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05/10/2009

Eleanor Rigby

Eleanor Rigby, Douglas COUPLAND,   Au Diable Vauvert, 2007

Sur recommandation, j’ai passé outre la couverture bariolée, et ne l’ai pas regretté. Avec beaucoup d’humour introduit par le cynisme et l’autodérision de la narratrice, c’est un beau roman sur la vie (aux US), la solitude…et l’amour.

Liz Dunn est grosse et pas bien belle, elle a un travail sans intérêt, et vit seule dans un appartement sans caractère. Lucide, l’esprit acéré, elle n’attend rien de la vie, surtout pas l’amour.

Sa vie est bouleversée lorsqu’on l’appelle de l’hôpital où vient d’être admis un jeune inconnu : Jérémy, hospitalisé après une overdose, porte un bracelet médical avec la mention " en cas d’urgence, contacter Liz Dunn ".

L’auteur alterne des chapîtres au passé, remontant à la jeunesse de Liz pour comprendre comment la situation a pu se produire, et des chapîtres au présent sur la relation entre Liz et Jérémy. En prime, quelques moments abracadabrants, comme cette évacuation d’un aéroport international… provoquée bien involontairement par Liz !

Très bien !

Aline

23/09/2009

La grand-mère de Jade

La grand-mère de Jade, Frédérique DEGHELT

Actes Sud, 2009

  

Jade va chercher sa grand-mère de 80 ans en Savoie (menacée de la maison de retraite) et la ramène à Paris.

Il naît une grande complicité entre les deux, elles partagent l'amour de la lecture et de la littérature.

 

Deux personnages complètent ce charmant tableau : un jeune Indien « craquant », un éditeur « idéal ».

La fin est inattendue et « rassurante ».

 

Livre bien écrit, agréable à lire, c'est un joli conte moderne auquel on se laisse prendre.

 

Au comité de lecture d’octobre 2009

  

Marie-Claire

25/08/2009

Le lieu perdu

Le lieu perdu,   Norma HUIDOBRO

L. Levi, 2008

 

Un tortionnaire, Ferroni, expert en interrogatoires au service de la dictature argentine dans les années 1970, se voit confier, contre son gré, une mission : obtenir des renseignements auprès d'une jeune femme Marita, amie de Mathilde partie travailler à Buenos Aires et qui s'est enfuie avec un « subversif » activement recherché par la police.

 

Marita, blessée dans son enfance, s'enferme dans son mutisme. Elle possède des lettres échangées avec son amie de toujours, Mathilde, et exigées par Ferroni qui reçoit l'aide de la grand-mère Maria dénuée de tendresse. Le soutien de Marita, c'est la vieille et sage Dona Nativita en attente, elle aussi, des lettres de son fils.

 

Ferroni sous ce soleil incandescent retrouve des blessures enfouies qu'il veut oublier, déterminé à venir à bout de la résistance de Marita.

 

Ce qui saisit d'abord dans ce roman c'est la torpeur, la chaleur qui accablent le village où vit Marita. Le soleil écrase le lieu et les hommes ; le silence règne. Parfois des bribes d'images, des souvenirs émergent et laissent deviner des secrets.

 

Ce roman raconte, dans une atmosphère suffocante, une histoire d'amitié, de solitude, de souffrances, où chacun a sa part d'ombre et de mystère dans un pays soumis à une dictature implacable.

 

Annie

Qui a tué Glenn ?

Qui a tué Glenn ?    Léonie Swann

NIL, 2006

 

En lisant le résumé, j'ai été perplexe. Des moutons qui mènent l'enquête sur le meurtre présumé de leur berger... Bizarre et plutôt cocasse !

 

Bien sûr ce ne sont pas n'importe quels moutons ; ils sont tous de race ancienne, rare, à ne pas confondre avec des moutons pour boucherie. Chacun a son caractère, ses défauts, ses qualités, comme les humains.

 

Dirigés par Miss Maple, la brebis la plus intelligente du monde, ils vont, certes difficilement mais obstinément, se détourner (par moments) de leur principale plaisir, brouter l'herbe tendre de la verte Irlande, pour mettre tout leur savoir ovin à découvrir l'assassin.

 

Qui oserait songer que les moutons pensent et se parlent tandis qu'ils broutent, impassibles, leur herbe préférée ?

 

Ce roman, best seller en Allemagne et en Italie, est loufoque, drôle, divertissant.
Si vous voulez passer un bon moment, n'hésitez pas à l'emprunter et bon amusement.

 

Annie

07/07/2009

La reine des lectrices

La Reine des lectrices,   

Alan BENNETT     Denoël, 2009

(& d’Ailleurs)

 

Par hasard, par politesse pourrait-on dire, la Reine d’Angleterre découvre la lecture, grâce à un bibliobus garé dans les communs de Buckingham Palace. Peu à peu, elle délaisse les devoirs liés à sa charge, ou les accomplit sans y croire, entre deux livres.

 

« Cet attrait pour la lecture, songeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s’ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle.

La littérature est une communauté, les lettres sont une république. Elle avait déjà entendu cette formule, lors de remises de médailles et de cérémonies diverses, sans savoir au juste ce qu’elle signifiait. A cette époque, elle considérait que la moindre allusion à quelque république que ce soit avait en sa présence quelque chose de déplacé et de vaguement insultant, pour ne pas dire plus. Aujourd’hui seulement elle en comprenait le sens. Les livres ne varient pas. Tous les lecteurs sont égaux…. »

p. 47

Tout le comique réside dans les réactions de l'entourage de la Reine. Ainsi, le roman alterne entre la farce, bousculant le monde empesé de Buckingham Palace, et la réflexion plus avancée sur le pouvoir de la lecture, qui modifie la perception du monde de la Reine.

C’est une lecture plaisante, amusante, légère –dans tous les sens du terme : 173 pages seulement- à laquelle il manque juste un peu de rythme.

 

Un dernier extrait, pour le plaisir :

 

« Au début, il est vrai, elle lisait avec émotion mais non sans un certain malaise. La perspective infinie des livres la déconcertait et elle ne savait pas comment la surmonter. Il n’y avait aucun système dans sa manière de lire, un ouvrage en amenait un autre et elle en lisait souvent deux ou trois en même temps. Elle avait franchi l’étape suivante en se mettant à prendre des notes… pour recopier certains passages qui l’avaient particulièrement frappée. Ce fut seulement au bout d’un an de cette pratique qu’elle se risqua, non sans hésitation, à noter de temps à autre une réflexion de son cru. "Je perçois la littérature comme une immense contrée, inscrivit-elle un jour : je me suis mise en route vers ses confins les plus extrêmes, en sachant que je ne les atteindrai jamais" …»

p. 70-71

Aline

24/06/2009

Courir

Courir, Jean ECHENOZ          

Editions de Minuit, 2008

 

Biographie d’Emile Zatopek, concentrée sur ses années de courses et de records.

 

Ouvrier en Tchécoslovaquie, il semble s’être mis à la course longue un peu par hasard, et courait sans réelle technique. Malgré tout, il a longtemps surpassé tous ses concurrents et explosé les records.

 

La carrière de celui que l’on surnommait « La Locomotive » a été étroitement contrôlée par le régime communiste. Echenoz en fait un personnage simple et doux, assez indifférent à ce qui l’entourait, voire soumis. Un bref engagement politique au moment du printemps de Prague lui vaudra quand même 8 années dans les mines…

 

Un récit intéressant, mais j’aurais aimé un peu plus de passion, d’engagement dans l’écriture.

 

Aline

22/06/2009

Papa Longues-Jambes

Papa Longues-Jambes,

Jean WEBSTER   (plusieurs rééditions)

 

Judy Abott, orpheline élevée au Foyer John Green dans l’uniforme et le sens du devoir, est repérée par un mystérieux bienfaiteur. Généreux, il subventionne ses années d’études à l’université, et même à l’occasion quelques fantaisies, mais tient à garder un absolu anonymat. Judy n’en connaît que sa silhouette longiligne, aperçue de dos, et l’appelle affectueusement Papa-Longues-Jambes.

 

La seule exigence de son bienfaiteur est que Judy lui écrive régulièrement pour le tenir au courant de ses études, ce qu’elle fait à sa façon, le régalant plus souvent de ses rêves et de ses pensées… Le roman est entièrement composé des lettres de Judy à son Papa-Longues-Jambes, très fraîches, spontanées, et remplies d’un immense amour de la vie.

 

Bien que cet ouvrage date de 1912, il garde tout son charme, avec un je-ne-sais-quoi de suranné. Une sympathique lecture de détente.

 

Aline

 

Tribulations d'une caissière

Les tribulations d’une caissière,

Anna SAM            Stock, 2008

 

Récit drôle et cynique rendant l’atmosphère des grandes surfaces au moment révélateur du passage en caisse.  L’auteur, caissière pendant 8 ans pour payer ses études (puis faute de trouver un autre travail) a rassemblé de nombreuses anecdotes sur ce métier… et sur le comportement des clients !

 

Nous pensons que le passage en caisse est un moment neutre, et nous ne nous surveillons pas… mensonges, petites lâchetés, arrogance, indifférence ou impatience… le monde du consumérisme vu du point de vue de la caissière !

 

Une saine lecture pour changer de regard sur les « hôtesses de caisse » !

 

Aline

11/06/2009

La septième rencontre

La septième rencontre, Herbjørg WASSMO           Gaïa, 2001

 

Même une bibliothécaire qui ne regarde pas la télé et lit vite n’a le temps de lire qu’une part infime de la production littéraire ! Les choix sont difficiles, mais mon attention est toujours attirée par certains éditeurs : Sabine Wespieser, Zulma, Actes Sud, Picquier pour l’Asie… et Gaïa pour les pays scandinaves.

 

Après le passage du bibliobus, donc, j’ai emprunté un « roman Gaïa » dans l’espoir d’une belle rencontre. Et me voilà partie pour la Norvège avec une fresque attachante, assez noire, mais soutenue par la pureté de sentiments de quelques-uns des personnages.

  

Rut Nesset, enfant prodige du pays, peintre reconnue à New-York et Berlin, fait sa première exposition à Oslo. Mais les critiques ne sont pas bonnes, et surtout, sa vie intime est révélée par les paparazzi. Tandis qu’elle se terre pour échapper aux journalistes, Gorm Grande, homme d’affaires respectable, essaie de la joindre avec persévérance….

 

Tout le livre est progression jusqu’à ce moment ultime, leur septième rencontre.

Enfants, issus de milieux totalement différents, Gorm le fils de notable et Rut la fille du Prédicateur sans le sou des îles Lofoten ont été marqués par leur rencontre improbable. Depuis, il ne cessent de penser l’un à l’autre bien que leurs vies ne se croisent que brièvement.

 

Gorm grandit dans une famille bourgeoise au père toujours absent et à la mère neurasthénique et possessive, et peine à trouver sa place dans son milieu. Rut vit au milieu des îliens intolérants, dans une famille modeste, marquée par les grossesses à répétition de la mère, les prêches du père et le handicap de son frère jumeau Jørgen.

 

Quel que soit le milieu, l’ambiance semble oppressante, pleine de colère et de ressentiment, les garçons séduisent les filles qui pensent surtout à se faire épouser, les hommes trompent leur femme,… Alors Rut s’échappe pour étudier et peindre, grâce à sa grand-mère, et Gorm essaie d’exister.

 

Aline

 

06/06/2009

Laver les ombres

Laver les ombres, Jeanne BENAMEUR      (Actes Sud, 2008)

 

Léa est chorégraphe. Elle danse par passion et par nécessité, pour maîtriser sa vie et son corps. Le mouvement parfait, l’alliance avec l’air, lui permettent de faire refluer ses angoisses. Elle aime Bruno, artiste peintre, mais ne parvient pas à vraiment se laisser aller.

 

Son récit alterne avec celui de Romilda, séduite à Naple en 1940 par un beau français, qui l’a forcée à se prostituer en maison close pendant 3 ans. C’est le passé, le « passif » de sa mère, qu’elle avait tu jusqu’ici, mais révèle à Léa une nuit de tempête.

Moment de révélation crucial pour la mère, qui se demande si sa fille va comprendre et pardonner…

 

Comme toujours, un roman porté par l’écriture ciselée de Jeanne Benameur, dont j’ai aussi beaucoup apprécié les romans « Les demeurées », « les mains libres » et « présent ».

 

Aline