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11/02/2009

La Pasteure

La Pasteure, Hanne ORSTAVIK

Les Allusifs, 2008

 

Liv est pasteure depuis un an dans le Nord de la Norvège. Enfin, elle ne semble qu’à moitié présente, submergée par le souvenir de Kristiane, une amie rencontrée pendant ses années d’étude en Allemagne et qui s’est suicidée. Le pire est que l’histoire se répète sans que Liv parvienne à sortir de ses pensées et de son mal être pour venir à l’aide de la fille de sa sacristaine, désespérée.

 

Récompensé par le prix Brage du meilleur roman en 2004, La Pasteure est le monologue intérieur de cette femme plongée au coeur de la nuit polaire, incapable de trouver la Parole pour communiquer avec les autres, incapable de donner un sens à sa vie.

 

J’ai eu du mal à adhérer à ce récit sombre, fait de pensées tourbillonnantes, qui alternent entre sa mission de pasteure, à laquelle Liv ne semble pas exceller, sa rencontre et son amitié avec Kristiane, et le sujet de sa thèse qui la hante également : la révolte des Sames (Lapons) contre l’Eglise.

 

Aline

 

30/01/2009

Swap

Swap, Anthony MOORE          L. Levi, 2007

A l’origine, un " swap ", un simple échange entre gamins. Enfin, peut-être pas si simple que l’imagine d’abord le lecteur…

Pour ne pas déflorer l’intrigue, voici quelques éléments du roman, mais pas trop :

  • des enfants cruels et leur souffre-douleur, " Bleeder Bizarre " ;
  • 30 ans après, le meurtre de la vieille mère de Bleeder ;
  • Harvey, vendeur de BD, héros assez minable et lâche ;
  • une belle rousse aux yeux verts, attirée par les hommes vulnérables ;
  • un joueur de rugby brutal ;
  • un policier à sourire de dauphin et son collègue ;
  • une galerie de personnages pas forcément sympathiques ;

Et, reliant les époques et les personnages, la BD " Superman numéro Un ", qui circule, apparaît et disparaît mystérieusement.

Policier sans l’être vraiment, ce roman tient en haleine jusqu’au bout : notre pitoyable héros finira-t’il riche ou accusé de meurtre ? Seul ou avec la belle Maisie ?

Je l’ai dévoré en une soirée, à vous le tour !

Aline

21/01/2009

La vie d'un homme inconnu, d'Andreï Makine

La vie d’un homme inconnu,

Andreï MAKINE               Seuil, 2009

 

Un roman en quatre parties, que j’ai trouvées d’intérêt inégal, même si l’écriture est toujours très belle.

 

Choutov, écrivain et ancien dissident d’URSS, souffre du départ de Léa, sa jeune compagne, même s’il parvient à analyser leur relation de type « mentor vieillissant /  jeune femme » et prendre de la distance.

 

 "Clown triste », Choutov fuit sa douleur. Il part à Saint-Pétersbourg, dans l’idée de renouer avec Iéna, qu’il a aimé 30 ans plus tôt, avant son exil à Paris. Mais Iéna fait désormais partie d’une Russie déroutante, tournée vers l’argent et la consommation, qui lui échappe totalement.

 

C’est alors qu’il rencontre Volski, vieux chanteur ayant survécu à la guerre de 39-45, aux purges et au goulag.  La vie de Volski, son amour profond avec Mila, leur détachement par rapport aux épreuves et leur éveil à la beauté du monde lui ouvrent l’esprit.

 

C’est ce récit de Volski, très fort, qui donne de l’ampleur à celui de Choutov, sinon un peu plat.

Beaucoup de références à la littérature russe, que ce livre m’a donné envie d’explorer…

Au total, un beau roman, et des pages à relire.

 

Aline

 

 

COUP DE COEUR d'Annie

 

Choutov, écrivain russe quinquagénaire et ancien dissident, vit à Paris la fin d'une liaison. Il a perdu ses illusions et est devenu désabusé. Il se remémore le passé et une Russie qui n'existe plus. Il décide de retourner à St Pétersbourg à la rencontre de son premier amour. Mais la femme et le pays qu'il va retrouver sont bien différents de ses rêves. La ville est prise dans une frénésie de consommation et son amour de jeunesse est devenue une femme d'affaires avisée et ambitieuse.

 

Il fait connaissance, dans l'appartement qu'elle aménage, d'un vieil homme grabataire, Volski, en attente d'hospice. Et là tout change. La vie de Volski nous plonge dans l'horreur du siège de Leningrad et dans le monde terrible de la dictature et des camps, de toutes ces vies broyés par la folie d'un système mais, en même temps existe un formidable amour à l'épreuve de la vie.

On est profondément ému, bouleversé et aussi révolté par le destin brisé de ces hommes. Mais nous recevons aussi une belle leçon, celle d'un homme qui, malgré les épreuves, sait rester debout.

 

Le récit d'Andreï Makine sonne juste et son écriture suscite beaucoup d'émotion.

 

A lire absolument.

 

Annie  

06/01/2009

Ritournelle de la faim

Ritournelle de la faim, J.M.G. LE CLEZIO                     Gallimard, 2008

 

L'auteur nous peint le portrait d'Ethel, de son enfance à Paris à son mariage et son départ pour le Canada.

 

Enfant pendant les années folles dans un milieu très fortuné, Ethel voit peu à peu son monde s'écrouler : elle affrontera successivement avec sa famille la ruine après l'argent jeté par les fenêtres,

les trahisons, la mort, la 2ème guerre mondiale, l'antisémitisme et la famine.

 

Heureusement Ethel est une battante et elle survivra.

 

Marie-France

 

18/11/2008

Jours d'orage...

 

 Jours d’orage de Kathrine Kressmann Taylor       Flammarion, 2008

 

Dommage !

 

Couverture sépia, librairie feutrée :  c'était un cadeau plein de promesses et je me suis réservée soigneusement cette lecture un beau  soir d'automne. J'ai déchanté dès les premières pages, au vu des maladresses de style ou de traduction... J'ai poursuivi l'histoire, genre Delly ... pour les initiés. Tout y est: le beau marquis, la veuve américaine un peu gourde, la belle enfant à protéger, le beau manoir et la méchante belle-sœur. Les allemands en chapeau tyrolien terminent le cliché en beauté, euh ... en méchanceté.

 

 

Là s'arrête toute comparaison avec les pages subtiles de Inconnu à cette adresse, on peine à croire qu'il s'agisse du même auteur....

Et si les écrivains avaient le droit de se tromper, et si leurs  manuscrits pouvaient dormir tranquillement au fond d'un tiroir... loin de l'agitation commerciale.

Sylvie

06/11/2008

Appelez-moi Jeanne

Appelez-moi Jeanne                  Elise FISCHER     Fayard 2007

 

Jeanne, la mère de l'auteur, née en Alsace en 1922, écrit sa vie à la demande de sa  fille.

Le lecteur découvre ainsi l'histoire d'une enfant élevée par ses grands-parents maternels jusqu'à l'âge de 10 ans. Cette période est évoquée avec beaucoup de nostalgie par l'auteur  pour qui elle reste la plus belle, malgré le secret qui l'entoure.

C'est également plus tard l'histoire d'un amour interdit avec un allemand pendant la 2ème guerre mondiale, puis l'histoire d'un mariage non désiré avec un lorrain.

 

Jeanne raconte les secrets de famille, les rapports mère-fille (avec sa mère et avec ses filles), la condition féminine à l'époque, les sacrifices dus au manque d'argent qui font qu'une vie a été ce qu'elle a été, la douleur de perdre des enfants en bas-âge…

 

Ce livre raconte les choses de la vie  avec simplicité, humour et émotion  dans cette région d'Alsace-Lorraine déchirée par l’histoire ; il nous parle aussi des valeurs inculquées à l’époque : morale, honneur, dignité, courage, sens du devoir.

 

Ce roman peut être lu par tous.

 

Les lecteurs de la bibliothèque ont beaucoup aimé, du même auteur, 

Les cigognes savaient.

 

Marie-France

24/10/2008

Ce que le jour doit à la nuit

Ce que le jour doit à la nuit    de Yasmina KHADRA     Julliard, 2008

 

 

Le récit commence par  la descente aux enfers d’un paysan ruiné dans l’Algérie coloniale. Younes est son fils. On s’épuise un peu dans  les 50 premières pages, rien ne domine cette  enfance  miséreuse, grise à force d’être  sinistre.

 

Erreur, il faut s’accrocher, c’est un vrai roman, pas un documentaire. Younes  grandit, devient Jonas et tourne le dos à sa filiation d’origine. L’histoire prend  son relief avec de belles images féminines (voir  la photo en  couverture). L’insouciance cruelle du colonialisme se conjugue avec la  légèreté des amitiés d’adolescence. Khadra nous décrit un monde perdu : le rêve des colons qui  jusqu’au bout s’obstinent,  ferment  les yeux sur les massacres perpétués, de part et d’autre.  Pour Jonas, le balancier s’est inversé, il est devenu  un homme  établi, mesuré, respecté qui  survivra à la guerre fratricide. Son désastre est intérieur, il a toujours appris à perdre, à plier, à nier sa filiation,  à  mettre son  désir en sourdine. On n’en dira pas plus sur le grand amour de sa vie… pour préserver le déroulement du récit.

 

Le contexte reste  politique: Y Khadra  raconte au quotidien  le départ des  «pieds noirs».  Nos  héros de « Rio Salado »  n’ont jamais « guéri du bled »,  une nostalgie douloureuse qu’ils partagent  avec ces  « frères » méconnus... qu’ils traitaient si mal de l’autre côté de la Méditerranée.  

 

Je m’interroge encore sur le sens du titre : « Ce que le jour » (la sortie du colonialisme, la « réconciliation ») doit à la nuit (cette misère noire qui a englouti la génération précédente, les parents de Younes) ? Mais  le romancier dépasse  le  seul témoignage politique. Jonas est un vrai personnage de roman, déchiré sur un drame intérieur.  Cette « nuit », Jonas la porte en  lui. Son fardeau : c’est la soumission,  l’obéissance,  son silence…. qui lui ont aussi permis de survivre ! Jonas  est devenu un vieillard presque serein, sa survie il l’a  payée  au prix fort : mutilé,  jusque dans ses choix les plus intimes. Optimiste, pessimiste : le livre est fort de tous ces contrastes… comme son très beau titre.

 

Sylvie