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06/06/2011

Promise

Promise (1/3), par Ally Condie
traduit de l'anglais (américain) "Matched" par Vanessa Rubio-Barreau
Gallimard jeunesse, mars 2011, 423 p., 18 €

Résumé :

La Société est organisée dans ses moindres détails pour garantir à ses citoyens une bonne santé, une bonne nutrition, une bonne durée de vie, etc.
L'histoire débute au moment de la "cérémonie de couplage" des jeunes gens de l'âge de Cassia, la narratrice. Chacun se voit remettre la micro-carte présentant l'époux qui lui conviendra le mieux, sélectionné parmi tous les jeunes de leur âge. Fait inhabituel, Cassia est "couplée" avec quelqu'un qu'elle connaît : son meilleur ami Xander. Encore plus étonnant, sa micro-carte lui montre un 2ème visage, celui d'un autre ami, Ky, ce qui est normalement impossible puisqu'il est classé "Aberration" en raison des agissements de son père.
Cassia commence à s'intéresser de trop près à Ky, qui provient de la zone frontière et a connu une vie moins "normalisée" que la sienne. Peu à peu, elle remet en cause cette société si "parfaite" qu'aucune liberté n'est autorisée, aucun choix n'est possible.

Critique :

Une chose est certaine, ce roman a du succès. Sa couverture est romantique à souhait, et le contenu est à l'avenant. Ma fille adolescente l'a d'ailleurs classé "coup de coeur".

OK, c'est une dystopie bien ficelée. La tension monte graduellement par rapport à cette société tellement policée que les "officiels" ont décidé de faire le tri dans les oeuvres d'art, ne conservant que 100 chansons, 100 tableaux, 100 poèmes... et éradicant tout le reste (inutile et encombrant). Pourtant, dans le genre "société surorganisée liberticide", j'ai préféré Uglies ou Hunger games. Quand au côté sentimental, un peu trop étalé dans ce roman, dans le genre "entre les deux mon coeur balance", j'ai préféré Fascination, Hésitation...

Pour moi, c'est donc juste une lecture agréable. Je réviserai peut-être mon jugement  avec les tomes suivants...

Aline

08/05/2011

Steampunk

La saga des Wildenstern, tome 1 "Voraces"
Oisín McGann, traduit de l'anglais (Irlande) "Ancient Appetites" par Patrick Imbert
Mango, (Mondes imaginaires), août 2010, 18 €, 375 p

Saga familiale située à l'époque victorienne, avec meurtres, complots, trahison...
Basée en Irlande où elle opprime le pauvre peuple, la famille Wildenstern a bâti un gigantesque empire financier mondial. Il faut dire que cette famille a un fonctionnement bien particulier, basé sur l'ambition et l'agressivité, conforté par les particularités physiques de ses membres : les Wildenstern jouissent d'une longévité et de capacités de guérison exceptionnelles ! Le patriarche de la famille est tout simplement le plus impitoyable, et le code de succession est très particulier : l'assassinat pour monter dans la hiérarchie du pouvoir est même encouragé !

Nathanaël, 3ème fils du patriarche tyrannique, rentre de quelques années aventureuses en Afrique pour se mesurer à la Bête de Glenmalure. Il espère impressionner son père en domptant ce terrible mécanimal. Son triomphe est de courte durée, puisqu'il apprend le décès de son frère aîné, et que des soupçons d'assassinat pèsent sur lui. Charmant, mais désinvolte et égoïste, il doit revoir sa position dans la famille et dans la vie. La situation se complique encore lorsque des ancêtres momifiés sont ramenés à la vie par Gérald, le fou de science, et qu'ils revendiquent leur place dans la famille !
Et pendant ce temps, le peuple essaye de survivre, se rebelle parfois, ou vit de rapines.

Je n'ai évoqué que le héros principal, mais l'auteur s'attache à de nombreux personnages, originaux et surprenants. Le côté "steampunk" est surtout développé dans les surprenants "mécanimaux", mi automates, mi animaux. Leur lien particulier avec les Wildenstern s'expliquerait peut-être par mathaumaturgie, science qui consiste à expliquer la magie par les maths...
Le lecteur en apprendra sans doute plus dans le tome 2, "Féroces", paru le 8 avril.
Au total, un livre intelligent, à l'intrigue bien menée, dans un monde original. Pour bons lecteurs.
A dévorer ! 

Aline

09/04/2011

Bonnie, Sean and Bud

La ballade de Sean Hopper, de Martine Pouchain
Sarbacane (eXprim'), octobre 2010, 233 p., 15.50 €

Le petit Bud (8 ou 9 ans), conteur de cette histoire, vit avec sa grand-mère et son hérisson apprivoisé, qui ne suffisent pas à occuper toute sa curiosité et son besoin d'affection. Lorsque Sean Hopper, embauché comme tueur de vaches à l'abattoir,  s'installe dans la maison voisine, il l'observe attentivement... mais de loin, "rapport à son allergie aux mômes"

Sean Hopper était un homme qui se cachait derrière beaucoup de méchanceté.... il ne disait jamais bonjour, et il faisait tout le temps la gueule comme s'il n'y avait plus de sourire en magasin quand sa mère l'avait fabriqué. Ca aurait pu suffire à lui mettre tout le voisinage sur le dos, mais en plus, il buvait comme rarement j'ai vu boire quelqu'un, sauf mon père et sauf que c'était du whisky.

En plus, Sean est affigé d'un vieux père gâteux qui vit dans la cabane au fond du jardin et vole des tablettes de chocolat. Dans l'ombre de Bud, le lecteur suit  la vie quotidienne assez navrante de Sean Hopper, et se désole avec lui lorsque Bonnie, sa gentille compagne, se fait jeter dehors. Suite à un accident, provoqué par sa conduite en état d'ivresse, Sean se met à avoir des visions et des prémonitions qui lui gâchent l'existence et l'obligent à réfléchir et à changer de vie.

En filigrane, le petit Bud se dévoile peu à peu, terriblement attachant dans son besoin éperdu d'affection, et son attitude résolument optimiste, encouragée par l'éducation reçue de sa grand-mère.

Grand'Ma m'a dit que les aigles et les arbres et les nuages sont mes frères et que la terre est ma soeur. Ca fait une sacré différence avec ce qu'on apprend à l'école et c'est un truc qui vous remet d'aplomb en moins de quatre quand le besoin se fait sentir, alors il n'y a pas de raison de s'en priver.

Une très chouette histoire, si on se laisse embarquer par le style choisi par Martine Pouchain pour cette ballade. J'ai beaucoup aimé, mais certains pourraient être agacés par les nombreuses expressions imagées légèrement détournées ou décalées.

    La violence, c'est l'amour qui ne trouve pas sa cible, me disait Grand'Ma.

Coup de coeur d'Aline.

Parmi les nombreux romans jeunesse de cet auteur, lire aussi "Chevalier B."

Baroque Zafón

Marina, Carlos Ruiz Zafón
Pocket Jeunesse, janvier 2011, 333 p., 19 €
Traduit de l'espagnol par François Maspero

Roman "passerelle" paru en édition adulte et ado.

Oscar Drai, adolescent solitaire et rêveur, s'échappe souvent de son internat pour se promener dans les rues de Barcelone. Entraîné par un chat, puis captivé par un merveilleux air d'opéra, il pénètre un jour dans une ancienne maison bourgeoise, et rencontre Marina, dont la beauté et l'étrangeté le fascinent immédiatement.
Ensemble, ils tentent de percer le mystère de la dame en noir, habituée du cimetière, et sont entraînés dans une morbide histoire d'amour et de morts-vivants.

Agréable roman d'aventure fantastique, de romance et de suspense, bien écrit. La ville est merveilleusement bien décrite par Zafón, les personnages captivants  (à part le narrateur qui manque de substance et semble bien naïf). Le lecteur se laisse embarquer avec plaisir et surprendre par les rebondissements... même si le nom de la fille du bon docteur, "María Shelley", donne quelques indices...

Dans un style tout aussi gothique que l'ombre du vent ou le jeu de l'ange, ce roman est  beaucoup plus accessible.

Aline

23/08/2010

L'histoire d'Anna

L'histoire d'Anna : la déclaration,   Gemma MALLEY   Naïve (Naïveland), 2007

Angleterre, 2040. Le programme de longévité permet aux adultes de prolonger leur vie quasi éternellement... la corollaire étant l'interdiction d'avoir des enfants. Les contrevenants, taxés d'égoïsme criminel, sont poursuivis.

Anna est une "enfant surplus",  donc arrachée à ses parents et placée dans un pensionnat, sorte de centre de rééducation, où les enfants illégaux, comme elle, subissent une pression constante et un formatage basés sur la honte et l'humilité. Anna s'est adaptée, elle est même une pensionnaire exemplaire, bien qu'un peu plus sensible que d'autres.

Mais l'arrivée d'un garçon qui prétend connaître ses parents et refuse de s'intégrer la pousse à remettre en question ce système inhumain...

Un bon roman d'anticipation, qui n'est pas sans rappeler l'excellente trilogie Méto, d'Yves GREVET...

Aline

29/06/2010

Le chant des orques

Le chant des orques, Antje Babendererde

Traduit de l'allemand "Der Gesang der Orcas" par Marie-José Lamorlette. Bayard, Millezime, mars 2010, 11.90 €, 389 p.

Portrait d’une jeune fille allemande, en pleine reconstruction après le décès de sa mère, qui doit apprendre à composer avec son père, et vit son premier amour avec un beau jeune Indien.

Sofie, 15 ans, a perdu sa mère d'un cancer il y a 6 mois. Son père, grand reporter photographe, profite d’un contrat pour l’emmener au nord de Seattle. L'idée est de ne pas la laisser seule, mais aussi de se rapprocher de sa fille qu’il ne connaît finalement pas si bien que ça. Ils partent à la découverte d’une contrée où vivent des indiens descendants des tribus Makah, qui préparent une grande fête traditionnelle annuelle.

Dans le motel où ils s’installent, Sofie rencontre Javid, un jeune indien qui a perdu son père deux ans plus tôt et qui poursuit la construction du canoë commencé par son père, chasseur de baleines. C’est le coup de foudre. Outre une perte douloureuse, ils ont en commun la passion des orques. Javid aide la jeune fille à passer par dessus son chagrin, l'emmène voir les orques, lui raconte des légendes indiennes,... Sofie apprend aussi à s'affirmer par rapport à son père, à lui imposer son autonomie et ses choix.

Une histoire d'amour touchante, avec un aspect documentaire sur les tribus indiennes de la côte Pacifique. Le coup de foudre est un peu facile, mais bon, on ne va pas bouder son plaisir...

Du même auteur, lire aussi Lune Indienne, beau roman d'initiation, tout aussi intéressant sur la vie actuelle des indiens. Les ingrédients de ce roman sont proches, mais le narrateur est un garçon, qui doit suivre sa mère qui vient s'installer dans une  tribu Lakota.

Aline

Idhun

Idhun, tome 1 : la résistance, de Laura Gallego Garcia

Traduit de l'espagnol "Memorias de Idhun" par Marie-José Lamorlette. Bayard Jeunesse, avril 2010, 19.90 €

Idhun est un monde parallèle au nôtre, régi par la magie, autrefois heureux et peuplé d'humains et de créatures fabuleuses comme les licornes, les dragons et les fées. Hélas ce monde a été dévasté par l'invasion d'Ashran -le puissant nécromancien- et de ses alliés les Sheks, féroces serpents ailés. Ashran a envoyé sur terre son redoutable guerrier, Kirtash, exterminer toutes les créatures magiques qui auraient pu s'échapper d'Idhun.

Le livre débute sur terre, on voit Jack, garçon de 13 ans qui vit au Danemark, rentrer de l'école à vélo... pour se retrouver face à ses parents assassinés et à leurs meurtriers. Ceux-ci s'apprêtent à le tuer lui aussi, mais deux inconnus sauvent Jack et le cachent dans un endroit protégé : Limbhad, un refuge situé entre la Terre et... Idhún !

Les deux protecteurs de Jack sont un magicien, Shail, et un prince guerrier, Alsan. Avec la jeune Victoria, et maintenant Jack, ils forment une poche de Résistance et essaient d'empêcher les meurtres du guerrier Kirtash. Mais celui-ci possède un pouvoir hypnotique immense, et sa mission est maintenant de tuer Jack et Victoria.

Alsan et Shail essaient également de retrouver la dernière licorne et le dernier dragon, cachés sur la terre, et qui selon la prophétie sont les seuls à pouvoir sauver Idhun.

Ce roman de fantasy, annoncé comme le 1er d'une trilogie, comporte 515 pages. C'est un bel objet, soigné, qui devrait séduire les amateurs du genre. Le récit est bien mené et palpitant, entre aventure et parcours initiatique de Jack et Victoria. Bon, il y a quelques longueurs, notamment dans les atermoiements sentimentaux de Victoria, et j'avais deviné le ressort du récit 200 pages avant les héros. Mais s'il ne révolutionne pas le genre, ça n'en demeure pas moins un très bon récit de fantasy, pour les 13-16 ans.

Du même auteur, j'ai préféré "L'impératrice des Ethérés", plus court et plus original.

Métal Mélodie

Métal mélodie, Maryvonne RIPPERT

Milan (Macadam), février 2010, 210 p. 9.50 €

Saint Genis Laval, mars 2006. Luce est une adolescente en révolte, gothique et pleine de piercings, absolument exaspérée par sa mère. Un jour sa mère disparait pour quatre mois, sans la prévenir autrement que par lettre.

Luce commence par bien profiter de sa nouvelle liberté, sur fond de "teuf métal". Après une fête pas très maîtrisée, elle laisse s'installer à la maison Moony, une squatteuse, avec son chien et son copain dealer... Puis elle se laisse, elle, séduire par Léo le beau et sympathique voisin.

Peu à peu, elle prend conscience que sa mère lui manque. Contrariée et inquiète malgré tout, elle commence les recherches pour la retrouver, et se penche sur son passé... auquel elle ne s'était jamais intéressée, et qui se révèle surprenant. Après quelques retournements et révélations, elle part à l'aventure à Grenade, pour essayer de retrouver sa mère et de renouer avec elle.

Histoire d'amour, roman d'apprentissage et voyage initiatique. Pour grandir, Luce doit d'abord s'intéresser à sa mère et apprendre à la connaître, puis renouer avec ce a été primordial pour elles deux avant leurs conflits : la musique.

Du bon Maryvonne Rippert, à l'écriture soignée, et qui touchera particulièrement les adolescentes et les mères... Du même auteur, voir aussi trois tomes des Blue Cerises.

Sélectionné par le CRILJ ados dans la catégorie Histoire de vie. A partir de 14 ans. Aline

01/06/2010

Vango

Vango, Timothée de Fombelle          Gallimard, 2010

vango.jpgL'auteur de Tobie Lolness nous revient avec un héros plus adulte, et un roman d'action situé principalement en Europe, en 1934.

Vango, qui se destinait à la prêtrise, doit s'enfuir : le jour même de ses voeux, il est accusé de meurtre par la police française, tandis que de mystérieux Russes tentent de l'abattre. Tout ceci est un mystère pour le jeune homme, qui, recueilli après un naufrage,  a grandi sur une île sicilienne isolée avec "Mademoiselle", et ne connaît ni ses origines, ni les raisons de cette traque.

Tandis que la dictature se renforce en Allemagne, il traverse l'Europe pour trouver sa vérité, aidé par une jeune aristocrate écossaise, un prêtre secret, un savant constructeur de zeppelins, et La Taupe, une adolescente prodige....

Voilà une histoire pleine de rebondissements et de personnages attachants, un vrai roman d'aventures, dont le seul défaut... est de nous laisser en suspens pour finir dans un deuxième tome !

Aline

20/05/2010

Le tueur à la cravate

Le tueur à la cravate, Marie-Aude MURAIL          Ecole des Loisirs, 2010

Margot est passée à la bibliothèque me recommander ce roman policier mercredi dernier. Aussitôt demandé, aussitôt acheté, aussitôt lu... et en bon thriller, le tueur à la cravate se lit d'une seule traite.tueur cravate.jpeg

Curieuse d'en apprendre plus sur sa mère, décédée lorsqu'elle avait 11 ans, Ruth place sur le site perdudevue une photo de terminale de ses parents. Cet acte en apparence anodin déclenche des réactions en chaîne. Il faut dire que la soeur jumelle de sa mère -la rayonnante Eve-Marie- avait été assassinée cette année-là, et que le père de Ruth avait même été soupçonné... Inconsciemment, Ruth pourrait bien déclencher de nouveaux drames !

Les qualités habituelles de MAM sont là : un livre bien construit, une écriture fluide et des personnages crédibles et attachants, surtout Ruth, orpheline de mère et très protectrice vis à vis de sa petite soeur Bethsabée.

Le roman se double du journal d'écriture de MAM, qui dévoile une partie du processus de gestation du livre, de la recherche du sujet au mûrissement des personnages. Cette démarche est intéressante, mais nuit au mythe : MAM revendique l'observation et la réutilisation des "ficelles d'écriture" de Mary Higgins Clark !

Aline