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15/03/2010

Ecole des saveurs

L’école des saveurs, Erica BAUERMEISTER                         Presses de la Cité, 2009

Laissez-vous tenter par ce roman facile à déguster, bien dans la thématique actuelle de la bibliothèque…

Lillian tient un restaurant gastonomique, et propose chaque année une session de cours de cuisine, de l’automne au printemps.

Sa passion pour la cuisine est née lorsqu’encore enfant elle essayait d’intéresser sa mère dépressive à la vie concrète, et de la réveiller par ses essais culinaires. La cuisine a pour elle une dimension philosophique et thérapeutique.

Cette année, l’école des saveurs réunit des élèves de tous horizons, qui partagent tentatives culinaires, blessures de la vie et aspirations, sous la houlette bienveillante de Lillian.

Aline

04/01/2010

Banal oubli

Banal oubli (nuit muette sur la croix de l’arc-en-ciel)      Gary VICTOR, Vents d’ailleurs, 2008

Dépaysement garanti, avec un auteur haïtien décoiffant.

Pierre Jean, écrivain Haïtien " espoir pour le prix Nobel ", s’oublie une nuit au bar " chez James ". Une part de lui – son subconscient ? - prend son indépendance et entame une vengeance pour tous les outrages qu’il a subis lorsqu’il était enfant.

Pour couronner le tout, le personnage principal du roman -qu’il écrit pour raconter cette expérience- se retourne aussi contre lui et conteste la dictature des créateurs sur leurs personnages. Il revendique la devise transmise par le père de l’écrivain : " Vainqueur ou vaincu, surtout vaincu, ne laisse à quiconque, pas même à Dieu, le soin d’écrire ton histoire ".

Les cadavres pleuvent, les fantômes et personnages vaudou se démènent dans ce roman déroutant, échevelé et sombre. On n’est pas certain d’avoir tout compris à la fin du récit, on ne sait plus bien qui est qui, mais on s’est laissé surprendre et embarquer dans une ambiance haïtienne moite et hallucinée.

Aline

22/12/2009

La vie d'une autre

La vie d’une autre             Frédérique DEGHELT      Actes Sud, 2007

Marie a 25 ans. Un soir de fête, elle a craqué pour le charmant Pablo. Elle se réveille le lendemain…. 12 ans plus tard, mariée, avec 3 enfants, sans aucun souvenir des années écoulées !

Elle choisit de ne pas avouer son amnésie, et d’improviser son rôle en attendant de retrouver la mémoire ou de comprendre ce qui s’est passé.

Du coup, ses rêves et sa légèreté de jeune femme se retrouvent confrontés brutalement à une vie familiale plutôt réussie, certes, mais difficile à assumer quand on ne se rappelle en rien comment on en est arrivé là !

Et si tout va si bien dans sa vie, que Pablo et elle sont toujours amoureux, que leur famille idéale fait même des envieux, pourquoi son cerveau a-t-il soudain choisi l’amnésie ?… retrouver ses souvenirs est-il vraiment souhaitable ?

Aline

23/11/2009

Corps et âme

Corps et âme                Frank CONROY Gallimard, 1996

Un plaisir de lecture de 500 pages, merci à la lectrice qui me l’avait recommandé !

New York dans les années 40 et suivantes, une ville en pleine évolution, plutôt pittoresque, où l’on vit par quartier, par milieu social.

Enfant, Claude Rawlings est totalement livré à lui même. Sa mère, excentrique et sans doute dépressive, fait le taxi toute la journée et le laisse dans leur " basement flat " où règne le plus grand désordre (déjà que ces appartements quasiment en sous-sol ne sont souvent pas bien joyeux !).

Claude trompe l’ennui en regardant par le soupirail passer les pieds des gens. Son seul passe-temps est le piano de boîte de nuit blanc entreposé dans la chambre du fond. Ce piano et la découverte de la musique vont transcender sa vie. Avec les encouragements du vieux pianiste Weisfeld, puis de tous les professeurs que celui lui trouvera, Claude va développer son don pour la musique et devenir professionnel.

Une histoire de vie, mais surtout une formidable description de la façon dont on peut s’approprier la musique, progresser encore et encore dans sa sensibilité et son apprentissage… Un seul bémol : l’apparente facilité avec laquelle toutes les difficultés semblent s’aplanir d’elles-mêmes devant le talent de Claude rend le récit un peu moins crédible.

Mais dans l’ensemble, un grand livre ! Moi qui ne suis pourtant pas pianiste, j’ai été fascinée !

Aline

11/11/2009

Une trop bruyante solitude

Une trop bruyante solitude,

Bohumil HRABAL           R. Laffont, 1983

Voilà 35 ans que Hanta "travaille dans le vieux papier" à Prague, et qu'il boit de la bière pour tenir le coup. Sous une vieille presse hydraulique - bouton vert - bouton rouge - il compresse jour après jour des tonnes de papiers et de livres.

Le lecteur ne peut rester indifférent devant ce portrait d'une noirceur kafkaïenne. Hanta vit dans un appartement tapissé du sol au plafond de livres récupérés, met de côté quelques livres rares pour de pittoresques collectionneurs, et s'est donné pour mission - à défaut de pouvoir sauver tous les livres - de les enterrer dignement : au coeur de chaque ballot de vieux papiers, confectionné avec amour, il dépose un livre précieux à ses yeux, ouvert à une page significative : Goethe, Schiller, Hegel, Nietsche ou Hölderlin...

Totalement immergé dans la lecture et dans son travail, il ne semble pas avoir de vie propre, si ce n'est pendant un temps une étreinte réconfortante avec une tzigane, dont il ne connaîtra jamais le nom. Sa seule ambition, contrariée par l'arrivée de brigades de jeunes ouvriers modèles, est de racheter le pilon à sa retraite, pour confectionner des balles de papier à la mesure de son art.

Paradoxe entre cet homme fruste et crasseux, outil de destruction des livres, et sa passion presque mystique pour leur contenu. Contraste  aussi entre une lecture un peu ennuyeuse (et oui, je l'avoue, j'ai lu ce livre à la fois fascinée et ennuyée) et un contenu extrêmement fort !

Aline

08/11/2009

L'aveuglement

L’aveuglement, de José SARAMAGO              Seuil, 1997

Il y a quelques semaines, Marie-Claire m’a recommandé la lecture de José Saramago. Mon premier contact, avec L’Aveuglement, a été rude.

En ville, arrêté à un feu rouge dans sa voiture, un homme devient soudain aveugle. Puis sa cécité se transmet rapidement à tous ceux qui l’approchent, et malgré la mise en quarantaine, l’épidémie se propage dans tout le pays.

L’auteur suit l’évolution des groupes mis en quarantaine dans un ancien asile de fous. Privés de repères, les aveugles tentent de s’organiser par dortoirs, mais certains en reviennent à un fonctionnement primitif et égoïste.

Seule une petite communauté semble sauvegarder des valeurs de solidarité et de moralité, mais serait-ce seulement parce qu’elle est guidée par la seule femme épargnée par l’épidémie ?

L’auteur dépeint une rapide et effrayante déshumanisation de la société. Un livre dérangeant, fort. (Je n’ai pas apprécié l’écriture, mais c’est sans doute tout à fait personnel.)

Aline

La sanction

La sanction, de TREVANIAN

Gallmeister 2007, première édition R. Laffon, 1975

Ancien alpiniste de renommée internationale, Jonathan Hemlock est professeur et expert en art, grâce à son " œil parfait ". Mais sa maison, une ancienne église rénovée, et sa collection particulière de toiles de maîtres lui coûtent cher.

Aussi s’est-il laissé recruter par la CIA – pardon, la CII – pour arrondir ses fins de mois. Il effectue des missions pour l’ agence gouvernementale, et très exactement des " sanctions " ou assassinats. Jusqu’au contrat de trop : manipulé par s’agence, il sera forcé d’effectuer une sanction sur les pentes de l’Eiger, l’une des montagnes les plus dangereuses des Alpes. De plus, il ignore lequel de ses trois compagnons de cordée est l’homme à abattre…

L’ascension de l’Eiger donne une " vraie " dimension à ce polar par ailleurs assez bien ficelé, à la James Bond, avec héros athlétique et surdoué, dénué de sentiments (ou presque) mais doté d’un sens de l’honneur exagéré.

Lire aussi L’Expert, dans la même veine.

Aline

27/10/2009

Les falsificateurs

Les falsificateurs, suivi de Les éclaireurs

Antoine Bello,     Gallimard (2007-2009)

 

Les falsificateurs

 

Sliv, jeune Islandais prometteur, est engagé par le CFR (Consortium de Falsification du Réel), vaste organisation internationale qui falsifie la réalité.

 

Le jeune homme, doué pour inventer des scenarii, progresse vite dans l’organisation. Il en apprend beaucoup sur les gigantesques moyens du CFR - parfois de façon douloureuse - mais bien peu sur les réelles motivations du Consortium…

 

Roman fascinant, vertigineux lorsqu’on aborde les questions de falsification de la réalité et de l’Histoire…

 

Les éclaireurs

 

Brillant agent des "opérations spéciales", Sliv est appelé à la rescousse pour les opérations délicates. Il gravit les échelons au sein du CFR, cherchant  toujours à comprendre l’idéal qui sous-tend le Consortium.

 

Il est ébranlé dans ses convictions lors des attentats du 11 septembre 2001 et s’inquiète d’une possible responsabilité du CFR dans la montée de l’intégrisme islamique et le durcissement américain qui mèneront à la guerre en Irak.

 

Plus qu’un roman de l’imaginaire, c’est aussi l’histoire d’une grande nation, les USA, qui trahit ses valeurs…

 

L’auteur parvient à intégrer dans la grande Histoire une imagination débordante qui reste toujours à la limite du plausible !

Du thriller politique… autrement !

Troublant et intéressant, même si le lecteur peut trouver quelques longueurs.

 

Aline

05/10/2009

L'odeur

L’odeur,   Radhika JHA     P. Picquier, 2002

Lîla, d’origine indienne, a toujours vécu choyée au Kenya. Quand son père est tué dans une émeute, la famille éclate, et Lîla est envoyée chez un oncle à Paris, tandis que sa mère et ses jeunes frères refont leur vie à Londres.

Solitaire, brimée, elle rejette le carcan familial écrasant, et doit apprendre à se débrouiller seule dans la capitale, avec pour seuls atouts sa beauté exotique et ses talents culinaires. Faute d’amour et de visa, elle va d’amants en infortunes, et son parcours professionnel est chaotique.

Sans doute excessif dans sa critique des parisiens, ce roman décrit avec des accents de conte le parcours d’une immigrée dépendante des hommes pour son visa. Son odorat surdéveloppé, qui fait merveille dans l’art culinaire, est aussi sa malédiction.

De belles pages sur la cuisine (indienne) et la perception des arômes. Pourtant, pour ce qui est du rapport au monde par les odeurs, j'avais préféré le Parfum, de SUSKIND.

Aline

Laisse les hommes pleurer

Laisse les hommes pleurer, Eugène DURIF     Actes Sud, 2008

Gardien de prison en Bretagne, Léonard a été exclu pour s’être opposé à une injustice envers un prisonnier. Soigné pour dépression, il décide de se replonger dans son passé, qu’il avait longtemps réussi à mettre de côté, mais qui le hante désormais.

Il part à la recherche de Sammy, son ami d’enfance, jeune Réunionnais placé comme lui par l’Assistance dans une ferme de la Creuse. Habité par ses souvenirs, il revit leurs dures années d’exploitation à la ferme, égayées par les journées d’école et l’amitié de Célimène.

Un chemin vers la reconstruction ?

Un livre qui donne envie d’en apprendre plus sur le déplacement forcé d’enfants de la Réunion, pas toujours orphelins,… Encore un chapitre méconnu de l’histoire de France ?

Aline