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10/10/2013

Trois grands fauves

Trois grands fauves.gifBien que les grands fauves soient Danton, Victor Hugo et Churchill, il ne s’agit pas ici d’un livre d’histoire. L’auteur choisit des moments qu’il considère comme fondateurs  ou centraux  dans la vie de ces grands hommes. A partir d’une réalité historique parfois anecdotique  (cf. séances de spiritisme dans la famille Hugo !) et le plus souvent évoquée par touches furtives, il construit une fiction  en leur prêtant des sentiments, des pensées, des  réflexions  qui leur confèrent une épaisseur humaine – le tout dans une langue  parfois superbe.

C’est une écriture qui a du souffle, foisonnante, généreuse, traversée par la passion des mots qui entraîne le lecteur plus avant . On y découvre  trois personnalités qui dévorent la vie et sur lesquels la mort semble ne pas avoir d’emprise.

Ginette (voir aussi critique de Sylvie)

Trois grands fauves

Hugo Boris

Belfond, août 2013, 201 p., 18€

06/10/2013

Le bruit de tes pas

roman étranger, Italie, amitié, amour, drogue"La Forteresse" est  une banlieue italienne sordide, toute d'immeubles et de béton, peuplée majoritairement de famille pauvres, de squatteurs, de chômeurs, de dealers,... Fils d'une brute alcoolique, Alfredo se réfugie dans l'appartement du dessous chaque fois que son père le bat, et grandit quasiment dans la famille de Béatrice. Tous deux sont inséparables, au point qu'on les a surnommés  les Jumeaux.

 

Leur relation, maladroite et sauvage dans l'enfance, devient exclusive et agressive à l'adolescence, lorsque leurs aspirations commencent à diverger. C'est dramatique de les voir se déchirer, malgré leur attachement, alors que le milieu dans lequel ils vivent se charge déjà de les détruire :

 

"Quand on avait entre seize et trente ans et qu'on vivait à la Forteresse, les probabilités d'être tué étaient plus élevées que la moyenne nationale. On le savait tous : on courait un risque pour le simple fait d'être nés au mauvais endroit.

Mais Alfredo et moi pensions que rien ne nous arriverait. A l'âge de dix-huit ans, nous imaginions que nous allions vivre éternellement.

Puis la Forteresse qui s'était d'abord montrée clémente décida qu'il y aurait pour nous aussi un prix à payer."

 

Un récit âpre et touchant, où l'amitié et l'amour ne suffisent pas toujours à la rédemption. L'histoire n'est pas particulièrement originale, mais les personnages lui donnent une grande force.

 

Le bruit de tes pas

Valentina D'Urbano

Editions P. Rey, sept. 3013, 237 p., 19€

Premier roman, traduit de l'italien "Il rumore dei tuoi passi" par Nathalie Bauer

 

04/10/2013

Une part de ciel

part de ciel.gifUn peu de tendresse dans la France des précaires et des cabossés...

 

Alors quelle est cette "Part de Ciel "décrite par Claudie Gallay?

Un état de grâce qui surgit des ornières du chemin... et elles sont nombreuses dans la France des précaires et des cabossés!

On est en Vanoise, dans un décor de nature grandiose certes, mais le décor est celui de la France pauvre: une caravane encombrée et son chauffage d'appoint mal réglé.  Claudie Gallay nous décrit un village de Vanoise en sursis : on se prend à vivre au rythme de son café ou derrière les bottes crottées d'une baronne atypique,  patronne des  galeux à quatre pattes;  on boit le thé insipide du vieil épicier lucide et  attentionné ; on compatit  avec le garde forestier qui essaie de tout concilier... Y compris  une  épouse désabusée  qui rêve de vacances au soleil ... C'est bien là une famille à la manière de Claudie Gallay. Avec ses proscrits, ses coups de gueule, son noël et ses paillettes… !

De l’amour aussi… qui surgit dans des moments  de grâce :  cette "part de ciel "  contenue dans le titre.   Elle   revient indiscutablement à Marius et au beau personnage de la Môme (portrait  délicat d’une ado de 18 ans). 

Autant le précédent roman sur Avignon m'avait semblé ...glauque, autant ce dernier roman laisse quelques traces lumineuses une fois refermé...

 

Claudie Gallay sera présente le vendredi 11 octobre à partir de 18h à la librairie de Brignais, à l'occasion de l'anniversaire de Murmure des Mots.

Sylvie

Une part de ciel

Claudie Gallay

Actes Sud, 2013, 384 p., 22€

20:05 Publié dans critiques de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman

Le quatrième mur

roman,liban,théâtreD’abord une histoire d’amitié, entre Samuel Akounis, réfugié politique grec qui a été torturé pour son opposition au régime de Papadopoulos, et Georges, le narrateur, activiste de gauche dans les années 1970. Une amitié faite d’admiration, de partage des valeurs de gauche et humanitaires, de camaraderie, et enrichie par un amour commun du théâtre. Tous deux sont metteurs en scène.

 

Le livre prend son tournant vers la tragédie lorsque Samuel, trop malade, demande à Georges de le remplacer pour mener à bien le projet de sa vie : « monter l’Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou un fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène… »

Geste de paix, de bonne volonté, goutte d’eau dans la mer…

 

Et Georges a dit oui. Il est allé  à Beyrouth, en 1982, au cœur de la guerre civile libanaise, et en particulier au moment du massacre de Sabra et Chatila.

 

Un livre coup de poing, qui rappelle l’époque de la guerre du Liban, un peu oubliée chez nous, mais qui a dû laisser de terribles traces chez ceux qui l’ont vécue. L’auteur ne prend pas position par rapport aux différentes factions, Georges se fait des amis, presque des frères, dans tous les « camps ». Ce récit tragique, mais pas voyeuriste, provoque un élan de compassion pour ce pays martyrisé où tous les partis semblent victimes et bourreaux. Il donne envie de se documenter sur le Liban, et de relire l’Antigone d’Anouilh.

 

L'auteur semble s'intéresser particulièrement aux guerres civiles, et aux combats de gauche. Il nous avait déjà persuadés avec son roman retour à Killybegs, situé, lui du côté des conflits en Irlande.

 

Le quatrième mur

Sorj Chalandon

Grasset, août 2013, 325 p., 19€

Du même auteur, lire aussi Retour à Killybegs,

30/09/2013

Ouessantines

bande dessinée,île,mystèreSoizic, bretonne presque aussi têtue que sa mère, décide de changer de vie, et de s'installer sur l'île d'Ouessant où elle a fait retaper une vieille maison pour ouvrir des chambres d'hôtes.

Le moins qu'on puisse dire est que l'accueil des îliens est très frais. Ils sont excessivement méfiants, et tentent de la décourager de rester sur l'île.

Tous, sauf Marie, heureuse de voir arriver cette jeune femme entreprenante, et qui pourtant  se suicide quelques jours après. Dans son testament fraîchement refait, Marie lui laisse pour mission de mettre de l'ordre dans ses affaires, provoquant l'ire des vieilles îliennes,  ses amies de toujours…

 

La chronologie et le récit sont faciles à suivre, et les portraits de personnages et l'ambiance sont bien rendus. Le dessin est clair, expressif, les couleurs bien réussies, fraîches et pimpantes lorsqu'il fait beau, grisées à souhait sans brouiller le trait lorsqu'il pleut. Par contre, la progression du  mystère et du suspense ne m'a pas semblé suffisamment construite.

Aline

Ouessantines

Scénario de Patrick Weber, dessin de Nicoby

Couleurs Kness

Vents d'Ouest, mai 2013, 126 p., 18.25€

Faillir être flingué

roman,far westEn chariot, à cheval, en diligence ou à pied… les pistes des personnages semblent converger vers une petite bourgade en devenir, guère plus qu'un alignement de tentes et "quelques baraques en planches plus ou moins solides" du Far West, qui promet un espace de rencontres et de libre entreprise.

 

Des hommes audacieux qui ont tout laissé derrière eux, des paysans porteurs d'un rêve de ferme idéale, des aventuriers en quête de compagnie, des femmes chamanes, une musicienne voyageant avec sa contrebasse,  des idéalistes blessés, une patronne de saloon qui fait marcher les ivrognes au doigt et à l'œil, un éleveur de moutons angora… tous les personnages de Céline Minard sont extraordinaires, surprenants, pittoresques, parfois à la limite du burlesque.

 

Dans cet ouest sauvage, tout semble encore possible, les frontières entre les peuples sont encore poreuses : Elie vit un temps avec une tribu Pawnee, Josh commerce avec les indiens, Orage Grondant enterre une vieille pionnière comme son frère, Eau-qui-court-sur-la-plaine initie Gifford aux voies indiennes et un groupe de Chinois prend soin d'un vaquero blessé….

 

Et pourtant, le danger et la violence ne sont pas loin : bagarres, raids d'indiens ou escroqueries peuvent intervenir à tout moment, pour un regard mal placé ou surtout pour s'accaparer le bien d'autrui. Comme l'exprime Zébulon "On n'était pas dans un pays de droit" (p.59). Et comme le dit Elie Coulter en lui  dérobant sa monture "Si vous êtes incapable de voler un cheval sans scrupules, c'est que vous n'avez pas été élevé comme il faut." (p. 29).

 

Par-dessus-tout, ce que célèbre Céline Minard, c'est la beauté de l'ouest sauvage, espace de liberté et de danger, le lien avec la nature pourvoyeuse, les prairies qui bruissent d'une vie cachée. Le lecteur ressort du roman ébloui par la nature, nostalgique d'une époque qu'il n'a pas connue. Il lui prend l'envie de parcourir les grandes plaines de l'ouest et d'observer les oiseaux, de rencontrer ces hommes et ces femmes courageux, qui savent s'entraider face à l'adversité. 

Coup de cœur d'Yves et d'Aline

Faillir être flingué

Céline Minard

Rivages, juin 2013, 325 p., 20€

23/09/2013

Les évaporés

"Ce que nous appelons ici johatsu remonte à l'époque Edo. Les criminels ou les gens qui avaient une dette d'honneur allaient se purifier aux sources du Mont Fuji. Il y a là des sources d'eau chaude et des établissements de bains, ce sont des villes d'hôtels. Ils prenaient une auberge, ils entraient dans les bains de vapeur et ils disparaissaient. C'est pour cela qu'on les appelle les évaporés. Peut-être certains se suicidaient en prenant le chemin de la forêt. Mais d'autres réapparaissaient, quelques années plus tard, ailleurs."

 

Au Japon, lorsqu'une personne disparaît, on dit simplement qu'elle est johatsu, qu'elle s'est évaporée. Pour Kazehiro, "ce n'était pas une solution, mais c'était une issue", qu'il a saisie de son mieux, disparaissant de chez lui au petit matin, laissant sa famille face à la honte et à la tristesse. Sa fille, Yukiko, rentre d'urgence de San Francisco pour enquêter avec Richard, un ex-petit-ami détective. Mais disparaître n'est pas un délit, et n'entraîne aucune enquête de police.

Richard, plus poète et rêveur qu'enquêteur, et de surcroit incapable d'aligner deux mots de japonais, progresse peu dans ses recherches, mais il s'imprègne de culture japonaise, et avec lui, le lecteur. Yukiko, de son côté, renoue avec ses amis et le côté japonais de sa personnalité.

 

Chacun des personnages est à son tour narrateur : Kazehiro, sa femme, Yukiko, Richard, et Akainu, un jeune garçon à la rue depuis le tsunami. L'histoire est située peu après le désastre du tsunami et de Fukushima. Notre évaporé vit un moment à Tokyo, dans le quartier des travailleurs pauvres et des marchands de travail.

 

"Le tsunami avait brutalement jeté des milliers de personnes sur les routes. La reconstruction durerait des années. La zone d'exclusion demeurait inhabitable. Malgré les aides d'urgence, les dédommagements ne viendraient qu'au terme de procès qui prendraient au moins dix ans, dans lesquels l'Etat, la compagnie électrique et les assurances se rejetteraient la responsabilité de la catastrophe, regrettant de ne pas pouvoir l'attribuer à quelque dieu caché, au destin,… Ceux qui avaient des dettes ou qui avaient sombré avec le traumatisme avaient rejoint Tokyo dans l'espoir de refaire leur vie. Certains, pour des raisons qui leur appartenaient, avaient choisi de disparaître. Beaucoup avaient erré, ballotés comme des débris de vaisseaux fantômes dans la campagne submergée, toutes amarres rompues, familles disloquées, parents perdus, maisons effondrées, anéanties, éparpillées sur la plaine en compagnie de carcasses de voitures et de bateaux, de routes arrachés, de rochers, de chiens redevenus sauvages… Et tous ces gens qui erraient étaient comme à la dérive au milieu des restes de leur monde. La mer s'était retirée, mais il n'y avait plus de port où rentrer…

Pour  exactement les mêmes raisons, c'étaient eux qu'on envoyait à présent dans le Nord qu'ils avaient fui déblayer les routes, débarrasser les gravats, nettoyer les égouts inondés de Fukushima ou travailler à la maçonnerie de la centrale nucléaire pour une de ces entreprises de sous-traitance dont personne ne voulait rien savoir. C'était du boulot pour une semaine ou deux, parfois un mois, selon les risques. Ceux qui travaillaient dans le périmètre d'exclusion de la centrale, on leur donnerait des combinaisons sur place, pas de badge dosimètre pour mesurer les radiations, pas de suivi médical. Ces hommes étaient sortis des statistiques qui permettent aux gens normaux de se sentir en sécurité…

La misère est une énergie renouvelable."

 

J'ai relu certains extraits plusieurs fois pour le plaisir, et pourrais noter des dizaines de citations, tantôt très poétiques, tantôt représentatives d'une ambiance, d'un aspect du Japon… Et pourtant, chaque fois que je posais ce livre, je devais me forcer pour le reprendre. Pourquoi ? Est-il vraiment pensé comme un roman, ou comme une juxtaposition de scènes ? Se ressent-il de ses nombreux narrateurs, pas tous aussi crédibles (le regard posé sur les marchands de travail n'est pas très vraisemblable provenant d'un garçon de14 ans) ? Par moment, l'accumulation d'images un peu "clichés" semble provenir en droite ligne de l'imaginaire occidental du Japon, d'autres fois les scènes relèvent presque du documentaire. L'écrivain français peut-il représenter le ressenti des Japonais ? Au fait, l'auteur a-t-il passé du temps au Japon ?...

 

roman,japonLes évaporés

Thomas B. Reverdy

Flammarion, août 2013, 302 p., 19€

20/09/2013

Bouillon de rentrée 2013

Coups de cœur de l'été

 

Les saisons de Giacomo

Mario Rigoni Stern

L'auteur, originaire du Nord de l'Italie, côté Autriche, s'est mis à l'écriture sur le tard. Il situe le récit sur le Haut plateau d'Asiago, cadre de sa jeunesse, et décrit une vie de montagnard, ouvrier-paysan, depuis les années 20 jusqu'à la seconde guerre mondiale, y compris  sous Mussolini.

Claude

 

La servante du Seigneur

Jean-Louis Fournier

Nous avions aimé "On va où, papa ?", regard très humain, drôle et triste à la fois, sur la vie des deux fils handicapés de l'auteur. "Veuf" nous avait un peu moins plu. Revoilà Jean-Louis Fournier avec ses tribulations familiales. Sa fille, à la quarantaine, a suivi un gourou, et la voici "servante du Seigneur". Coupé de sa fille, l'auteur exprime son incompréhension totale. A la fin, elle dit ce qu'elle pense du livre.

Claude

 

La reine des lectrices

Alan Bennett

La Reine d'Angleterre découvre par hasard le plaisir et le pouvoir de la lecture. Lecture légère et très plaisante. Voir critique.

Georgette

 

Le rêve du village des Ding

YAN Lianke

Interdit en Chine, ce livre bouleversant est inspiré d'une réalité plus terrible encore.  Le rêve du village des Ding se penche sur le scandale du sida et du sang contaminé dans un village Chinois, où les plus belles âmes côtoient les plus vils profiteurs. Voir critique.

Ginette

 

Les choses comme je les vois

Roopa Farooki

Très beau récit, autour du syndrome d'Asperger.  Les scènes sont si bien brossées que l'on s'y croirait : Asif, tellement attentif à sa sœur Yasmine, a noté qu'elle ne mange que les aliments jaunes au petit déjeuner ; Yasmine, qui lave et relave indéfiniment la vaisselle lorsqu'elle est troublée ; etc. Un seul défaut : tout finit un peu trop bien. Voir critique.

Marie-Claire et Chantal

 

La lettre à Helga

Bergsveinn Birgisson

Récit épistolaire court et original, basé en Islande. Bjarni Gislason s'est occupé de sa femme jusqu'à la fin. Le voici maintenant âgé et veuf, qui écrit une longue lettre à Helga, la femme de son voisin, qu'il a toujours aimée. Une longue lettre à l'écriture charnelle, qui évoque les années 1940 dans une Islande frustre, et explique pourquoi –malgré sa passion pour Helga- Bjarni n'a jamais voulu quitter pour elle  sa ferme et ses brebis.

Marie-Claire

Mais les avis sont partagés, comme en témoigne la critique de Marie-Christine : Je n'ai ressenti aucune émotion et vu aucune poésie en lisant ce roman . Juste un homme lubrique qui aura été lâche toute sa vie. Même la lette montre son manque de courage. Heureusement une heure de lecture suffit pour ce roman.

 

Le garçon d'à côté

Katrina Kittle

Sarah, veuve, mène une vie assez équilibrée avec ses deux garçons, Nate et Danny. Ils s'entendent bien avec leurs voisins… jusqu'au moment où les voisins sont accusés de pédophilie, et où leur fils leur est retiré.  Ils recueillent Jordan.

Le milieu décrit est très américain.

Récit intéressant pour l'étude des répercussions que peut avoir la pédophilie sur l'entourage et sur les enfants. Le ton est juste, l'histoire choquante, mais pas glauque.

Jacqueline et Nadine

 

Je vais mieux

David Foenkinos

Un homme se réveille avec un terrible mal de dos : il en a littéralement plein le dos ! Il divorce, change de vie… Réflexion sur la place de l'individu dans l'entreprise, la crise de la quarantaine.

Jacqueline

 

Alex

Pierre Lemaitre

Une femme, infirmière intérimaire, est enlevée et séquestrée. Elle subit des sévices terribles. Pourtant, lorsque le commissaire chargé de l'enquête découvre sa prison, elle a disparu. Plus intelligente que son bourreau, elle a réussi à s'échapper. Un thriller glaçant, très bien maîtrisé. Du même auteur, nous avions aussi beaucoup aimé Robe de marié.

Jacqueline

 

Ne lâche pas ma main

Michel Bussi

En vacances en famille à la Réunion, une femme disparaît brusquement de son hôtel. Soupçonné, son mari s'enfuit –non sans raison- avec sa fille. De belles descriptions de La Réunion, ainsi qu'une intrigue bien menée, à l'instar des romans policiers précédents de Michel Bussi : Comme un avion sans elle et Les nymphéas noirs, prix Mes-Sou-Thu 2012.

Jacqueline

 

L'ombre douce

Hoai Huong Nguyen

Née en 1976 en France, l'auteur porte un prénom signifiant "Se souvenir du pays", ce qu'elle fait magnifiquement avec ce récit situé en Indochine en 1954. Elle évoque avec délicatesse une histoire d'amour dans la difficile période de la guerre d'Indochine. Voir critique.

Maryvonne

Il pleuvait des oiseaux

Jocelyne Saucier

L'auteur, originaire de l'Abitibi, évoque le souvenir des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle : la chaleur était telle qu'il pleuvait des oiseaux. Une photographe souhaite rencontrer un vieil homme témoin des incendies, mais lorsqu'elle arrive dans sa retraite dans les bois, Boychuck est mort depuis peu. Seuls ses tableaux et les quelques vieux amis qu'il laisse derrière lui peuvent renseigner la photographe.

Thèmes : drame historique, amour de la forêt, liberté et vieillesse.

Jacky

L'équilibre du monde

Rohinton Mistry

Thèmes : Inde, vie de quartier, famille.

Bombay, 1975. Deux tailleurs, oncle et neveu, intouchables, s'installent chez une jeune veuve pour y travailler dans la confection. Un autre locataire, étudiant descendu de ses montagnes, a eu une vie plus privilégiée qu'eux. La cohabitation de ces quatre personnages met en évidence le système de castes, au moment où l'Etat d'Urgence est déclaré en Inde, et où grèves et manifestations font  rage dans le pays.

Une réflexion politique sur la situation en Inde, tout aussi intéressante que Une simple affaire de famille, présenté en avril 2012 au Bouillon.

Gisèle

 

Les années cerise

Claudie Gallay

La vie n'est pas toujours facile pour Pierre-Jean. Sa famille devrait quitter la maison au bord de la falaise, qui qui menace de s'effondrer à tout instant, ses parents se disputent, sa mère distribue des taloches, et lui-même collectionne les zéro… Heureusement il a aussi ses grands-parents et les chevaux. Roman sur l'adolescence, pour adolescents ou adultes : découverte de l'amour par un jeune garçon. Récit initiatique.

Gisèle

 

Crime d'honneur

Elif Shafak

Fille de diplomate, Elif Shafak est née à Strasbourg en 1971. Elle a un temps enseigné aux Etats-Unis, et vit aujourd'hui à Istanbul. Internationalement reconnue, elle est notamment l'auteur de La Bâtarde d'Istanbul (2007), Bonbon Palace (2008), Lait noir (2009) et Soufi, mon amour (2010). Dans ce roman, elle continue à développer le thème de la famille turque et des liens familiaux, ici compliqués par l’émigration d’une soeur en Angleterre.

Gisèle

 

Remonter la Marne

Jean-Paul Kauffmann

De Paris aux sources de la Marne à pied, récit de voyage aux multiples références historiques. Les avis des lectrices sont partagés, l’une a beaucoup aimé, tandis que l’autre a buté sur l’écriture.

 

Le Tao du vélo, petites méditations cyclopédiques

Julien Leblay

Dans la collection de livres de poche « Petite philosophie du voyage », chez Transboréal, voici un bon opus, constitué de petits essais philosophiques et humoristiques sur le voyage en solitaire à vélo.

Geneviève

 

Home

Toni Morrison

Démobilisé de la guerre de Corée, Frank Money rentre aux Etats-Unis traumatisé par sa période de guerre, en proie à des rêves terribles et à des crises d’angoisse. Il doit traverser le pays pour rejoindre en Géorgie sa sœur, atteinte d’une maladie très grave. Dans cette Amérique des années 1950, encore très ségrégationniste, les déplacements ne sont pas simples pour un noir, mais c’est en accomplissant ce voyage et en se replongeant dans ses souvenirs que Frank se reconstruit.

Geneviève

Profanes

Jeanne Benameur

Ancien chirurgien du cœur, Octave Lassalle n’opère plus depuis longtemps. A 90 ans, il décide d’organiser sa vie afin que ses dernières années se passent dans les meilleures conditions possibles, ce que sa richesse lui permet de faire. Il recrute avec soin quatre accompagnateurs, qui se relaieront nuit et jour auprès de lui, chacun possédant des compétences particulières. Le lecteur assiste à la mise en place de cette équipe et aux relations entre les personnages. Peu à peu sont révélées les faiblesses et les blessures de chacun, mais aussi leur capacité à les dépasser. Nous nous sommes interrogés sur la signification du titre, qui fait probablement référence à la seule foi que professe le docteur Lassalle : la foi en l’homme.

Marie-Claire, Aline, François

 

Reflets d’argent

Susan Fletcher

Voir critique d’Aline.

 

19/09/2013

Le rêve du village des Ding

roman étranger, Chine, SidaInterdit en Chine, ce livre est inspiré d'une réalité plus terrible encore. Les habitants du village de Ding ont vendu leur sang. C'est le père de l'auteur, Ding Hui, qui en a pris l'initiative, comme cela se faisait dans d'autres villages. Il s'est enrichi tandis que le sida (mesures d'hygiène inconnues) entraînait la souffrance et la mort des habitants. Tandis que le grand-père de l'auteur, professeur cultivé, essayait d'aider les malades en les hébergeant dans l'école qui ne fonctionnait plus, Ding Hui continuait éhontément à s'enrichir en organisant la vente de cercueils (en détruisant la forêt) et des "mariages dans l'au-delà" pour unir ceux que la mort avait séparés.

Un livre bouleversant !

 

Yan Lianke est né en 1958 dans la province du Hénan, au centre-est de la Chine. Il a publié plusieurs romans et nouvelles remarquables par leur sujet. Il écrit : "colère et passion sont l'âme de mon travail".

 

Le rêve du village des Ding

YAN Lianke

Ed. P.Picquier, 2007, 332 p., 20 €

Traduit du Chinois par Claude Payen

Ginette

17/09/2013

Une histoire d'hommes

bande dessinée,rock,amitiéLeur groupe de rock, les Tricky Fingers, commençait à percer, les quatre garçons avaient le vent en poupe : Sandro, le chanteur charismatique, Yvan, le compositeur guitariste, JB et Franck le batteur… incontrôlable. Mais voilà, l'émission prévue le 18 avril 1995 à la BBC a tourné court, et le groupe s'est séparé brutalement.

 

Vingt ans après, les quatre copains se retrouvent tous ensemble pour la première fois depuis cette soirée catastrophique. Sandro est le seul à avoir percé dans la musique, il est même devenu  une star du rock. A l'opposé, Yvan n'a pas avancé : il n'a plus touché à sa guitare, et ne s'est jamais engagé dans une relation durable. Entre les deux, il y a JB, rangé, qui a repris l'entreprise de surgelés du beau-père, et puis Franck, tenancier de bar, désormais chauve mais toujours aussi "lourd".

Au cours du week-end, ils se rappellent leur jeunesse, et discutent enfin de ce qui s'est passé cette fameuse soirée… et depuis. Cette mise au point leur permettra  -sans doute- de faire leur deuil et de recommencer à vivre.

 

A l'opposé des albums jeunesse pleins d'humour de Zep, voici une BD adulte plus mélancolique et psychologique. Une belle histoire d'amitié, qui avance à force de flashbacks bien maîtrisés. Le dessin est assez arrondi, et les couleurs pastel (bleus, roses et violets teintés de gris) accentuent l'ambiance nostalgique.

 

Une histoire d'hommes

Zep

Rue de Sèvres, sept. 2013, 18 €