes porteurs d’eau

Atiq RAHIMI

P.O.L., 2019, 283 p., 19€

Dans une narration alternée entre la France et Kaboul, l’auteur suit le destin de deux Afghans : Tom, réfugié à Paris, qui a changé de prénom et de langue, s’habille et vit comme un Français ; et Youssef, porteur d’eau à Kaboul, tôt levé pour aller chercher de l’eau à la source pour les ablutions rituelles à la mosquée. Ces deux vies parallèles ne se rencontrent pas, mais toutes deux basculent le 11 mars 2001, jour où les Talibans détruisent les Bouddhas de Bâmiyân.

L’auteur, qui a lui-même quitté l’Afghanistan en 1984, a reçu le Goncourt en 2008 pour Syngué Sabour, pierre de patience. Dans ce roman-ci très bien écrit et bien construit, il aborde les thèmes de l’exil, de la clandestinité, de la trahison et du mensonge, du poids de la religion, et des non-dits.

 

comité de lectureLa nuit du cœur

Christian BOBIN

Gallimard (blanche), 2018, 208 p., 18€

Christian Bobin vit près du Creusot, et voyage peu. Rare exception, son voyage à Conques, occasion de s’émerveiller devant l’abbatiale du XIe siècle. L’auteur excelle à décrire les beautés simples du monde. Il livre ses réflexions en chapitres courts, très apaisants et poétiques. La douleur et la mort sont conjurées par l’attention aux choses et aux gens.

 

comité de lectureMon grain de sable

Luciano BOLIS

La Fosse aux ours

Traduit de l’italien  Il mio granello di sabbia (1946)

Récit personnel de Luciano Bolis, résistant, arrêté en 1945 à Gênes par les fascistes. Torturé, il craint de craquer et tente de mettre fin à ses jours pour éviter la trahison. Il en réchappe, et deviendra par la suite un militant de la cause européenne.

 

comité de lectureLe bruit des trousseaux

Philippe CLAUDEL

Stock, 2002, 92 p., 10.70€

L’auteur raconte son expérience de visiteur dans les prisons pour donner des cours de français, tout en admettant que son point de vue est partiel, puisque lui ressort toujours.

 

comité de lectureLe lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux

Martha HALL KELLY

Charleston, 2018, 573 p., 22.50€

Traduit de l'américain Lilac Girls par Géraldine d'Amico

Situé pendant et après la guerre de 39-45, le roman alterne entre trois femmes : Kasia, jeune résistante polonaise internée à Ravensbruck ;  Herta, ambitieuse  « soignante » allemande pratiquant des expériences dans le camp de déportation ; et Caroline, Américaine engagée, qui –après la libération du camp- a accueilli chez elle et procuré des soins aux « rabbits » ces femmes ayant servi de cobayes aux allemands. Premier roman de l’auteur, inspiré de faits réels et s’appuyant sur les archives laissées par Caroline Ferriday.

 

comité de lectureLes joyeux compères

Robert Louis Stevenson

Ed. Vagabonde, 2017, 136 p., 11.70€

Sombre nouvelle située en Ecosse, vers 1850, qu’on peut considérer comme précédant l’île au trésor. Terribles brisants aux abords de l’île d’Aros, les Joyeux Compères sont un piège redoutable pour les navires en perdition. Sur un îlot venté et battu par les flots, un jeune Écossais en vacances chez son oncle à moitié fou, décide de retrouver l’épave de l’Espirito Santo et son trésor englouti... Cette nouvelle traduction par Patrick Reumaux rend justice à la puissance littéraire de l’œuvre de R.L. Stevenson, avec de très belles descriptions.

 

comité de lectureOlga

Bernhard SCHLINK

Gallimard (Du monde entier), 2019, 267 p., 19€

Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary

Allemagne, fin du XIXe, Olga, d’humble origine, et Herbert, fils de la haute bourgeoisie, sont amis d’enfance et deviennent amants malgré l’opposition de la famille. Tandis qu’Olga, de nature contemplative, devient institutrice, Herbert ne rêve que de voyages et d’exploits. Tournant autour du personnage positif d’Olga, cette romance douce-amère offre des tableaux de la vie quotidienne allemande et de ses classes sociales, et montre la montée du désir de puissance de l’Allemagne et du colonialisme.

 

comité de lectureLa chambre des merveilles

Julien SANDREL

Calmann-Lévy, 2018, 272 p., 17.90€

Après un accident qui a plongé son fils adolescent dans le coma, une mère tente de le « réveiller » en réalisant « la liste de ses merveilles ». Elle a trouvé dans sa chambre un carnet listant tout ce qu’il aimerait faire, et réalise un à un ses souhaits d’adolescent pour pouvoir les lui raconter. Hymne à la vie, entre tragique et comique (décalage entre les rêves d’ado et la femme qui accomplit ces expériences). Ce n’est pas de la grande littérature, mais un feelgood book plutôt réussi.

 

comité de lectureL’infinie patience des oiseaux

David MALOUF

Albin Michel (Les Grandes traductions), 2018, 234 p., 20€

Traduit de Fly away Peter par Nadine Gassie

Australie, deux jeunes hommes sont réunis par leur passion de la faune sauvage, et  rêvent de créer une réserve naturelle pour les oiseaux migrateurs. Engagés dans la guerre de 14-18, ils se retrouvent dans les tranchées. Elle-même passionnée d'ornithologie, leur amie journaliste raconte leur rencontre dans le Queensland. David Malouf, l’un des plus grands auteurs australiens, célèbre la vie et la beauté du monde dans ce roman de 1982, traduit pour la première fois en français.

 

comité de lectureLèvres de pierre

Nancy HUSTON

Actes Sud (Domaine français), 2018, 233 p., 19.80€

Deux parties, traitées séparément. La première décrit l’enfance rurale de Saloth Sâr -arraché à un monastère bouddhiste- puis sa jeunesse avant de devenir Pol Pot, que l’histoire retiendra comme le responsable du génocide au Cambodge. La seconde évoque l’itinéraire difficile de l’auteur. Elle crée des liens ténus entre les deux (passage par les milieux littéraires parisiens) et interroge sur les abîmes que dissimule un sourire de façade. Impressionnant !

 

comité de lectureOmbres sur la Tamise

Michael ONDAATJE

L’Olivier, 2019, 279 p., 22.50€

Londres, après la guerre de 1939-45. Nathaniel et sa sœur Rachel, adolescents, sont confiés par leurs parents à un « tuteur », papillon de nuit aux activités mystérieuses, dans un milieu glauque. Nathaniel enquête pour savoir où et pourquoi sa mère a disparu. Ce livre dégage une réelle atmosphère, et présente des personnages pittoresques. Cependant l’écriture est peu fluide.

 

comité de lectureJ’ai couru vers le Nil

Alaa EL ASWANI

Actes Sud, 2019, 432 p., 23€

Traduit de l'arabe par Gilles Gauthier

Le Caire, pendant la révolte des jeunes de 2011. Destinées d'une vingtaine de personnages autour de la place Tahrir, pas forcément liées : couple d’amoureux, étudiants en médecine, fille d’un responsable de la sécurité d’Etat, Coptes en situation précaire, présentatrice télé aux dents longues, enseignante engagée qui refuse le voile et la logique financière… Ce roman, dont la publication a été interdite en Egypte, fait beaucoup référence à la religion, et à la manière de l’interpréter ou de l’exploiter, ainsi qu’à la manipulation de l’opinion publique.

Du même auteur, nous avions beaucoup aimé L'immeuble Yacoubian et Chicago.

 

comité de lectureSalina, les trois exils

Laurent GAUDE

Actes Sud (Domaine français), 2018, 168 p., 16.80€

Un bébé est déposé par un cavalier à l’entrée du village. Dans une langue qui rappelle la tradition du conte oral, la vie de Salina est déroulée.  Son enfance d’étrangère au village, la rupture d’un mariage décevant,…  On retrouve le style mythique de La mort du roi Tsongor.

 

comité de lectureLe prix

Cyril GELY

Albin Michel, 2019, 223 p., 17€

10 décembre 1946. Le jour où Otto Hahn se rend à Stockholm pour recevoir son prix Nobel de chimie, son ancienne collaboratrice Lise Meitner le rejoint dans sa chambre d’hôtel. Dans un huis-clos intense, ils évoquent leurs 30 ans de recherches scientifiques communes, dans leur laboratoire de Berlin, avant que Lise, juive, ne doive fuir l’Allemagne. Complémentaires, liés comme les deux faces d’une même pièce, elle brillante physicienne/lui avec son approche de chimiste, ils ont découvert le processus de fission de l’uranium. Autour du noyau passionné de scientifiques, Edith, la femme d’Otto, attend la résolution de cette confrontation...

Chacun des personnages défend "sa" vérité, mais il est certain que cet épisode de l'histoire des sciences est symptomatique du peu de considération accordée à la contribution intellectuelle des femmes.

 

comité de lectureL’île

Sigridur Hagalin BJORNSDOTTIR

Gaïa, 2018, 272 p., 21€

Traduit de l'islandais Eyland par Eric Boury

Un homme isolé au fond d’un fjord islandais réapprend les gestes de survie des paysans d’autrefois. Le soir, il rédige son journal intime « annales de ce qui est advenu », afin de « rappeler comment le lien s’est rompu, comment la lumière a décliné et comment la nuit s’est abattue ». Dans ce récit post-apocalyptique, l’Islande se retrouve brutalement coupée du monde. L’auteur décortique les différentes étapes, de la compréhension aux réactions de la population, du gouvernement et des médias. Liens entre journalistes et politiques, manipulation de l’opinion, montée d’une forme de fascisme… ou comment utiliser le « Récit » d’un pays pour manipuler les foules en activant les peurs ancestrales. Un récit dépaysant, avec beaucoup de références à l’histoire de l’Islande, à sa culture et à ses paysages ; mais aussi universel pour le fonctionnement des politiques et les manipulations ! L'autrice est elle-même journaliste à la tête du service information de la télévision publique islandaise, et présentatrice du journal télévisé.

07/01/2019

Terres fauves

roman, Alaska, états-unis, thrillerTerres fauves

Patrice GAIN

Le mot et le reste, 2018, 19€

 

A la base, David McCae déteste la violence et la solitude. Cet écrivain aime se perdre dans l’activité et la foule de New York. Aussi est-ce à contrecœur qu’il traîne son costume de citadin et ses chaussures en daim jusqu’au fin fond de l’Alaska, pour obéir à son commanditaire qui exige de clore sa biographie sur une interview de Dick Carlson : héros viril des Etats-Unis, vainqueur du 1er sommet de 8000 m conquis par des Américains, Dick Carlson mérite en effet un chapitre dans les mémoires du gouverneur Kearny, qui brigue une réélection.

« Je me demandais ce qui pouvait bien pousser un homme à s’isoler dans cette contrée inhospitalière. A se mettre constamment en danger dans un espace barbare où les plus gros mangent les plus petits sans que ces derniers ne soupçonnent que c’est là leur destin.... Le genre d'endroit où le voisin le plus proche est le Bon Dieu."

Le héros de l'Amérique se révèle plutôt un personnage déplaisant, mégalomaniaque, et David se retrouve bien mal à l’aise en immersion dans une nature hostile en compagnie de son groupe de chasseurs de grizzlys. Incapable d’utiliser une arme, totalement inadapté à cet environnement, il puise dans ses réserves de volonté et d’ingéniosité, et tente de déjouer les pièges pied à pied. Le récit est haletant, dans une spirale descendante où il se retrouve poursuivi par un destin plus fort que lui.

« En arrivant en Alaska j’étais tombé dans un muskeg [marécage] qui m’avalait lentement. Je sentais une force de succion me tirer vers le fond. Me débattre ne changerait rien, sinon accélérer le moment où ma tête disparaitrait… »

La psychologie du personnage est plus fine qu’il n’y parait. Face aux prédateurs, sa naïveté le dessert ; en revanche, elle l’aide à se rapprocher des autres avec empathie. Dans les pires moments, il revient à l’essentiel : sa mère, sa sœur, et le souvenir de son père, GI mort en Afghanistan, qui  le soutient.

Evocation puissante de l’Amérique de Trump, où il vaut mieux être du bon côté du fusil et savoir tirer !

Aline

10/10/2018

Je lis si ça m'chante

lecture à voix haute,concert,spectacle

lecture à voix haute,concert,spectacle

Les mots lus par Sabrina LIVEBARDON et chantés par Théophile, se répondent et s’entremêlent autour de la thématique du goût des autres.

lecture à voix haute,concert,spectacleConcert-lecture bien sympathique, avec toute une liste de lectures positives qui font envie ! Retrouvez la liste des textes et chansons ici.

Mon p'tit coin de paradis, dernier album de Théo Ardy

Les artistes impliquent les spectateurs, et les invitent en fin de concert/lecture à partager leurs livres ou musiques du moment.

Faites-vous plaisir, profitez des conseils du public :

Les musiques  :

Yvan Marc

Mehdi Kruger

Ben Mazué

Batlik : mauvais sentiments

Les lectures :

L'art de perdre, Alice Zeniter

Bakhita, Véronique Olmi

Sequoias, Michel Moutot

Il est grand temps de rallumer les étoiles, Virginie Grimaldi

La papeterie Tsubaki, Ito Ogawa

Jeu blanc, Richard Wagamese

Lady Helen, Alison Goodman

La passe-miroir, Christelle Dabos

Les puissants, Vic James

Diabolic, S.-J. Kincaid

et les bandes dessinées jeunesse :

Pépé est un fantôme, TaDuc et Barral

Roller girl, Victoria Jamieson

Pile ou face, Hope Larson et Rebecca Modk

 

N'hésitez pas à retrouver "nos" artistes dans leur prochain spectacle, Une tranchée de vie, en tournée avec Romain Lateltin, le 10 novembre à Saint Jean de Touslas, et le 11 novembre à Saint Laurent d'Agny et Mornant.

Leurs sites : Sab en live et Théophile Ardy

13/09/2018

Légende d'un dormeur éveillé

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Légende d'un dormeur éveillé

Gaëlle NOHANT

éd. H. d'Ormesson, 2018, 23€

A Robert Desnos, on associe souvent un poème enfantin : « Une fourmi de 18 mètres avec un chapeau sur la tête... ». Dommage de s’arrêter là. Qui soupçonnerait que Desnos a composé ce poème pour distraire un petit garçon juif  terré afin d'échapper à la Gestapo ?

Mais revenons aux années 30,  Desnos file sa jeunesse,  imprudent et  fêtard,  se livrant à des expériences d'hypnose avec Breton ; maladroit souvent, touchant d’être "celui qui aime trop".   Ces pages nous laissent découvrir un homme  empêtré dans sa sensibilité, infiniment  sincère dans ses engagements.  Vous croiserez ses amis : Prévert, Artaud , Argon, Eluard et le pétulant Jean Louis Barrault. La grande histoire croise la petite, les bruits de bottes se rapprochent. Desnos était une belle personne, un homme droit, viscéralement humaniste, veilleur prémonitoire, il  s'est engagé.

Figé trop tôt dans une éternelle jeunesse, le poète retrouve  grâce à ce roman sa stature et  son courage, magnifique…  On regrettera parfois le choix des extraits poétiques mais l'exercice était périlleux. A découvrir sans  réserve, une très belle lecture.

Sylvie B.

27/08/2018

La vie parfaite

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Silvia AVALLONE

Liana Levi, 2018, 400 p., 22€

Traduit de l’italien par Françoise Brun

 

C'est toujours avec plaisir que j'ouvre un roman de Silvia Avallone et cette fois encore je ne suis pas déçue. Cette jeune autrice poursuit son exploration des motivations, des rêves et des difficultés de la jeunesse italienne contemporaine. Elle s'attache particulièrement aux laissés pour compte, ceux qui vivent dans des banlieues défavorisées. Dans La vie parfaite, elle traite de la maternité à travers le destin de deux femmes, Adèle et Dora.

Adèle, 18 ans vit dans la cité des Lombriconi, près de Bologne, un monde livré à la violence et au désespoir. Elle attend un enfant non désiré de Manuel qui refuse cette grossesse. Manuel, un jeune à la dérive, doué pour les études et qui a tout laissé tomber à l'adolescence pour avoir de l'argent facile et se livrer au trafic de drogue pour le compte de la Mafia. Adèle ne sait quelle décision prendre : garder son bébé et l'élever dans des conditions difficiles et précaires, ou l'abandonner et lui donner sans doute une meilleure chance ? Elle ne se sent soutenue ni dans un choix ni dans un autre. Sa mère se reconnaît trop dans cette grossesse précoce et voudrait autre chose pour sa fille, mais elle l’exprime sans bienveillance et semble étouffée par ses propres regrets. Son père, parti alors qu'elle était enfant, est en prison.

À quelques kilomètres, dans le centre de Bologne, Dora, 30 ans, professeur de littérature, est obsédée par le désir d'enfant. Après avoir tout essayé avec son mari Fabio, elle doit se rendre à l'évidence qu’elle n'aura jamais d'enfant, mais ne supporte pas que son corps lui fasse défaut. Ce désir l’a rendue aigrie, amère, jalouse des femmes pour qui la conception semble si facile. Lorsqu’ils finissent par décider d'adopter un enfant, Fabio et elle sont confrontés aux démarches administratives, en un parcours sans fin où il faut savoir être opiniâtre et garder courage.

Autour de ces deux femmes au seuil de choix cruciaux, gravitent les témoins de leur histoire. Et tous ces êtres fragiles, ces losers magnifiques, cherchent un ailleurs, un lieu sûr, où l’on pourrait entrevoir la vie parfaite.  Les destins des uns et des autres se croisent. Ainsi Zéno, amoureux d'Adèle, est un élève brillant soutenu par Dora qui le pousse dans ses études, seul issue pour lui d'échapper à la banlieue. Il va influer sans le savoir sur le choix de Dora. C'est auprès de lui également qu'Adèle trouvera écoute et réconfort.

Silvia Avallone nous place au cœur de la vie de femmes d’aujourd’hui et des choix auxquelles elles sont confrontées, de ceux qui bouleversent une vie. Elle nous donne à entendre la voix de celles qui luttent et cherchent leur place dans une société résolument conformiste et soumise au déterminisme social. Les hommes n’en sont d’ailleurs pas exempts et ceux qui tentent de s’en affranchir le payent au prix fort.

Dans ce roman il est aussi question de transmission, de ce qui fait de nous des parents, mais aussi des histoires que nous portons et qui nous relient à l’enfance. Silvia Avallone tente aussi de répondre aux questions que l’on se pose forcément lorsqu’on devient parents. Est-on amenés à reproduire les échecs ou les schémas familiaux ? Quelle est la force des liens du sang face aux liens de l’amour ? Autant de questions qui restent parfois sans réponse mais qui font avancer vers la perspective d’une vie -si ce n’est parfaite, du moins conforme à nos choix et à nos espoirs.

Annie P.

20/08/2018

Cette nuit

Cette nuit.gifCette nuit

Joachim SCHNERF

Zulma, 2018, 146 p., 16.50€

 

Pour la première fois depuis plus de 50 ans, Salomon s’apprête à célébrer la Pâque juive sans sa femme, la merveilleuse Sarah, décédée il y a quelques semaines. Au matin de Pessah, le vieil homme se remémore les fêtes des années précédentes, au rituel immuable immanquablement troublé par de mémorables scènes familiales.

Il faut dire que la famille ne manque pas de personnalités, et que lui-même a toujours pris un malin plaisir à semer le trouble avec ses réflexions politiquement incorrectes. Rescapé des camps de la mort, il en éloignait le spectre en multipliant les blagues de mauvais goût sur la Shoah.

Comment viendra-t-il à bout des deux nuits de Seder sans la présence apaisante de sa femme,  qui tempérait son côté provocateur et les colères homériques de leur fille cadette ?

L’auteur parvient avec tendresse à marier l’humour noir autour des traditions juives et des relations familiales, et une évocation émouvante du deuil chez un homme incapable d’exprimer ses émotions.

Lauréat 2018 du prix Orange du livre

Aline

30/06/2018

Thug life

roman étranger,états-unisThe Hate U Give

(La haine qu'on donne)

Angie Thomas

Nathan, avril 2018, 494 p., 17.95€

Traduit de l'américain par Nathalie Bru

Starr, 16 ans, vit dans un quartier noir défavorisé des Etats-Unis, où la violence menace tous les jours, entre guerre des gangs et descentes de police musclées. Seule témoin d'une grosse bavure policière, elle s'appuie sur ceux qui l'entourent et l'aiment pour surmonter sa peur, s'affirmer et défendre ses convictions.

L'avis d'Eva, 15 ans :

"J'ai énormément aimé ce livre. Je pense qu'il m'a marquée à vie. Il est écrit à la première personne, ce qui m'a permis de rentrer dans l'histoire tout de suite. Et le sujet -la vie des noirs aux Etats-Unis- est passionnant car pour certaines personnes, la vie se passe réellement comme ça.

En une phrase, The Hate U Give a changé ma vision du monde. Et je pense qu'il changera la vôtre. J'avais déjà entendu ce genre d'histoire, mais le fait de lire ce roman  m'a fait prendre encore plus conscience du problème. Malgré la gravité du sujet, je tiens à dire que c'est aussi un livre où on rigole, et qu'il est écrit de façon fluide, donc pas compliqué à lire.

En comme, je vous conseille de le lire."

Et voilà, c'est fait. Merci Eva pour ce super conseil de lecture ! Le personnage de Starr est une belle rencontre, et son entourage aussi. J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre à cause du langage partiellement "gangsta" de la première scène, mais ensuite j'étais scotchée par l'actualité du thème, la façon positive de le traiter malgré sa gravité, et la façon dont il fait réfléchir aux  préjugés.

Le titre fait référence, je le précise pour les personnes aussi ignares que moi en rap, au nom du groupe de Tupac, THUG LIFE : The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody... Expliqué par Khalil, cela donne : "Ce que la société nous fait subir quand on est gamin lui pète ensuite à la gueule". Sages paroles.

Aline