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24/06/2009

Courir

Courir, Jean ECHENOZ          

Editions de Minuit, 2008

 

Biographie d’Emile Zatopek, concentrée sur ses années de courses et de records.

 

Ouvrier en Tchécoslovaquie, il semble s’être mis à la course longue un peu par hasard, et courait sans réelle technique. Malgré tout, il a longtemps surpassé tous ses concurrents et explosé les records.

 

La carrière de celui que l’on surnommait « La Locomotive » a été étroitement contrôlée par le régime communiste. Echenoz en fait un personnage simple et doux, assez indifférent à ce qui l’entourait, voire soumis. Un bref engagement politique au moment du printemps de Prague lui vaudra quand même 8 années dans les mines…

 

Un récit intéressant, mais j’aurais aimé un peu plus de passion, d’engagement dans l’écriture.

 

Aline

22/06/2009

Papa Longues-Jambes

Papa Longues-Jambes,

Jean WEBSTER   (plusieurs rééditions)

 

Judy Abott, orpheline élevée au Foyer John Green dans l’uniforme et le sens du devoir, est repérée par un mystérieux bienfaiteur. Généreux, il subventionne ses années d’études à l’université, et même à l’occasion quelques fantaisies, mais tient à garder un absolu anonymat. Judy n’en connaît que sa silhouette longiligne, aperçue de dos, et l’appelle affectueusement Papa-Longues-Jambes.

 

La seule exigence de son bienfaiteur est que Judy lui écrive régulièrement pour le tenir au courant de ses études, ce qu’elle fait à sa façon, le régalant plus souvent de ses rêves et de ses pensées… Le roman est entièrement composé des lettres de Judy à son Papa-Longues-Jambes, très fraîches, spontanées, et remplies d’un immense amour de la vie.

 

Bien que cet ouvrage date de 1912, il garde tout son charme, avec un je-ne-sais-quoi de suranné. Une sympathique lecture de détente.

 

Aline

 

Tribulations d'une caissière

Les tribulations d’une caissière,

Anna SAM            Stock, 2008

 

Récit drôle et cynique rendant l’atmosphère des grandes surfaces au moment révélateur du passage en caisse.  L’auteur, caissière pendant 8 ans pour payer ses études (puis faute de trouver un autre travail) a rassemblé de nombreuses anecdotes sur ce métier… et sur le comportement des clients !

 

Nous pensons que le passage en caisse est un moment neutre, et nous ne nous surveillons pas… mensonges, petites lâchetés, arrogance, indifférence ou impatience… le monde du consumérisme vu du point de vue de la caissière !

 

Une saine lecture pour changer de regard sur les « hôtesses de caisse » !

 

Aline

11/06/2009

La septième rencontre

La septième rencontre, Herbjørg WASSMO           Gaïa, 2001

 

Même une bibliothécaire qui ne regarde pas la télé et lit vite n’a le temps de lire qu’une part infime de la production littéraire ! Les choix sont difficiles, mais mon attention est toujours attirée par certains éditeurs : Sabine Wespieser, Zulma, Actes Sud, Picquier pour l’Asie… et Gaïa pour les pays scandinaves.

 

Après le passage du bibliobus, donc, j’ai emprunté un « roman Gaïa » dans l’espoir d’une belle rencontre. Et me voilà partie pour la Norvège avec une fresque attachante, assez noire, mais soutenue par la pureté de sentiments de quelques-uns des personnages.

  

Rut Nesset, enfant prodige du pays, peintre reconnue à New-York et Berlin, fait sa première exposition à Oslo. Mais les critiques ne sont pas bonnes, et surtout, sa vie intime est révélée par les paparazzi. Tandis qu’elle se terre pour échapper aux journalistes, Gorm Grande, homme d’affaires respectable, essaie de la joindre avec persévérance….

 

Tout le livre est progression jusqu’à ce moment ultime, leur septième rencontre.

Enfants, issus de milieux totalement différents, Gorm le fils de notable et Rut la fille du Prédicateur sans le sou des îles Lofoten ont été marqués par leur rencontre improbable. Depuis, il ne cessent de penser l’un à l’autre bien que leurs vies ne se croisent que brièvement.

 

Gorm grandit dans une famille bourgeoise au père toujours absent et à la mère neurasthénique et possessive, et peine à trouver sa place dans son milieu. Rut vit au milieu des îliens intolérants, dans une famille modeste, marquée par les grossesses à répétition de la mère, les prêches du père et le handicap de son frère jumeau Jørgen.

 

Quel que soit le milieu, l’ambiance semble oppressante, pleine de colère et de ressentiment, les garçons séduisent les filles qui pensent surtout à se faire épouser, les hommes trompent leur femme,… Alors Rut s’échappe pour étudier et peindre, grâce à sa grand-mère, et Gorm essaie d’exister.

 

Aline

 

06/06/2009

Laver les ombres

Laver les ombres, Jeanne BENAMEUR      (Actes Sud, 2008)

 

Léa est chorégraphe. Elle danse par passion et par nécessité, pour maîtriser sa vie et son corps. Le mouvement parfait, l’alliance avec l’air, lui permettent de faire refluer ses angoisses. Elle aime Bruno, artiste peintre, mais ne parvient pas à vraiment se laisser aller.

 

Son récit alterne avec celui de Romilda, séduite à Naple en 1940 par un beau français, qui l’a forcée à se prostituer en maison close pendant 3 ans. C’est le passé, le « passif » de sa mère, qu’elle avait tu jusqu’ici, mais révèle à Léa une nuit de tempête.

Moment de révélation crucial pour la mère, qui se demande si sa fille va comprendre et pardonner…

 

Comme toujours, un roman porté par l’écriture ciselée de Jeanne Benameur, dont j’ai aussi beaucoup apprécié les romans « Les demeurées », « les mains libres » et « présent ».

 

Aline

Le Chaudron

Le chaudron, Kiyoko MURATA                  Actes Sud (Lettres Japonaises), 2008

  

Japon rural, années 80.

Quatre adolescents passent un été tranquille dans la maison de leur grand-mère. Pour les cousins et cousines, le temps est rythmé par les siestes, les promenades à vélo et les repas. Comme la grand-mère cuisine mal, c’est Tami, 17 ans, qui prend en main les cueillettes dans le jardin et la confection des repas, dans le fameux chaudron.

 

Cet été, les jeunes s’intéressent aux éléments de l’histoire familiale distillés par la vieille dame, et tentent de démêler le vrai du faux dans ses récits parfois obscurs. Surgissent alors des secrets de famille troublants, incertains comme les souvenirs brouillés de la vieille dame.

 

Très court roman évocateur, entre potager, cuisine et méditation sur le temps qui passe, la mémoire et l’oubli.

Lauréat du prix Akutagawa (équivalent du Goncourt japonais), il a servi d’inspiration au cinéaste Akira Kurosawa pour son film « Rhapsodie en août ».

 

Aline

21/05/2009

Je te retrouverai

Je te retrouverai, John IRVING    Seuil, 2006

Jack Burns, acteur américain au physique avantageux, connaît un succès honorable au cinéma. Mais sa vie privée n’est pas à la hauteur, et il suit depuis plusieurs années une thérapie auprès d’une psy qui l’encourage à dérouler le fil chronologique de sa vie. Ce qu’il fait, au bénéfice du lecteur.

Il évoque son enfance dans les ports de Mer du Nord avec sa mère tatoueuse, " la fille de Persévérance ", à la poursuite de son père. Suivent les années dans une école de filles à Halifax (Canada) puis dans des pensionnats américains. Son apprentissage de la lutte… et son éducation sexuelle par des femmes de tous âges. Sa seule relation durable est celle, équivoque, qu’il entretient avec la jeune Emma.

Ressemblant énormément à son père, très beau, il craint longtemps de devenir, comme lui, un vil séducteur, mais le récit montre peu à peu qu’il est plutôt énormément manipulé par les femmes, à commencer par sa mère !

Il lui faudra refaire l’itinéraire parcouru enfant avec sa mère pour démêler le vrai du faux et reconstruire sa mémoire, puis partir à son tour à la recherche de son père.

Beau (mais très long !) roman d’initiation, rempli de personnages pittoresques et attachants.

Aline

Quitter le monde

Quitter le monde, de Douglas KENNEDY        Belfond, 2009

L’auteur déroule pour nous, par étapes, la vie d’une intellectuelle universitaire américaine qui possède toutes les qualités : intelligente, belle, passionnée par son travail, intègre… mais néanmoins malheureuse.

Depuis son enfance mal-aimée auprès d’une mère qui lui reproche le départ de son père, Jane culpabilise, intériorise ses émotions, minimise ses relations aux autres.

Malgré tout, elle vit pendant quatre ans une liaison heureuse avec un professeur remarquable (mais marié), brutalement interrompue par la mort de celui-ci. Accident ou suicide après le " bide " de son roman expérimental ? aucune certitude…

La vie continue, avec des hauts et des bas : un père qui n’a qu’indifférence pour Jane, et l’utilise même contre son gré. Une incursion dans le milieu des traders. Quelques années auprès d’un dingue de cinéma immature. Le bonheur incroyable d’être la mère d’une petite fille merveilleuse. L’accident. La dérive. Je ne développe pas cette partie pour ne pas trop en dire aux futurs lecteurs…

Jane choisit de " quitter le monde " en partant vivre au Canada, en coupant tout lien avec sa vie passée et en survivant avec le minimum… décision contrecarrée par l’impossibilité de préserver son anonymat et son intimité lorsque n’importe qui peut retracer votre vie et votre carrière en quelques clics sur Internet !

Au total, un bon Kennedy. La vie de Jane est vraisemblable, certains aspects de sa personnalité sont bien rendus. Par contre sa propension à laisser jobs et amis au bord de la route me dérange !

Par sa description du milieu universitaire nord-américain (et de ses mesquineries), la plume de Douglas Kennedy m’évoque les romans de Robertson Davies, que j’avais dévorés avec délices il y a… 20 ans déjà ! Hum, je me réjouis déjà à l’idée de relire la trilogie Cornish (enfin, si je trouve le temps !).

Par contre, j’ai du mal à comprendre l’intérêt de la partie " thriller " intégrée en fin de roman, qui me semble décalée par rapport à l’ensemble du livre.

Votre avis ?

Aline

05/05/2009

Le village de l'Allemand

Le village de l’Allemand,

ou le journal des frères Schiller

Boualem SANSAL, Gallimard, 2007

 

« Tout a  commencé le lundi 25 avril 1994, à 20 heures. Un drame qui en entraîne un autre qui en révèle un troisième… »

 

Deux frères, de père allemand et de mère algérienne, mais élevés dans une cité de la banlieue parisienne par leur oncle Ali, apprennent que leurs parents sont morts dans le massacre de la population du village d’Aïn Deb par le GIA.

 

Suite au voyage du frère aîné pour se recueillir sur la tombe de ses parents, ils apprennent, l’un après l’autre, que leur père, cheik du village, n’est pas l’homme droit et intègre qu’ils idéalisaient, mais un ancien nazi au lourd passé de criminel de guerre.

 

Ce roman est composé d’une alternance entre le journal de l’aîné, et les commentaires faits plus tard par son jeune frère : la découverte du passé nazi du père, l’enquête pour retracer son itinéraire et se renseigner sur  l’holocauste…

 

Face aux horreurs qu’ils découvrent, les deux frères sont bouleversés, et réagissent chacun à leur façon : Rachel, ingénieur cultivé et réfléchi, se noie dans le passé et la culpabilité, tandis que Malrich, jeune trublion des HLM, trace un parallèle avec l’intégrisme en expansion dans la Cité, et réagit sous le coup de la colère…

 

Aline

 

 

29/04/2009

Le prédicateur

Le prédicateur, Camilla LÄCKBERG,                        Actes Sud Noirs, 2009

 

A Fjällbacka, petit port touristique suédois, Erika et Patrick (héros du tome précédent) vivent ensemble et attendent un bébé. C’est l’été, et la chaleur est accablante, particulièrement pour Erika, dont la grossesse est bien avancée, et qui doit de plus supporter les incursions familiales.

 

Lorsqu’une jeune femme est retrouvée assassinée, avec les ossements de deux autres femmes mortes depuis 20 ans, Patrick est chargé de l’enquête. Il s’avère que toutes trois ont été martyrisées avant leur mort. Lorsqu’une autre jeune fille disparaît, la pression augmente. Tous les indices semblent pointer vers la sulfureuse famille Hult et les descendants du fameux « prédicateur » évangéliste qui en son temps réalisait des guérisons miraculeuses.

 

Un bon polar, mais j’ai préféré le tome 1 « la Princesse des Glaces ». Ici, Ericka a un rôle assez passif, étant assez diminuée par sa grossesse…

Aline