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12/09/2012

l'armoire des robes oubliées

L’armoire des robes oubliées

Riikka Pulkinen

Traduit du Finnois Totam par Claire St Germain

Albin Michel, janvier 2012

 

Elsa, la grand-mère, est en phase terminale. Elle et son mari, Marrti, essaient de vivre au mieux des journées qui restent, de profiter de la vie et de leur famille, même si les relations avec leur fille Eleanoora ne sont pas toujours faciles.

Mais la fin de vie est aussi l’heure des bilans. Lorsque leur petite fille ressort d’une armoire une robe oubliée, le passé remonte : leur carrière prestigieuse à tous deux, et les années où ils ont embauché une jeune fille, Eeva, pour s’occuper de leur petite Eleanoora…

 

Le récit alterne les époques, et expose les relations entre des personnages passionnés. Une sorte de destin circulaire relie Eeva et Anna, la fille d’Eleanoora, qui se retrouvent dans une situation similaire.

Ce roman a recueilli de très bonnes critiques,  cependant, je l'ai apprécié sans y adhérer totalement...

Aline

28/08/2012

Le carnet de la mathématicienne

Le carnet de la mathématicienne

Michelle Richmond

Traduit de l’anglais par Sophie Aslamides

Buchet-Chastel, mai 2012

 

                Ellie peine à construire sa vie depuis que sa sœur Lila a été assassinée à l’apogée de sa vie d’étudiante. Elle a toujours admis l’histoire de cette mort telle que racontée par son professeur de littérature – qui au passage a trahi ses confidences pour rédiger un roman à succès.

 

                20 ans plus tard, Ellie rencontre par hasard au fin fond du Nicaragua l’ancien amant –l’âme sœur- de Lila, génie des maths comme elle, qui lui remet le journal intime disparu de Lila : son carnet mathématique. Ellie avait toujours considéré cet homme comme le meurtrier de sa sœur, mais remet en question sa responsabilité, et se plonge dans le carnet mathématique pour mener sa propre quête de vérité.

 

                Son enquête fait référence aux grandes théories mathématiques, sans jamais ennuyer le lecteur, se penche sur la psychologie des personnages, et questionne le rapport entre récit et vérité. Le résultat est un roman policier atypique, au rythme lent.

 

                ̎Une histoire n’a ni commencement, ni fin. On choisit de manière arbitraire le moment à partir duquel on regarde en arrière, ou vers l’avant  ̎. On peut aussi choisir son angle de vue, ou le rôle attribué à chaque personnage… de façon à imaginer un meilleur récit !

J’ai aimé. Aline.

24/08/2012

Plus léger que l'air

Plus léger que l’air

Federico JEANMAIRE

J. Losfeld, 2012

 

Dans une ville Argentine, une vieille dame raconte sa vie au petit voyou qui l’a effrayée pour voler ses économies. Le roman est un long dialogue… où le lecteur ne dispose que des dires de la femme, à partir desquels il imagine les réponses du jeune, qu’elle a réussi par la ruse à enfermer dans sa salle de bains.

 

Un morne huis-clos,  où la vieille femme narre la vie de sa mère, récit en grande partie imaginaire, puisque sa maman est morte peu après sa naissance, en pilotant seule un avion… Ce faisant, elle  laisse aussi transparaître des fragments de sa propre existence misérable, et tente de faire la morale au jeune Santi, qu’elle nourrit de crackers, palmiers et escalopes milanaises glissés sous la porte…

 

La construction du roman est astucieuse, et donne tout son rôle à l’imagination du lecteur. Mais le récit progresse terriblement lentement, à la manière d’une vieille qui n’avancerait pas, pleine d’hésitations et de retours sur soi. Cela donne une lecture lente et triste.

Aline

21/08/2012

portrait de l'artiste en tueur

Portrait de l’artiste en tueur

Gilles D. Perez, Naïve (Noir), 2012          

Un voleur voit son cambriolage chez un parrain de la pègre régionale tourner au carnage. Un petit dealer qui a prélevé de la came pour son usage personnel est menacé par ses fournisseurs. Une belle et naïve bourgeoise est enlevée par des proxénètes. Les règlements de comptes semblent s’accumuler chez les truands… et les policiers de la criminelle comptent les cadavres.

Les flics sont sympathiques, cultivés, et ils ont du flair, mais finalement leur enquête avance peu. Ce n’est pas grave puisque qu’un artiste inconnu leur mâche le travail, semant derrière lui des portraits au crayon…

Roman policier original, où se croisent les vies de nombreux personnages, méchants et justiciers. Agréable, mais pas non plus aussi révolutionnaire que certaines critiques le laissent croire. Aline

31/07/2012

Coup de cœur pour Odessa !

Les fiancées d’Odessamariage

Janet Skeslien Charles, L. Levi, 2011

Vous avez aimé le film « Je vous trouve très beau » ? Lisez  « les fiancées d’Odessa »,  même thématique, décor made in USA…    La couverture du livre, avec sa meringue et ses figurines kitch donne le ton : les fiancées Ukrainiennes sont un rien décalées des célibataires américains qu’elles essaient d’accrocher via Internet et les soirées organisées à Odessa.  L’héroïne Daria, ingénieur employée comme secrétaire le jour, traductrice en soirées la nuit, essaie de fuir les beaux gosses mafieux qui rôdent en grosses berlines, la crasse, les ascenseurs en panne, les bus en retard et les coupures d’électricité. Autour de la table de formica devant l’inoubliable salade de pommes de terre de sa grand-mère adorée, Daria cultive elle aussi son rêve  du gentleman  américain prodigue…

 

Nous sommes dans un vrai roman, et c’est au cœur de l’intrigue (heureuse) que l’auteur nous fait approcher des différences culturelles... cruelles. Avec une  conclusion  qui n’est pas forcément celle  qu’on attendait ! 400 pages d’un roman très actuel que vous quitterez à regret !

Sylvie B.

 

11/07/2012

Coup de coeur au féminin

Les filles de l'ouragan, Joyce Maynard

Du souffle..! Et un vrai roman féminin pour cet été

L’une  s’appelle Ruth, l’autre Dana, leurs lettres se croisent pour tisser la trame prenante d’un vrai roman. Deux destins féminins qui débutent en 1950, jour d’ouragan dans le New Hampshire… Voilà qui donne du souffle  à cette histoire développée  un demi siècle. Plus que le secret final,  le contexte social  (les errances de deux adolescentes  qui vont subir la combinaison des préjugés religieux,  le poids de l’éducation dans un milieu agricole et sans originalité pour l’une, pour l’autre une déroute familiale sur prétexte pseudo- artistique ) l’alchimie imprévisible qui en résulte font qu’on ne lâche ce livre qu’avec  regret …. Si l’on ajoute deux histoires d’amour, pas trop traditionnelles non plus, on a tous les ingrédients d’un  roman très prenant, féminin sans aucun doute,  pour l’été.

Sylvie B

04/06/2012

Mille petites falaises

Mille petites falaises
Shaughnessy Bishop-Stall
Actes Sud (Actes noirs), 2012

Traduit de l'anglais par Pierre Girard, voici un roman canadien à suspense noir, très noir ! Les personnages en sont complètement  déjantés, alcooliques et drogués pour la plupart, à commencer par Mason, le anti-héros par excellence.

Ecrivain en panne d'inspiration, couvert de dettes de jeu, sans cesse remis en selle par son ami Chaz, il semble gâcher ses chances systématiquement malgré les meilleures intentions. Et pourtant, une certaine grâce l'habite : le don de s'intéresser aux autres, de vouloir les aider, voire d'aimer jusqu'aux plus abîmés d'entre eux.

On croise une psychologue, un psychopathe, des déprimés, toutes sortes de fracassés de la vie (sans parler de leurs fantômes) dans ce roman déroutant... et haletant !

Aline

28/05/2012

La dernière conquête du major

La dernière conquête du Major Pettigrew
Helen SIMONSON, éd. NiL, 2012

Le Major Pettigrew, parfait gentleman retiré dans son cottage familial de la campagne anglaise, perpétue les traditions de golf, chasse, etc. qui correspondent à son rang. Il coule des jours paisibles mais trop solitaires depuis la mort de sa chère épouse Nancy.
Très éprouvé au moment du décès de son frère Bertie, il est soutenu avec tact et gentillesse par madame Ali, l'épicière du village -d'origine pakistanaise- pour laquelle il ne tarde pas à éprouver de tendres sentiments. La communauté villageoise, comme la famille traditionaliste de madame Ali, réprouve leur relation naissante.
Et ce n'est pas Roger, fils unique du Major, ambitieux et avide, qui risque de lui venir en aide !
Ce roman très agréable à lire, quoique un peu long, est une leçon de tolérance dans un univers "so british" plein de charme. Les caractères sont plus nuancés qu'on ne l'imagine au premier abord.

Aline

les séparées

Les séparées
Kéthévane DAVRICHEWY, éd. S.Wespieser, 2012

Quand s'ouvre le roman, le 10 mai 1981, une partie de la France exulte, l'autre partie panique en voyant se dessiner le visage de François Mitterrand sur les écrans de télévision...
Cécile et Alice ont 16 ans, et proviennent de familles que tout oppose. Pourtant elles ont derrière elles des années d'une amitié fusionnelle, et autant à venir. Etudes, voyages, époux et enfants ne les sépareront pas ! Et pourtant, 30 ans plus tard, elles sont "séparées". Pourquoi ? Malentendus, secrets, jalousie ?...

Dans ce roman à deux voix, écrit avec finesse, les deux femmes sont plongées dans leurs réflexions et leurs souvenirs. L'une sous le choc de la séparation d'avec son mari, l'autre immobile et silencieuse sur son lit d'hôpital.
Aline

06/05/2012

Un homme meilleur

Un homme meilleur, d'Anita NAIR

Editions P.Picquier, 2003 (traduit de l'anglais, Inde)

Bhasi, peintre en bâtiment -surnommé Bhasi le timbré- est aussi guérisseur à ses heures. Passionné de plantes médicinales qu’il fait pousser dans son jardin ou va récolter dans la jungle, il a appris empiriquement à soigner les cas désespérés.

Pour autant, comme il n’est ni riche, ni né au village, son statut à Kaikurussi n’est pas  formidable. Il n’est pas non plus le héros du roman, mais celui qui, par ses soins et son amitié, va initier la transformation du personnage principal : Mukundan.

Mukundan, après une vie de fonctionnaire méticuleux et honnête à la ville, revient s’enterrer dans son village natal. Très marqué par l’ombre autoritaire et brutale de son père, Achutan Nair, il est resté célibataire et se retrouve très seul à la retraite. Littéralement hanté par le souvenir de sa mère martyrisée par son terrible époux, il se terre dans un coin de la grande maison familiale.

Récit de son évolution, influencée par Bhasi et par d’autres rencontres, le roman est aussi une chronique du bourg, une description des courants souterrains d’influence qui y circulent, et un portrait pittoresque de ses habitants : Kamban le postier, Krishnan le serviteur dévoué, Shankar le tenancier du débit de boissons, quelques fonctionnaires paresseux et véreux, Ramakrishnan de Fort Manoir le parvenu… et des femmes dont les choix semblent bien limités par le bon vouloir des hommes.

Au bout du compte, Mukundan parviendra-t-il à devenir « un homme meilleur » ?

Aline