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07/09/2015

Le peintre d'éventails

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Le peintre d’éventails

Hubert HADDAD

Zulma, 2013, 17 €

 

Hi-Han retrouve son vieux maître Matabei Reien à l’aube de sa mort, et recueille ses souvenirs, ainsi qu'une précieuse malle à mettre à l'abri.

C'est au fin fond de la contrée d'Atôra, au nord-est de l'île de Honshu, que Matabei, peintre traumatisé par un accident dont il s’était senti responsable, s’était retiré dans la pension de famille de Dame Hison. Spectateur de la vie de cette l’auberge, impliqué parfois dans ses passions,  il trouvait l’apaisement dans son magnifique jardin, "comme un visage tourné vers le ciel". Osaki, le vieux jardinier, l’avait choisi pour lui succéder, et l’avait peu à peu initié au jardin zen et à la peinture d’éventails. A son tour, il avait tenté de transmettre ce savoir à Hi-Han, jusqu’à ce que celui-ci s’éloigne.

"Peindre un éventail, n’était-ce pas ramener sagement l’art à du vent ?" (p.45)

Lorsque toute la région  a été brutalement détruite par le tsunami, la pension couverte de boue et ses habitants morts ou disparus, seul Matabei en excursion sur la montagne des bambous au moment de la catastrophe, s’en est tiré, et refuse d’être évacué. Il a refusé de s’éloigner de l’épicentre de sa vie, la région de Fukushima, pour tenter de sauvegarder ce qui pouvait l’être de l’œuvre du peintre d’éventails. Ses derniers mois ont été tendus par la nécessité de restaurer l’esprit du jardin dans la peinture d’éventails qui le représentait sous tous les angles.

Ce roman d’initiation, très contemplatif et parsemé de haïkus qui font écho à l’œuvre du merveilleux peintre et jardinier, laisse un sentiment puissant de nostalgie devant tant de beauté éphémère, et fait toucher du doigt tout ce que le tsunami a emporté d’intangible avec lui.

Ecrivain d'origine tunisienne de langue française, Hubert Haddad a su rendre admirablement une ambiance japonaise, d'une écriture sobre, évoquant ou suggérant plus qu'elle ne décrit. Entrevue sur France Culture.

Aline

Relire p. 78 le rapport entre éventails et jardin.

10:21 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : japon, zen, tsunami, roman

23/07/2015

Broadway Limited : T1 Un dîner avec Cary Grant

Broadway-Limited-tome-1-Un-dîner-avec-Cary-Grant-de-Malika-Ferdjoukh-chez-LEcole-des-loisirs.jpg Brodway Limited T1 :

un dîner avec Cary Grant

 

Malika FERDJOUKH

L'école des loisirs, 582 p, 2015, 19.50 €

Elles s’appellent Manhattan, Hadley, Ursula, Chic, Etchika, Page. Toutes âgées d’une vingtaine d’années, elles vivent dans une pension pour filles : Giboulée. Nous sommes en 1948 dans un New York en pleine expansion culturelle. Le jazz, le cinéma (Cary Grant), la danse (Fred Astaire) sont à leur apogée. Toutes cherchent à réussir dans un métier artistique : la danse pour Page, le chant pour Ursula …. Ce petit monde vit en harmonie dans cette maison tenue par la vieille et dure Artemisia. Leur équilibre est un jour interrompu par l’arrivée d’un nouveau pensionnaire : Jo. Malheureusement pour Atemisia, Jo ne s’avère pas être une jeune fille mais un jeune homme : Jocelyn Brouillard (prononcé Jocelyne aux USA) arrivé tout droit de Paris ("Paree" avec l'accent s'il vous plait!) pour faire ses études. Malgré tout il s’installe à Giboulée et découvre la vie New Yorkaise et le monde du music-hall.

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 L’auteur nous offre ici des histoires de vie New Yorkaise d’après-guerre de ces filles en quête de gloire. On passe de l’une à l’autre sans cesse et sans parfois vraiment de lien. On les suit dans leur vie, leurs tourments et surtout leurs difficultés à percer dans leur métier. A travers ces personnages hauts en couleurs (chaque fille a son propre trait de caractère) on découvre le New York du côté de la nuit, des bars, du music-hall, des spectacles et du théâtre. Les filles enchaînent castings, répétitions et petits jobs. La grande histoire est saupoudrée de petites histoires qui permettent de tisser des liens parfois insoupçonnés entre les personnages. On y croise aussi une Grace Kelly en devenir et un Woody Allen encore boutonneux et peu sûr de lui. Tout cela sur fond de jazz américain.

Le chemin de ces filles jusqu’aux étoiles se révèle semé d’embûches et Jocelyn dans tout cela s’émerveille de cette grosse ville. Il les accompagne, les soutient et découvre pour la première fois les sentiments amoureux.

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L’écriture est saturée de références (difficiles certainement pour le public adolescent). L’écriture de Malika Ferdjoukh est fluide et linéaire. Elle nous plonge entièrement dans l’atmosphère du show business, dans la culture et mode de la fin des années 40 (on imagine tout de suite les filles au look de Katharine Hepburn). On s’approprie, s’identifie à ces personnages que l’on retrouve avec grand plaisir à chaque lecture. En posant le livre on a l’impression d’abandonner la pension et ses pensionnaires mais quel plaisir de les retrouver à chaque nouveau moment de lecture ! Intrigue parfaitement orchestrée, Malika évite toutes les facilités de littérature de jeunesse. Elle propose aussi ici un gros coup de projecteur sur les évènements marquants de cette période de l’histoire. Le personnage de Jocelyn nous permet ainsi de voir les décalages de niveau de vie et culturel d’une France en reconstruction après une guerre dévastatrice et d’une Amérique qui , elle, ne l’a pas connue.

Livre à l'origine à destination du public adolescent, il plaira et parlera certainement plus au public adulte.

Au fait le Broadway Limited est le train qui reliait Chicago et New York dans les années 40, un train où l’on croisait de nombreux passagers, de nombreux personnages ....

Céline

01/07/2015

Méto et Les Autodafeurs

Coup de projecteur sur deux coups de coeurs  : Méto et Les Autodafeurs. Même si leurs points communs sont nombreux : trilogies pour les adolescents écrits par des auteurs français, ils sont, néanmoins, très différents par leur genre.

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Méto

La maison, L'île, Le monde

Yves GREVET

Soixante-quatre jeunes garçons sont enfermés dans une maison surveillée par des Césars. Regroupés selon leur tranche d’âge par couleur, ils ne savent pas d’où ils viennent, qui ils sont, mais ce qu’ils savent c’est que devenus trop grands (quand leurs lits « craquent ») ils disparaissent de la maison. Les lois de vie sont dures, tout est chronométré, minuté : attention aux nombre de secondes que vous mettez pour chaque bouchée au moment du repas ! Les Césars sont intransigeants. A la moindre incartade, on est enfermé dans le « frigo » (on imagine aisément le genre de sanction). Pour défouler les garçons et les rendre hargneux, ils les font jouer à un jeu extrêmement violent l' « Inche » où le but est de mettre des points en se déplaçant à quatre pattes tout en tenant la balle dans la bouche. Méto, le plus révolté des adolescents, prend les choses en main. Il en a assez de vivre cette vie de reclus et surtout pressent que bientôt son lit va « craquer ».

Trilogie très prenante. Yves Grevet joue sur le suspense et l’incompréhension du héros qui est aussi la nôtre (on découvre tout en même temps que lui). Les romans vont crescendo tant dans la découverte par Méto des secrets de cette maison et de leur existence que sur les péripéties et l’action qui monte au fur et à mesure des livres. D’une égale qualité, ces trois tomes se lisent sans pouvoir s’en détacher et le suspense dure jusqu’au bout : un tour de force !

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Les Autodafeurs

Mon frère est un gardien, Ma sœur est une artiste de guerre, Nous sommes tous des propagateurs

Marine CARTERON

Le jour où son père meurt dans un "accident" de voiture, Auguste prend une décision (qu’il va au début amèrement regretter) : il propose à sa mère et sa sœur (Césarine autiste mais dans sa famille on dit "artiste") d’aller vivre chez leurs grands-parents à la Commanderie (du côté du père). En effet voyant sa petite sœur et sa mère déprimer, il pense qu’habiter à la campagne leur fera le plus grand bien. C’était sans compter qu’il fallait quitter l’appartement à Paris et le collège branché où il avait la cote. Pour Auguste c’est un choc lorsqu’il reprend sa scolarité dans son nouveau collège de campagne ringard. Il y retrouve son ami de vacances mais rencontre aussi des personnes qui vont changer sa vie : son prof de littérature (motard beau gosse à cheveux longs) et Néné (personnage haut en couleur). Surprenant une conversation entre sa mère et son professeur, Auguste se pose des questions quant à la mort de son père. Son grand-père lui apprend alors qu’il a été tué par une société secrète, les Autodafeurs, qui essaient d’avoir la mainmise et le contrôle du savoir en volant et détruisant les manuscrits et les œuvres les plus anciennes et d’une grande valeur. La famille d’Auguste fait partie de la Confrérie qui a pour but de protéger ces anciens écrits.

Quand le lecteur atteint cette révélation (moitié du premier tome), la machine se met en route. S’enchaîne action, enlèvement, course poursuite, meurtres …… Mise en place lente et agréable (semée de petites pointes d’humour et de sarcasme) et deuxième moitié complètement dans le suspense et les rebondissements. Le roman alterne le récit d’Auguste et le journal de sa petite sœur. C’est la touche « légère » et perchée de l’histoire. Malgré son handicap, Césarine sera un personnage important et une aide précieuse pour Auguste. Au-delà de l’autisme on découvre une enfant intelligente, rusée et possédant un don de déduction implacable. Coup de cœur pour ce personnage original. Niveau originalité on pensera aussi à Néné, élève sérieux mais pas modèle, le plus ringard du collège qui sera un équipier de choc pour Auguste. A lire sans modération !

 Céline

22/06/2015

Bouillon coups de coeur de mai 2015

Je refuse.gifJe refuse

Per PETTERSON

Gallimard (Du monde entier), 2014

Traduit du norvégien Jeg nekter par Terje Sinding

Roman polyphonique au milieu des paysages de Norvège, avec ses contrastes de lumières, cette histoire retrace les souvenirs d’une amitié profonde entre deux hommes, qui ne se sont pas vus depuis longtemps. Ils ont grandi dans la même communauté -même si leur milieu familial était très différent- mais ont suivi des chemins très différents.     Ginette

 

Bibliothèque des coeurs cabossés.gifLa bibliothèque des cœurs cabossés

Katarina BIVALD

Denoël, 2015, 496 p, 21.90 €

Traduit du suédois Läsarna i Broken Wheel rekommenderar Carine Bruy

Sara Lindquist, libraire, échange des lettres Amy, lectrice de l’Iowa (intégrées au texte). Lorsque sa boutique ferme, elle rend visite à son amie dans son village… mais arrive le jour de sa mort. Les gens du village la prennent en charge. En échange, elle réaménage l’ancienne bibliothèque avec les livres d’Amy et tente de trouver pour chacun le livre qui lui convient et lui fera du bien.

Beaucoup de réflexions sur ce qu’apportent les livres.     Nicole

 

Corps et âme.gifCorps et âme

Frank CONROY

Gallimard, première parution en 1996,

Traduit de l’américain Body and Soul par Nadia Akrouf

A New-York dans les années 1940,  Claude est souvent laissé à lui-même par sa mère taxi. C’est la découverte du piano -et la rencontre avec des musiciens qui vont l’aider à progresser- qui le font naître au monde et à la musique. Dans un style lumineux et émouvant, l’auteur raconte la découverte de la musique classique et du jazz par cet enfant prodige, et son ascension dans le monde.     Michelle et Aline

 

Meursault, contre-enquête.gifMeursault, contre-enquête

Kamel DAOUD

Actes Sud, 2014, 19€

Un conseil : pour bien profiter de ce livre, commencer par relire L’Etranger, dont il est la suite et le contrepoint. Haroun est le frère de « l’Arabe » anonyme, tué par Meursault dans le célèbre roman de Camus. 70 ans après les faits, il ressasse sa frustration et sa colère…

Premier roman d’un journaliste chroniqueur.      Michelle

 

Métisse blanche.gifMétisse blanche

Kim LEFEVRE

Phébus (Libretto), 2008, 528 p, 12.05€

Fruit des amours illégitimes d’une Tonkinoise et d’un militaire français qui l’abandonne, la petite Kim naît à Hanoi à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Elle doit surmonter la difficulté d’être femme et métisse. Métisse blanche retrace les vingt premières années de l’existence de l’auteur au Viêtnam, avant son départ pour la France, et évoque les codes de la société asiatique et l’évolution de la condition féminine.      Claude

 

Sublutetia 1.gifSublutetia 2.gifSublutetia 3.gifSublutetia

Eric SENABRE

Didier Jeunesse, 2011, 14€

Lors d’une sortie de classe, Nathan et Keren, perdus dans le métro parisien, découvrent par hasard l’existence d’un monde souterrain, Sublutetia. Dans cette société qui semble idéale, l’argent n’existe pas, et la technologie est basée sur l’air comprimé. Cependant elle est menacée par des révoltes et coups d’état…

Série fantastique en 3 tomes, finie, pleine d’action et d’imagination.     Laetitia Le Saux, illustratrice invitée au Bouillon

 

Embellie.gifL’embellie

Ava Audur OLAFSDOTTIR

Zulma, 2012, 400 p, 22€

Roman traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson

En peu de temps, la narratrice rompt toutes ses amarres, et décide de retourner dans la région dont elle est issue. Comme une amie hospitalisée lui confie son fils de 4 ans, elle l’embarque avec elle pour un tour de d’Islande par la fameuse route n° 1 (la seule) en plein mois de novembre, sombre saison ventée et pluvieuse. Le roman retrace son cheminement personnel, avec de nombreux flashbacks, et sa relation avec l’enfant.     Annie

 

Cité sans aiguilles.gifLa cité sans aiguilles

Marc TORRES

V. Hamy, 2014, 240 p, 18€

Conte initiatique pour adultes. Les personnages, l’écrivain, l’horloger et le guerrier, ne se connaissent pas, mais sont réunis par leur quête de la cité blanche, cité de la paix gouvernée par le roi blanc. Mais hélas, le roi blanc, suite à la mort de sa femme, est devenu le roi fou : il a banni de sa cité tout ce qui sert à mesurer le temps, et fait fabriquer une machine à remonter le temps…     Françoise et Aline   

D'autres lectrices, qui attendaient un roman, n'ont pas aimé.

 

Et tu n'es pas revenu.gifEt tu n’es pas revenu

Marceline LORIDAN-IVANS  et Judith PERRIGNON

Grasset, 2015, 112 p, 12.90€

D’origine juive, l’auteur est revenue d’Auschwitz, mais pas son père. Ce témoignage, court, sobre, juste, s’adresse à son père. Marceline Loridan-Ivans se souvient du camp, des autres détenues (Simone Veil), et montre combien sa famille a été détruite par cette horreur : morts, dépressions, culpabilité… Et pourtant ce livre est une belle leçon de vie.      Marie-Claire

 

Fiançailles.gifFiançailles

Chloé HOOPER

C. Bourgois, 2013, 302 p., 23 €

Traduit de l'anglais (Australie) The engagement par Florence Cabaret

Emmenée par un riche homme d’affaires pour un week-end au fond du bush, une jeune femme ment sur son passé… mais son partenaire est lui aussi entouré de mystères… Jeu de dupes situé en Australie, avec de belles descriptions des terres sauvages et de la grande demeure victorienne. Un thriller psychologique  très intelligent, d’une écriture très belle mais assez froide et intellectuelle.     Ismène

 

Fil des souvenirs.gifLe fil des souvenirs

Victoria HISLOP

Ed. Les Escales, 2013, 22.50 €

Traduit de l'anglais The Thread par Alice Delarbre

Histoire de la Grèce romancée sur 50 années, en particulier l’époque du million de personnes déplacées de force entre Grèce et Turquie. (déjà évoqué avec les livres de Yachar Kemal, lors de notre « bouillon turc » de février 2011). L’auteur propose des romans faciles d’accès, possédant un fond historique intéressant. L’île des oubliés est aussi un très beau roman !     Ginette et Georgette

 

Don du roi.gifLe don du roi

Rose TREMAIN

Ed. J.C. Lattès, 2013, 22 €

Beau roman historique situé en 1660 sous Charles II d’Angleterre. Fils d’un gantier, Robert Merivel devient bouffon et favori du roi…     Annie B.

 

Mots qu'on ne dit pas.gifLes mots qu’on ne me dit pas

Véronique POULAIN

Stock, 2014, 16.50 €

L’auteur raconte au quotidien sa jeunesse avec des parents sourds-muets.    Annie B.

 

Salaam Palestine.gifSalaam Palestine

Textes de Véronique MASSENOT, dessins de Bruno PILORGET et photos de Marc ABEL

La boîte à bulles, 2013, 29 €

Splendide carnet de voyage, par trois artistes partis faire le portrait d’une Palestine vécue, à la rencontre de ses habitants. Entretiens, portraits sur le vif, reportages photographiques…     Maryvonne

 

Nous évoquons également quelques livres « coup de cœur », dont vous trouverez la critique sur le blog : Méto d’Yves GREVET, Un homme, ça ne pleure pas, de Faïza GUENE, La couleur du lait de Nell LEYSHON, Americanah, de Chimamanda Ngozi ADICHIE, et Dans son propre rôle de Fanny CHIARELLO.

03/06/2015

Ramulf

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Ramulf

Thomas Lavachery

Ecole des loisirs (Médium), 21/01/2015, 618p., 19.80€

 

Dans un Moyen-Age merveilleux, Ramulf est le simplet du village de Néris. Grand dadais, blond aux yeux bleus, le regard vide et l’intelligence d’un jeune enfant. La moindre requête s’annonce chose compliquée. En effet son grand frère l’envoie au marché, acheter une chèvre pour remplacer la leur qui vient de mourir. Ramulf ne revient pas avec la chèvre mais avec les ennuis. Il s’est laissé tenter par l’achat d’un petit singe : Dahab. Celui-ci a humilié Dame Jeanne qui en est morte de honte. La tête de Ramulf est mise à prix par le plus dangereux des Cholériques : Montluc. Ramulf doit donc fuir. Commencent alors 600 pages d’aventures extraordinaires.

Pendant sa cavale (plusieurs années), Ramulf croisera sur son chemin une multitude de personnages. Tous avec leurs propres personnalités (très bien travaillées et fouillées par l’auteur) et leur originalité : le géant et guerrier roux Germund, Galapède la guérisseuse, Cyon le nain, Gaspard le joueur de Tric-bouchon, Louis l’enfant qui ne grandi pas, la belle Edda, le molosse Garm... Certains l’aideront dans sa fuite, d’autres le traqueront. Les rebondissements seront nombreux. En plus d’une fuite c’est aussi l’histoire d’un garçon qui apprend à grandir, à évoluer. Récit initiatique où Ramulf sortira grandi et complètement transformé.

L’écriture fluide et rapide nous entraîne dans cette échappée. Les péripéties nombreuses donnent au récit un rythme effréné. Peu de pauses, l'histoire tient le lecteur tellement en haleine qu’il est impossible de lâcher le livre. L’auteur distille dans son récit des réflexions philosophiques et politiques qui complètent harmonieusement les aventures. Roman d’aventures à destination des ados qui ne déplaira pas aux adultes qui se laisseront prendre à cette histoire qui oscille entre fantaisie et réalisme. Un excellent divertissement ! Coup de cœur!

Céline

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14/05/2015

Dans son propre rôle

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 Dans son propre rôle

  Fanny Chiarello

  Edition de l'Olivier, 2015, 18€, 236 p.

 

1947 : deux femmes, deux histoires. L’une est domestique à Wannock manor (Fenella), l’autre est femme de ménage dans un grand hôtel (Jeannette). Toutes deux vivent en Angleterre à quelques kilomètres l’une de l’autre. Elles ne se connaissent pas mais leurs vies vont se croiser. Elles ont beaucoup de points communs : l’opéra, leur situation modeste et surtout, chacune cache une blessure profonde.

A cause (ou grâce) à un malentendu, une lettre de Jeannette tombe dans les mains de Fennella (devenue muette depuis un traumatisme). C’est cette lettre qui va provoquer la rencontre des deux femmes. Se reconnaissant dans les mots de Jeannette, Fenella essaiera de la retrouver et de nouer un lien avec cette étrangère. Mais les belles rencontres ne sont pas toujours faciles …

Histoire racontée lentement, ce roman n’a pourtant pas de longueurs. L’écriture est travaillée, le rythme est calme et on avance doucement dans l’histoire. La prose de Fanny Chiarello pleine de descriptions, est adaptée à l’ambiance installée dans son roman. Ses portraits de femmes sont bouleversants : ses personnages en ont d’autant plus de profondeur. Une histoire qui donne de l’espoir : quand on se croit désespéré et au bord du gouffre il y a toujours quelqu’un ou quelque chose pour nous relever.

Ces femmes croient en la vie et cherchent à revivre dans un monde en reconstruction après une guerre dévastatrice.

Céline

08/05/2015

Americanah

roman étranger, Nigeria, immigrationAmericanah

Chimamandah Ngozi Adichie

Gallimard, 2014, 24.50€

Traduit de l’américain par Anne Damour

 

Ifemelu réalise le rêve des étudiants nigérians de partir aux Etats-Unis ou en Angleterre, et d’échapper aux grèves incessantes qui gangrènent leur université, à la corruption et au manque de débouchés. Obinze, son grand amour, passionné d’Amérique, pense obtenir rapidement un visa pour la rejoindre. Dès l’arrivée, quel choc de réaliser l’importance de la couleur noire de sa peau ! La perception de soi est modifiée lorsque la personne est classée en fonction de sa nuance de noir et du degré de frisure de ses cheveux…

S’inspirant de ses désillusions et de son expérience de la diaspora nigériane, Ifemelu trouve sa place en rédigeant un blog : des déceptions des immigrés nigérians confrontés à un racisme parfois insidieux, de la difficulté à trouver un job ou un revenu et à se faire une place de citoyen à part entière, des tensions entre noirs américains et noirs africains, du snobisme des origines et des accents,…  L’auteur –et Ifemelu avec elle- s’inspire avec ironie des conversations de salons de coiffure et de l’influence des magazines féminins pour montrer la dictature de l’apparence. La façon d’afficher ses cheveux crépus ou de les lisser en particulier peut se révéler cruciale pour s’affirmer - ou inversement pour se conformer aux normes dominantes.

Le récit alterne entre l’évolution d’Ifemelu, sa vie amoureuse et familiale, et des extraits de son blog ; les deux se complètent pour donner une idée très révélatrice du ressenti des noirs émigrés dans les pays anglo-saxons. En contrepoint, le parcours d'Obinze, qui partage la déchéance des sans-papiers au Royaume Uni, complète l’analyse de l’auteur, fine et lucide. Le titre, Americanah, à prononcer en traînant sur la dernière syllabe, fait référence au surnom ironique donné par les Nigérians aux expatriés qui affichent leur "américanisation". Au passage, je salue le choix par les éditions Gallimard d’une jaquette sobre, qui évoque avec humour le sujet du roman.

Prévoir quand même un long week-end pluvieux pour se plonger dans cette lecture assez dense !

Aline 

01/05/2015

Bouillon de premiers romans

Beaucoup de très belles découvertes et de coups de cœur pour ce bouillon « Premier roman ». Nous nous promettons de choisir ce thème à nouveau !

premier romanLa malédiction du bandit moustachu

Irina TEODORESCU

Gaïa, 2014, 17 €

Tout découle d’une rencontre fortuite chez le barbier –au début du 20e siècle- entre Gheorghe Marinescu et un bandit d’honneur, qui vole aux riches pour donner aux pauvres, et commet l’imprudence de révéler où il cache son trésor. Ce fameux bandit moustachu se fait voler et tuer par Marinescu, mais il a le temps de le maudire, lui et ses fils, jusqu’en l’an 2000. A partir de là, l’histoire s’attache à la dynastie des Marinescu, qui font tout pour contrecarrer la malédiction…

C’est un récit truculent,  original, qui porte un regard sur la société roumaine et la grosse bourgeoisie. Rédigé en très bon français par l’auteur roumaine, avec toutefois une temporalité déroutante.

 

premier romanLe liseur du 6h27

Jean-Paul DIDIERLAURENT

Au Diable Vauvert, 2014

Le narrateur travaille au pilon, au service de la Zerstör. Il mène une existence banale, mais tous les matins, dans son train de banlieue, il lit à voix haute les feuillets arrachés à la machine, rassemblant peu à peu des auditeurs habitués. Bientôt, deux dames âgées lui demandent de venir lire dans une maison de retraite. Parallèlement, il collectionne les livres fabriqués avec la pulpe de papier issue de l’accident de son ami dans la broyeuse.

Nous sommes nombreux à avoir beaucoup aimé ce court roman réjouissant. (Voir la critique complète.)

 

premier romanIntempérie

Jesus CARRASCO

R. Laffont (Pavillons), 2015, 19 €

Traduit de l’espagnol Intemperie par Marie Vila Casas

Un enfant se cache et fuit, à travers un pays ravagé par la sécheresse. Il essaie d’échapper à l’homme le plus influent de la région, l’alguazil, et à son père complice de celui-ci. Sa rencontre avec un vieux chevrier arthritique lui permet d’apprendre la survie dans ce paysage hostile, et la confiance en l’autre. Mais la chasse se poursuit, et ils sont rattrapés par la violence.

Extrêmement fort et prenant, c’est un roman de la soif et de la cruauté, plutôt lyrique, où la nature est totalement hostile, et où l’homme a autorité totale sur sa femme, ses enfants et ses chiens. Peu de dialogues, quelques mots précis peu usités, pas de noms ni de dates, mais le lecteur identifie le centre de l’Espagne au début du 20e siècle. Premier roman d’un auteur espagnol d’une quarantaine d’années, comparé à Delibes. (Voir critique en espagnol).

 

premier romanUn été à Bluepoint

Stuart NADLER

Albin Michel (Les Grandes Traductions), 2015, 22.90€

Traduit de l’américain Wise Men par Bernard Cohen

Arthur Wise, juif polonais immigré, est devenu un avocat riche et célèbre aux Etats-Unis, spécialiste de la défense des victimes d’accidents d’avions. Il s’achète tous les attributs de la classe dominante blanche, dont une maison à Cape Cod. Son fils, Hillie, le narrateur, vit très mal la transformation de ses parents en nouveaux riches racistes et réactionnaires, et s’oppose à son père tyrannique, sans pour autant parvenir à mener une vie autonome… Il se lie d’amitié avec le serviteur noir et aime la nièce de celui-ci, Savannah (dans les années 1960, où le racisme est encore très présent). Le lecteur suit la réussite et les échecs de cette famille, la relation complexe père-fils, et apprécie les rebondissements jusqu’à la fin du livre.

Premier roman d’un auteur déjà été remarqué pour son livre de nouvelles,  Le livre de la vie, paru en 2013 en France.

 

premier romanLe ravissement des innocents

Taiye SELASI

Gallimard (Du monde entier), 2014, 21.90€

Traduit de l’anglais Ghana must go par Sylvie Schneiter

Voir le résumé.

Taiye Selasi, née en 1979 à Londres, de père Ghanéen, a grandi aux Etats-Unis et vit actuellement à Rome. On retrouve ses origines cosmopolites dans son roman. L’Afrique est très présente, de même que le statut d’immigré aux Etats-Unis, toujours précaire, ce dont témoigne l’injustice flagrante dont est victime le père dans sa vie professionnelle.  Il s’agit de construire son identité avec ce double héritage…

Cinq lecteurs du bouillon ont lu et beaucoup aimé ce livre.

 

premier romanDemain le soleil

Ishmael BEAH

Presses de la Cité, 2015, 20.50€

Traduit de l’anglais Radiance of Tomorrow par Alice Delarbre

La guerre civile terminée, les survivants reviennent à Imperi, en Sierra Leone, ramassent les morts, les enterrent, et reconstruisent le village. Le défi est double : faire vivre ensemble victimes et bourreaux, et  maintenir les valeurs anciennes tout en s’adaptant au monde actuel. Le village se remonte, puis se délite à force de corruption, suite à l’installation d’une mine de rhodolite. Le village est déplacé, mais l’instinct de vie pousse à rester debout.

Après son récit Le Chemin parcouru, qui relatait son expérience d’enfant soldat, Ishmael Beah signe un premier roman déchirant, presque une fable, sur la résilience à l’africaine, et présente des personnages extraordinaires. Pour une Afrique gagnante.

 

premier romanNous tous sommes innocents

Cathy JURADO-LECINA

Aux forges de Vulcain (Littérature), 2015, 16€

A la ferme des Passereaux, dans un village des contreforts pyrénéens, en 1957, Jean rêve de poursuivre ses études et de devenir enseignant. Malheureusement, son père, sombre et colérique, l’oblige à rester à la ferme dans sa famille étouffante. S’engager en Algérie lui permet pour un temps de s’éloigner, mais c’est plus troublé encore qu’il revient reprendre la ferme. Seul soutien de famille, doté en prime d’une petite sœur un peu simplette qu’il ne parvient pas à protéger,  il est complètement piégé.

Tragédie du terroir, ce roman inspiré d’une histoire vraie met en scène un homme brisé par le destin et son environnement. Cathy Jurado-Lécina, née en 1974, a déjà écrit de la poésie et une nouvelle noire Le syndrome écran, primés, ainsi que des critiques littéraires. Elle s’intéresse au lien entre la littérature et les arts visuels. Ce sont des photos du Plancher de Jeannot, accompagnées d’un texte de Guy Roux (le psychiatre passionné d’art brut qui a découvert le plancher et l’a révélé), qui ont déclenché l’écriture de ce roman. Lire l’entretien avec l’auteur sur le site de l’éditeur.

 

premier romanLa vérité et autres mensonges

Sascha ARANGO

Albin Michel (Les grandes traductions), 2015, 20€

Traduit de l’allemand Die Wahrheit und andere Lügen par Dominique Autrand

Henry Hayden est écrivain, auteur de bestsellers, mais en réalité, c’est sa femme qui les écrit. Lorsque sa maîtresse, qui n’est autre que son éditrice, lui annonce qu’elle est enceinte, il ne sait comment l’avouer à sa femme… Devrait-il éliminer l’obstacle qui menace tout l’édifice de sa vie ?

Sascha Arango, scénariste allemand réputé pour le théâtre, la télévision et la radio, a mis son expérience au service d’un thriller psychologique très prenant, à l’intrigue retorse !

 

premier romanLe voyage d’Octavio

Miguel BONNEFOY

Rivages (Littérature), 2015, 15€

Analphabète, Octavio a développé toute une stratégie pour cacher cette lacune, et se retrouve dans des situations épiques, jusqu’à ce que la belle Venezuela lui apprenne à lire. Mais le destin veut que le charismatique chef de la bande de brigands pour qui il travaille décide de cambrioler précisément la maison de celle-ci !

Ce court roman initiatique, presque un conte, offre un final à la limite du surnaturel. Epique, presque baroque, il est rédigé –en français- dans un style foisonnant bien sud-américain, avec des pointes d’humour. Le jeune auteur, franco-vénézuélien, travaille comme professeur de français à l’Alliance Française de Caracas.

 

premier romanAbsences

Alice LAPLANTE

R. Laffont, 2013, 15.99€

Traduit de l’américain Turn of Mind par Daphné Bernard

Amanda O’Toole a été retrouvée morte à son domicile, amputée de quatre doigts de la main droite. Très vite, sa voisine et amie, le docteur Jennifer White,  ancienne  chirurgienne orthopédiste, est soupçonnée du meurtre. Elle-même, atteinte de la maladie d’Alzheimer, ignore si elle est coupable et recherche dans sa mémoire malade des indices sur le meurtre de son amie.

L’auteur a vu pendant dix ans sa mère se battre contre la maladie d'Alzheimer, et ce polar est aussi une exploration psychologique très émouvante.

 

premier romanLa fille du roi araignée

Chibundu ONUZO

Les Escales, 2014, 20.90€

Traduit de The Spider King’s Daughter par Sylvie Schneiter

L’histoire est narrée alternativement par Runner-G, un pauvre vendeur à la sauvette, fils d’un avocat tué dans un accident de voiture, et par Abike, fille d'un richissime homme d'affaires corrompu et corrupteur. Une relation forte se développe entre eux, mais ils ignorent que leurs familles sont liées par des secrets bien gardés, et peu à peu les agissements du père d’Abike ressortent et la tension monte.

Ce roman,  d'une grande maturité malgré la jeunesse de son auteure (qui l’a écrit à 17 ans), n’épargne pas  la société nigériane. Avec Chimamanda Ngozi Adichie, voici une nouvelle auteure nigériane à suivre !

 

premier romanDebout-Payé

GAUZ

Roman, écrit comme un témoignage, à la construction déroutante.

Voir critique

 

premier romanUne vie entre deux océans

M.L. STEDMAN

Voir critique

 

premier romanLe complexe d’Eden Bellwether

Benjamin WOOD

Voir critique

27/04/2015

La lune seule le sait

Roman, science-fiction, uchronieLa lune seule le sait

Johan HELIOT

Gallimard (Folio SF), 2003.

 

1889, apparition d’une nef cosmique dans le ciel de Paris. Dix ans plus tôt, les extraterrestres ont conclu une alliance avec le Président Badinguet. Maîtrisant parfaitement le domaine biologique et son évolution, les Ishkiss ont besoin des techniques humaines de maîtrise des machines. Le mélange des deux compétences permet d’obtenir des êtres hybrides (par exemple mi luciole, mi vaisseau). Mais cette science fabuleuse est monopolisée par le tyrannique Louis Napoléon III, qui l’utilise pour opprimer le peuple et réprimer toute contestation.

La résistance est menée par les intellectuels, à partir de l’île de Guernesey. Louise Michel s’est volontairement laissée déporter au bagne sur la lune, afin de découvrir ce qui se trame dans les souterrains de la Cité Sélénite. A son tour, Jules Verne est envoyé observer la Base Cyrano, site de décollage de vaisseaux interstellaires en cours de réalisation, fruit de la collaboration entre humains et Ishkiss. Pour les résistants, Verne est le dernier rempart contre les dangereux projets de Napoléon.

Qui d’autre que lui aurait pu appréhender l’inconcevable ? Qui, sinon l’homme qui avait défié les limites de l’imaginaire à longueur de page des années durant ?"

L’auteur s’est régalé avec cette uchronie réjouissante, mettant en scène des intellectuels du Second Empire, que le lecteur reconnaîtra (ou pas, ce qui ne nuit en rien à la lecture) : Jules Verne bien sûr, mais aussi Thomas Edison, Hetzel, Victol Hugo, Juliette Drouet,… sans parler des références à l’œuvre de Cyrano de Bergerac. La résistance à la tyrannie et les aventures des héros sont narrés dans un style qui n’est pas sans rappeler Jules Verne lui-même, et l’ensemble du livre m’a semblé un vibrant hommage à cet auteur.

Prix Rosny-Aîné 2001 du meilleur roman de science-fiction francophone. Suivi de deux autres uchronies, situées à des époques différentes, avec des personnages/intellectuels de leur temps : Léo Malet dans La lune n’est pas pour nous, et Boris Vian dans La lune vous salue bien….

Aline

08/04/2015

Fannie et Freddie

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Fannie et Freddie

Marcus Malte

Zulma, 157p., 15.50€

 

A bord de sa vieille Toyota, Fannie roule à toute allure vers le 45 Wall Street. Dans le parking elle se gare en double file derrière une belle Mercedes gris métallisée l'empêchant de sortir. Fannie est borgne, ses amis l’appellent Minerve car elle pivote son buste en entier pour voir son interlocuteur. Que cherche-t-elle dans ce parking (ou plutôt qui) ?

Macabre novellas (suivi de Ceux qui construisent les bateaux ne les prennent pas). Réflexion sur une société tenue par les banques et les spéculateurs qui peuvent parfois s’en mettre plein les poches au détriment des individus. Thème récurrent de ces deux nouvelles : la classe ouvrière malmenée.

Rapt peu commun d’une femme sur un homme. La tension est palpable du début à la fin (fin qui nous laisse d’ailleurs sur notre faim !). Marcus Malte n’est pas avare de descriptions sordides qui appuient l’horreur de la situation de l’héroïne. Une belle écriture fluide qui nous emporte jusqu’au bout sans pouvoir lâcher le livre.

Chaque début de chapitre est précédé de poèmes de l’auteur qui donnent le ton à l'histoire. Je vous laisse en apprécier un :

L’antique mélancolie nous gagne et nous rejouons

La chanson des morts

Celle qui partout nous accompagne

Brise légère soulève l’aile

Du souvenir

Qui sait combien de temps encore

Nous pourrons dire : une journée s’achève

Céline

11:12 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelles