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01/09/2010

Encore l'Islande...

Retour à Reykjavik,  Kristof MAGNUSSON     Gaïa, 2008

Larus est Islandais, mais vit en Allemagne depuis longtemps. Il rentre à Reykjavik pour passer Noël avec son amie d'enfance, Matilda, et leurs amours respectifs.  Mais rien ne se passe comme prévu, puisque les deux couples éclatent avant les vacances, et que les deux amis ne parviennent plus à communiquer.

L'auteur nous promène dans tout le Reykjavik "branché" d'aujourd'hui, mêlé de références à la construction de l'identité nationale, et en particulier à la saga fondatrice d'Egill Skallagrimsson.

Quête du passé et quête de l'oubli s'entrecroisent. Larus ne comprend pas ce qui lui tombe dessus, mais il fonce tête baissée dans une ville sans pitié, entraînant des dommages collatéraux.

Roman intéressant, mais à réserver aux amateurs d'Islande, car le lecteur, lui non plus, ne comprend pas tout ! Aline

Charlie n'est pas rentrée

Charlie n'est pas rentrée,   NICCI FRENCH     A Vue d'Oeil, 2009

Combat d'une femme pour retrouver sa fille, disparue depuis le matin, en dépit des policiers qui pensent à une fugue et commencent leurs investigations sans conviction.

Plusieurs lecteurs m'ayant fait des commentaires élogieux sur NICCI FRENCH, couple d'auteurs de thrillers, j'ai profité des vacances pour me lancer avec ce titre-ci. Résultat ? Pas mal, sans plus. L'intrigue est bien agencée, avec de l'action et du suspense. Mais pour moi, les personnages sont trop peu développés. Plutôt agréable à lire, ce livre ne me laissera pas grand souvenir, finalement.

Pour ceux qui préfèrent un style de thriller dépouillé de descriptions et d'analyses.

Aline

27/08/2010

Zulma

L'écharde,   Paul WENZ     Zulma, 2010

"La journée avait été rude pour John Iredale et pour son manager ; ils avaient fait passer trois mille brebis dans les yards. La poussière poivrée leur avait brûlé les yeux, leurs mains étaient égratignées par les graterons, et le maniement des bêtes récalcitrantes leur avait donné une onglée qui durait encore."

En plein bush australien, John Iredale, jeune boss de la "station" de Tilfara, fait consciencieusement  tourner son ranch, l'un des plus beaux de la région, secondé par des hommes capables et efficaces.

Les choses se compliquent avec l'arrivée d'une jolie gouvernante, qui n'admet pas qu'Iredale se fiance ailleurs, et passe sa vie à essayer de lui mettre des bâtons dans les roues. John, qui manipule à longueur de journée des barrières en bois mal dégrossi, sait de quoi il parle lorsqu'il compare Sarah à une écharde dans sa vie : "...cette petite douleur lancinante, sourde, énervante..."

Qui voudrait se plonger dans une saga sentimentale -que le lecteur serait en droit d'attendre, avec un sujet pareil- sera certainement déçu. L'intrigue progresse trop vite pour celà, et la vie des personnages se déroule sans fioriture.

L'intérêt du roman réside plutôt dans le regard de l'auteur sur la vie dans les stations australiennes, une ambiance un peu nostalgique de bon vieux western australien, et les frictions constantes entre les deux personnages principaux. Ce livre, écrit en 1931 par un contemporain de Jack London installé en Australie, n'a pas pris une ride.

Une bonne occasion de découvrir les éditions Zulma, pour le lecteur qui n'aurait pas encore été attiré par ses couvertures à motifs psychédéliques...

Aline

Tu ne jugeras point

Tu ne jugeras point,   Armel JOB     R. Laffont, 2009

Dans un quartier de banlieue calme, en Belgique, un jeune enfant disparaît, apparemment enlevé du landeau que sa mère avait garé devant une boutique, le temps de faire un achat.

Le roman relate les investigations des inspecteurs et du juge d'instruction, qui tentent consciencieusement de retracer les évènements et de découvrir la vérité. Mais les témoignages sont parfois contradictoires, et les indices ne concordent pas.

Dans un cas de kinapping, la justice n'a pas droit à l'erreur. Elle est pourtant rendue par des être faillibles. La citation de Saint Augustin mise en exergue du livre, est particulièrement chargée de sens :

"Que dire des poursuites judiciaires -inévitables dans les États les plus tranquilles- que les hommes engagent contre leurs semblables ? Qu'en penser, sinon qu'elles sont bien misérables, bien pitoyables ? Et cela pour la simple raison que les juges ne sauraient avoir accès à la conscience de ceux qu'ils poursuivent".

Ce roman, qui n'est pas un policier, s'intéresse à la psychologie des personnages, et à la mince frontière qui peut séparer la culpabilité de l'innocence... Les développements sont parfois un peu prévisibles, mais le récit est mené avec doigté, et le dernier chapitre renvoie habilement le lecteur à son propre jugement.

Jacqueline et Aline l'ont trouvé intéressant.

26/08/2010

L'extravagant voyage...

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet,   Reil LARSEN   (Nil, 2010)

Beau livre, agrémenté de schémas et de cartes en marge du récit, ce roman s'adresse aux adultes et ados dans un registre qui n'est pas sans évoquer les voyages de Jules Verne.

Tecumseh Sansonnet Spivet, enfant précoce passionné de cartographie et d'observation scientifique, vit sur un ranch du Montana avec ses parents, sa soeur Gloria et les souvenirs de son frère Layton. Dans cette famille atypique, seule Gloria se considère comme "normale". Le père est un rancher taciturne, la mère une scientifique plus dévouée à la recherche sur les coléoptères qu'à son foyer. Layton, graine de rancher, est mort dans un accident d'arme à feu.

T.S. reçoit un appel du musée Smithsonian l'informant qu'il a reçu le prestigieux prix Baird pour ses illustrations scientifiques. Il est convié à Washington pour un discours et une résidence scientifique, mais là-bas, personne ne se doute qu'il n'a que 12 ans... Muni d'une valise pleine d'instruments de mesure et des mémoires de son arrière grand-mère (première femme cartographe des Etats-Unis),T.S. entreprend de traverser seul les Etats Unis pour se rendre à la capitale, fuyant du même coup l'ambiance pesante du ranch.

A tous ceux qui ont gardé une âme d'enfant, je recommande ce récit de voyage initiatique plein de fraîcheur, d'humour et de fantaisie.

Aline

24/08/2010

Katiba

Katiba, Jean-Christophe RUFIN    Flammarion, 2010

Katiba (katiba est un camp de combattants islamistes dans le Sahara) est un thriller géopolitique qui nous entraine dans un monde de manipulation extrême. On y  rencontre des espions, des militaires, des islamistes, des humanitaires, des agents doubles, triples et même plus. Un des ressorts de l'histoire est l'élection d'Obama, un autre est une lutte féroce entre différents groupes d'islamistes.

Avec clarté, Jean-Christophe Rufin fournit quelques clefs qui permettent de comprendre les ressorts du terrorisme international. Il pose également, à travers notamment le personnage de Yasmine, la question du lien entre terrorisme et difficulté d'intégration.

Un bon roman captivant et très intéressant.

Annie

 

23/08/2010

Le tailleur de pierres

Le tailleur de pierres, Camilla LACKBERG   Actes Sud, 2009

Troisième enquête de Patrick Hedström dans la petite ville suédoise de Fjällbacka, après la Princesse des glaces et le Prédicateur.

Tandis que sa femme Erika souffre de babyblues et que l'adaptation à Maja, leur nouveau-né, est assez difficile, Patrick doit enquêter sur l'assassinat de la petite Sara, retrouvée noyée.

Querelles familiales et de voisinage, réseau de pédophilie,... le petit monde tranquille de Fjällbacka n'est pas très reluisant. Et une bonne moitié des forces de police ne vaut guère mieux.

Cette série policière se lit toujours avec intérêt, même si cette fois la fin était assez prévisible. Aline

27/07/2010

Le lac ne tient pas ses promesses...

Terre des affranchis,   Liliana LAZAR                

Editions Gaïa, 2009

Prix Luciole des libraires 2010

 

Voici un titre vaste pour une immersion en terre roumaine, ancestrale, rustique et bardée de superstitions. De  l’avant Ceausescu et jusqu’aux années 80, le lecteur n’apprendra que peu de choses sinon la constance de l'humain, dans la grandeur ou  la bassesse. Que la Roumanie soit religieuse ou communiste, qu’on décroche brutalement insignes et drapeaux, rien ne change vraiment.

 

Les personnages du roman  se divisent en deux catégories, les héros, des âmes pures  ( rares ) et qui finissent mal en général ( le prêtre torturé, la sœur Eugénia, Daniel le marginal)   et des opportuns qui tournent leur veste. De ce roman sans grand effet de style, dans un décor surnaturel, avec ses personnages taillés à la serpe, on se surprendrait presque  à espérer un petit dénouement philosophique.

 

Les meurtres se succèdent laissant accroire qu’on se serait trompé de genre. On identifie assez rapidement les criminels (quasiment né en l’état…) lourdauds, le front bas, figés sur leurs pulsions comme Victor surnommé « bœuf muet »… Les victimes sont de jeunes innocentes ou un marginal persécuté par de méchants villageois incultes et superstitieux.

 

Ayant acquis la conviction au bout des 200 pages que le policier Simion n'était finalement pas le personnage principal, j'ai refermé le livre, écrasée par le déterminisme ambiant. Avec  l’impression d’avoir peu voyagé, sinon dans cette forêt sombre, rivée au lac, qui comme ce premier roman … n’a peut être pas tenu toutes ses promesses.

Sylvie

20/07/2010

Le chuchoteur

Le chuchoteur,   Donato CARRISI      Calmann-Lévy, 2010

Un bon thriller à l'américaine, efficace et macabre à souhait !

Suite à la découverte de six petites fosses contenant chacune un bras de fillette, l'équipe du criminologue Goran Gavila enquête, avec l'aide de Mila Vasquez, spécialiste dans les affaires d'enlèvements.

Mais le meurtrier semble manipuler les policiers, les conduisant -à travers des mises en scène de plus en plus morbides- à la découverte d'autres graves affaires de pédophilie et de meurtres...

Aline

De l'eau pour les éléphants

De l'eau pour les éléphants,   Sarah GRUEN         Albin Michel, 2007

Le vieux monsieur Jacob Jankowski accepte mal les attaques de l'âge, et l'installation en maison de retraite après la mort de sa tendre épouse. A l'occasion du passage d'un cirque sous ses fenêtres, il se souvient de ses jeunes années :

A la veille de son examen final d'études vétérinaires, il avait appris à la fois la mort accidentelle de ses parents et leur ruine. Désemparé, il s'était fait embaucher comme vétérinaire dans un cirque itinérant qui sillonnait les Etats Unis en train.

Très attaché aux animaux -tout particulièrement à Rosie l'éléphante- et séduit par la belle écuyère, il a aussi découvert l'envers du décor. Dans cette Amérique de la Grande Dépression les employés du cirque étaient parfois plus mal traités que les animaux, et tous étaient pareillement exploités.

Au delà du roman d'amour et d'amitié, l'auteur a su peindre une fresque évocatrice, à la fois noire et pittoresque, du monde du cirque ambulant. Des photographies d'époque en noir et blanc, intégrées au livre, ont inspiré l'auteur pour ce récit attachant et dépaysant.

Sarah Gruen a également écrit un roman sentimental d'assez bonne facture se déroulant dans le milieu équestre : la leçon d'équitation.

Aline