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02/01/2013

Peste et choléra

Peste et Choléra, de Patrick Deville

Prix Femina 2012

 

Ce roman biographique a majoritairement été très apprécié par nos lecteurs... qui n'ont pas rédigé de chronique.

Cependant, il ne fait pas l'unanimité :

 

 "Sans danger et juste pour polémiquer une fois le livre refermé!"

Une bonne plume et un bon sujet suffisent-ils pour faire un roman?  Une biographie tout au moins : celle de  Yersin,  découvreur du vaccin contre la peste, voyageur infatigable entre le Vietnam et Paris, cartographe, planteur de caoutchouc, aventurier solitaire et généreux qui finira paisiblement en s’essayant  au latin  dans les forêts asiatiques … Les descriptions sont magnifiques, le voyage contagieux… mais cela ne suffit pas à faire un destin, encore moins un grand roman.  Si l’homme était exceptionnel, (on n’en doute pas) l'auteur pour sa part a visiblement peiné à exprimer cette singularité. Le mérite des grands romanciers n'est il pas justement la plongée dans l'humain qui  éclaire définitivement un destin intérieur? L'espérance était grande, au fil du récit on suit Yersin dans ses pérégrinations mais nulle transparence n'illumine ces pages ou ne vient leur donner sens. 

 

Dommage. Les ingrédients étaient là, le navire enveloppé de brumes dans le port de Marseille, mais question littérature, on reste à quai… Au final, il faut bien reconnaître le mérite d'une biographie appliquée (quoique des mauvaises langues aient pu repérer quelques "emprunts" à une étude déjà parue en 1985, déjà issue des archives de l’Institut Pasteur)...

Pour le moins, une  lecture  instructive.
Sylvie B

20/12/2012

Le paradoxe du cerf-volant

Le paradoxe du cerf-volant

Philippe Georget, Jigal (Polar), 2011, 18 €

Mis KO lors d'un combat de boxe mal préparé, Pierre Couture, 27 ans, prend un uppercut en pleine tête quand son ami Sergueï lui suggère de raccrocher les gants ! La boxe, c'est toute sa vie. C'est la salle d'Emile, son vieil entraîneur, qui l'a sauvé du désespoir lorsqu'il a été déplacé de famille d'accueil en famille d'accueil…

Il est sonné au point d'accepter un petit boulot pas net de collecteur de dettes, ce qu'il ne tarde pas à regretter amèrement. Non seulement, il n'est pas fait pour ce travail qui l'écœure, mais en plus, leur "client" est retrouvé le lendemain mort, après avoir été torturé !!!

La police enquête : le boxeur ferait un bon suspect. Désemparé, il erre dans Paris, picole trop et broie du noir. Lorsqu'il est filé par des mercenaires et poursuivi par des tueurs, il est bien obligé de chercher à comprendre cette histoire embrouillée qui semble remonter à la guerre civile en Yougoslavie. Utilisé ou manipulé par les uns et les autres, il finit par monter un ultime combat, afin de prouver son talent et sa hargne de boxeur, et de faire éclater la vérité.

Pierre Couture est un personnage attachant, plus fin que son premier abord rugueux ne pourrait le laisser croire. Il est aussi amateur de chanson française, aime Paris, ses parcs, ses bistrots…et même son périph' :

            "Je rêve quelques instants à la fenêtre, contemplant les voitures qui glissent sur le périphérique. Le reflet des phares jaunes et rouges trace des arabesques sur l'asphalte sombre. Les jours de pluie et de brouillard, le spectacle peut se révéler féérique. Avant de dormir, certains lisent, d'autres font l'amour, les veinards embrassent leurs enfants,  moi je regarde un défilé ininterrompu de voitures."

C'est aussi un personnage assez désespéré :

            "J'aimerais pleurer, la tête enfouie dans le giron d'une femme. Mais la seule femme que j'ai aimée m'a quitté il y a deux ans, ma sœur n'a pas eu le temps de grandir et ma mère… Ma mère m'a tué lorsque j'avais dix ans."

Un bon polar, où le lecteur prend des coups avec le boxeur. Aline

06/12/2012

De bons voisins

De bons voisins

Ryan David John, Actes Sud (Actes noirs), 2012, 21 €

 

Dans cette ville des Etats-Unis, les habitants se croisent, se saluent, s’influencent peut-être…

Au milieu de la nuit, Katrina Marino a fini son service, verrouillé le bar, et rentre chez elle, lorsqu’elle est sauvagement attaquée au pied de son appartement. Elle appelle à l’aide et résiste à son agresseur. Plusieurs voisins de sa résidence sont témoins de la scène, mais, pris chacun dans son drame ou ses soucis personnels, ils négligent tous d’appeler la police. Comble d’ironie, la police n’est pas loin, mais les policiers sont occupés à leurs affaires louches, voire criminelles.

 

Roman noir, sordide et déprimant, inspiré par l’assassinat, en 1964 à New York, de Kitty Genovese. Didier Decoin a également consacré son roman « Est-ce ainsi que les femmes meurent » à ce fait divers qui a durablement marqué la conscience collective américaine. Sans doute à cause de son atrocité, mais aussi parce qu’il s’est produit quasiment sous les yeux de plusieurs témoins qui sont restés apathiques. Il semblerait que dans une situation d'urgence,  les témoins soient d'autant moins susceptibles d'intervenir qu'ils sont nombreux, chacun comptant sur les autres pour agir... Terrifiant !

26/11/2012

Du son sur les murs

Du son sur les mursroman policier

Frantz Delplanque, Seuil (roman noir), octobre 2011, 21.50 €

Jon Ayaramandi tente de couler une paisible retraite à Largos, station balnéaire de la côte Basque, sa région d'origine. Il partage son temps entre les balades dans les dunes, sa baignade matinale, les verres au Cap'tain Bar, sa passion pour la musique "rock garage" et la lecture. Mais son passé de tueur le rattrape lorsqu'il débarrasse sa jeune voisine Perle d'un violent agresseur.

"Finalement mes activités de tueur ne s'étaient interrompues que trois mois. La faute à pas de chance. Nul ne peut échapper à ses aptitudes profondes, elles s'exercent là où elles doivent s’exercer. Prenez un médecin par exemple : où qu'il aille, il peut être sûr de tomber sur un accident, un malade qui fait une crise ou un enfant qui a avalé une arrête de travers. En attendant, j'avais commis un trente-troisième homicide. J'étais passé du statut de professionnel à celui d'amateur, certes, mais je me retrouvais à nouveau sur la mauvaise pente. Est-ce que j'étais comme tous ces retraités qui ne peuvent s'empêcher d'exercer une activité bénévole dans leur domaine de compétence ?"

Papi de substitution, Jon s'occupe avec tendresse de Luna, la fille de Perle, et se prend à rêver d'amour, lui aussi. Hélas, sa rencontre inopinée avec "Burger le mauvais", tueur professionnel avec lequel il a autrefois travaillé, laisse augurer le pire. Et lorsqu'Al, l'amant de Perle, disparaît, c'est assez maladroitement et à reculons qu'il enquête. A l'aveuglette, il réactive son réseau et bouscule malfrats et barons du banditisme. Hélas, comme il le répète à la jeune femme, son passé de tueur ne fait pas de lui un détective ! Ses seuls alliés fiables sont finalement les gitans, qui ne se laissent pas impressionner par la pègre.

Voilà un roman noir décalé, dynamique et réjouissant, plein d'humour et de tendresse malgré les morts semés ici et là. Le seul reproche que je ferais à ce récit est d'être un peu trop parsemé de références musicales pointues. (à part Franck Zappa, j'avoue que la bande son m'était à peu près inconnue !)

Aline

12/11/2012

les sentiers du désastre

Les sentiers du désastre

Donald Westlake


Monroe Hall est un sale type. Né riche, il a passé son temps à essayer de gagner toujours plus d'argent, quitte à escroquer tous ceux qui l'entourent, des plus gros actionnaires aux plus petits employés. A force d'empocher l'argent de ses actionnaires, du fisc et de ses employés, et il a été rattrapé par la justice. Le voilà assigné à résidence, retranché dans son immense domaine, au milieu de ses richesses, de ses multiples collections et d'un personnel de plus en plus rare. 

 

John Dortmunder et ses amis monte-en-l'air, décident de lui voler sa collection de voitures de luxe. Il y a John, cambrioleur un peu avachi, qui déprime dès qu'il sort de New-York, Tiny la force brute, Stan le conducteur, et Andy Kelp, le joyeux monte-en-l'air qui rend visite à ses amis en escaladant les murs et ne vole que des voitures de médecins (garantie de confort !).

Le premier problème, c'est de savoir comment entrer dans le domaine de Monroe Hall. Pour s’infiltrer dans la propriété, véritable forteresse, ils se font délivrer de faux papiers (par un ancien de la CIA), et embaucher comme employés de maison. Dortmunder s’entraîne  à l’ouverture de portes en regardant des films, avant d’endosser sa tenue de majordome, tandis que Stan, devient le chauffeur attitré, Tiny, en tant que montagne de muscles, rejoint naturellement le service de sécurité et Andy, dans le rôle du secrétaire particulier, prend son travail très au sérieux en essayant de réhabiliter la réputation de Monroe Hall.

Le second problème, c'est que Dortmunder et sa bande ne sont pas seuls dans la course.Alors que les héros travaillent véritablement, pour la première fois de leur vie, des malfrats d’occasion, cherchent également à se venger et fomentent un enlèvement… Les syndicalistes un peu niais, bedonnants buveurs de bière, qui veulent récupérer les indemnités de leurs collègues ; les investisseurs bourgeois arnaqués ; le professeur de culture physique super musclé qui adore se regarder dans les glaces, et qui n'a pas apprécié de se voir dénoncé au fisc par Hall !

Tout ce petit monde s'emmêle les pinceaux pour la plus grande joie du lecteur… qui ne se range pas du côté des policiers !

Un polar réjouissant. L’intrigue est prétexte, le lecteur attend la confrontation entre ces personnages loufoques et déjantés, de l’ancien de la CIA vendeur d’identités de substitution, au représentant de commerce imbibé.

Aline

05/11/2012

Certaines n'avaient jamais vu la mer

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsukahistoire,immigration

Phébus, littérature étrangère, 2012, 15€

En 1919, de jeunes femmes -qui n'auraient pas trouvé d'époux au Japon- se sont mariées par correspondance avec des émigrés Japonais, puis les ont rejoints aux Etats-Unis, dans l'espoir d'une vie meilleure. Le récit commence pendant leur longue traversée en bateau, puis aborde les premiers contacts avec le mari inconnu, les premières désillusions, les travaux dans les champs, les blanchisseries ou les maisons bourgeoises, l'arrivée des enfants, l'intégration laborieuse, les rapports avec les "blancs"… Jusqu'à l'attaque de Pearl Harbour et ses retentissements dramatiques pour les japonais américains.

Se plonger dans ce court roman, c'est écouter un chœur de femmes : un chant choral, où l'on perçoit  chaque voix distinctement, mais où la mélodie d'ensemble domine. C'est une litanie, où les vies particulières de ces japonaises en exil affleurent, mais laissent apparaître une destinée collective. Julie Otsuka, par son utilisation systématique de la première personne du pluriel, s'associe à ses ancêtres japonais et à leurs tribulations aux Etats-Unis… ou nous associe, nous, lecteurs ?

Pour aller plus loin, voir l'article du Monde Diplomatique, "l'histoire cachée des japonais américains". Sur l'internement des Japonais en Amérique du Nord (Canada), lire aussi "Obasan" de Joy Kogawa, un classique outre-Atlantique (mais il est difficile de se le procurer en France !)

28/10/2012

plan-plan cul-cul

Cinquante nuances de Grey (tome 1/3)

E.L. James, JC Lattès, 2012

Le roman Fifty shades of Grey est sorti en France après des ventes triomphales aux Etats-Unis. Les médias en parlent, les jeunes du Petit Journal de Malval (Vaugneray) ont testé pour nous.

L'histoire est celle d'Anastasia, étudiante en lettres qui passe sa licence. Toujours vierge (ha ! ha ! ha !), elle n'a jamais craqué pour un homme avant d'interviewer maladroitement le beau, le jeune, le ténébreux milliardaire Christian Grey. L'attirance est respective, mais Christian Grey, traumatisé par une jeunesse difficile, ne conçoit l'amour que dans une torride relation dominant –soumise. D'où quelques scènes sexuelles explicites...

Le récit, sorte de roman à l'eau de rose érotique, est assez simpliste, alternant  entre les moments où Anastasia tente de rejoindre son prince charmant dans son monde de fantasmes sexuels, et ceux où elle lui résiste. L'écriture est souvent maladroite, elle frise le ridicule par moments ("le brushing post-coïtal lui va si bien"), à moins qu'il ne s'agisse de la traduction de Denyse Beaulieu ?

Rien de bien extraordinaire, donc, ni de bien choquant dans ce premier tome. Les deux suivants devraient paraître en 2013. Le phénomène prendra-t-il en France ? le marketing gagnera-t-il ?...

23/10/2012

Batchalo

BATCHALObande dessinée,tsiganes,déportation

Michaël Le Galli, Arnaud Bétend. – Delcourt, 2012. (Histoire et histoires)

17.95 €

 

Février 1939, en Bohême. Un cortège de villageois furieux se dirige vers un campement de tsiganes, soupçonnés d'avoir enlevé deux enfants. Après quelques échanges haineux, il ressort que 10 enfants Rroms sont également introuvables. Des empreintes de bottes et de lutte laissent à penser que les enfants ont été capturés. Josef, un jeune policier veuf dont le fils unique Roman a disparu, part avec les tsiganes à la poursuite des ravisseurs. Les enfants ont été enlevés par des nazis pour servir de cobayes aux expérimentations sur les tsiganes.

Sur leurs traces, ils traversent la Bohême et entrent sur les territoires annexés par l'Allemagne, où ils finissent par être internés en camp de concentration. Josef s'est tellement intégré à la famille tsigane, qu'il subit le même sort.

Le fils de Josef et son ami, protégés un temps par leur prétendu statut de jumeaux, sur lequel les Nazis font des recherches, ont échappé à l'inoculation de maladies. Cependant  ils finissent par rejoindre eux aussi le camp d'Auschwitz, où les Rroms dépérissent, et où le docteur Mengelé procède lui aussi à des expérimentations effroyables…

 

Remarquable bande dessinée en un tome, sur le génocide des Rroms. "Batchalo"  signifie en langage rrom "bonne chance"… mais la seule chance qu'auront eu les personnages, c'est l'entraide et l'amour entre Josef le policier et Silenka la bohémienne.

Le récit est très documenté, et complété d'un dossier en fin d'ouvrage. L'illustration de qualité, au trait précis, présente un encrage très soigné dans les tons sépia, qui rend bien les mouvement, les ombres et les lumières.

 

 Coup de coeur d'Aline et Fabienne

15/10/2012

Le monde à l'endroit

Le monde à l'endroitAmérique, récit d'initiation

Ron Rash

Traduit de l'anglais The world made straight (2006) par Isabelle Reinharez

Seuil, août 2012, 19.50 €

Travis Shelton, un jeune gars de 17 ans,  a grandi dans le comté de Madison, en Caroline du Nord. Fils de fermier, destiné à devenir à son tour fermier, il a laissé tomber le lycée, après avoir joué pas mal de mauvais tours aux professeurs avec son copain Shank. Son père le fait travailler dur sur ses plantations de tabac, sans jamais un mot de remerciement ou d'approbation, et Travis supporte de plus en plus mal ses critiques injustes.

Un beau jour de pêche à la truite, Travis tombe par hasard sur une plantation clandestine de marijuana, et y voit l'occasion de se faire un peu d'argent facilement en revendant quelques pieds.  Mais la famille Toomey n'est pas tendre, et lorsqu'il retourne une fois de trop couper des plans, c'est par un piège à loup et un couteau serpette qu'il est accueilli !

Pendant sa convalescence, il s'installe chez Léonard, ancien professeur et dealer à la petite semaine. Fasciné par l'histoire des Etats-Unis et en particulier par le massacre de Shelton Laurel pendant la guerre de Sécession, il commence à fréquenter la bibliothèque, et de fil en aiguille se remet aux études... sans pour autant perdre sa naïveté et sa propension à s'attirer des ennuis !

Des personnages assez complexes entourent Travis : Léonard, professeur et père déchu, fasciné par des registres tenus par un ancêtre médecin pendant la guerre de Sécession ; Carlton Toomey, fermier, et trafiquant de drogue sans pitié ; Dena, ancienne jolie fille devenue dépendante des drogues ; et la fascinante Lona, acharnée à sortir de la pauvreté par les études.

L'écriture, forte et poétique, mêle adroitement les descriptions de paysages ruraux américains, les parties de pêche… et les scènes pleines de tension : sorties alcoolisées entre copains, révolte contre le père injuste, confrontations au terrible Carlton Toomey…

Aline

08/10/2012

Marionnettistes de père en fils

Je suis la marquise de Carabas

Lucile Bordes, éditions L.Levi, août 2012, 14.50 €

Instituteur à la retraite, Emile livre enfin à sa petite-fille son histoire, celle d'un enfant élevé dans une roulotte, par une famille de marionnettistes forains célèbres. Depuis qu'en 1850 Auguste a, le premier, pris la route pour suivre Chok le  marionnettiste, toutes les générations ont laissé leurs états d'âme de côté pour mettre au service du Grand Théâtre Pitou leurs efforts et leurs talents : Auguste le montreur, chanteur et bonimenteur, Emile le décorateur, inventeur et metteur en scène (avec son fameux carnet "toutélà"), Eugénie la costumière, Clémentine montreuse et musicienne, Gustave le manœuvre discret…

Les Pitou ont arpenté la France entière, avec une préférence pour la région de Saint-Etienne et Rive de Giers où l'accueil était particulièrement chaleureux. Aux meilleures époques, ils se sont retrouvés jusqu'à six manipulateurs sur la passerelle, avec un choix de deux cent marionnettes, Crasmagne restant pour toutes les générations LA marionnette fétiche. Après chaque décès, chaque guerre, les Pitou ont su rebondir, recréer, continuer. Même à l'arrivée du cinéma muet, les artistes se sont adaptés.

Lucile Bordes livre ici l'histoire de sa famille, connue sur le tard. La dynastie Pitou a bien existé, et certaines de ses marionnettes se trouvent à Lyon au musée Gadagne. Le style et l'écriture de ce récit ne présentent aucune particularité, ni bonne, ni mauvaise. Par contre, l'histoire fait rêver, et le lecteur s'attache à ces personnages tout à leur travail en famille, leur passion pour les marionnettes (ou pas)  et leur itinérance.

Aline